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Chronique des médias

Chronique des médias

De : RFI
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L’actu des médias, les médias dans l’actu : tel est le propos de cette chronique qui se propose de décrypter ce qui change les médias à l’ère numérique - et donc la façon dont on est informé. Les évolutions technologiques, la crise des modèles classiques, les nouveaux vecteurs d'information... Tels sont quelques-uns des éléments qui seront explorés sur la planète média. Tout en couvrant les grands événements «médias» qui touchent la France, une attention particulière sera accordée à l'actualité internationale des médias, notamment intéressant les pays du Sud. La chronique pourra revenir aussi avec un regard critique sur la façon dont les médias couvrent certains évènements et sur la façon dont les médias sont eux-mêmes transformés par une actualité qui leur est propre. En partenariat avec le magazine «Stratégies».

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    Épisodes
    • L'homme d'affaires Patrick Drahi consolide sa place dans le paysage audiovisuel israélien
      Feb 20 2026

      L'homme d'affaires franco-israélien, Patrick Drahi, s'installe un peu plus dans le paysage médiatique israélien en se portant acquéreur de la chaîne 13, avec l'appui du Premier ministre Benyamin Netanyahu.

      En France, Patrick Drahi est sorti des médias en cédant la chaîne télé BFMTV et la radio RMC au milliardaire franco-libanais Rodolphe Saadé, tout en conservant pour l'heure SFR. En Israël, c'est un peu l'inverse : il a signé en janvier de cette année un accord pour vendre pour 600 millions de dollars son opérateur Hot Mobile, afin de se désendetter, tout en se renforçant dans les médias où il est déjà présent avec la chaîne d'info i24News. Il s'est en effet entendu pour racheter au milliardaire d'origine ukrainienne Len Blavatnik une participation dans sa chaîne 13, l'une des quatre grandes chaînes privées du pays. Il prend d'abord 15% du capital, mais l'accord prévoit qu'à terme, il puisse avoir le contrôle de la chaîne avec 75% des parts pour près de 40 millions de dollars.

      Un rachat qui fait grincer des dents du coté des opposants de Netanyahu

      Le milliardaire Patrick Drahi est considéré comme « Bibi-compatible », autrement dit pas défavorable à Benyamin Netanyahu. Il a fait évoluer la ligne éditoriale de sa chaîne i24News vers un soutien actif au Premier ministre israélien. D'abord en donnant une vision très pro-gouvernementale de la guerre à Gaza, reprenant les éléments de langage des porte-paroles militaires ou officiels, ignorant les souffrances du peuple palestinien.

      Ensuite, Patrick Drahi a laissé très peu de place aux voix critiques de la politique du gouvernement, notamment face à son projet de réforme judiciaire visant à réduire les prérogatives de la Cour suprême. Enfin, il a recruté des éditorialistes de la 14, deuxième chaîne du pays éminemment acquise à Netanyahu.

      La chaîne 13 plus critique vis-à-vis du gouvernement israélien

      Et la crainte, c'est bien sûr que ces voix un peu dissonantes soient éliminées du paysage, à quelques mois des élections législatives d'octobre 2026. D'autant que Patrick Drahi pourrait fusionner sa rédaction avec celle d'i24News. Le magnat s'est installé à Tel-Aviv il y a deux ans en même temps qu'il a fait basculer sa chaîne d'info sur le Canal 15 en hébreu. C'est donc avec la ferme volonté de prendre racine localement qu'il regarde désormais vers la télévision généraliste.

      On peut même se demander si, avant la vente de BFMTV-RMC à l'été 2024, son intention n'était pas déjà de se replier en Israël. Est-ce que cela a pu influer sur la couverture de BFMTV ? On se souvient en tout cas du malaise de la rédaction quand Olivier Rafowicz, le porte-parole de l'armée israélienne, avait qualifié d'« excellent travail » la couverture par la chaîne du conflit à Gaza et au Liban.

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      3 min
    • Mondial de football: le match des droits de diffusion avant les matchs
      Feb 13 2026

      Les droits des matchs payants de la Coupe du monde de football ont été finalement accordés à beIN Sports, plutôt qu'à Ligue 1+, soit la Ligue de football professionnel.

      C'est une sorte de camouflet que vient de subir la Ligue de football professionnel, qui regroupe les clubs français de Ligue 1. Sa chaîne, lancée cet été, Ligue 1+, n'a pas été retenue malgré un préaccord commercial à près de 20 millions d'euros qui ne demandait plus qu'à être ratifié par le conseil de la Fifa. Mais voilà qu'au dernier moment, beIN Sports a relancé un processus de négociations qui a abouti – pour une somme supérieure – à l'obtention des 104 matchs du Mondial, dont 54 en co-diffusion avec M6, le diffuseur gratuit.

      Or, beIN appartient à Al Jazeera, donc au Qatar, tout comme le PSG, le principal club de Ligue 1. Les deux ont d'ailleurs comme président Nasser Al-Khelaïfi. Et le Qatar est l'ancien organisateur de la Coupe du monde en 2022. Il a donc l'oreille de Gianni Infantino, le président de la Fifa.

      À écouter dans Radio foot internationaleDroits TV: bras de fer autour du Mondial

      Nicolas de Tavernost, le DG de LFP Media, démissionne

      L'ex-patron de M6 a estimé qu'il ne pouvait pas réussir sa mission s'il n'avait pas « le soutien de tous », soit celui du président du PSG et de beIN Sports, Nasser Al-Khelaïfi, membre du conseil d'administration de la Ligue.

      Il est vrai que Ligue 1+ est un pari. La chaîne a réussi sa phase de lancement avec plus d'un million d'abonnés, mais elle doit monter en puissance puisque la Ligue ne peut plus compter, à partir de la saison prochaine, ni sur l'argent du match du samedi que diffuse encore beIN, 78 millions d'euros, ni sur l'indemnité que lui verse cette année DAZN, 85 millions d'euros, pour rupture anticipée de contrat.

      Ligue 1+ a voulu attirer en diffusant toute la Ligue 1, mais le Mondial, en juin-juillet, était un bon moyen de renouveler les abonnements pour la saison suivante. Les petits clubs, qui vivent des droits sportifs, s'inquiètent.

      À lire aussiLigue1+, la nouvelle chaîne du foot français

      M6 se prépare aussi à la Coupe du monde

      Ce n'est pas TF1 cette fois qui a les droits, la Une préférant se concentrer sur le rugby. Pour M6, c'est aussi un énorme pari, car ces droits sont difficiles à amortir, sauf si l'équipe de France va en finale.

      Pour améliorer les recettes publicitaires, il est prévu cette année d'instiller de la pub dans les deux pauses fraicheur, de trois minutes chacune, qui sont prévues pour les joueurs en Amérique (États-Unis, Mexique, Canada), en plus de la mi-temps.

      Il faudra aussi que le mouvement de boycott de la Coupe du monde ne prenne pas trop d'ampleur sur les 48 équipes sélectionnées. S'il est peu probable que ce boycott soit très suivi par les fédérations, ce sont peut-être les supporters qui bouderont l'événement en raison du prix des places, de la politique de Trump et par peur de l'ICE, la police de l'immigration.

      À écouter dans Radio foot internationaleUn boycott du Mondial 2026 est-il possible ?

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      3 min
    • États-Unis: à Minneapolis, au cœur des polémiques autour de l'ICE, la bataille des images
      Jan 30 2026
      Analyse des images de la mort d'Alex Pretti, à Minneapolis (Minnesotta), et de ce que cela dit de l'information aux États-Unis. Les médias américains ont repris cette semaine les images du média en ligne The News Movement, dans lesquelles on voit Alex Pretti s'en prendre à une équipe de l'ICE, la police de l'immigration. Ces images remontent à onze jours avant sa mort. Il crache sur leur véhicule, profère des insultes et donne deux coups de pied à l'arrière d'un SUV, dont un qui détruit le phare arrière, ce qui amène les agents à le plaquer au sol. On voit aussi distinctement qu'il porte un pistolet à la ceinture comme il en a le droit, y compris dans une manifestation, puisqu'il est détenteur d'un permis de port d'armes. Évidemment, prenant la suite de militants MAGA, le président américain Donald Trump va se saisir de ces images pour essayer de retourner à son avantage cette nouvelle vidéo. Il a qualifié Alex Pretti d'« agitateur » et de potentiel « insurgé », ce qui n'est pas très loin de l'expression « terroriste intérieur » utilisée par certains de ses soutiens. À lire aussiÉtats-Unis: à Minneapolis, l'ICE poursuit ses arrestations alors que Trump tente de calmer le jeu Cette nouvelle vidéo change-t-elle le fond de l'affaire ? Les faits sont aujourd'hui connus grâce à des vidéos d'autres manifestants authentifiées par les agences de presse : Alex Pretti est mort à la suite de dix coups de feu tirés par deux policiers, alors qu'il avait été plaqué au sol. Est-ce la découverte de cette arme qui a justifié les tirs ? C'est ce qu'on comprend sur les images. Est-ce qu'elle a servi de prétexte à une exécution extrajudiciaire ? L'enquête le déterminera, mais il est tout aussi certain qu'une version erronée a été donnée sciemment par l'administration Trump, qui a d'abord prétendu qu'Alex Pretti résistait lors de son interpellation et qu'il menaçait des agents. On sait aujourd'hui que c'est faux. Et au fond, on est un peu dans les codes du trumpisme : tenter d'installer une vérité alternative avant de reculer en cas d'évidence trop forte. Mais revenir à la charge dès que l'occasion se présente. À lire aussiÉtats-Unis: Alex Pretti, l'infirmier américain abattu à Minneapolis, «voulait changer le monde» La circulation de l'information, le nerf de la guerre Comme dans l'affaire Renee Nicole Good, cette femme de 37 ans tuée à Minneapolis, ce sont les vidéos qui font foi et contredisent la version officielle. Les journalistes qui couvrent les manifestations sont repoussés et, selon l'ONG Reporters sans frontières, six d'entre eux ont même été agressés par des agents en janvier. Les réseaux sociaux, et la certification des images par les médias, sont donc un précieux levier pour rétablir la vérité des faits. Mais ils peuvent être aussi manipulés, comme on l'a vu avec ces photos trafiquées montrant Alex Pretti brandissant un pistolet à la place de son portable. Le comble est quand l'intelligence artificielle sur Meta amène le réseau social à bloquer un article dénonçant cette manipulation. À lire aussiÀ la Une: une femme de 37 ans tuée par la police de l’immigration aux États-Unis
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