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Reportage Afrique

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De : RFI
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Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent, chaque jour, en deux minutes une photographie sonore d'un évènement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jour.

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    Épisodes
    • L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: à Badoua, la jeunesse mobilisée face à l’insécurité [4/4]
      Feb 21 2026
      Quatrième et dernier volet de notre série de reportages en Centrafrique dans la ville de Baboua qui se relève. Située à seulement 50 kilomètres de la frontière camerounaise, cette ville diamantifère a été profondément marquée par la crise de 2013 à 2016. Longtemps laissée à elle-même, livrée à l’insécurité et au manque d’infrastructures, Baboua semblait condamnée à l’abandon. Mais aujourd’hui, un vent de renouveau souffle sur la ville. Les jeunes, en coordination avec les chefs de villages et les forces de sécurité, s’organisent pour lutter contre les bandits armés et protéger leur communauté. Grâce à leur engagement citoyen, les routes entre Baboua et la frontière sont plus sûres et les habitants peuvent reprendre leurs activités agricoles et économiques en toute sérénité. De notre correspondant de retour de Baboua, Le ciel est noyé dans le brouillard, l’air est frais. Florentin pédale en direction de la falaise de Garga-Mbongo. Sur son dos, un sac contenant un bidon d’eau et quelques vivres. Entre ses mains, un téléphone relié à un fil métallique, improvisé pour capter le réseau. « Nous sommes simplement des habitants de la ville. Nous faisons de notre mieux pour parcourir les secteurs périphériques, les champs et les zones isolées », explique-t-il. Ce matin, il a choisi de parcourir une dizaine de kilomètres au nord de la ville pour recueillir des informations. « Dans nos activités quotidiennes, nous essayons d’être curieux et de poser des questions. Nous cherchons à repérer les inconnus, à vérifier si des hommes armés ne sont pas dans le secteur et à identifier des comportements inhabituels. » Depuis le désarmement, en octobre dernier, des rebelles des 3R, conformément à l’accord de paix de Ndjamena, il n’y a plus d’attaques dans la ville de Baboua et sa périphérie. Mais certains hommes armés ont changé de stratégie et agissent désormais comme des coupeurs de route. À lire aussiCentrafrique: les chefs rebelles de l'UPC et des 3R de retour à Bangui « La population vit dans un climat de peur » « La plupart des hommes armés sont autour des chantiers miniers. Ils font des braquages et la population vit dans un climat de peur, confie Privât, un habitant de Baboua. Nous sommes là pour lutter contre le grand banditisme, les assassinats, les enlèvements et le phénomène des coupeurs de route, chacun à notre manière. » Mais l’activité de ces jeunes n’est pas sans conséquences. Anselme, un agriculteur, s’inquiète pour son fils, qui reçoit régulièrement des menaces de mort : « Mon fils continue d’aller à l’école. Un jour, il a reçu des menaces de la part de ces bandits. Certains d’entre eux sont de jeunes habitants du village. J’ai peur pour la vie de mon fils, s'alarme Anselme, mais il est déterminé. Nous avons trop souffert. Ces actes de banditisme doivent cesser. » Les autorités locales travaillent en étroite collaboration avec ces jeunes afin de rétablir l’ordre et la sécurité dans la localité. « Ce ne sont pas des groupes rebelles, indique Jean Michel Bouaka, sous-préfet de Bouar. Ces gens utilisent pour la plupart des armes artisanales pour braquer des gens qui vaquent à leurs occupations. Ces jeunes en profitent pour les braquer, pour prendre leurs biens. Mais ce ne sont pas des groupes armés en tant que tels. Nous avons nos forces. Nous avons les Facas, la gendarmerie, la police, la Minusca et les alliés russes qui sont là pour nous prêter main-forte. » La plupart de ces jeunes volontaires ont l’ambition d’intégrer le rang des Forces armées centrafricaines pour défendre leur pays contre les rebelles et les bandits. Retrouvez les premiers épisodes de notre série sur l'Ouest centrafricain : L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'émotion des réfugiés de retour au pays [1/4] L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'hôpital de Bouar renaît [2/4] L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: le problème persistant des viols à Baboua [3/4]
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      2 min
    • L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: le problème persistant des viols à Baboua [3/4]
      Feb 20 2026
      Direction Baboua, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière camerounaise, au nord-ouest de Bangui, pour le troisième volet de notre série de reportages. Dans cette ville, les violences sexuelles connaissent une inquiétante recrudescence ces dernières semaines. Chaque semaine, une dizaine de femmes, principalement de jeunes filles, sont victimes de viol. Si certaines bénéficient d'une prise en charge à l'hôpital local, beaucoup restent silencieuses, freinées par le poids des traditions et la stigmatisation sociale. Ces agressions surviennent autant en pleine ville que dans les champs ou les villages alentour, et les auteurs présumés sont parfois des bandits armés… mais aussi des proches. Face à cette situation alarmante, l'ONG SENI PLUS, basée à Baboua, apporte un accompagnement psychologique pour favoriser la réinsertion sociale des survivantes, sans discrimination. De notre envoyé spécial à Baboua, À la tombée de la nuit, le quartier populaire de Bokom est plongé dans l'inquiétude. La peur s'installe, les jeunes filles n'osent plus sortir ni marcher seules dans les rues. Privé d'éclairage public, le quartier s'enfonce dans l'obscurité, à peine éclairé par la lueur lointaine de la lune. Sous un hangar de fortune, fait de paille et de bâche, des jeunes se rassemblent. Ils fument et consomment de l'alcool. C'est ici qu'une jeune fille de 15 ans été violée. « Ce qui m'est arrivé m'a brisée. Je passais ici pour aller au marché. Ce jour-là, il pleuvait. Je n'ai rien fait pour mériter ça. Ils ont abusé de moi avant de fuir. Aujourd'hui, je veux que justice soit faite », confie-t-elle. Dans la cour à côté, Lima malaxe la boule de manioc à l'aide d'une spatule. Il y a un mois, alors qu'elle travaillait aux champs, elle a confié sa fille de 5 ans à son oncle paternel. Malheureusement, celui-ci a abusé d'elle : « Après le forfait, il a quitté le village sans laisser de trace. Ma fille est entre la vie et la mort à l'hôpital. L'enquête se poursuit pour le retrouver. » À l'hôpital de Baboua, les victimes reçoivent des soins médicaux et un accompagnement psychologique. Dans son bureau, Elvige Kadjidja Bita, de l'ONG Seni Plus, en reçoit plusieurs par jour. « Des cas d'agressions sexuelles, avec ou sans pénétration, ne sont pas des cas isolés, c'est régulier. Franchement, ici à Baboua, le nombre est élevé. Parfois, on reçoit dix cas par semaine. La statistique mensuelle des filles violées varie généralement entre 15 et 18 cas. L'âge des victimes varie de 5 à 15 ans pour les plus jeunes, et de 18 ans jusqu'à pas d'âge. Certains parents gardent le silence pour des questions de coutumes. Ces prises en charge sont gratuites à notre niveau », explique-t-elle. Beaucoup d'agressions au sein de la famille Malgré les nombreuses sensibilisations, la situation continue de gagner du terrain dans cette ville d'environ 20 000 habitants, dont les jeunes représentent plus de 70% de la population, selon les autorités locales : « Ça se passe beaucoup au sein de la famille. Ça peut être l'oncle paternel ou maternel qui est l'auteur. Souvent, l'enfant est allée jouer et un voisin vient coucher avec elle. Lorsque l'on amène des enfants de 5 ans ici, ce sont des cas délicats qui nécessitent des soins minutieux. On amène la victime chez les médecins pour une prise en charge médicale, on l'amène ici pour la prise en charge psychologique. On répond aux besoins selon la nécessité et selon l'urgence : d'abord sauver la vie avant la prise en charge psychosociale. » À Baboua, ces filles sont régulièrement victimes de stigmatisation et de rejet de la part de la société. Pour une lutte efficace, les autorités locales multiplient depuis le début du mois de février les sensibilisations en porte-à-porte et les réunions publiques, appelant la population à la vigilance et à saisir la justice. À lire aussiL'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'émotion des réfugiés de retour au pays [1/4]​​​​​​​ À lire aussiL'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'hôpital de Bouar renaît [2/4]
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    • L'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'hôpital de Bouar renaît [2/4]
      Feb 19 2026

      La Centrafrique poursuit lentement mais résolument son processus de reconstruction. À Bouar, une ville d'environ 30 000 habitants située à l’ouest du pays, l'hôpital préfectoral renaît progressivement après plusieurs années de profondes difficultés. Manque de personnel qualifié, insuffisance d'infrastructures adaptées, pénurie de médicaments et d'équipements médicaux... Autant de défis qui ont longtemps empêché cette formation sanitaire d'assurer pleinement sa mission première : sauver des vies. Aujourd'hui, en complément des efforts engagés par le gouvernement pour améliorer la qualité des soins, une nouvelle étape vient d'être franchie. Début février 2026, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a doté l'établissement en équipements médicaux, redonnant espoir au personnel soignant comme aux populations locales.

      De notre correspondant de retour de Bouar,

      Dans les couloirs silencieux du service des urgences, le temps semble suspendu. Sur les lits usés, les patients tentent de trouver le sommeil. Le bras relié à un sérum, ils observent presque machinalement les gouttelettes tomber une à une, au rythme lent de l'attente. Cet hôpital fonctionne avec des services limités : la chirurgie, la maternité, la pédiatrie et les urgences.

      Martin Zekana est le médecin-chef de cet hôpital : « Nous avons un circuit d'évacuation qui est clairement défini pour des cas qui dépassent notre plateau technique. Il s'agit entre autres des cas de traumatologie, des accidents de la voie publique où il y a des fractures ouvertes. On n'a pas un service de traumatologie, ni de radiologie qui peut nous situer sur la lésion osseuse. Devant cette situation, nous transférons les patients à l'hôpital général de Bangui. »

      Mireille, victime d'un accident, fait partie des patients pris en charge dans cet établissement. Comme beaucoup d'autres, elle vient de loin, du village de Kpocté, situé à proximité de Bouar : « À chaque maladie, nous sommes obligés de venir ici parce que dans mon village, il n'y a pas de centre de santé. Nous transportons les malades sur des motos ou dans des pousse-pousse, même les femmes enceintes. Nous sommes heureux que l'hôpital soit doté d'équipements qui permettront de sauver des vies et de s'occuper des malades. »

      Des défis à relever

      Cette dotation du HCR permet de relever le niveau du plateau technique de l'hôpital, explique le docteur Martin Zekana, médecin-chef : « Nous avons reçu le Dinamap, qui est un moniteur de paramètres vitaux d'un malade au niveau du bloc opératoire. Nous avons aussi reçu des lits de réanimation, des lits mécanisés. Il y a également des appareils qui nous permettent de voir dans quelle mesure le malade a besoin d'oxygène ou pas. »

      L'hôpital de Bouar est le plus grand de toute la préfecture. Mais avec l'accroissement de la population, sa capacité d'accueil reste limitée et le nombre de spécialistes se compte sur les doigts d'une main. « Nous avons des difficultés d'accès à l'électricité et à l'eau potable, explique le docteur Zekana. Il y a aussi d'autres défis à relever en termes d'extension d'infrastructures, la nécessité d'avoir un centre d'imagerie et surtout de rehausser notre plateau technique. »

      Toutefois, un autre problème majeur s'impose : l'hôpital ne dispose pas de morgue. En cas de décès, le corps est remis directement aux parents pour inhumation. C'est un besoin réel qui se fait sentir dans cette formation sanitaire.

      À lire aussiL'Ouest centrafricain, une décennie après la crise: l'émotion des réfugiés de retour au pays [1/4]

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