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Science
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    Épisodes
    • Pourquoi la petite centaurée est-elle une herbe mythologique ?
      Jan 27 2026

      La petite centaurée n’est pas une herbe “comme les autres”. Si on la surnomme parfois herbe mythologique, ce n’est pas uniquement parce qu’elle pousse dans les prés et les clairières avec ses petites fleurs rose vif. C’est surtout parce qu’elle porte dans son nom une histoire venue de la mythologie grecque.


      D’un point de vue botanique, la petite centaurée est une plante médicinale connue depuis l’Antiquité. Mais son aura légendaire vient de son lien supposé avec un personnage très particulier : Chiron, le plus célèbre des centaures.


      Dans la mythologie grecque, Chiron n’est pas un centaure violent et brutal, comme on en trouve souvent dans les récits. Au contraire : Chiron est un sage, un éducateur, un guérisseur. Il aurait enseigné l’art de soigner à des figures comme Achille ou Asclépios, qui deviendra dans la tradition le dieu de la médecine. Chiron est donc, symboliquement, l’un des fondateurs de l’idée même de médecine.


      Et c’est là qu’intervient la plante.


      Selon les textes anciens, notamment relayés plus tard par les savants gréco-romains, Chiron aurait été blessé — parfois par une flèche empoisonnée — et aurait utilisé une plante pour soigner sa plaie. Cette plante, la tradition l’a identifiée avec la centaurée. D’où son nom : Centaurium, littéralement “la plante du centaure”. On raconte même que la centaurée aurait poussé à l’endroit où le sang de Chiron aurait touché le sol : image typiquement mythologique, qui transforme une herbe de prairie en plante sacrée.


      Cette légende a donné à la petite centaurée un statut particulier : celui d’une plante “élue”, associée à la guérison, aux blessures, et à une forme de sagesse naturelle.

      Mais ce n’est pas qu’une histoire de folklore : pendant des siècles, la petite centaurée a été utilisée en médecine traditionnelle, notamment pour ses propriétés amères et digestives. Elle a ainsi incarné un pont entre deux mondes : la science naissante des anciens herboristes et la narration mythologique qui donne du sens aux plantes.


      En résumé, la petite centaurée est une herbe mythologique parce qu’elle est l’un des rares végétaux dont le nom conserve la trace directe d’un récit fondateur : celui d’un guérisseur légendaire, mi-homme mi-cheval, qui aurait appris à l’humanité à se soigner grâce aux plantes.

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      2 min
    • Pourquoi l'Australie a abattu des milliers de cheveux sauvages ?
      Jan 26 2026

      En Australie, dans le parc national du Kosciuszko, au cœur des Alpes australiennes, une décision a choqué une partie de l’opinion : l’abattage aérien de milliers de chevaux sauvages, aussi appelés brumbies.


      Et ce qui rend le sujet encore plus sensible, c’est que pour beaucoup de personnes qui vivent ou se promènent régulièrement dans le parc, les effets de cette opération sont déjà visibles : des zones habituellement fréquentées par les chevaux sont désormais plus calmes, certaines traces de passage disparaissent… et le débat, lui, s’est intensifié.


      Alors, pourquoi l’Australie en est-elle arrivée là ?

      D’abord, il faut comprendre que ces chevaux ne sont pas des animaux “originels” de ces montagnes. Ils descendent de chevaux introduits par les Européens, puis redevenus sauvages. Avec le temps, ils ont pris une place particulière dans l’imaginaire australien : symbole de liberté, de nature indomptée, parfois même d’un patrimoine culturel.


      Mais sur le plan écologique, l’histoire est beaucoup moins romantique.


      Le parc du Kosciuszko abrite des paysages d’altitude rares : des prairies alpines, des forêts, mais surtout des zones humides fragiles, comme des tourbières, qui jouent un rôle majeur : elles stockent l’eau, stabilisent les sols, et abritent des espèces endémiques.


      Or les chevaux, par leur taille et leur comportement, causent des dégâts importants :

      piétinement des zones humides,

      érosion accélérée,

      destruction de la végétation,

      dégradation de l’habitat d’espèces menacées.


      Et un autre facteur pèse lourd : la dynamique de population. Les brumbies se reproduisent rapidement, et dans certaines périodes, les estimations officielles ont évoqué des effectifs très élevés. Les autorités environnementales considèrent donc que sans réduction massive, les dommages deviennent durables, voire irréversibles.

      Dès lors, la question n’est plus “faut-il intervenir ?”, mais “comment ?”.


      Des solutions alternatives existent : capture, relocalisation, contraception. Mais elles sont difficiles à mettre en œuvre à grande échelle dans un territoire immense, escarpé et partiellement inaccessible. C’est l’une des raisons invoquées pour expliquer le recours à l’abattage aérien : c’est la méthode jugée la plus rapide pour réduire les effectifs.


      Mais cette méthode est aussi la plus controversée. Elle cristallise l’opposition entre deux visions : celle de la protection d’un écosystème fragile, et celle du respect d’animaux perçus comme emblématiques.


      Au fond, l’affaire du Kosciuszko montre un dilemme typique de la gestion environnementale moderne : quand une espèce introduite devient culturellement importante, mais écologiquement destructrice, la décision n’est jamais simple — et elle laisse rarement tout le monde d’accord.

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      2 min
    • Quel pays a perdu tous ses glaciers ?
      Jan 23 2026

      C’est une image quasi symbolique de la crise climatique : en 2024, le Venezuela est devenu le premier pays au monde à avoir perdu tous ses glaciers. Un basculement historique, presque irréel, quand on sait qu’au début du XXᵉ siècle, le pays comptait six glaciers accrochés aux sommets des Andes vénézuéliennes.


      Pendant longtemps, ces “neiges éternelles” ont fait partie du paysage de la Sierra Nevada de Mérida, au point d’être un marqueur d’identité locale et touristique. Mais depuis des décennies, ces glaciers se réduisent… jusqu’à disparaître. En 2011, il n’en restait plus qu’un : le glacier Humboldt, aussi appelé La Corona, situé près du pic Humboldt, à près de 5 000 mètres d’altitude.


      Et puis, en mai 2024, la nouvelle est tombée : le glacier Humboldt n’est plus officiellement un glacier. Les scientifiques ont annoncé qu’il avait tellement rétréci qu’il a été reclassé en “champ de glace”, car il est désormais trop petit pour remplir la définition physique d’un glacier : un glacier doit être suffisamment grand pour se déplacer, pour “couler” sous son propre poids. Or ici, la glace ne s’écoule plus : elle est devenue une plaque figée, condamnée à fondre.


      Selon plusieurs estimations, ce dernier reste de glace ne couvrirait plus que moins de 2 hectares, une taille dérisoire comparée à ce qu’il était autrefois.


      Pourquoi cette disparition est-elle si importante ? Parce que le Venezuela est un pays tropical. Et les glaciers tropicaux sont parmi les plus sensibles au réchauffement climatique : il suffit de quelques dixièmes de degré de plus pour faire basculer l’équilibre entre neige et fonte. Dans ces régions, le “niveau zéro degré” monte en altitude, et les sommets ne sont plus assez froids pour conserver la glace.


      Ce record vénézuélien n’est donc pas seulement un drame national : c’est un avertissement mondial. Il annonce ce qui attend d’autres pays possédant des glaciers fragiles, comme l’Indonésie, le Mexique ou la Slovénie, eux aussi menacés.


      En résumé, le Venezuela n’a pas seulement perdu un paysage : il a perdu un signal climatique vivant. Et ce signal nous dit une chose : la planète chauffe plus vite que notre capacité à l’ignorer.

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