Épisodes

  • Retour sur l'œuvre musicale de Papa Wemba
    Apr 24 2026

    Il y a dix ans, le 24 avril 2016 Papa Wemba s'effondrait lors d'un concert à Abidjan à l'âge de 67 ans. En près d'un demi-siècle de carrière l'immense artiste a modernisé le soukouss et la rumba qu'il a portés de par le monde. une star international et un héritage flamboyant.

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    VidéoPapa Wemba : quand la rumba devint mondiale

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  • K.O.G, machine à groove venue d’Accra
    Apr 23 2026

    Le Ghanéen débarque d’Accra avec une idée fixe : faire exploser les styles musicaux. Avec Kweku Sackey de son vrai nom, Kweku Of Ghana sur scène ( K.O.G. ) tout sonne africain entre ses mains.

    Depuis une vingtaine d’années, le bonhomme collectionne les projets comme d'autres les trophées. En 2015, sa fanfare déglinguée Zongo Brigade, fait plier les grands festivals internationaux avec sa fusion fiévreuse.Trois ans plus tard, Onipa branche l'Afrique sur le courant électro mondial.

    Ce qui frappe chez lui ce sont ses collaborations innombrables avec de grands noms de la musique des cinq continents aux esthétiques opposées: Anthony Joseph, David Walters, Jembaa Groove, Nubiyan Twist, ou encore La Yegros. Il à même été embarqué dans l’aventure du dernier album d'Africa Express, célèbre collectif altermondialiste fondé par la pop star britannique, Damon Albarn

    Highlife et afrobeat

    K.O.G. vole désormais en solo. Trois albums en cinq ans dont le dernier s’intitule, Don't Take My Soul. Ghanéen de naissance, Anglais d’adoption, il est retourné aux fondamentaux de sa jeunesse : le highlife et l’afrobeat. Le trublion y a mélangé ses amis d’Afrique, Pat Thomas en tête, vieux prophète du highlife et ses complices de l’exil londonien. Onze titres sans folie mais un groove convivial en version décaféinée. Le tout, symbolisé par sa philosophie bienveillante : la musique, ça se partage.

    Ses textes regardent loin devant, visent l’avenir de l’Afrique. Afro-futuriste, politique, militant, son ancrage dans l’héritage culturel de son pays, reste son obsession. Don’t Take My Soul en est l’exemple parfait.

    Peu importe le genre musical, il arrive toujours avec le Ghana sous le bras. Rock, rap, jazz, soul, tout finit par sonner africain entre ses mains.

    Le monde l'attend. Lui avance déjà avec une tournée. Prochaine escale le 1ᵉʳ mai 2026 en Suisse. K.O.G. ne s'arrête jamais et l’Afrique le suit partout..

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  • Noor, amoureuse écorchée vive dans son premier album, «1900 jours»
    Apr 22 2026

    Déjà remarquée pour son EP Les histoires tristes me collent au corps, sorti en 2024, la chanteuse Noor a dévoilé le 17 avril son premier album, 1900 jours alors qu'elle se produisait sur la scène du Printemps de Bourges. Un disque minimaliste, essentiellement porté par la voix de la jeune femme, son piano, et ses synthétiseurs, pour faire plus de place à l'histoire d'amour impossible que raconte le disque.

    Dans la vraie vie, elle est douce, a le sourire facile, et semble un peu dans sa bulle. Normal : Noor sort de scène, le jour même où elle a dévoilé son premier album, 1900 jours. « C'est vrai que c'est une journée un peu chargée », sourit-elle. Chargée en émotions surtout, tout comme son disque, où se côtoient toutes les formes d'amour malheureux : impossible, toxique, à sens unique, le désamour aussi... ils sont tous là, sauf un, celui qui se passe bien. « Dans cet album, j'ai voulu raconter cette histoire d'amour impossible que j'ai vécue, explique la jeune femme. Et je voulais la délimiter dans le temps, qu'on ne puisse pas interpréter librement. Ça a duré 1900 jours »c'est-à-dire, pour les profanes, 5 ans.

    Une thématique récurrente

    Ce n'est pas la première fois que Noor explore ce sujet. Mais cette fois, le format d'un album donne un écrin à son histoire, la possibilité d'en lire toutes les pages avant de passer à la suivante. « J'ai vu cet album comme un livre, ou un film, un format avec un synopsis où il faut que l'histoire soit respectée. » Alors, parler d'autres sujets... « J'y ai pensé... mais je me suis dit, "non, cet album portera cet amour impossible." » Sans pour autant fermer la porte pour la suite : « Je parlerai surement d'autres sujets dans le futur - parce que je ne suis pas que ça, la fille triste en amour. »

    Une instrumentation minimaliste

    Pour construire son album, Noor n'a gardé que les outils essentiels : sa voix, toujours sur le point de se briser, surtout lorsqu'elle s'adresse à son ancien amant ; son piano – « c'est mon instrument préféré au monde » – et ses synthétiseurs. « Ce que je veux avant tout, souligne-t-elle, c'est raconter des histoires. Donc, je pense qu'avoir un écrin assez minimaliste, cela sert mon propos. »

    Cela permet peut-être, aussi de transporter l'émotion avec plus de force. Et c'est le résultat d'un processus assez solitaire. « Mon processus de création commence toujours par une phase de solitude, pointe Noor. L'écriture, c'est ma thérapie. » Viennent ensuite la composition, l'enregistrement, la production... et c'est seulement dans ces phases ultérieures qu'apparaissent d'autres producteurs, d'autres musiciens, « quand j'ai besoin d'eux pour ajouter des éléments à l'album, » comme certains instruments à cordes que l'on retrouve sur 1900 jours. Comme si, désormais, la jeune femme avait voulu faire sien l'adage « Mieux vaut être seul que mal accompagné. »

    Noor 1900 jours (Fourteen Records), sortie le 17 avril 2026

    En concert à La Cigale (Paris) le 13 octobre 2026.

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  • F&AM: dérive en eaux vives avec «Halage»
    Apr 21 2026

    Halage, huitième album de F&AM, poursuit l’aventure d’une pop d’avant-garde, signature de François Marry.

    Derrière ce nom F&AM (Frànçois And The Atlas Moountains), avance un nomade. Originaire des rives de la Charente-Maritime, François Marry traverse la Manche et pose ses valises en 2003 à Bristol, ville portuaire du Royaume Uni, port d’attache du trip hop. Peintre a ses heures, il passe de l’ombre d'assistant de français, à une écriture musicale fusionnant chanson française ciselée et inflexions anglo-saxonnes expérimentales. Chanteur, auteur, compositeur, il bâtit un univers mouvant, nourri de déplacements et de frottements culturels.

    En 2011, il devient le premier artiste français signé chez Domino Records, label culte qui a vu émerger Arctic Monkeys ou Franz Ferdinand. Depuis, il enchaîne les tournées entre Europe, Afrique et États-Unis, consolidant une trajectoire résolument transfrontalière. Avec Halage, le français, revient à un élément matriciel : l’eau.

    Pour cette nouvelle odyssée aquatique, le trio s’est entouré d’un équipage complice et de voix invitées. Libre comme l'air, vif comme le courant, l’album se laisse traverser par les rencontres : Clara Luciani vient habiter « Rappelle-toi » d’une douceur spectrale, tandis que « L’Homme à la rivière » réinvente en français le « River Man » de Nick Drake, porté par la magnétique chanteuse Libanaise, Yasmine Hamdan.

    Halage porte bien son nom : un disque de circulation, où s’entrelacent êtres, pays, paysages sonores et nature. Dix titres comme autant de dérives au fil de l'eau, entre lyrisme liquide et tension flottante.

    Halage, sortie le 3 avril 2026. Concert en Suisse le 30 avril, puis tournée française jusqu’en juillet.

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  • «Le sens du courant» de Johanna Baget, au fil de l'eau et des émotions
    Apr 20 2026

    La chanteuse et guitariste française Johanna Baget dévoile son deuxième album, Le sens du courant. Après un premier opus minimaliste en guitare-voix paru en 2022, elle revient avec une proposition plus ample, entourée de musiciens. Accordéon, clarinette, cordes et percussions viennent envelopper sa voix et ses arpèges de guitare, pour un disque au rendu plus orchestral tout en restant profondément acoustique.

    Issue d'une famille de musiciens, Johanna Baget a grandi dans des bains de polyphonie vocale. Elle a appris la musique d'abord en reprenant les chansons des autres, avant de trouver peu à peu sa propre écriture.

    Elle raconte : « Je me rappelle quand j'étais toute petite, j'avais hâte de savoir écrire pour pouvoir écrire des histoires. J'attendais qu'on m'apprenne à écrire pour écrire des histoires. Dès que j'ai su, j'ai commencé à fabriquer des petits livres. Et la poésie, pour moi, c'est de l'écriture de musique. Il y a un rythme, il y a beaucoup de jeux avec les sonorités... En fait ce que j'adore dans la poésie, ce sont les mots simples et les images très claires, avec des associations de mots inattendues, mais qui te créent une émotion ou une sensation de "wow". Il y a vraiment des choses qui font sourire en lisant de la poésie, une sensation que je retrouve moins dans d'autres types d'écritures. Et j'aime vraiment les mots simples, mais qui font des petites étincelles dans le cœur. »

    De l'humour à l'émotion avec fluidité

    Dans la tradition de la chanson française, Johanna Baget signe des textes tendres et délicats, parfois drôles et ironiques, comme dans « La flemme », véritable ode à la paresse et à l'ennui. L'humour devient alors la première porte d'entrée pour se connecter à son public et créer une ambiance intimiste avant de déployer ensuite des émotions plus profondes, comme dans le titre « L'océan dans le cœur ».

    « Cette chanson, je l’ai écrite pour mon père. C'est quelqu'un de très émotif, la personne la plus sensible que je connaisse. Il vit de grandes joies et de grandes peines. J'ai toujours connu mon père qui pleurait beaucoup, tous les jours devant moi. Mais ce n'est pas quelque chose de dérangeant pour lui, c'est vraiment sa manière d'être. Moi j'ai découvert assez tard que les hommes galèrent à pleurer. Pour moi, c’étaient les hommes qui tchoulaient ("pleurer à chaudes larmes" en Belgique, ndlr.), quoi. (rires) Et les mères qui ne pleuraient pas. Et c'est aussi mon héritage, mon père : c'est la personne qui m'a appris à pleurer et la personne qui m'a transmis la musique », confie Johanna Baget.

    Une célébration de l'eau sous toutes ses formes

    Tout au long du disque, on voyage entre des ballades folk, des chœurs délicats, et des arrangements soignés où chaque instrument trouve sa place. Car Johanna Baget a parfois laissé carte blanche à ses musiciens, mêlant leurs univers au sien, nourri par le fado et les musiques brésiliennes découvertes au Portugal, où a commencé sa vie d’artiste.

    Le sens du courant célèbre également l'eau sous toutes ses formes : la mer, l'océan, les larmes, l'eau qui s'écoule comme le temps qui passe. Johanna Baget se laisse porter par le sens du courant qui lui donne l'impression d'être au bon endroit, au bon moment. Et à l’écouter, on se laisse porter avec elle.

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  • 20 ans de carrière, deux albums, deux Stades: Fally Ipupa voit double avec «XX»
    Apr 17 2026

    C'est clairement l'un des plus grands artistes africains du moment. Le chanteur congolais Fally Ipupa dévoile aujourd'hui son huitième album XX. Un titre bien mystérieux, que l'on peut lire « ix ix » ou bien directement « 20 », car ce disque célèbre ses 20 années de carrière. Fally Ipupa fait partie de ces artistes qui ont su imposer la rumba congolaise sur les plus grandes scènes internationales, jusqu’à la rendre totalement mainstream.

    L'enfant de Bandal à Kinshasa continue de peaufiner sa recette miracle, la « Tokoss music ». Un genre que Fally Ipupa a lui-même inventé et popularisé : le Tokoss fusionne la rumba congolaise avec du RnB, de l'afropop, du hip-hop et du zouk. Et avec cet album anniversaire, il prouve une nouvelle fois que la musique congolaise ne cesse de se réinventer avec le temps. Au programme : 20 morceaux, un pour chaque année de carrière.

    Côté chant, Fally Ipupa alterne entre mélodies assez douces aux accents RnB et des passages plus rythmés. Il navigue entre lingala, français et anglais pour nous parler de la vie quotidienne et bien sûr d'amour, son thème de prédilection. Musicalement, l’artiste explore des productions électroniques et des beats urbains ultra modernes, mais sans jamais trahir son ADN d'origine. Le cœur du disque reste la rumba, le ndombolo et les guitares congolaises. Bref, il crée avec une liberté artistique sans limites.

    Une philosophie qu'il racontait à Hervé Mandina, dans l'émission Afro-Club Deluxe sur RFI : « Artistiquement, j'ai toujours été libre. Quand vous regardez mon premier album, Droit chemin, il y avait des chansons très ouvertes comme « So.Pe.Ka » en collaboration avec Ben-J. Il y avait aussi « Nyokalessé » que j’ai essayé de faire un peu pop et funk. Et puis il y a des chansons comme « Kidianfuka », que le public réclame à tous mes concerts. Dès le deuxième album, j’arrive avec une collaboration avec Olivia, sur « Chaise électrique ». Donc voilà, j’ai toujours osé faire des petits écarts à la rumba, c’est ma vision, la Fallynisation ! »

    Un second volet prévu pour juin

    Sur ce disque, Fally Ipupa a réuni un casting cinq étoiles, comme un panorama de la scène africaine et internationale. On y trouve entre autres le Nigérian Wizkid, le Franco-haïtien Joé Dwèt Filé, la Béninoise Angélique Kidjo, ou encore le Congolais Lokua Kanza sur le morceau « Bapaya ».

    Aujourd’hui, Fally Ipupa incarne l'image d'une superstar africaine à l'ambition internationale, bâtisseur d'un pont entre Kinshasa et le monde. Et sachez que cet album n'est qu'une première partie... Un second volet, XX Delirium, est déjà prévu pour le 10 juin prochain, soit exactement 20 ans jour pour jour après la sortie de son tout premier album Droit chemin. En attendant, Fally Ipupa sera en concert les 2 et 3 mai au Stade de France. Un rendez-vous historique, puisqu'il deviendra alors le tout premier artiste africain francophone à remplir deux fois de suite ce lieu mythique.

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  • De Timbiquí à la scène électro : la fusion addictive de «Nuevos Rios»
    Apr 16 2026

    Direction la Colombie avec Nuevos Rios, un tout nouveau groupe qui dévoile son premier album éponyme. Nuevos Rios, c'est la rencontre de deux mondes, une véritable fusion géographique et musicale. D'un côté, les Colombiens Canalón de Timbiquí, menés par la voix de la maestra Nidia Góngora. De l'autre, les Français de Reco Reco, groupe nommé d’après ce petit instrument de percussion brésilien utilisé dans la batucada et les rodas de capoeira.

    Amateurs de musiques électroniques et de transe, les membres de Reco Reco s’inspirent tout particulièrement des sonorités venues d'Amérique du Sud. Alors forcément, quand les deux groupes se sont rencontrés à la source, dans le village de Timbiquí, quelques sessions d’improvisation ont suffi pour donner naissance à Nuevos Rios.

    Ce projet incarne l'osmose parfaite entre le patrimoine afro-descendant du Pacifique colombien et le côté futuriste des nappes électroniques. Le morceau « Malvada » en est l'exemple parfait. Les synthétiseurs se mêlent à la puissance organique des percussions sud-américaines : la marimba de chonta, ce xylophone avec des lames en bois, le tambour bombo très utilisé dans la cumbia, mais aussi le guasa au son proche des maracas.

    Rythmes currulao et bunde à l'honneur

    Mais au-delà des instruments, c'est tout un héritage rythmique qui s’exprime sur ce disque. L’album met à l’honneur des rythmes très populaires sur la côte pacifique colombienne comme le currulao et le bunde, véritables pilliers de l'identité culturelle de cette région et symboles de l'héritage africain en Colombie. Dans Nuevos Rios, cette force ancestrale devient une matière brute pour faire la fête... et pour danser.

    Pourtant, derrière la danse, les fleuves racontent aussi autre chose. Les textes célèbrent la vie, le respect, la dignité et la nature sauvage, mais aussi les réalités d'une région loin d'être épargnée par les conflits internes en Colombie. L'album alterne entre compositions originales et hommages vibrants comme dans le morceau « La Memoria de Justino ». Tim, le batteur du groupe : « "La Memoria de Justino" est un morceau composé en hommage à Justino Garcia, un balafoniste précurseur de Guapi, un village à côté de Timbiqui. On joue des titres devenus des standards que tout le monde connaît en Colombie. On a travaillé dessus et tout s’est monté très vite. »

    Le groupe sera à retrouver sur scène le 20 mai à Paris, le 27 à Toulouse, le 28 à Nîmes et le 30 mai à Bordeaux.

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  • Ino Casablanca, la nouvelle coqueluche du rap français au Printemps de Bourges
    Apr 15 2026

    À 25 ans et avec trois mixtapes derrière lui - dont Extasia, parue en octobre 2025 et acclamée par la critique - Ino Casablanca a su se trouver une place de choix dans le paysage musical français. Nommé aux Victoires de la musique 2026 en tant que Révélation masculine, le jeune artiste sillonnera les scènes des festivals cet été, porté par son rap aux influences aussi bien raï, que flamenco ou caribéennes.

    « Y'a pas de message, faut juste kiffer. » Dans une courte vidéo où il se met en scène avec l'un de ses amis, Ino Casablanca donne le ton : pas question d'intellectualiser sa musique, il faut juste ouvrir grand ses oreilles et en profiter. D'ailleurs, le jeune artiste n'affectionne pas particulièrement de parler de sa musique et refuse régulièrement des entretiens.

    C'est donc guidé par l'instinct, et par toutes les références musicales absorbées au cours de sa vie, qu'Ino Casablanca propose une musique métissée, aux mille influences : au fil des morceaux de sa dernière mixtape, Extasia, on passe sans difficulté du raï (« Moula Solitude ») au flamenco et même au kompa haïtien (« Kitlé »). Un mélange des genres explosif résumé dans la chanson « Bissap du 20e », hymne à ce quartier du nord de Paris et à son quotidien. Il y a beaucoup d'ingrédients dans ce bissap qui tient plus du cocktail explosif et pourtant, tout est minutieusement dosé, on évite toujours l'indigestion.

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    Un perfectionniste de la musique

    Si Ino Casablanca a pu ingérer autant d'influences, c'est qu'il a beaucoup bougé : la petite enfance au Maroc, puis la banlieue de Barcelone, jusqu'à ses douze ans - avant de s'installer dans le sud-ouest de la France, où il découvre le rap. À cela, il faut ajouter ce que ses parents écoutent inlassablement à la maison - Oum Kalsoum, Fayrouz, le roi du raï algérien Cheb Hasni - et ce qu'il a découvert au fil de l'eau sur les plateformes de streaming.

    Le mélange reste pourtant étonnamment homogène. Notamment car Ino Casablanca pilote toutes les étapes de sa production - il a d'ailleurs réalisé seul le mixage d'Extasia -, mais aussi parce que ce véritable geek de la musique possède de solides connaissances musicales, acquises au conservatoire. C'est ainsi que le jeune musicien s'est intéressé aux battements par minute - les BPM - qui définissent le rythme de chaque style de musique. Pour faire des mélanges harmonieux, Ino Casablanca s'intéresse à des genres qui ont des rythmiques proches : le raï et le rap californien, par exemple, tournent tous les deux autour de 90 ou 100 battements par minute.

    Quelle que soit la méthode, le résultat est là : Ino Casablanca s'amuse, expérimente, ne s'interdit rien ; et cela donne une musique fraîche, qui lui ressemble autant qu'elle rassemble.

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