Couverture de Européen de la semaine

Européen de la semaine

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De : RFI
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Chaque semaine, la rédaction Europe de RFI, fait le portrait d’un Européen qui est au cœur de l’actualité. Un portrait qui permet de découvrir les acteurs du monde dans lequel nous vivons et d’éclairer les évènements que nous commentons et dont nous témoignons dans les journaux de RFI.

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    Épisodes
    • Ukaleq Slettemark, la voix du Groenland aux Jeux d’hiver de Milan
      Feb 20 2026

      Les Jeux olympiques d’hiver de Milan se terminent ce dimanche, avant de laisser la place aux Jeux paralympiques à partir du 6 mars. Durant ces deux premières semaines de compétition, la politique s'est immiscée entre les épreuves. Et une athlète s’est distinguée bien au-delà des pistes. La Groenlandaise Ukaleq Slettemark a marqué ces Jeux par ses performances sportives. Mais elle a aussi défié Donald Trump et ses velléités d'annexion du Groenland…

      À 24 ans, l’athlète originaire de Nuuk n'y est pas allée de main morte pour défendre son pays. En amont des épreuves de biathlon féminin, Ukaleq Slettemark s’est exprimée devant les caméras internationales aux côtés de son frère, lui aussi qualifié pour les Jeux. « Le Groenland ne sera jamais américain. Nous skions pour le Danemark, pour le Groenland et pour montrer au monde entier que nous sommes là ». La jeune biathlète skiait sous les couleurs du Danemark, car le Groenland ne disposait pas de comité national olympique. Elle assume pleinement cette prise de parole. « Chaque Groenlandais a un avis sur la question. Nous aurions pu choisir de rester silencieux, mais nous avons senti une responsabilité en tant que personnalités publiques. Et 96 % des Groenlandais ne veulent pas devenir Américains ».

      Une qualification en famille

      Au Groenland, Ukaleq Slettemark est connue pour ses titres. En 2019, elle devient championne du monde de biathlon jeune en individuel. Mais sa prise de position a accentué la sympathie des Groenlandais à son égard. « Sa façon d'être super honnête, de dire comment elle se sentait personnellement par rapport aux prises de paroles de Donald Trump, ça a eu beaucoup d'écho. Mais à Nuuk et au Groenland, ce qui a été le plus important, c'est surtout qu'elle se soit qualifiée aux Jeux avec son frère. C'est très rare pour des athlètes groenlandais », explique Karoline Engelund, correspondante du média danois DR à Nuuk. Le biathlon, chez les Slettemark, c'est une affaire de famille. « Quand j’étais petite, mes parents faisaient du biathlon. Ils m’embarquaient avec eux. Chaque hiver, je passais énormément de temps sur les compétitions et les championnats du circuit international », se remémore la biathlète groenlandaise. Sa mère a fondé la fédération groenlandaise de biathlon, et son père, Øystein Slettemark, est une figure centrale du développement du ski de fond et du biathlon au Groenland, particulièrement à Nuuk, où il est considéré comme « une légende locale », selon la journaliste Karoline Engelund.

      Une athlète engagée

      L’enfance d’Ukaleq Slettemark, passée entre montagnes, escalade, pêche et camping, a aussi façonné son engagement environnemental. Un engagement qui se traduit dans les médias et dans sa pratique d'un sport qui reste polluant. « C'est normal chez les athlètes d'avoir plusieurs sponsors, du matériel neuf », observe Katerine Engelund. « Ukaleq a fait une vidéo dans laquelle elle montre la combinaison qu'elle a utilisée pendant ces Jeux, on y voit des trous ici et là. Elle explique qu'elle va continuer à s'en servir pour les compétitions ». La sportive le dit, elle pourrait changer de voie, se diriger vers une carrière qui ne l'oblige pas à prendre l'avion plusieurs fois par an, devenir scientifique, mais elle considère qu'elle peut changer le système de l'intérieur. « J’ai une audience importante. Je peux utiliser ma voix pour parler de sujets qui me tiennent à cœur. Je peux rester dans ce sport et le changer de l’intérieur. Si j’arrête, tout continuera comme avant. » assure la jeune Groenlandaise,

      Sportivement, Ukaleq Slettemark n’a pas atteint son objectif de qualification pour l’épreuve de poursuite lors de ces Jeux de Milan. Mais elle a tout de même amélioré son classement par rapport aux Jeux olympiques d’hiver de 2022. Prochain rendez-vous dans les Alpes en 2030.

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      4 min
    • Paolo Petrecca: le fiasco des JO en Italie, symptôme d’une télé publique sous emprise du politique
      Feb 13 2026
      Stéréotypes, erreurs en série, incompétence : la couverture de la cérémonie d’ouverture des JO d’hiver par la chaîne Rai Sport a provoqué une onde de choc en Italie. Au-delà du flop télévisuel, l’affaire Paolo Petrecca relance le débat récurrent sur l’indépendance et la gouvernance du service public italien. Dès les premières secondes du direct, devant 9,3 millions de téléspectateurs italiens, le malaise est palpable. À peine a-t-il eu le temps de prononcer un « buona sera » que Paolo Petrecca se trompe de stade, qualifiant le mythique stade de San Siro à Milan de « stade olympique », alors que celui-ci se trouve en réalité à Rome. La gaffe aurait été vite oubliée si, quelques minutes plus tard, il n’avait pas confondu des stars de la chanson, puis multiplié les erreurs : il ne reconnaît pas la présidente du CIO, Kirsty Coventry, et peine à identifier les champions et championnes du volley italien lors du passage de la flamme. Pendant près de trois heures de cérémonie, il enchaîne les ratés : commentaires approximatifs, propos creux… Paolo Petrecca reste malgré tout sûr de lui, se permettant de couper la parole à ses collègues et même de parler pendant certaines prestations musicales. La retransmission vire au naufrage lors de la parade des délégations internationales, où les stéréotypes s’accumulent. « C’est le triomphe des lieux communs », résume Simone Salvador, animateur de la chaîne en ligne SPORTinMEDIA : « “Les Brésiliens ont la musique dans la peau”, les “Arabes et leurs vêtements traditionnels”, les “Africains et leurs rites vaudous”, les “Espagnols au sang chaud”… c’est tellement grossier qu’il y a eu un déluge de critiques unanimes sur les réseaux sociaux. Au final, la polémique a éclipsé la beauté de la cérémonie. » Paolo Petrecca est même soupçonné d’avoir volontairement censuré la performance du rappeur italo-tunisien Ghali, connu pour son soutien à la cause palestinienne. Le directeur de la Rai n’a même pas prononcé son nom et la régie n’a fait aucun plan serré pendant les trois minutes qu’a duré sa prestation. Un fiasco annoncé En interne, le désastre n’a rien d’une surprise. Le commentateur initialement prévu est sanctionné 72 heures avant le direct, pour avoir révélé des informations sous embargo concernant le déplacement à la cérémonie du président italien Sergio Mattarella. En tant que directeur, Paolo Petrecca aurait pu confier l’antenne à un journaliste sportif expérimenté. Il choisit au contraire de s’auto-désigner, alors qu’il n’a plus commenté de grands événements à l’antenne depuis plus de vingt ans. La rédaction tente de le dissuader, rappelant la difficulté de l’exercice. En vain. Petrecca a pêché par orgueil. Dès le lendemain, les journalistes de Rai Sport cessent de signer leurs productions olympiques et annoncent trois jours de grève à l’issue des Jeux, si aucune mesure n’est prise contre leur directeur. Confrontés à « la pire humiliation de Rai Sport », ils dénoncent un « préjudice grave pour l’image de la chaîne publique, de ses salariés et un manque de respect envers les téléspectateurs, qui financent la Rai par la redevance. » À lire aussiJO d'hiver 2026: Milan-Cortina, entre ferveur populaire et défi organisationnel Un dirigeant très politique Ce fiasco relance une controverse plus large sur l’indépendance du service public italien. Paolo Petrecca est réputé proche du parti néo-fasciste Fratelli d’Italia de la Première ministre Giorgia Meloni. Sous le gouvernement Draghi, elle avait réussi en 2021 à le placer à la tête de RaiNews, la chaîne d’information en continu. Depuis, elle l’a maintenu en poste, malgré deux motions de défiance votées par la rédaction. En cause, une série de choix très contestés. Le soir de l’élection présidentielle française, par exemple, Paolo Petrecca impose d’ouvrir le journal sur un obscur festival des villes identitaires, qui se déroule à quelques kilomètres de Rome. Quelle n’est pas la surprise des journalistes quand ils le voient, au premier rang du public, assister à la prestation de sa future épouse, chanteuse. En 2023, il tente aussi d’étouffer une affaire liée à l’entourage de Georgia Meloni, une histoire de TGV arrêté dans une gare, au bon vouloir du ministre de l’Agriculture, ex-fiancé de la sœur Meloni. Levée de bouclier de la rédaction. En guise de réponse, Paolo Petrecca décide de diffuser quarante-cinq minutes d’un meeting de Fratelli d’Italia en direct. « Comme souvent en Italie, au lieu d’être viré, il a été promu à la tête de Rai Sport… On frôle la télévision russe », siffle Gianguido Spinelli, scénariste romain, qui connaît bien le milieu audiovisuel italien. Selon plusieurs médias, Paolo Petrecca ne commentera pas à la télé la ...
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      5 min
    • Rob Jetten, le sprinteur de la politique néerlandaise
      Feb 6 2026

      Il va devenir le plus jeune Premier ministre et le premier dirigeant ouvertement homosexuel. Aux Pays-Bas, Rob Jetten s’apprête à prendre les rênes du prochain gouvernement et il est notre Européen de la semaine. Ce centriste pro-européen a créé la surprise aux dernières élections d'octobre. Son profil détonne dans la vie politique néerlandaise.

      38 ans, athlétique, un sourire permanent et un visage de star de cinéma. Le chef du Parti des réformateurs D66 n’a pas seulement gagné l’élection, il a aussi battu Geert Wilders, le leader de l’extrême-droite néerlandaise dont le parti dirigeait le précédent gouvernement. Pour l'emporter, Rob Jetten s’est inspiré d’un certain Barak Obama et son fameux « Yes, we can ». Un discours positif qui a marché.

      « Ce que Rob Jetten a fait, et ce que le parti a fait, c'est offrir une alternative à toutes ces forces négatives en politique », raconte Hans Vijlbrief, député du D66, réélu lors des dernières élections. « Il a raconté l'histoire des Pays-Bas, leur avenir possible. Il a insufflé un dynamisme nouveau à la société, ce qui nous a permis de remporter la victoire. C'est donc bien l'homme et son storytelling qui ont fait notre succès. » Il y aussi du Macron version 2017 dans Rob Jetten : même précocité, même dynamisme et même sourire. Rob Jetten a aussi profité de l’absence de Gert Wilders, invisible pendant la campagne à cause de menaces d’attentats.

      À lire aussiPays-Bas: après leur victoire aux législatives, les centristes se préparent aux négociations en vue d’une coalition

      Sprinteur et gendre idéal

      Rob Jetten n’a même pas 40 ans. On peut dire qu’il aime aller vite. Député à 30 ans. Chef du parti D66 un an plus tard. Ministre de l'Énergie et du Climat entre 2022 et 2024. Un sprinteur dans la politique mais aussi dans la vie. Rob Jetten est un athlète. Dans sa jeunesse, il était meneur d'allure, un « lièvre » en athlétisme. Et il s’est illustré pendant la campagne en participant à une émission télé de culture générale.

      Un intello sportif, un peu trop parfait à tel point qu’il a été surnommé « Robot Jetten ». « Au début, on l'appelait comme ça, mais je crois que très vite, les gens ont compris qu'il n'était pas du tout un robot, mais une personne très chaleureuse », assure le député Hans Vijlbrief. « Son image a complètement changé. Si vous demandez aux gens dans la rue, je pense qu'il est aujourd'hui l'une des personnalités les plus populaires de notre pays ». Costume cintré, bien coiffé, Rob Jetten est très présent sur Instagram, posant avec sa famille ou avec son compagnon, un joueur de hockey sur gazon argentin. Leur mariage est prévu l’été prochain.

      «En même temps»

      Son programme est une sorte de « en même temps » sur l’immigration. Il s'est engagé à consacrer davantage de fonds aux programmes d'intégration tout en voulant lutter contre l'immigration illégale en autorisant les demandes d'asile en dehors de l'UE. Et il a aussi fait de grandes promesses pour l’accès au logement - un vrai problème aux Pays-Bas. Il promet la construction de dix nouvelles villes. « La question du logement est très liée dans le débat politique aux Pays-Bas à la question de l'immigration, décrypte Koen Damhuis, maître de conférences en sciences politiques à l'université d'Utrecht. Si on est confronté à une situation de rareté de logement, comment est-il moralement acceptable, légitime d'ouvrir les frontières à des centaines de milliers de migrants chaque année ? ».

      Rob Jetten a aussi essayé pendant la campagne de changer l’image élitiste de son parti et de parler aux électeurs d’extrême-droite. « Il a fait une tournée aux Pays-Bas et s'est rendu notamment dans les communes où l'extrême droite était très implantée, rappelle Hans Vijlbrief. Il faut aller à leur rencontre et tenter de répondre à leurs préoccupations, car ce sont des préoccupations tout à fait légitimes : où trouver un logement ? Comment faire face à la vieillesse ? Qu'en est-il des soins de santé ?». Rob Jetten a promis un nouveau gouvernement pour le mois prochain. Mais il devra composer avec un parlement où il n’a pas la majorité et où l’extrême-droite reste toujours aussi forte.

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