Couverture de Ici l'Europe

Ici l'Europe

Ici l'Europe

De : RFI
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RFI et France 24 vous proposent un rendez-vous intitulé «Ici l’Europe». Un entretien avec une personnalité européenne signé Caroline de Camaret (France 24). Chaque semaine, le vendredi, un grand entretien avec une personnalité européenne, un entretien avec un des grands acteurs de l’Europe d’aujourd’hui, qui nous parle de la construction de l'Europe, de sa proximité avec les citoyens et des enjeux internationaux qui l’attendent. Une coproduction RFI/France24. *** Diffusions les vendredis à 19h10 TU vers toutes cibles, le samedi à 08h10 TU vers l'Amérique, l'Asie, l'Europe et 21h10 TU vers toutes cibles.

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    Épisodes
    • Émission spéciale Ukraine à l'occasion des quatre ans de la guerre
      Feb 20 2026

      Notre grand invité est Charles Michel, ancien président du Conseil Européen (2019-2024) et ancien Premier ministre belge.

      Emmanuel Macron a raison de reprendre le dialogue avec Poutine

      Alors qu'il était président du Conseil, quand la guerre à éclaté le 24 février 2022, Charles Michel en garde un souvenir fort. « La nuit de l'invasion russe, Volodymyr Zelensky m'a téléphoné pour me dire que la guerre avait démarré sur l'ensemble du territoire. Un homme qui était traqué : on avait peur qu’il soit capturé ou éliminé par les Russes. C’était un des objectifs de Poutine ! » Il salue la fermeté et la rapidité des Européens. Selon lui, Vladimir Poutine a été pris par surprise, car il pensait que l'Ukraine allait s'effondrer en quelques jours et que l'Europe allait se diviser. Or il y a eu unité chez les Européens pour livrer des armes.

      Pourtant, quatre ans après et avec le 20ème paquet de sanctions européennes, quel est leur impact sur le pouvoir russe ? Selon Charles Michel, « ces sanctions font du mal économiquement à Poutine et la levée des sanctions de l'UE peut être un levier de pression lors des négociations ».

      Si Donald Trump a baissé sa contribution envers l'Ukraine, l'UE prend le relais avec une aide financière de 90 milliards. « Il faut faire plus encore, c'est un investissement pour nous, pour notre paix, soutenir les Ukrainiens c'est soutenir notre propre avenir. Il faut néanmoins que les Européens s'affranchissent des Américains en développant des projets de défense industriels et les programmes de surveillance satellitaire comme Starlink, mais cela prendra du temps ».

      Concernant les négociations de paix ou de cessez le feu, Charles Michel estime que « c’est une honte que les Européens soient mis à l'écart ». Selon lui, Emmanuel Macron a raison de vouloir reprendre le dialogue avec Poutine sans naïveté. « C’est un conflit qui va impacter le sort de nos enfants et petits-enfants. On ne peut pas accepter les bras ballants que les Américains et les Russes jouent à la roulette russe avec notre avenir ».

      Avec un long reportage en Ukraine

      « Ukraine : l'Europe au front »

      Quatre ans après l'invasion russe à grande échelle, l'UE s'impose comme le principal soutien de l'Ukraine. Avec un dernier prêt de 90 milliards d'euros voté en février 2026, elle confirme son engagement massif, alors que les États-Unis se retirent. Ce soutien se heurte aussi à des défis considérables : urgence humanitaire, réforme de l'État de droit, infrastructures énergétiques détruites, près de 9.4 millions de déplacés... Dans un pays qui réforme tout en combattant, l'espoir d'adhésion à l'UE reste le cap qui permet aux Ukrainiens de tenir. Reportage de Mélina Huet.

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      20 min
    • Hubert Védrine : «Il ne faut pas négliger la relation entre Merz et Meloni»
      Feb 13 2026
      Cette semaine, nous recevons Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères, qui publie son dernier ouvrage « Après l’Occident ? » (Perrin et Robert Laffont). Soutien à l’Ukraine, autonomie militaire de l’UE et relation avec les États-Unis, il commente les dossiers brûlants auxquels sont confrontés les Européens. Les eurodéputés ont approuvé le prêt européen de 90 milliards d'euros pour aider l'Ukraine face à la Russie, notamment pour acheter des armes. Selon Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères du gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002), « il faut aider l'Ukraine à tenir bon et à préparer la suite car à un moment donné, il y aura un compromis douloureux ». Hubert Védrine explique partager l’avis « de vieux réalistes américains, bien avant Trump : les États-Unis ont très mal géré la Russie d'après l'URSS [...] Il fallait agir autrement que de traiter la Russie en quantité négligeable. Et de toute façon, la Russie doit redevenir un interlocuteur. [...] L'opinion française et l'opinion européenne sont complètement binaires : tout est la faute de Poutine qui est un monstre. » « Orban avait dit qu’un jour ou l’autre nous devrions reparler à Poutine » Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, farouche opposant à l’aide à l’Ukraine, s’oppose à ce prêt de l’UE destiné aux Ukrainiens. Son pays ne participera d’ailleurs pas à ce prêt commun, tout comme la Slovaquie et la République Tchèque. Selon Hubert Védrine, Viktor Orban est pourtant moins isolé qu’avant sur certains sujets : « Il avait dit qu’un jour ou l’autre, nous devrions reparler à Poutine. Cela scandalisait la plupart des commentateurs en Europe de l'Ouest. Même si nous sommes horrifiés par ce qu'il a fait, cette position commence à être adoptée par d'autres pays, y compris par Macron ou Merz. Les Européens se rendent compte que nous ne pouvons pas laisser Trump gérer tout seul les relations avec la Russie. » Pour la suite, les élections d’avril décideront du sort d’Orban : « Et peut-être les perdra-t-il, ce qui changerait la donne dans un sens plus positif ! » L’autonomie militaire européenne « a toujours été irréaliste » En ce qui concerne les menaces de l’administration américaine de se désengager de l’OTAN, Hubert Védrine estime « que Trump ne va pas au bout de sa démarche ». « Le système militaro-industriel technologique américain veut garder ce lien car 70% des dépenses de défense des Européens ne vont pas à l'Europe mais aux États-Unis. Ils veulent garder cela. Normalement ils n'ont pas intérêt à couper le lien. » L’autonomie militaire européenne et le fait que l’Europe devienne un pilier de l’OTAN « a toujours été irréaliste », estime l’ancien ministre français. Selon lui, l'autonomie est un « objectif » encore difficilement atteignable : « Quand Macron et Starmer réunissent la coalition des volontaires éventuels pour donner des garanties à l'Ukraine dans l'hypothèse du cessez-le-feu, tous les participants disent qu’il faut une garantie américaine. » « Il n'y a plus de couple franco-allemand depuis la réunification » Le couple franco-allemand est scruté car les deux pays sont considérés comme moteurs de l’UE. Entre Emmanuel Macron et Friedrich Merz, les divergences sont multiples avec une Allemagne plus libérale, contre l’idée d’un grand emprunt européen. Les Allemands ont également soutenu la signature du traité de libre-échange entre l’UE et le Mercosur contrairement à la France : « Il n'y a plus de couple franco-allemand depuis la réunification », estime Hubert Védrine. « Nous sommes des pays fondamentalement différents. Si nous ne sommes pas d'accord, rien ne marche. Nous avons des désaccords sur plein de sujets, à commencer par l'énergie et notamment sur la question nucléaire, mais pas que. Il n'empêche que si nous voulons que la machinerie européenne fonctionne mieux, il faut que la France et l'Allemagne soient d'accord. Nous sommes différents, nous avons des désaccords mais qu'est-ce que nous pouvons faire quand même ? Il faut abandonner l'approche un peu sentimentale de la question. Il faut être beaucoup plus concret. » La Première ministre italienne Giorgia Meloni et le chancelier allemand Friedrich Merz sont-ils en pleine « bromance » ? Bien que la dirigeante italienne appartienne à la droite radicale, elle est alignée au chancelier allemand sur certains dossiers. « Il ne faut pas négliger cette relation, c'est très important. Il ne faut pas le traiter de façon polémique. Il y a énormément de sujets où il y a convergence, comme l’immigration. Est-ce que cela veut dire qu’il y a des divergences sur tous les autres ? Non. » Selon lui, la France doit se questionner sur les désaccords entre sa politique et celle de l’Allemagne : « Qu’est-ce que...
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      20 min
    • Pascal Lamy: «Le Groenland était important pour nous, et Trump a été forcé de reculer»
      Feb 6 2026

      Cette semaine, nous recevons Pascal Lamy, ancien directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce et actuel vice-président du Forum de Paris sur la Paix. Il revient sur les rapports de l'UE avec les États-Unis de Donald Trump, de la place de l’Europe dans le monde, notamment dans le secteur économique où les industries manquent de compétitivité, et de la défiance croissante des Européens vis-à-vis des institutions.

      Nous vous proposons aussi un reportage inédit sur « l’Arctique, terre de toutes les convoitises », signé Isabelle Romero et Luke Brown, présents à la Conférence Arctic Frontiers à Tromsø.

      L’Europe et les États-Unis font face à une crise de confiance majeure. Même si la tension est retombée, la volonté de Donald Trump d’annexer le Groenland a ébranlé la relation transatlantique. Pour Pascal Lamy, ancien commissaire européen et ancien directeur général de l’Organisation mondiale du Commerce, les Européens ont une leçon importante à en tirer de cette crise : « Il y a une grande différence entre la rhétorique, cette espèce d’hyperactivité, et la réalité. Le Groenland, c’était important pour nous, et il a été forcé de reculer. » L’UE peut rivaliser dans un rapport de force avec les Américains, estime-t-il.

      Mais les Vingt-Sept doivent s’interroger sur la fiabilité de leur partenaire américain. Notamment en ce qui concerne le dossier ukrainien, le « vrai sujet » pour l’Europe selon Pascal Lamy. Le vice-président du Forum de Paris sur la paix déplore la position changeante de Donald Trump, mettant davantage la pression aux Européens qu’à Vladimir Poutine. Il reconnaît cependant notre dépendance : « Pour obtenir des renseignements sur le positionnement des troupes russes en Ukraine, on aimerait bien se passer des Américains. Il y a des moments où les rapports de force sont les rapports de force, même si cela nous fait mal à l’estomac. Il faut être lucide : il faut que l’Europe soit plus forte à l’avenir. »

      Dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, 72% des citoyens de l’UE se disent « très préoccupés », selon une récente enquête Eurobaromètre du Parlement européen, et appellent à une Europe plus unie. C’est aussi ce que note Pascal Lamy. « Les Européens sont très en soutien de l'intégration européenne et les menaces extérieures ont accentué ce soutien dans l'ensemble de l'Europe. » Mais l’Europe doit aussi faire face à la défiance d’une partie de la population face aux institutions européennes. Selon la même enquête, 49% des sondés ont une image positive de l’UE, le chiffre descend même à 38% pour les Français. « Il n’est pas étonnant que la France se distingue par un pessimisme considérable par rapport aux autres car elle se perçoit comme allant plus mal que les autres », reconnaît Pascal Lamy.

      À l’approche d’un Conseil sur la compétitivité, l’ancien directeur général de l’OMC appelle à plus d’investissements dans les années à venir pour augmenter la croissance et la compétitivité de l’Europe. « Notre potentiel de croissance aujourd’hui, c’est la moitié de celui des Américains, le tiers de celui des Chinois et le quart de celui des Indiens. Pour nous développer, il faut renforcer le marché intérieur. Nous avons un gisement sous nos pieds, le marché intérieur, mais on ne l’exploite pas. »

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      20 min
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