Dans un entretien accordé à France 24, le commissaire général de l'UNRWA Philippe Lazzarini affirme que le cessez-le-feu à Gaza ressemble "de plus en plus à un cessez-le-feu qui n'a que son nom". Selon lui, l'agence onusienne y reste opérationnelle avec près de 12 000 employés et 18 000 consultations médicales quotidiennes.
S'exprimant sur France 24 en marge de la conférence de Munich sur la sécurité, Philippe Lazzarini affirme que le cessez-le-feu à Gaza "ressemble de plus en plus à un cessez-le-feu qui n'a que son nom".
Entré en vigueur le 10 octobre 2025, ce cessez-le-feu entre le Hamas et Israël est régulièrement violé, et le Hamas, bien qu'affaibli, n'a pas désarmé. Plusieurs centaines de Palestiniens ont été tués depuis. "Une centaine de milliers de personnes sont dans une situation nutritionnelle préoccupante", ajoute Philippe Lazzarini.
Notre invité est persona non grata en Israël, qui a coupé tout lien avec l'UNRWA, et récemment détruit son siège à Jérusalem – accusant l'agence de complicité avec le Hamas. L'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens se trouve aussi dans une situation financière précaire, notamment depuis la fin des contributions américaines.
Malgré ces défis, il affirme que l'UNRWA reste opérationnelle à Gaza avec "presque 12 000 employés", assurant "environ 18 000 consultations de santé primaire" quotidiennes, ainsi que l'accès à l'eau potable et un système éducatif pour plusieurs dizaines de milliers d'enfants.
Le retour à une "scolarité normale va prendre beaucoup de temps", prévient Philippe Lazzarini, faisant état de "centaines de milliers d'enfants" dans les ruines de Gaza, "profondément traumatisés". "On prend le risque de perdre une génération", ajoute le chef de l'UNRWA.
En Cisjordanie, une "annexion de facto" ? L'autre territoire palestinien, la Cisjordanie, vit une situation de "guerre silencieuse" restée "à l'ombre de l'attention" internationale, poursuit-il. Les récentes mesures israéliennes sur les terres et les zones palestiniennes constituent selon lui des développements qui "rapprochent de plus en plus à une situation d'annexion de facto".
Quatre-vingt-cinq États membres des Nations unies ont condamné dans une déclaration commune mardi l'adoption par Israël de nouvelles mesures visant à "étendre (sa) présence illégale" en Cisjordanie occupée.
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Texte par Sophian Aubin