Épisodes

  • Juste Les Oiseaux
    Oct 12 2026
    Cher.es auditeurices, ce n’est pas faute de l’avoir dit : les chansons ont toujours raison. Elles disent le monde mieux que nous, ou en tout cas mieux que beaucoup de discours, de raisonnements argumentés et de constructions rhétoriques ; elles peuvent parler à notre place et parfois, comme aujourd’hui, devenir des êtres vivants, mobiles et virevoletant, brillants, sonores, éclatants de couleurs ou camouflés autour de nous, des oiseaux, donc. Les chansons sont des oiseaux, c’est une évidence déjà beaucoup énoncée par des les chansons elles-mêmes, mais plus encore.
    Il y a quelques années, en 2019, la (géniale) philosophe Vinciane Despret fait paraître un texte, “Habiter en oiseau”, inspiré par le chant persistant d’un merle entendu à sa fenêtre et qui lui fait comprendre la possibilité du silence. Elle y décrit cette façon si particulière qu’ont les oiseaux de se construire un territoire et de le défendre sans se battre. Ils s’affrontent par leur chant, il sifflent, trillent, claquêtent, pupulent, picassent, zinzinulent puis l’oiseau intrus s’en va, sans violence. Vinciane Despret en déduit que les oiseaux jouent à s’affronter et ont le courage de ne pas se battre pour rien. 30 ans plus tôt, le (génial) auteur compositeur interprète Dominique A avait écrit une chanson qui s’intitulait précisément “le courage des oiseaux” et il y exprimait ce voeux : “Si seulement nous avions le courage des oiseaux / Qui chantent dans le vent glacé”.
    Les chansons et les oiseaux ont donc en partage la beauté du geste, le refus de l’affrontement inutile et surtout le plaisir de la légèreté.
    Bobine : sifflement merle
    Ce n’est rien, c’est juste le pépiement d’un moineau ou le sifflement d’un merle, ce n’est rien, c’est… juste une chanson.
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    1 h
  • Juste en Parler / Chanter
    Aug 17 2026
    Aujourd’hui, cette émission hésite, tergiverse, débat avec elle-même. L’enjeu est important, peut-être même existentiel. La question est la suivante : lorsque l’on parle sur de la musique, est-ce de la chanson ? Des sourcils se lèvent, des lèvres font la moue, des paupières se baissent à demi-sur des yeux qui roulent. Visiblement, la réponse est “ben oui, nigaudeau”. Mais, alors, que deviennent la mélodie, le souffle, la colonne d’air, la projection, les voix de tête ou de poitrine et surtout, le plaisir infini de fredonner en oubliant à moitié les paroles voire, encore mieux, en en inventant d’autres ? Et en même temps, spoken words et sprechgesang, récitatif et déclamation : depuis longtemps, dire des mots sur de la musique, ce n’est pas seulement parler. Qu’est-ce qu’on écoute alors, les mots ou les notes, les uns devant les autres, les sons sous paroles ? Il fait beaucoup trop beau (et beaucoup trop chaud) pour démêler tout ça. Comme dirait Lacan, “ça parle”, on y ajoute, ça fait de la musique et au final, réjouissons-nous que c’est… Juste une chanson.
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    1 h et 12 min
  • Juste Une Lumière
    Jul 29 2026
    Cette émission n’en est pas à une contradiction prêt, c’est sans doute lié à la façon très professionnelle dont elle est conçue, planifiée puis réalisée et mise en onde (merci Victor). Lorsque nous avons décidé de ce thème, l’été s’annonçait à peine, nous sortions d’un printemps sec mais terne et d’un long hiver très pluvieux, nous avions envie de célébrer en chansons ce qu’apporte les beaux jours, cette lumière vibrante, presque solide, qui se lève tôt, qui dure longtemps, qui décline si tard le soir, qui écrase les formes et les couleurs à midi, qui fait ressortir le bleu du ciel. Et puis, entre temps, il y a eu ces canicules brutales dont nous sortons à peine (et dont nous nous remettons difficilement). Nous avons passé les journées à l’ombre, dans l’obscurité des volets fermés et des rideaux tirés, les plus au frais possible, redoutant le soleil et ne trouvant plus tant de charmes que ça à la lumière. Face à cette épreuve, nous vous proposons alors de nous rappeler ce pour quoi cette émission nous réjouit tant : faisons confiance aux chansons pour réenchanter notre rapport au monde et trouvons dans les ritournelles, les mélodies, les mots fredonnés et les refrains de quoi sortir de l’ombre. Il faudra peut-être un jour faire une émission sur le dérèglement climatique et aller chercher la fraîcheur dans les titres de Björk et de Robert Charlebois mais d’ici là, retrouvons la lumière et après tout il c’est…juste une chanson.
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    1 h et 10 min
  • Juste Une Marinière
    Jul 21 2026
    aujourd’hui cette émission a le pied marin, elle dit babord et tribord pour désigner les différents côtés (quel côté Victor ?) du studio (enfin, de la cuisine d’hélène), elle distingue sans difficulté la poupe et la proue (niveau supérieur : elle fait la différence entre les différents cordages qui trainent sur le pont du bateau : drisse, écoute, amarre), elle tient bon le gouvernail, elle vise un cap établi et fait route vers les terres accueillantes de la chanson. Mais surtout, surtout, très important : cette émission n’a pas le mal de mer et elle porte un tricot rayé bleu en blanc, bref, une marinière.
    La marinière : merveilleuse polysémie que notre thème du jour : tricot rayé, maillot de corps à manches longues ou courtes en jersey de coton à rayures horizontales étroites bicolores bleues et blanches. Empruntée à la marine tsariste, qui avait adopté ce style des marins bretons et normands afin de se distinguer des autres marines nationales, caractéristique, entre autres, de la tenue des quartiers-maîtres et des matelots de la Marine nationale / féminin de marinier ou femme du marinier (dont la profession est de naviguer sur les fleuves, les canaux / façon d’accomoder les moules avec du beurre et de l’échalotes (nous retrouvons ici la problématique du mal de mer).
    L’univers des textes mis en musique est bien un immense océan et nous vous proposons donc de nous y aventurer en suivant les fleuves et les canaux sans risquer d tomber à l’eau puisque c’est … juste une chanson.
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    57 min
  • Juste au Téléphone
    Jul 14 2026
    aujourd’hui : “au bout du téléphone, il y a votre voix, et il y a tous ces mots que je ne dirai pas…” Bon : l’émission pourrait s'arrêter là, à cette citation d’une œuvre majeure de la culture mondiale (Message Personnel, Berger et Hardy, 1973), qui convoque tout ensemble les pouvoirs d’évocation et d’émotion de la chanson et les possibilités de fiction infinies que déploie le téléphone. Évidemment, ici, à ce point là de la présentation de l’émission, je suis tenté de me lancer dans une défense et apologie du téléphone fixe, en plastique moulé, avec un fil en spirale pour relier le poste avec le combiné et un petit écouteur rond à l’arrière. Car comment murmurer ou écouter des déclarations d’amour sans tenir ce combiné à deux mains, comment faire deviner les intermittences du cœur sans entortiller ce fil autour de son doigt, comment se plonger dans la voix de l’autre sans plaquer le petit écouteur lisse sur son oreille ?
    Et bien en fait, ça marche très bien aussi avec un smartphone : haut-parleur, écouteurs, vocaux, d’autres usages permettent à cet objet de fabriquer nos histoire et même désormais de les entremêler encore davantage de la musique et des paroles des chansons. Immergé dans le récap (comme dirait Victor) de l’année 2025 de mes titres préférés, on repense à tous ces moments passés tout en se félicitant de nos goûts musicaux et soudain une sonnerie se superpose au soundtrack , on décroche et tout commence.
    Au bout du téléphone il y a votre voix et ce n’est plus seulement… juste une chanson.
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    58 min
  • Juste Un Sourire
    Jan 6 2026
    Aujourd’hui, cette émission n’a pas envie de rire. Non. Bon, elle n’a pas non plus envie de pleurer, pas du tout. Elle est joyeuse, détendue, amusée, réservée aussi, intriguée… bref, elle sourit. C’est léger, à peine visible, un peu mystérieux. Qu’est-ce qui la fait sourire ? Pas l’époque, un peu sombre, pas forcément la période, la joie pure et enfantine de Noël appelle davantage le rire franc et la frénésie des fêtes, elle, ne prête pas toujours à sourire, dans la file d’attente pour faire emballer ses achats. Non, ce qui nous fait sourire ici, ce sont les chansons. Ce sourire quand un titre que l’on adore arrive dans nos écouteurs parce qu’on a mis notre playlist en mode shuffle (Victor, je ne sais pas ce que ça veut dire, je suis obligé de traduire : lorsque notre liste de titres préférés en mode aléatoire), ce sourire sur les visages soudain dans la voiture ou en soirée (oh, celle là je l’adore) et nos sourires à nous trois ici, autour de cette table, lorsqu’on découvre dans les casques une chanson géniale que l’on ne connaissait pas. Alors comment les chansons elles-mêmes parlent-elles de ces sourires ? Parce que vous l’avez compris, cher.es auditeurices, cette émission croit fermement que les chansons ont leur vie propre et qu’elles peuvent donc, peut-être, nous sourire en retour.
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    53 min
  • Juste dans la Forêt
    Dec 10 2025
    Aujourd’hui, l’émission a des bottes (où des chaussures imperméables, enfin sauf Victor qui ne renonce pas à ses sneakers), elle marche sous des frondaisons mordorées qui obscurcissent le ciel, et ça fait un bruit si caractéristique de brindilles et de feuilles piétinées (oh Hélène, attention, une grosse chenille orange !). La mousse recouvre la face nord des troncs, des animaux se devinent dans les taillis. On entend le fouissement des hardes de sangliers, le gambadement des chevreuils, le hululement des oiseaux des bois (ouh ouh…). “oh, une biche” dirait Suzanne Pujol. Surtout, ça sent bon ! Ca sent l’humus, le bois humide, le chien mouillé et le champignon tout mou.
    Nous nous enfonçons encore davantage dans la futaie et apparaît le paysage des contes : la maison de Hansel et Gretel, le semis régulier des cailloux blancs, la tanière de l’ogre. Et d’un coup la magie se rompt : des randonneurs avec des bâtons de marche nordique nous coupent le chemin, des adeptes du trail, entièrement vêtus de tissus techniques voyants passent en trombe et l’on devine les bribes des paroles qui s’échappent de leurs écouteurs sans fils (Victor dirait leurs pods). Mais quelles chansons écoutent-ils ? Ont-ils téléchargé la playlist officielle de l’ONF ? Est-ce une compilation qui alterne Anne Sylvestre, Ronny Wood et Marie Laforêt ? (et a-t-on encore le droit de faire des jeux de mots nuls dans le fond des forêts ? Autant de questions qui se posent alors que les Français n’ont jamais été aussi nombreux (92 %) à plébisciter la balade en forêt du dimanche comme loisir de prédilection. Nous entrons dans les bois et toutes ces pistes s’ouvrent à nous, comme autant de sentiers balisés par des petites marques de couleurs sur les troncs, il faudra y répondre en fredonnant car il ne s’agit après toute que de … juste une chanson (oh, un écureuil !)
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    1 h
  • Juste en Bleu
    Oct 15 2025
    Aujourd’hui, cette émission parle d’une couleur, celle que tout le monde aime, celle qui apaise et qui repose, celle qui ne signale ni deuil ni danger, celle qui assure même le bonheur des mariages pour peu qu’elle soit associée à quelque chose de vieux (ici, ça pourrait être moi), de neuf (le plaisir toujours intact de se retrouver pour une nouvelle saison) et quelque chose d’emprunté (les micros de Victor ? la cuisine d’Hélène ?). Bref, aujourd’hui tout est bleu. Pourtant, le lien avec la chanson n’est pas forcément dans l’évidence du nombre de titres et de paroles qui nomment cette couleur. Il est aussi dans une lettre envoyée il y a 265 ans à Sophie Volland par Diderot qui lui écrit : “C'est une chose singulière que la conversation, surtout lorsque la compagnie est un peu nombreuse. Voyez les circuits que nous avons faits ; les rêves d’un malade en délire ne sont pas plus hétéroclites. Cependant, comme il n’y a rien de décousu ni dans la tête d’un homme qui rêve, ni dans celle d’un fou, tout se tient aussi dans la conversation ; mais il serait quelquefois bien difficile de retrouver les chaînons imperceptibles qui ont attiré tant d’idées disparates. Un homme jette un mot qu’il détache de ce qui a précédé et suivi dans sa tête ; un autre en fait autant, et puis attrape qui pourra. Une seule qualité physique peut conduire l’esprit qui s’en occupe à une infinité de choses diverses. Prenons une couleur, le jaune, par exemple : l’or est jaune, la soie est jaune, le souci est jaune, la bile est jaune, la paille est jaune ; à combien d’autres fils ce fil ne répond-il pas ? La folie, le rêve, le décousu de la conversation consistent à passer d’un objet à un autre par l’entremise d’une qualité commune.” Le jaune, le bleu, le rêve, le décousu de la conversation et le plaisir de n’écouter que… juste une chanson
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    1 h et 6 min