Épisodes

  • EPICURE - la nécessité de la mort n'est pas un obstacle à la vie heureuse
    Nov 6 2022

    Epicure a défendu l'idée suivant laquelle il n'y a pas de raison d'être troublé par la pensée de la mort. En effet, d'une part, elle n'est pas un état de souffrance ; d'autre part une vie éternelle ou illimitée ne serait pas plus plaisante qu'une vie limitée.

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    12 min
  • L'Ethique de Spinoza - le rapport positif à soi-même
    Nov 3 2022

    N’importe quelle initiative, même une simple prise de parole, implique une certaine confiance en soi-même, de l’assurance, car pour oser commencer quelque chose, avant toute approbation par autrui, il faut se fier à son propre jugement. Mais comment se rapport positif à soi-même peut-il naître ? Dans ce podcast, on va voir la réponse de Spinoza à cette question. 

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    9 min
  • LOCKE 7/7 - Le droit de résistance et la finalité de l'Etat (Traité du gouvernement civil)
    Jul 18 2022

    A quelles conditions le peuple a-t-il le droit de se rebeller ? 

    Le traité du gouvernement civil de John Locke a pour but de montrer que la résistance populaire est légitime. 

    « Il n'y a qu'un pouvoir suprême, qui est le pouvoir législatif, auquel tous les autres doivent être subordonnés; mais cela n'empêche pas que le pouvoir législatif ayant été confié, afin que ceux qui l'administreraient agissent pour certaines fins, le peuple ne se réserve toujours le pouvoir souverain d'abolir le gou­ver­nement ou de le changer, lorsqu'il voit que les conducteurs, en qui il avait mis tant de confiance, agissent d'une manière contraire à ]afin pour laquelle ils avaient été revêtus d'autorité. Car tout le pouvoir qui est donné et confié en vue d'une fin, étant limité par cette fin-là, dès que cette fin vient à être négligée par les personnes qui ont reçu le pouvoir dont nous parlons, et qu'ils font des choses qui y sont directement opposées; la confiance qu'on avait mise en eux doit nécessairement cesser et l'autorité qui leur avait été remise est dévolue au peuple, qui peut la placer de nouveau où il jugera à propos, pour sa sûreté et pour son avantage. Ainsi, le peuple garde toujours le pouvoir souverain de se délivrer des entreprises de toutes sortes de personnes, même de ses législateurs, s'ils venaient à être assez fous ou assez méchants, pour former des desseins contre les libertés et les propriété des sujets. » (Traité du gouvernement civil, chap.13 § 149)

    « On peut demander ici, qu'est-ce qu'on devrait faire, si ceux qui sont revêtus du pouvoir exécutif, ayant entre les mains toutes les forces de l'État, se servaient de ces forces pour empêcher que ceux à qui appartient le pouvoir législatif, ne s'assem­blas­sent et n'agissent, lorsque la constitution origi­naire de leur assemblée, ou les nécessités publiques le requéraient? je réponds que ceux qui ont le pouvoir exécutif, agissant, comme il vient d'être dit, sans en avoir reçu d'autorité, d'une manière con­trai­­re à la confiance qu'on a mise en eux, sont dans l'état de guerre avec le. peuple, qui a droit de rétablir l'assemblée qui le représente, et de la remettre dans l'exercice du pou­voir législatif. Car, ayant établi cette assemblée, et l'ayant destinée à exercer le pou­voir de faire des lois, dans de certains temps marqués, ou lorsqu'il est nécessaire; si elle vient à être empêchée par la force, de faire ce qui est si nécessaire à la société, et en quoi la sûreté et la conservation du peuple consiste, le peuple a droit de lever cet obstacle par la force. Dans toutes sortes d'états et de conditions, le véritable remède qu'on puisse employer contre la force sans auto­rité, c'est d'y opposer la force. Celui qui use de la force sans autorité, se met par là dans un état de guerre, comme étant l'agresseur, et s'expose à être traité de la manière qu'il voulait traiter les autres. » (chap.13, § 155)


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    29 min
  • LOCKE, HOBBES, ARISTOTE : comment répartir le pouvoir politique? (Traité du gouvernement civil, 6/7)
    Jul 5 2022

    On dit généralement qu'il faut séparer les pouvoirs pour éviter la tyrannie. Cette idée se trouve déjà dans Les Politiques d'Aristote, et plus tard elle sera reprise par exemple par Montesquieu. Mais la séparation des pouvoirs peut aussi impliquer des conflits irrémédiables entre ces différents pouvoirs, c'est pourquoi Hobbes a défendu une théorie de la souveraineté dans son ouvrage Le Léviathan, qui s'oppose à l'idée d'une stricte séparation des pouvoirs. La question est alors la suivante : peut-on construire une théorie de la souveraineté qui ne courant pas le risque de la tyrannie ? Rousseau, dans Du contrat social, a proposé une conception de la souveraineté populaire qui poursuit cet objectif. Mais il tombe peut-être sous le coup de l'objection dite de la "tyrannie de la majorité". C'est pourquoi nous nous tournons ici vers John Locke, qui a construit une solution différente dans son Traité du gouvernement civil, qu'on appelle parfois le "constitutionalisme".


    "§ 149. Dans un État formé, qui subsiste, et se soutient, en demeurant appuyé sur les fondements, et qui agit conformément à sa nature, c'est-à-dire, par rapport à la conservation de la société, il n'y a qu'un pouvoir suprême, qui est le pouvoir législatif, auquel tous les autres doivent être subordonnés; mais cela n'empêche pas que le pouvoir législatif ayant été confié, afin que ceux qui l'administreraient agissent pour certaines fins, le peuple ne se réserve toujours le pouvoir souverain d'abolir le gouvernement ou de le changer, lorsqu'il voit que les conducteurs, en qui il avait mis tant de confiance, agissent d'une manière contraire à ]afin pour laquelle ils avaient été revêtus d'autorité. Car tout le pouvoir qui est donné et confié en vue d'une fin, étant limité par cette fin-là, dès que cette fin vient à être négligée par les personnes qui ont reçu le pouvoir dont nous parlons, et qu'ils font des choses qui y sont directement opposées; la confiance qu'on avait mise en eux doit nécessairement cesser et l'autorité qui leur avait été remise est dévolue au peuple, qui peut la placer de nouveau où il jugera à propos, pour sa sûreté et pour son avantage. Ainsi, le peuple garde toujours le pouvoir souverain de se délivrer des entreprises de toutes sortes de personnes, même de ses législateurs, s'ils venaient à être assez fous ou assez méchants, pour former des desseins contre les libertés et les propriété des sujets. En effet, personne, ni aucune société d'hommes, ne pouvant remettre sa conservation, et conséquemment tous les moyens qui la procurent, à la volonté absolue et à la domination arbitraire de quelqu'un, quand même quelqu'un en aurait réduit d'autres à la triste condition de l'esclavage, ils seraient toujours en droit de maintenir et conserver ce dont ils n'auraient point droit de se départir; et étant entrés en société dans la vue de pouvoir mieux conserver leurs personnes, et tout ce qui leur appartient en propre, ils auraient bien raison de se délivrer de ceux qui violeraient, qui renverseraient la loi fondamentale, sacrée et inviolable, sur laquelle serait appuyée la conservation de leur vie et de leurs biens. De sorte que le peuple doit être considéré, à cet égard, comme ayant toujours le pouvoir souverain, mais non toutefois comme exerçant toujours ce pouvoir; car, il ne l'exerce pas, tandis que la forme de gouvernement qu'il a établie subsiste; c'est seulement lorsqu'elle est renversée par l'infraction des lois fondamentales sur lesquelles elle était appuyée."

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    34 min
  • Locke 5/7 - Qu'est-ce qu'un Etat ? Peut-on s'en passer ? Quels sont ses buts légitimes ?
    Jun 28 2022

    Locke présente l'Etat comme étant le fruit d'un contrat dans les chapitres 7 et 8 du Traité sur le gouvernement civil de John Locke. Il s'agit donc d'une philosophie politique contractualiste. 

    Voici quelques extraits commentés dans le podcast :

    « On trouve une société politique seulement là où chacun des membres s'est dépouillé de son pouvoir naturel [de punir], et l'a remis entre les mains de la société […]. Par ce moyen, tout jugement des particuliers étant exclu, la société acquiert le droit de souveraineté ; et certaines lois étant établies, et certains hommes autorisés par la communauté pour les faire exécuter, ils terminent tous les différends qui peuvent arriver entre les membres de cette société-là […]. Et par là, il est aisé de discerner ceux qui sont ou qui ne sont pas ensemble dans une société politique. Ceux qui composent un seul et même corps, qui ont des lois communes établies et des juges auxquels ils peuvent appeler, [ces derniers ayant] l'autorité de terminer les disputes et les procès qui peuvent être parmi eux, et de punir ceux qui font tort aux autres et commettent quelque crime : ceux-là sont dans une société civile les uns avec les autres - mais ceux qui ne peuvent pas en appeler à un tribunal sur la terre, ni à aucunes lois positives, sont toujours dans l'état de nature » (Locke, Traité du gouvernement civil, chap.7 § 87) « Au nombre des membres d'une telle société, doivent être mises non seulement les diverses personnes, qui, étant dans l'état de nature, ont voulu entrer en société, pour composer un peuple et un corps politique, sous un gouvernement souverain, mais aussi tous ceux qui se sont joints par la suite à ces gens-là, qui se sont incorporés à la mê¬me société, qui se sont soumis à un gouvernement déjà établi. Car de cette manière, ils autorisent la société dans laquelle ils entrent volontairement, confirment le pouvoir qu'y ont les magistrats et les princes de faire des lois, selon que le bien public le requiert, et s'engagent encore à joindre leur secours à celui des autres s'il est néces¬saire, pour la sûreté des lois et l'exécution des jugements, qu'ils doivent regarder comme leurs jugements et leurs arrêts propres. » (Locke, Traité du gouvernement civil, chap.7, § 89) « Il parait évidemment, par tout ce qu'on vient de lire, que la monarchie absolue, qui semble être considérée par quelques-uns comme le seul gouvernement qui doive avoir lieu dans le monde, est, à vrai dire, incompatible avec la société civile, et ne peut nullement être réputée une forme de gouvernement civil. » (Locke, Traité du gouvernement civil, chap.7, § 89)

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    34 min
  • LOCKE (4/7) - Les inégalités de richesse sont-elles justes si elles correspondent à des différences de travail ? (Traité sur le gouvernement civil, 4/7)
    Jun 27 2022

    Les inégalités de richesse sont-elles justes si elles proviennent de différence de travail ? John Locke défend la thèse suivant laquelle le droit à la propriété privé est fondé sur notre capacité à travailler, et on en déduit généralement une thèse "méritocratique" suivant laquelle il serait légitime que les personnes travaillant plus efficacement soient proportionnellement plus riches que les personnes travaillant moins efficacement. En dehors du fait que les inégalités sociales réelles ne sont pas principalement le produit de différences de travail (elles proviennent aussi et surtout de l'héritage), on peut se demander si des inégalités fondées uniquement sur des différences de travail seraient légitimes. Or, à ce sujet, Locke insiste sur l'idée que la propriété privé peut représenter une gêne voire une entrave pour les autres, et dans ce sens le travail individuel n'est pas la seule dimension à prendre en compte quand on se demande si telle ou telle propriété est légitime.  Voici quelques citations importantes :  § 27. "Encore que la terre et toutes les créatures inférieures soient communes et appartiennent en général à tous les hommes, chacun pourtant a un droit particulier sur sa propre personne, sur laquelle nul autre ne peut avoir aucune prétention. Le travail de son corps et l'ouvrage de ses mains, nous le pouvons dire, sont son bien propre. Tout ce qu'il a tiré de l'état de nature, par sa peine et son industrie, appartient à lui seul : car cette peine et cette industrie étant sa peine et son industrie propre et seule, personne ne saurait avoir droit sur ce qui a été acquis par cette peine et cette industrie, surtout, s'il reste aux autres assez de semblables et d'aussi bonnes choses communes." § 28. "Un homme qui se nourrit de glands qu'il ramasse sous un chêne, ou de pommes qu'il cueille sur des arbres, dans un bois, se les approprie certainement par-là. On ne saurait contester que ce dont il se nourrit, en cette occasion, ne lui appartienne légitimement. je demande donc : Quand est-ce que ces choses qu'il mange commencent à lui appartenir en propre? Lorsqu'il les digère, ou lorsqu'il les mange, ou lorsqu'il les cuit, ou lorsqu'il les porte chez lui, ou lorsqu'il les cueille ? Il est visible qu'il n'y a rien qui puisse les rendre siennes, que le soin et la peine qu'il prend de les cueillir et de les amasser. Son travail distingue et sépare alors ces fruits des autres biens qui sont communs; il y ajoute quelque chose de plus que la nature, la mère commune de tous, n'y a mis; et, par ce moyen, ils deviennent son bien particulier. Dira-t-on qu'il n'a point un droit de cette sorte sur ces glands et sur ces pommes qu'il s'est appropriés, à cause qu'il n'a pas là-dessus le consentement de tous les hommes? Dira-t-on que c'est un vol, de prendre pour soi, et de s'attribuer uniquement, ce qui appartient à tous en commun? Si un tel consentement était nécessaire, la personne dont il s'agit, aurait pu mourir de faim, nonobstant l'abondance au milieu de laquelle Dieu l'a mise. Nous voyons que dans les communautés qui ont été formées par accord et par traité, ce qui est laissé en commun serait entièrement inutile, si on ne pouvait en prendre et s'en approprier quelque partie et par quelque voie. Il est certain qu'en ces circonstances on n'a point besoin du consentement de tous les membres de la société. Ainsi, l'herbe que mon cheval mange, les mottes de terre que mon valet a arrachées, et les creux que j'ai faits dans des lieux auxquels j'ai un droit commun avec d'autres, deviennent mon bien et mon héritage propre, sans le consentement de qui que ce soit. Le travail, qui est mien, mettant ces choses hors de l'état commun où elles étaient, les a fixées et me les a appropriées."

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    34 min
  • LOCKE (3/7) - Les bonnes lois augmentent la liberté. Traité sur le gouvernement civil
    Apr 21 2022

    La liberté est souvent définie par l'absence d'entraves ou d'obstacles, par la possibilité de faire ce que l'on veut sans en être empêché. C'est cette définition qui est utilisée par Hobbes dans le Léviathan notamment. Mais Locke, dans le Second Traité sur le gouvernement civil, s'oppose à cette conception, qui revient à confondre la liberté et la "licence". Pour un être rationnel comme l'être humain, la liberté n'a de sens qu'à l'intérieur des principes de la justice. Ceci implique que les lois justes ne constituent absolument pas une restriction de la liberté. Et même, elles augmentent la liberté puisque qu'elles cherchent à empêcher les autres d'interférer de manière arbitraire dans la vie de chacun.

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    22 min
  • LOCKE (2/7) - Lois de nature et état de nature. Le second traité sur le gouvernement civil
    Apr 20 2022

    Avant de présenter une conception de l'Etat, il faut proposer une description de ce qu'est la vie sans Etat (ce qu'on appellera "'l'état de nature") pour des humains rationnels. La première question qui se pose est alors de savoir s'il existe des principes du bien et du mal, du juste et de l'injuste, du légitime et de l'illégitime, dans une telle situation. Locke soutient que c'est le cas.  Et pourtant, il sera avantageux de sortir de l'état de nature, de mettre en place un Etat, car, si des lois (appelées "lois de nature") s'imposent à nous même dans cette situation, elles sont généralement respectées peu scrupuleusement, d'où des conflits et des craintes.

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    22 min