Couverture de L'OBSERVATOIRE VOUS PARLE !

L'OBSERVATOIRE VOUS PARLE !

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De : INSTITUT NEOQUEBEC
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" L'OBSERVATOIRE VOUS PARLE !" est un podcast produit par l'Institut Neoquébec en collaboration avec L'observatoire des communautés noires (organe du Sommet Jeunes Afros) qui a pour objectif de vulgariser et valoriser la mission de l'Observatoire. L'objectif ultime à travers ce podcast collaboratif est de "rapprocher l'Observatoire des communautés qu'il déssert" par le biais d'entrevues, de reportages pour la promotion de ses travaux et de ses projets majeurs. Animé et co-réalisé par Cyrille Ekwalla, un extrait du podcast est diffusé sur les ondes de la radio montréalaise CIBL 101.5 F ( https://cibl1015.ca (https://cibl1015.com)) tous les derniers dimanches de chaque mois dans l'émission NEOQUÉBEC. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.INSTITUT NEOQUEBEC Politique et gouvernement Sciences politiques
Épisodes
  • RACISME AU PRIMAIRE ET AU PRE-SCOLAIRE AU QUÉBEC
    Apr 30 2026

    Synthèse — Épisode 6 : L'Observatoire vous parle

    Racisme en milieu préscolaire et primaire au Québec


    Animé par Cyrille Ekwalla, ce sixième épisode réunit trois intervenantes : Gina Lafortune, professeure à l'UQAM et directrice de la Chaire de recherche sur le racisme dans les milieux éducatifs ; Imane Sahraoui, doctorante et coordonnatrice du projet de recherche ; et Murène Muctan, enseignante retraitée et membre du comité aviseur depuis 2022.


    Genèse du projet

    C'est après deux décennies de travail auprès de jeunes noirs au secondaire et au post-secondaire que Dina Lafortune a orienté son regard vers le préscolaire et le primaire. Un constat s'imposait : les jeunes adultes qu'elle rencontrait affirmaient que les dynamiques d'exclusion avaient débuté bien plus tôt, dès l'enfance. En parallèle, peu de recherches documentaient cette réalité au Québec. Financé par le CRSH et l'Observatoire des communautés noires, le projet adopte une approche de recherche-action partenariale, visant non seulement à documenter, mais aussi à transformer les pratiques.


    Une mise en place semée d'embûches

    Mener une telle recherche auprès d'enfants de 4 à 12 ans s'est révélé complexe. Les démarches éthiques — à l'université, puis auprès des centres de services scolaires — ont exigé près de six mois. De nombreuses directions d'école ont opposé un refus, par crainte d'être jugées ou d'être associées à un sujet perçu comme accusateur. Il a fallu convaincre que l'objectif n'était pas de désigner des coupables, mais d'examiner un système institutionnel et ses effets structurels.


    Méthodologie : observer, écouter, jouer

    Trois terrains scolaires ont été investis — deux écoles francophones, une anglophone — avec des observations en classe, dans les couloirs, les cours de récréation et les services de garde. Des ateliers individuels, menés à domicile, ont permis de recueillir la parole des enfants via le dessin et le jeu (notamment des Playmobils représentatifs de la diversité québécoise). Cette méthode, loin d'aborder le racisme de front, invitait les enfants à illustrer une belle ou une mauvaise journée à l'école. Les résultats ont été révélateurs : les enfants voient, comprennent et interprètent bien plus qu'on ne le croit. Ils mettent en scène des enjeux d'exclusion, d'injustice, de présence policière ou de manque de ressources — des situations que, selon eux, les adultes ne voient pas ou ne croient pas.


    Familles et milieux scolaires : des réactions contrastées

    Les rencontres avec les parents ont généré des prises de conscience importantes, certains découvrant - parfois grâce au jeu de leur propre enfant — des expériences vécues à l'école dont ils ignoraient tout. Du côté des écoles, les réactions aux résultats ont oscillé entre surprise, inconfort et déni, avec parfois des tentatives de disqualifier la recherche en raison de la couleur de peau des chercheurs eux-mêmes.


    Vers une école qui reconnaît

    Pour Dina Lafortune, une école transformatrice commence par reconnaître le racisme comme réalité systémique. Cela implique des gestes concrets : des livres et des murs qui reflètent tous les élèves, des exercices où chacun se reconnaît, une attention aux trajectoires individuelles dès la maternelle. Chaque acteur - enseignant, direction, parent - a un rôle à jouer. Le changement est lent, mais possible, à condition d'accepter de regarder le problème en face.


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    1 h
  • LA PHILANTHROPIE ET LES COMMUNAUTÉS NOIRES DU QUÉBEC
    Jan 29 2026

    Dans cet épisode du podcast L’Observatoire vous parle, animé par Cyrille Ekwalla, Belinda Bah (Observatoire des Communautés Noires du Québec), Catherine Fisette (Fondation du Grand Montréal – Signes vitaux) et Linda Tchombé (ex-FGM, aujourd’hui Fondation de la Rue des Femmes) discutent de la philanthropie des communautés noires au Québec : sa perception, ses pratiques et les pistes d’action issues d’une étude publiée dans le cadre des Signes vitaux du Grand Montréal.

    Le point de départ est un constat : dans l’imaginaire collectif, le “philanthrope” ressemble encore à un prototype (souvent un homme, blanc, fortuné). Cette représentation rend la philanthropie noire peu visible et contribue à un phénomène interne : beaucoup de personnes noires ne se reconnaissent pas comme philanthropes, alors qu’elles donnent du temps, de l’argent et des biens de multiples façons. Linda insiste : l’enjeu n’est pas un manque de générosité, mais une invisibilisation liée aux codes dominants et au fait que le mot “philanthropie” ne correspond pas toujours aux références culturelles. Belinda Bah rappelle qu’ailleurs, on parle plutôt de logique communautaire (ex. Ubuntu) : contribuer est un geste normal de solidarité, pas un statut.

    Les invitées expliquent ensuite la démarche : une méthodologie participative (mise en place d’un groupe de travail au printemps 2024) puis un volet quantitatif (sondage) et qualitatif (entrevues) pour comprendre les pratiques réelles derrière les chiffres. Un résultat-clé illustre le décalage : 87,9 % des répondants avaient donné dans l’année, mais une personne sur deux seulement se disait philanthrope. Pourquoi ? Parce que de nombreuses contributions sont informelles et rarement comptabilisées : entraide directe, mentorat, bénévolat, dons de biens (nourriture, vêtements), soutien religieux, et surtout transferts vers le pays d’origine ou vers la famille — des dons sans reçu, sans reconnaissance institutionnelle, mais parfois importants au regard du revenu.

    Catherine Fisette souligne une conclusion structurante : il y a une absence criante de données sur cette philanthropie, ce qui empêche sa pleine reconnaissance et limite les politiques ou pratiques adaptées. Belinda Bah relie aussi le sujet à la question du “recevoir” : des travaux antérieurs montrent une sous-représentation des organisations dirigées par des Noirs dans les dons des grandes fondations. Parmi les freins évoqués : ressources financières limitées, méfiance quand la transparence est perçue comme insuffisante, et, côté organismes, tensions d’accès au financement (information, réseaux, compréhension des codes de l’écosystème).

    Enfin, toutes convergent sur l’impact d’une reconnaissance réelle : changer les perceptions, élargir l’idée même de philanthropie (au-delà du “gros chèque”), mobiliser davantage de moyens, et surtout redonner du pouvoir aux personnes et aux communautés. Se dire philanthrope, c’est s’approprier un terme valorisé socialement, et assumer une contribution déjà réelle à la société québécoise. L’épisode se termine sur un appel à poursuivre le dialogue (notamment via un rendez-vous public annoncé par la FGM) et sur une idée directrice : reconnaître la philanthropie des communautés noires, c’est reconnaître une force collective de solidarité, de dignité et d’autodétermination, et bâtir un écosystème philanthropique plus juste et représentatif du Québec d’aujourd’hui.


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    53 min
  • LES PERSONNES NOIRES FACE À LA PROBLÉMATIQUE DU LOGEMENT AU QUÉBEC
    Dec 11 2025

    Ce 4ᵉ épisode du podcast « L’Observatoire vous parle » est consacré à la crise du logement vécue par les personnes noires au Québec. Cyrille Ekwalla y reçoit le Pr Félix Zogning, économiste à l’Université de Sherbrooke, et le Docteur en ethnologie Patrick Minko, chercheur à l’Observatoire des communautés noires du Québec.


    Deux études complémentaires y sont présentées. La première, quantitative, exploite les microdonnées du recensement 2021 de Statistique Canada pour analyser 900 000 ménages au Québec selon 16 indicateurs : accès, qualité et coût du logement. La seconde, qualitative, croise des récits de vie pour mettre des visages et des histoires derrière les chiffres.


    Les résultats sont clairs : les ménages noirs sont structurellement désavantagés. Environ 40 % seulement sont propriétaires, contre plus de la moitié dans l’ensemble du Québec. Ils vivent davantage dans de grands blocs d’appartements, plus rarement dans des maisons unifamiliales, et comptent presque deux fois plus de familles monoparentales, le plus souvent des femmes seules avec enfants. Leur logement est souvent de moindre qualité, mais plus coûteux : en moyenne 1 342 $ par mois contre 1 166 $ pour l’ensemble des ménages, avec une part nettement plus grande de foyers qui dépassent le seuil de 30 % du revenu consacré au loyer. Même en tenant compte du revenu, de la scolarité ou de la situation familiale, l’origine noire demeure un facteur explicatif majeur des inégalités observées.


    Du côté des vécus, Patrick Minko documente une discrimination récurrente : rendez-vous annulés dès que le propriétaire voit la couleur de peau, propos humiliants, retards dans les réparations, demandes illégales de dépôts ou de garants, pressions pour quitter le logement, poussée vers certains quartiers. Face à cela, les personnes développent tantôt des stratégies d’adaptation et de bricolage, tantôt un sentiment d’impuissance, nourri par une méconnaissance de leurs droits et un manque d’information sur les recours possibles.


    En conclusion, les deux membres du Groupe de recherche en économie mis en place par l'Observaytoire des communautés noires du Québec appellent à des politiques de zonage plus inclusives, à davantage de logements sociaux, au renforcement des organismes d’accompagnement et à une meilleure éducation juridique des locataires, notamment via un guide pratique produit par l’Observatoire.


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    53 min
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