Épisodes

  • 1964 : Amsterdam, la chanson que Brel n’a jamais enregistrée en studio
    Jan 19 2026
    Parmi elles, un nouveau texte : Amsterdam.

    Une chanson à laquelle il ne croit pas vraiment. Alors, il la place en troisième position du concert, dans ce début de spectacle, qui lui sert généralement à ajuster la voix, le tempo et la tension.

    Sur scène, Brel chante les marins, la bière, les femmes, la fatigue des corps et des rêves.

    Il termine.

    Et là… À peine la dernière note retombée, la salle se lève. Ovation immédiate ce 16 octobre 1964 pour une chanson que personne n'avait jamais entendue...

    Le batteur Philippe Combelle, n'en revient pas, il parle d'une véritable “folie”.

    Sur le plan émotionnel, dira-t-il plus tard, ça a été énorme.

    Le concert est filmé, mais surtout diffusé en direct à la radio, sur Europe 1. Jacques Vassal, qui deviendra plus tard son biographe, écoute chez lui. Il racontera :

    « On respirait fort. On croyait le voir alors que ce n’était pas la télé. Il en faisait trop… mais il en faisait tellement qu’il vous faisait vivre la chanson. »

    Ironie magnifique : Amsterdam n’a pas été écrite à Amsterdam.

    Brel l’a composée au bord de la Méditerranée, en s’appuyant sur une mélodie bien plus ancienne : Greensleeves, un air traditionnel anglais du XVIᵉ siècle.

    Le port d’Amsterdam devient alors un décor universel, un théâtre humain où tout déborde.

    Le succès est fulgurant. Et pourtant…

    Jacques Brel refusera toujours d’enregistrer Amsterdam en studio. La chanson n’existera que dans le souffle du live, dans cette montée physique que seul le concert permet.

    Cette chanson née presque par accident, offerte d’abord comme une chanson “de début” de concert, deviendra l’un des sommets de la chanson francophone. Et même au-delà, puisque Bowie lui donnera une vie nouvelle en 1973...
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  • 1966 : Adamo est numéro 1 des ventes
    Jan 16 2026
    Sa chanson a dominé les hit-parades durant, accrochez-vous, 13 semaines. « Une mèche de cheveux » se classe directement à la première position des ventes, devant Michèle des Beatles, devant Antoine, Percy Sledge, Michel Polnareff et même Johnny...

    Le titre et le texte tournent autour d’un détail intime – une mèche de cheveux –, comme s'il s'agissait d'une relique sentimentale… et tout cela est chanté avec une infinie simplicité.

    On reste dans ce qui fait Adamo : une écriture simple, imagée, qui parle d’attachement, de souvenir, de mélancolie douce, toujours entre tendresse et légère tristesse. Et toujours avec une politesse tirée à 4 épingles.

    En 1966, Adamo est déjà au-delà du statut de “simple” chanteur à succès : il est installé comme figure centrale de la chanson francophone, avec une carrière internationale déjà bien lancée (en Italie, son pays d'origine évidemment, mais aussi en Espagne, en Amérique latine et même au Japon).

    D'ailleurs, il existe une version japonaise de la chanson….

    Parvenir à se classer devant Johnny en 1966 relève de l'exploit. Enfin, peut-être pas tant que ça. Son succès, Adamo le doit à son image : jeune homme romantique, costume impeccable, allure sage, opposée au côté plus “rock” de sa propre génération.

    Pas étonnant donc de voir « Une mèche de cheveux » dominer les ventes durant plus de 3 mois avec une chanson qui participe à la construction de sa légende : un Adamo intime, qui parle d’amour sans provocation, accessible à TOUTES les générations…
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  • 1971 : La Folie des Grandeurs bat des records au cinéma
    Jan 15 2026
    Le tournage de son nouveau film a lieu en Espagne. Louis de Funès est Don Salluste de Bazan, ministre des Finances du roi d’Espagne. Quant à Yves Montand, il tient le rôle de Blaze, son valet. Autre recrue du casting, une invraisemblable, une magnifique Alice Sapritch…Vous l'avez compris, nous sommes en plein cœur de la Folie des Grandeurs...

    L’action se déroule donc dans l’Espagne du XVIIᵉ siècle : Don Salluste est donc le ministre des Finances du roi Charles II. Il exploite le peuple et détourne l’argent pour sa propre grandeur. La reine déteste ce personnage et parvient à le faire chasser de la cour. Pour se venger, Salluste veut la compromettre dans un complot amoureux. Son neveu Don César refusant de participer, c’est finalement Blaze, le valet amoureux de la souveraine, qui va s'y risquer.

    Gérard Oury explique à la RTB, en décembre 1971, pourquoi il voulait réunir De Funès et Montand....

    Difficile en effet de les départager. Le film appuie sur l'angle “Quand Victor Hugo rencontre Louis de Funès”… et ça fonctionne bien : partir d’un drame romantique pour aboutir à une comédie burlesque, tout en gardant la critique des puissants et l’idée du petit qui se glisse parmi les grands. Résultat ? Plus de 5,5 millions d’entrées, ce qui en fait un des grands triomphes comiques du début des années 70.

    Ce qu'on sait moins par contre, c'est que la musique originale a été composée par… Michel Polnareff, sur le thème des grands westerns…
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  • 1976 : Gérard Lenorman se souvient de “Michèle”
    Jan 14 2026
    En 1976, Gérard Lenorman n'a déjà plus à faire ses preuves. Son tout premier 45 tours est sorti sous pavillon CBS en 1971 et a déjà failli atteindre la première place des ventes… souvenez-vous...

    "Il" n'est pas arrivé par hasard. Avec sa voix haut placée et voilée, il a séduit les producteurs de la comédie musicale Hair, où il a remplacé avec triomphe un certain Julien Clerc. Viennent ensuite, quelques jolis succès, comme Les Jours Heureux ou Les Matins d’hiver, mais aucun ne parvient à atteindre la première place des ventes. Pas même la balade des gens heureux.

    Aucun, jusqu'en 1976 : « Michèle » entre au hit-parade d'Europe 1 le 1ᵉʳ février en 14ᵉ position. Quelques semaines plus tard, le 28 février 1976, le moment est arrivé : Lenorman est numéro 1… avec une musique toute douce.

    Pour cette première collaboration, Didier Barbelivien explique avoir écrit une histoire inspirée d’un flirt de lycée. Au départ, c'est un autre prénom qui est choisi, Marcelle. Mais mais mais… Lenorman n’est pas convaincu. Il demande alors un autre prénom, Michèle. Objectif : rendre hommage à un premier amour de jeunesse rencontré à Cournon, en Auvergne, ce qui donne à la chanson une dimension totalement autobiographique et extrêmement sincère. Il se confie à André Manoukian...

    L'histoire a failli mal tourner. Enfin non, Michèle est devenue une chanson. Chez nous, en Belgique, le prénom fait aussi des ravages : le titre se classe en 5ᵉ position, tant au nord qu'au sud de la Belgique… Le 45 tours se vendra à plus de 300 000 exemplaires au cours de l'année 1976. L'album "Drôles de chansons" sera même certifié disque d'or…et la collaboration avec Barbelivien ne fera que commencer….
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  • 1973 : Colinot, le dernier film de Bardot
    Jan 13 2026
    L’action se déroule au XVᵉ siècle : Colinot, jeune paysan séduisant mais un peu simplet, voit sa fiancée Bergamotte enlevée par des bandits de grand chemin et part sur les routes pour la retrouver.

    Ouf, attention, Alice Sapritch débarque...

    Le film s'appelle « L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot trousse-chemise » - c'est un peu long, c'est vrai, mais tout le monde va rapidement raccourcir tout ça en « Colinot ». Ce colinot est interprété par Francis Huster, qui alors un tout jeune premier, entouré de Nathalie Delon, Francis Blanche, Bernadette Lafont, Alice Sapritch (on le disait) et une galerie de seconds rôles très reconnaissables du cinéma français.

    Revenons à notre Colinot et à sa quête de Bergamotte, qui devient un parcours initiatique : sur la route, il croise une série de jeunes femmes belles et très libres pour l’époque (nous sommes en 1973), ce qui donne au film un ton à la fois « gaulois », érotique et burlesque, mais sans vulgarité.

    Puis, il y a BB. Bardot joue Arabelle, grande dame indépendante qui va servir de figure de mentor sentimental : elle apprend à Colinot que l’amour ne se résume pas à l’érotisme. C'est une claque, c'est surtout un clin d’œil à toute la carrière de sex-symbol de Brigitte Bardot.

    La mise en scène se construit autour d’une narration troubadour, avec poésie et chansons de ménestrels...

    Oui, c'est bien la voix de BB. Pour Francis Huster, ce tournage reste marquant : il racontera plus tard à la télévision la difficulté d’une scène de nu au lit avec l'icône Bardot.

    Ensuite, ce tournage n'est pas n'importe lequel. En effet, il marque la dernière prestation de BB en tant qu’actrice de cinéma avant qu’elle ne se retire pour se consacrer à la cause animale, ce qui donne au film une dimension de « chant du cygne » pour Bardot.

    Côté critique, le film n’a jamais été considéré comme un grand classique : mais c'est le dernier film de BB, et c'est une comédie qui reste délicieuse, espiègle et typiquement 70’s.

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  • 1960 : Elvis Presley transforme “O Sole Mio” en triomphe mondial
    Jan 12 2026
    Nous sommes le 18 juillet 1960. Happy Day pour Elvis Presley. À 25 ans à peine, le King est déjà une star planétaire… mais il s’apprête à opérer un virage décisif dans sa carrière.

    Car son nouveau titre, It’s Now or Never, n’est pas une chanson d’Elvis comme les autres. À l’origine, ce n’est même pas du rock. La mélodie vient tout droit d'Italie…

    En Europe, où il fait son service militaire, le refrain circule partout, notamment dans la version de Dalida.

    Cette chanson, c'est "O Sole Mio", chant napolitain du XIXᵉ siècle, que Presley découvre donc lors de son service militaire en Allemagne.

    Elvis soldat, en uniforme, écoutant de la musique italienne entre deux permissions.

    A priori, c’est cocasse. Et pourtant, c’est peut-être la recette d’un futur succès planétaire….

    De retour aux États-Unis, il propose l’idée à son équipe. On garde la mélodie, on transforme les paroles, et on ralentit le tempo.

    Le résultat : une ballade ample, romantique, qui oublie un peu ses racines d'opérette pour afficher un ton plus grave, plus posé. On pourrait même dire... plus adulte.

    Mais, attention, pas question de se passer de la mandoline...

    Ah, la mandoline et son tremolo, ses notes rapides et vibrantes, typiques de la tradition musicale italienne, transposée de l'autre côté de l'Atlantique par un garçon qui fait chavirer les cœurs.

    Avec ce titre, Elvis montre qu’il n’est plus seulement le jeune rebelle de "Heartbreak Hotel" ou "Jailhouse Rock". Il peut aussi séduire, émouvoir, et même rassurer un public plus large.

    Résultat ? Le succès est immédiat : numéro un aux États-Unis, en Grande-Bretagne, et dans une bonne partie de l’Europe, dont la Belgique évidemment. Plus de 20 millions d’exemplaires vendus au total.

    On dirait bien qu'avec cette chanson, Elvis a trouvé sa voix. Travaillée, maîtrisée, presque classique. Et pour cause, Elvis s’est entraîné pendant son service militaire, prenant des cours de chant pour élargir sa tessiture. « It’s Now or Never» est l’une des preuves les plus éclatantes de cette évolution. Pour beaucoup, c’est même l’un de ses plus beaux enregistrements des années 60…
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  • 1964 : “Dancing in the Street”, Martha Reeves fait danser le monde
    Jan 9 2026
    Nous sommes le 31 juillet 1964. Une chanson écrite un mois plus tôt vient de sortir aux États-Unis et son potentiel est énorme. Happy Day pour Martha Reeves. Sous pavillon Motown, elle va sortir de l'anonymat et devenir une très, très grande star partout dans le monde.

    En 1964, Martha Rose Reeves vient tout juste d'avoir 23 ans. Elle est née à Eufaula, dans l'Alabama. Elle est la troisième fille d'une famille de 11 enfants. Après des débuts dans la chorale de son église, elle suit ses parents à Détroit, où elle retrouve son grand-père, pasteur, mais surtout musicien. C'est à ses côtés que le chant va s'imposer à elle.

    Le titre, Dancing in the Street, est enregistré très rapidement le 19 juin 1964, avec une introduction parfaitement typique du son Motown.. Tellement bien calibrée, qu'on a l'impression de la connaître à la première écoute...

    Au départ, Dancing in the Street est écrit par William Stevenson, Ivory Joe Hunter et monsieur... Marvin Gaye. Le label va carrément offrir à Martha Reeves son propre groupe. Ce sera désormais "Martha and the Vandellas". Quant à la chanson, elle sera reprise un nombre invraisemblable de fois... Tout d'abord les Kinks en 1965. Puis les Mamas and Papas en 66. Little Richard lui donnera un petit côté rock en 1971. Neil Diamond y mettra lui aussi sa patte en 1979. Même si la reprise la plus célèbre est sans doute celle de Mick Jagger et David Bowie en 1985, dans le cadre du Live Aid...

    Quand je dis reprise, j'oublie sans doute Sylvie Vartan, Dusty Springfield, Atomic Kitten, Human Nature, Karen Carpenter et même les Chœurs de l'Armée rouge.... Pour ne pas oublier son origine, l'industrie de la musique se souviendra de Martha Reeves, qui recevra un Grammy Hall of Fame Award en 1999.

    Quant à la chanson, elle sera inscrite en 2005 au Registre national des enregistrements de la bibliothèque du Congrès à Washington pour son importance culturelle aux États-Unis...
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  • 1976 : la publicité Mousline, quand la purée devient culte
    Jan 8 2026
    Nous sommes le 13 juin 1976. Une maman va devenir célèbre grâce à une publicité pour une purée de pomme de terre. C'est le Happy Day de l'entreprise Maggi, qui s'est spécialisée en France dans la préparation de repas simplifiés. Le produit à mettre à l'honneur à la télévision est donc une purée. Elle est produite à Rosières-en-Santerre (dans la Somme) depuis 1967.

    Allez à table, notre mère de famille a préparé sa spécialité...

    Ce produit, c'est donc Mousline, une marque française de purée de pommes de terre en flocons, lancée en 1963. Particularité : elle utilise des pommes de terre locales d'un groupement de 150 agriculteurs à moins de 30 km de l'usine, avec un processus de déshydratation simple, sans conservateurs. Autant dire qu'on a rien inventé aujourd'hui...

    Depuis 1970, Maggi a étendu sa gamme de produits aux croquettes et aux gratins, mais la purée a cela de particulier, que les enfants en RAFFOLENT !

    Diffusée à la TV tous les midis et tous les soirs, cette publicité montre une mère tellement confiante qu'elle se met à chanter..

    Bien entendu, en 1976, personne ne comprend le second degré qui nous saute aux oreilles quand on entend qu'on met de la purée dans le petit volcan, pas même les publicitaires. La chanson est inspirée de Do-Re-Mi dans La Mélodie du bonheur. Elle est interprétée par Les Petits Écoliers Chantants de Bondy et devient un hit des cours de récré. Autant dire que Maggi va vendre beaucoup, beaucoup de purée...

    La chanson sera malheureusement transformée en 1990 par Elmer Food Beat en chanson paillarde, sous le titre... « La grosse Jocelyne ».

    Mousline sera l'un des joyaux de la couronne, lorsque l'entreprise passera sous pavillon Nestlé, oubliant au passage cette chanson familiale et ce petit volcan dans lequel une petite fille réclamait, sans pudeur, sa purée...
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