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Into The Wind

Into The Wind

De : Sailorz
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À propos de ce contenu audio

Into The Wind, c'est le podcast des marins qui font des phrases. Dans Into The Wind, les marins prennent le temps de revenir sur leur parcours et se racontent au long cours, depuis leurs débuts et leurs galères jusqu'à la gloire et aux sommets des podiums... En explorant leurs trajectoires, Into The Wind cherche à comprendre comment se construisent ceux qui vont sur la mer en course, pour une journée, une semaine, un mois ou un trimestre, seul ou en équipage, en baie ou autour du monde. Les marins, hommes ou femmes, sont souvent de peu de mots. En leur donnant du temps et en les laissant parler, Into The Wind n'a qu'un objectif : prendre le large avec eux. Into The Wind est animé par Pierre-Yves Lautrou et produit par Sailorz (http://www.sailorz.com), le média expert de la voile de compétition. Pour vous abonner, c'est ici : https://www.tipandshaft.com/abonnement Générique : In Closing - Days Past © Sailorz 2018-2025, tous droits réservés. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.Tip & Shaft Politique et gouvernement
Épisodes
  • #136 Cédric Chateau, le coach-coureur qui n'a jamais fini d'apprendre
    Apr 17 2026

    Tout commence dans les boucles de la Seine, loin de la mer. Cédric Chateau grandit dans la campagne normande, entre Rouen et Anneville-sur-Seine, où ses parents les déposent, son frère Yann et lui, au club de voile local pour occuper les vacances. Un concours de circonstances qui va façonner deux trajectoires remarquables dans la voile française - l'un devenant directeur de course des plus grandes épreuves, l'autre un entraîneur et un coureur au parcours incroyablement dense.


    Autodidacte par nécessité, Cédric Chateau construit son parcours sans pôle France, sans sport-études, en squattant les groupes bretons et parisiens pour progresser. Après une carrière prometteuse en 470 puis en 49er, interrompue en 2003 à un an des Jeux d'Athènes pour des raisons économiques, il rejoint la Ligue de Voile de Normandie comme coach des 420. C'est là qu'il croise, dès 1999, de futurs champions : Charlie Dalin, Camille Lecointre - médaillée de bronze aux JO de Rio 2016 - Jérémie Mion, puis, plus tard, Guillaume Pirouelle. « On est juste un maillon de la chaîne », rappelle-t-il, avec modestie.


    La double casquette coach-régatier, pourtant, il la revendique. Le match racing d'abord, en équipe familiale avec Yann et Nathalie, sa femme, jusqu'à un ranking mondial de 3e avec Pierre-Antoine Morvan. Puis le TP52 Paprec, où il tient la barre depuis 2016 aux côtés de Loïck Peyron à la tactique, dans un équipage semi-amateur qui a terminé vice-champion du monde en 2025. Et enfin le Class40, où une révélation tardive l'emporte vers l'offshore : 5e de la Transat Jacques Vabre 2017, 6e en 2019, 3e en 2021 avec Jérémie Mion, avant la consécration : vainqueur de la Transat Café l'Or 2025 sur Seafrigo-Sogestran avec Guillaume Pirouelle, avec 7 minutes d'avance après 19 jours de traversée.


    Derrière cette performance, il y a un projet. Cédric Chateau a monté celui-ci comme une filière de formation normande, passant le relais de Mion à Pirouelle, et bientôt à un jeune coureur inconnu en 2027. L'ambition est claire : faire du Havre ce que Lorient est à la Bretagne, un écosystème complet où les talents n'ont plus besoin - s'ils le souhaitent - de migrer vers l'Ouest pour exister.


    Diffusé le 17 avril 2026

    Générique : In Closing – Days Past

    Post-production : Théo Levillain


    Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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    2 h et 3 min
  • #135 Sébastien Col, de la Coupe de l'America à l’Imoca : la quête de la performance collective
    Apr 3 2026

    Figure singulière de la voile française, Sébastien Col, 48 ans, s’est construit loin des trajectoires classiques de la course au large en solitaire. Élevé sur un bateau qui sillonnait la Méditerranée, il développe très tôt une relation intuitive à l’océan avant de basculer vers la compétition sur le tard. Du Laser au match racing, il s’impose rapidement et multiplie les titres nationaux, porté par une capacité rare à lire le vent et, surtout, à comprendre les dynamiques collectives des équipages.

    Le match racing devient son terrain d’expression. Il y forge une conviction centrale : la performance repose sur l’alignement des individus. Cette recherche du “flow collectif”, état de grâce où tout s’enchaîne naturellement à bord, irrigue toute sa carrière. Elle explique aussi ses choix, privilégiant les projets d’équipage aux aventures solitaires, malgré quelques incursions marquantes au large.

    Son parcours s’inscrit ensuite dans les grandes campagnes de l'America’s Cup, où il enchaîne plusieurs cycles. Il y découvre un univers d’une exigence extrême, dominé autant par la technologie que par la complexité humaine. Derrière les performances, il décrit des équipes sous tension permanente, où la gestion des egos et des équilibres internes conditionne autant les résultats que la vitesse des bateaux.

    En parallèle, il cultive une carrière hybride, naviguant entre circuits professionnels, grands prix, multicoques à foils et course au large comme la Transat Jacques Vabre, qu'il court à trois reprises et remporte en 2015 avec Vincent Riou. Cette diversité devient un levier d’apprentissage constant. Refusant de s’enfermer dans un seul format, il anticipe aussi les évolutions du sport, notamment le basculement vers le foil, qu’il choisit d’embrasser dès le milieu des années 2010.

    Plus récemment, Sébastien Col élargit son champ d’action en devenant team manager d'Holcim PRB The Ocean Race Europe. Une évolution logique, où la performance ne se limite plus au sportif mais englobe partenaires, organisation et gestion de crise. Son approche reste constante : créer les conditions d’un collectif performant, où les bonnes décisions, prises très tôt, orientent durablement la trajectoire d’un projet.


    Diffusé le 3 avril 2026

    Générique : In Closing – Days Past

    Post-production : Théo Levillain


    Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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    2 h et 24 min
  • #134 Mathieu Blanchard : de l’ultra-trail à l’Imoca, immersion extrême
    Mar 20 2026

    C'est un épisode d’Into The Wind un peu particulier, puisque nous y accueillons un ultra-trailer venu se frotter au monde de la course au large : Mathieu Blanchard. Athlète de référence (deux podiums à l'UTMB, vainqueur, entre autres, de la Diagonale des Fous et de la Yukon Arctic Ultra), nourri à l’endurance extrême et à l’exploration de soi, il bascule ici dans un univers radicalement différent, celui de l'Imoca de Conrad Colman, le temps d'une Transat Café L'Or épique. L’échange s’ouvre sur ce décalage : celui d’un athlète aguerri qui découvre, presque naïvement, la violence spécifique de la course au large, et met en lumière une discipline dont les codes et la dureté sont souvent banalisés par ceux qui la pratiquent.

    Le projet naît d’une opportunité, mais s’ancre dans une trajectoire personnelle plus profonde : une enfance marquée par l’univers marin, puis une fascination tardive pour la voile de compétition. Rapidement, la réalité rattrape la projection. Formation accélérée, apprentissage technique, adaptation physique : Blanchard entre dans un monde où l’erreur se paie immédiatement. La découverte de l’Imoca, machine à la fois sophistiquée et spartiate, révèle un contraste brutal avec son sport d’origine : ici, la performance passe par la maîtrise d’un système complexe autant que par la résistance du corps.

    La course elle-même agit comme un révélateur. Dès le départ, les conditions extrêmes et les avaries plongent Blanchard dans une logique de survie. Privé de sommeil, confronté au mal de mer et à une fatigue cumulative, le trailer des Deux-Alpes décrit une expérience limite, loin de l’image héroïque souvent associée aux marins. Son témoignage, notamment via ses récits en mer, introduit un regard extérieur rare : celui d’un athlète de haut niveau qui redécouvre la notion d’inconfort absolu et requalifie la performance des navigateurs.

    Une fois la tempête passée, l’expérience bascule. Le rythme s’apaise, laissant place à l’apprentissage, à la contemplation et à une forme de reconnexion au temps long. Blanchard y retrouve des mécanismes familiers issus de l’ultra-endurance : gestion mentale, cycles de fatigue, adaptation permanente. Mais il en tire aussi des enseignements nouveaux, notamment sur le sommeil fractionné et la dimension collective de la performance, inhabituelle dans une discipline individuelle comme le trail.

    Au terme de la traversée, le bilan est lucide. L’expérience a déplacé ses repères, sans pour autant redéfinir son cap. Si la voile reste un terrain d’exploration, elle apparaît moins comme un objectif de performance que comme un prolongement d’une quête plus large : celle de l’aventure.


    Diffusé le 20 mars 2026

    Générique : In Closing – Days Past

    Post-production : Grégoire Levillain


    Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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    1 h et 51 min
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