Les Champs-Élysées sont probablement l’avenue la plus célèbre de France. Avec leurs boutiques de luxe, leurs restaurants et leurs illuminations, ils évoquent le prestige et l’élégance parisienne. Pourtant, derrière ce nom prestigieux se cache une histoire étonnante. Car, à l’origine, les Champs Élysées désignent un lieu situé… aux Enfers !
Pour comprendre cette curiosité, il faut remonter à la mythologie grecque.
Dans l’Antiquité, les Grecs croyaient qu’après leur mort, les âmes rejoignaient le royaume d’Hadès, le dieu des Enfers.
Mais attention, car c’est ici qu’il faut éviter une confusion. Les Enfers de la mythologie grecque ne correspondent pas à l’enfer de la religion chrétienne.
En effet, pour les Grecs, les Enfers désignaient avant tout le monde des morts. Ce n’était donc pas nécessairement un lieu de souffrance ou de punition.
Au contraire, ce royaume comprenait plusieurs régions très différentes.
D’abord, le Tartare, où certains grands coupables subissaient d’horribles châtiments. Ensuite, les Champs d’Asphodèle, où séjournaient les âmes ordinaires. Et enfin, les Champs Élysées, un véritable paradis réservé aux héros et aux âmes vertueuses.
Là, aucune souffrance, aucune maladie, ni même de vieillesse. Les défunts profitaient d’une existence paisible, dans des prairies verdoyantes baignées de lumière.
Ainsi, les Champs Élysées étaient en quelque sorte le paradis du royaume des morts !
Précisons toutefois que leur emplacement variait selon les auteurs antiques. Chez Homère, ils se trouvaient aux confins du monde, tandis que le poète romain Virgile les situait véritablement dans les Enfers.
Mais alors, quel rapport avec la célèbre avenue parisienne ?
Pour le comprendre, avançons jusqu’au XVIIe siècle.
À cette époque, l’endroit ne ressemble absolument pas à celui que nous connaissons aujourd’hui. À l’ouest du jardin des Tuileries s’étendent des terrains encore largement ruraux.
Or, Louis XIV souhaite embellir la capitale. Il confie donc à André Le Nôtre la mission d’aménager une grande promenade prolongeant les Tuileries.
Dans les années 1660 et 1670, celui-ci dessine une vaste perspective bordée d’arbres. Cette promenade est d’abord appelée le « Grand Cours ».
Progressivement, l’endroit devient un lieu de détente apprécié des Parisiens.
C’est pourquoi, à la fin du XVIIe siècle, le nom de « Champs-Élysées » apparaît pour désigner une partie de ces jardins, avant de s’étendre à l’ensemble de l’avenue.
L’idée était simple : évoquer le séjour paradisiaque des héros de l’Antiquité.
Finalement, voici tout le paradoxe : la plus célèbre avenue parisienne porte le nom d’un lieu associé aux Enfers. Mais dans la mythologie antique, il s’agissait justement de l’endroit où l’on pouvait espérer passer une éternité heureuse !
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.