Couverture de L'Afrique en marche

L'Afrique en marche

L'Afrique en marche

De : RFI
Écouter gratuitement

À propos de ce contenu audio

L'Afrique positive sur RFI pour découvrir et mettre en valeur des initiatives gagnantes du continent. Une entreprise innovante, une idée qui mérite d'être relayée, un projet auquel nous pouvons donner un coup de pouce... Chaque semaine, nous ferons un focus sur l'Afrique qui marche et qui donne envie d’aller plus loin !

Diffusion : dimanche à 5h47, 7h47 et 12h50 TU.

France Médias Monde
Sciences sociales
Les membres Amazon Prime bénéficient automatiquement de 2 livres audio offerts chez Audible.

Vous êtes membre Amazon Prime ?

Bénéficiez automatiquement de 2 livres audio offerts.
Bonne écoute !
    Épisodes
    • Pas de «trucs bizarres» dans le karité guinéen de Mama Sango
      Feb 8 2026
      Le fruit du karité est une noix qui pousse à l'état sauvage et qui est de plus en plus utilisé dans l'industrie agro-alimentaire, notamment dans la fabrication du chocolat. Mais c'est aussi une oléagineuse qui permet aux femmes africaines de se créer des revenus grâce à sa récolte et sa transformation pour l'industrie cosmétique. C'est ainsi qu'en France, la Guinéenne Zéna Barry a créé une marque de produits cosmétiques, Mama Sango, sur la base du beurre fabriqué en Guinée. « Mama Sango, c'est ma mamie chérie, ma mamie maternelle avec qui j'ai grandi, qui m'a appris plein, plein de choses. J'étais tout bébé, j'ai fait plein de villes avec elle et mon grand-père maternel qui, lui, était enseignant... ». Zéna Barry est intarissable sur son pays et ses origines. Il faut dire que ce petit bout de femme, toujours gaie et extrêmement loquace, est une Peule un peu particulière. Guinéenne d'origine, spécialiste en droit des affaires en France, cette entrepreneuse dynamique a décidé de promouvoir le karité guinéen dans le Berry, dans le centre de l'Hexagone, où elle s'est installée avec son mari. Rencontrée au Salon du bien-être à Paris, elle nous vante ses produits cosmétiques et alimentaires à base de beurre de karité. « On produit déjà des merveilles autour du vrai beurre de karité qui vient de Guinée, produit par les braves femmes de ce merveilleux pays que j'aime beaucoup, mon pays d'origine ! Je suis arrivée en France pour mes études de droit, et en 2011, j'ai décidé de valoriser le vrai karité, parce que je voyais beaucoup de karité sur le marché français. J'ai compris qu'il y avait du karité industriel, extrait par des industriels avec des produits douteux. Et côté artisanal, je trouvais que ce produit n'était pas mis en valeur. C'est comme ça que j'ai décidé de créer Mama Sango, pour permettre aux femmes productrices de karité du village de mes grands-parents en Guinée, et d'autres villages bien évidemment, de vivre du fruit de leur travail. Le karité Mama Sango vient de la Haute-Guinée. » Mama Sango, du nom de sa grand-mère, est une gamme de produits cosmétiques à base de beurre de karité. Avec « 0% de trucs bizarres dedans », assure Zéna Barry. À lire aussiKarité, quatre pays producteurs ferment leurs exportations d'amandes brutes « On formule nos produits » « Avant 2011 déjà, j'ai constitué une équipe toxicologue, aromatologue et moi-même. On a formulé nos produits et fait quatre ans de recherche et développement et on a créé nos formules. Puis, on les a fait valider, et aujourd'hui, on a une cinquantaine de formules. Tous les ans, on achète le karité aux femmes et – très important ! – c'est elles qui fixent le prix, donc c'est du vrai commerce équitable. Ça leur permet de vivre de leur travail et c'était un de mes objectifs. On amène tout dans notre labo, dans le Berry, à Argenton-sur-Creuse, une très belle ville dont je fais la promotion, que j'aime beaucoup ! Et toutes ces merveilles sont fabriquées là-bas », poursuit-elle. De cinq kilos de beurre de karité importés de Guinée à ses débuts en 2011, Zéna Barry est passée à plusieurs tonnes transformées chaque année. Grâce à cela, elle arrive à faire travailler près de 300 femmes en Guinée qui récoltent, sèchent, décortiquent et barattent le beurre de karité. Une activité rémunératrice et de plus en plus valorisée sur le marché international, comme nous le confirme l'agroéconomiste Anaïs Chotard du cabinet d'expertise Nitidae. Favoriser la transformation nationale « C'est une matière grasse végétale qui est de plus en plus consommée, exportée et recherchée parce qu'effectivement, elle peut remplacer le beurre de cacao dans certains produits chocolatés sur le marché européen. Et donc, vu le prix du beurre de cacao actuellement, c'est quand même très intéressant de se tourner vers le beurre de karité à la place, de faire des mélanges ou des recettes. C'est donc une matière végétale qui est recherchée. Il y a vraiment une stratégie très répandue dans les zones de production pour favoriser la transformation nationale », explique l'experte. Chaque année, ce sont quelque 500 000 tonnes de noix de karité qui sont exportées d'Afrique. La tonne de beurre, elle, est estimée à 1 500 dollars, avec une demande toujours croissante, d'où le fait que Zéna Barry, à son niveau, milite pour une structuration de la filière karité, dans son pays, la Guinée. À lire aussiLe karité atteint des prix jamais vus en en dix ans
      Afficher plus Afficher moins
      4 min
    • ToumAI rend les langues africaines intelligibles pour l'intelligence artificielle
      Feb 3 2026

      Gros plan sur ToumAI une start-up marocaine qui travaille à intégrer les langues et dialectes africains dans les usages que l’on fait de l’intelligence artificielle. L'entreprise, qui compte une quinzaine d'employés, propose une application permettant de mieux communiquer entre clients et plateforme téléphonique de service.

      Ce n'est pas toujours évident lorsque l'on parle hausa, bambara ou le darija d'utiliser des plateformes de service téléphonique pour gérer son compte bancaire, réserver un hôtel ou bien régler ses problèmes de connexion internet. Les serveurs téléphoniques ou les plateformes d'appel ne parlent pas toutes ces langues, loin s'en faut. Aussi, la start-up ToumAI a-t-elle mis au point une application qui permet, avec l'intelligence artificielle, de répondre aux demandes des clients dans différentes langues africaines.

      Youcef Rahmani, l'un des trois fondateurs de ToumAI et de l'application HolistiCX : « On a, à peu près, huit langues aujourd'hui qui sont vraiment prêtes en production et déployées d'ailleurs sur des applications. Donc vraiment, notre objectif, c'est finalement de couvrir les langues les plus parlées. Dans un premier temps, le swahili, le lingala en Afrique de l'Est et en Afrique du Sud, le zoulou, le xhosa. il y a plusieurs langues, souvent mal considérées par les logiciels et l' IA et que nous, on souhaite couvrir. »

      « L'IA ne comprend pas votre accent »

      Une intelligence artificielle qui s'adapte à l'oral, aux vocables africains, mais également aux intonations, si importantes, à la bonne compréhension d'une langue afin de mieux répondre aux besoins de celui qui l'exprime. Un service qui comble, pour toute une clientèle, un risque de fracture numérique et linguistique, souligne Youcef Rahmani

      « En fait, c'est exactement ça ! ToumAI est né d'une de cette frustration. C'est que pendant longtemps, l'intelligence artificielle a été développée pour quelques langues et quelques cultures. Beaucoup de personnes se sont retrouvées exclues sans même que l'on s'en aperçoive. Au début, on ne s'en rendait pas compte parce que l'IA était reléguée à des rôles un peu obscurs pour le commun des mortels. Mais, lorsque Chatgpt est sorti, je pense que c'est là où les gens se sont rendus compte de la puissance de l'IA. Et en fait, pendant très longtemps, Chatgpt ne parlait pas vraiment d'autres langues à part les langues principales. Quand une IA ne comprend pas votre accent ou votre façon de parler ou votre langue, ce n'est pas juste un problème technique, ça devient un problème d'accès aux services, parce que l'on va avoir des logiciels qui intègrent de l'IA un peu partout, mais sans justement prendre en compte les différences culturelles et linguistiques. Nous avons voulu partir de la voix parce que la voix c'est l'univers où tout le monde parle. Et même quand on ne lit pas ou même lorsque l'on ne maîtrise pas le digital, on peut s'exprimer et obtenir des choses en parlant

      Résoudre le problème d'accès au service

      HolistiCX a séduit des entreprises bancaires comme le marocain Attijariwafa Bank, des opérateurs téléphoniques comme Orange ou Inoui, et certaines entreprises immobilières comme Héritage. Les clients de ces entreprises ne se sentent plus exclus des services à cause d'une inadaptation technologique à la langue. Une solution pertinente qu'a accompagné le fonds de soutien Digital Africa et Malek Lagha, cheffe de projet.

      « C'est très pertinent parce qu’ils ont besoin de collecter de la donnée et qu’aujourd’hui, les logiciels en IA n'arrivent pas à traduire des langues africaines. C'est un marché qui a beaucoup de potentiel. C'est de la donnée très précieuse et qui compte également pour beaucoup d'entreprises dans le monde. Aujourd'hui, ToumAI a conçu une IA pensée dès le départ pour des contextes complexes, capable de comprendre non seulement les mots, mais les intonations. Je pense que c'est pour ça que c'est pertinent pour des entreprises internationales. »

      Pour le moment, la solution proposée par ToumAI concerne huit langues africaines, mais le projet futur est d'adapter une quarantaine d'autres langues à des solutions IA.

      Afficher plus Afficher moins
      4 min
    • Avec l'application e-pineA, les agriculteurs béninois gagnent leur pain de sucre
      Feb 1 2026

      Au royaume des start-up, e-pineA fait office de petit prince du Bénin, puisque les deux fondateurs de cette société, basée à Abomey Calavi, ont permis aux agriculteurs de mieux écouler leur production de fruit et de trouver des acheteurs.

      (Rediffusion du 27/07/2025)

      Qui n'a jamais goûté un pain de sucre dans sa vie ne connaît pas la douceur de la saveur de l'ananas. Et pourtant, chaque année au Bénin, une bonne partie des récoltes ne trouve pas preneur, faute de lien entre paysans-producteurs et revendeurs-exportateurs. Mais cela, c'était avant ! Avant qu'Ulrich et Lucien ne créent Biolife, une start-up béninoise qui a conçu e-pineA, une application sur smartphone qui permet de signaler quand un champ arrive à maturité pour des intermédiaires qui prennent des options d'achat. Lucien Medjiko est le cocréateur de l'application smartphone.

      « Le principe est simple : la plateforme va permettre aux agriculteurs de donner la cartographie de son champ en renseignant les données : "Combien je suis en train de produire. J'ai planté à certaines dates et j'ai certaines variétés". Tout un tas de données que le producteur va fournir et sur la base de ces informations, notre technologie va analyser tout ça, pour prédire la période de maturité, le rendement. Donc c'est sur cette base-là que les acheteurs, que ce soit à Cotonou ou à Niamey se renseigneront sur le niveau de maturité des champs, la quantité disponible. Il fait tout cela à partir de notre application qu’il télécharge sur Play store », détaille Lucien Medjik, cocréateur de l'application smartphone.

      E-pineA est donc une application sur Android qui permet à environ 1 800 producteurs et 200 acheteurs de faire affaire et d'éviter les pertes. Mais au sein de leur start-up Biolife, Lucien et Ulrich font aussi du conseil pour un bon usage des parcelles.

      « Aujourd'hui, il y a un constat que les terres sont fatiguées. Il faut repenser leur mode de production. Ce qui a fait que nous faisons la promotion des pratiques durables telles que la rotation des parcelles, l'utilisation de légumineuses à cycle court et des intrants d'origine organique, fabriqués localement. Ces producteurs, petit à petit, nous devons les accompagner aussi dans ce processus », explique Ulrich Djido, agronome et cofondateur d'e-pineA.

      Depuis deux ans qu'il travaille avec Biolife et utilise leur application, Apollinaire Houeton, producteur d'ananas bio dans la commune de Zé, sent nettement la différence dans ses revenus : « Je fais de l’ananas biologique. Des fois, on produit, mais cela reste dans le champ et cela pourrit. Mais avec Biolife, actuellement, on n'a pas problème de marché, parce qu'ils nous aident à vendre nos produits à l'intérieur. Avant, sur 50 tonnes d'ananas, on se trouvait avec 3 à 5 tonnes d'ananas exportables. Mais avec Biolife, on a commencé par trouver jusqu'à 10 tonnes exportées. C'est bien mieux. »

      Biolife et l'appli e-pineA ont bénéficié du soutien financier de Digital Africa, une filiale de Proparco qui a investi 32 millions de francs CFA (50 000 euros) dans cette start-up béninoise pour l'aider à grandir. « Pour moi, le digital est l'une des solutions qui peut considérablement améliorer l'efficacité de cette industrie en améliorant la distribution et la logistique, du producteur au distributeur. C'est ce que vient faire e-pineA qui permet à une myriade de petits producteurs, très fragmentés, d'avoir accès à un marché énorme qui est celui de l'export ou de la transformation locale, ce qui n'existait pas. C'est-à-dire qu’un producteur avant pouvait produire et perdre 30 à 40 % de sa production juste parce qu’il n'avait pas de débouché au moment où son produit était prêt à être vendu », argumente Grégoire De Padirac, directeur général de Digital Africa.

      Et nos startupeurs ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin. Leur application, qui évite déchets et gâchis de production, pourraient aisément se décliner pour d'autres produits périssables et pourtant recherchés, comme la mangue ou le karité.

      Afficher plus Afficher moins
      4 min
    Aucun commentaire pour le moment