Épisodes

  • Tedi Papavrami
    Jan 29 2026
    Chaque semaine Nicolas Blanmont reçoit un artiste du monde musical pour brosser, le temps d'une émission, son autoportrait.

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    34 min
  • John Osborn, ténor
    Jan 26 2026
    On ne voudrait pas jeter de l’huile sur le feu des relations transatlantiques, surtout dans le contexte que l’on sait, mais la question mérite d’être posée : les ténors américains règnent-ils sur l’opéra français ? En Europe en tout cas, quand il s’agit de chanter le grand opéra façon Meyerbeer ou Halévy, ils se taillent la part du lion. Ils, et notamment John Osborn, natif de Sioux City, dans l’Iowa. Les mélomanes européens ont découvert son nom quand, il y a une bonne vingtaine d’années, il s’est retrouvé plusieurs fois aux côtés de Cecilia Bartoli à l’Opéra de Zurich, dans le très rare Clari de Halévy puis en Otello de Rossini ou même en Pollione de Norma. Mais bien avant cela, Osborn, formé dans le cadre du programme de jeunes artistes du Metropolitan Opera à New York, avait déjà remporté au Concours Operalia à Bordeaux le premier prix côté masculin en 1996. Une année où avait été couronnée côté féminin une autre artiste américaine, la soprano Lynette Tapia qui est depuis devenu son épouse et avec laquelle il se produit régulièrement en duo. Revendiquant avec pragmatisme et modestie une certaine capacité d’imitation, Osborn chante avec une même aisance en italien – le Comte Almaviva du Barbier de Séville est le rôle qu’il a le plus interprété – et en français, que ce soit le répertoire romantique pur – la rencontre s’est faite en septembre 2025 à Liège en marge d’une production de Faust où il tenait le rôle-titre – ou même dans le genre marathonien du grand opéra : on se souvient de l’avoir vu incarner Raoul de Nangis dans Les Huguenots de Meyerbeer dans la mémorable production de Marc Minkowski et Olivier Py à la Monnaie en 2011. Actuellement, John Osborn est de retour à la Monnaie, cette fois pour chanter le rôle-titre du très rare Benvenuto Cellini de Berlioz. Pour la suite de la saison, il y aura encore de l'opéra français avec Werther de Masssenet et Le Prophète de Meyerbeer, mais aussi de l'opéra italien avec I Puritani de Bellini, ainsi que Rigoletto et Les Vêpres siciliennes de Verdi. Le tout sur le vieux continent…

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    35 min
  • David Fray
    Jan 14 2026
    Chaque semaine Nicolas Blanmont reçoit un artiste du monde musical pour brosser, le temps d'une émission, son autoportrait.

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    32 min
  • Julie Fuchs, soprano
    Jan 5 2026
    Même si elle avait déjà remporté en 2013 une Victoire de la Musique et le deuxième prix du Concours Operalia, et même si on avait déjà pu la remarquer à l’époque sur diverses scènes, notamment celle de l’Opéra de Zurich dont elle avait été pensionnaire, la notoriété internationale de Julie Fuchs a été largement élargie en 2018 quand l’Opéra de Hambourg, de façon assez sexiste, a décidé qu’une soprano enceinte de quatre mois ne pouvait pas chanter Pamina et l’a remplacée pour sa production de La flûte enchantée. Fuchs, artiste passionnée et décidée, ne s’est pas laissé faire et a averti urbi et orbi un monde lyrique qui s’est, à raison, scandalisé de cette éviction. Elle n’a plus chanté à Hambourg mais, quelques semaines plus tard, enceinte de huit mois, elle incarnait Poppea dans Le couronnement de Poppée de Monteverdi à l’Opéra de Zurich. Revanche brillante et éclatante. Mais Fuchs n’est pas seulement, loin s’en faut, une artiste militante qui porte le drapeau de ses collègues enceintes, ou même de ses collègues jeunes mamans. C’est aussi une passionnée qui, notamment sur les réseaux sociaux, porte haut le combat de la démocratisation de l’art lyrique en ne perdant pas une occasion de rappeler au public que l’opéra n’est nullement inaccessible. Et puis, surtout, cette native de Meaux élevée à Avignon célèbre avec un talent de comédienne autant qu’avec une voix fluide et solide, les beautés du répertoire italien et français, mais aussi de Mozart : Marie de La Fille du Régiment, Norina de Don Pasquale, Susanne des Noces de Figaro, Cléopâtre de Giulio Cesare, Mélisande de Debussy, Fiorilla du Turco in Italia sont parmi ses rôles signatures. Amatrice et compositrice également de chansons, la soprano est également fondatrice et directrice de Nos Jours Heureux, un festival organisé dans son village du Gard qui mêle la musique classique au tango argentin, sa deuxième passion. Je te veux, le dernier disque de Julie Fuchs, consacré à Erik Satie et ses contemporains, vient de sortir chez Sony Classicals. Elle sera en concert pour un programme Héroïnes françaises à la Philharmonie de Paris les 10 et 11 janvier, elle chantera le programme de son disque Satie à Paris le 26 janvier puis à Avignon le 6 février avant de reprendre le rôle de La Stonatrilla dans L'Opera seria (Gassmann) au Theater an der Wien à Vienne en février et mars. Enfin, elle fera ses débuts dans le rôle de Giunone dans Ercole amante de Antonia Bembo sous la direction de Leonardo Garcia-Alarcon à l'Opéra Bastille en mai et juin.

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    30 min
  • Peter De Caluwe
    Dec 11 2025
    Entré à la Monnaie en 1986 quand elle était dirigée par Gérard Mortier, Peter De Caluwe la quitte quarante ans plus tard, ayant entretemps fait un long détour par Amsterdam puis effectué trois mandats comme grand patron de la maison bruxelloise. Toute la carrière de ce Flamand polyglotte, né en 1963 à Termonde, s’est faite dans le monde de l’opéra, tout à tour comme dramaturge, attaché de presse, directeur de la communication, responsable du casting, coordinateur artistique et enfin directeur général et artistique, intendant dirait-on dans le monde germanique. Après un coup de foudre pour l’opéra provoqué par une représentation de La Forza del Destino de Giuseppe Verdi aux Arènes de Vérone, un titre qui restera fétiche pour lui, deux rencontres déterminantes ont orienté sa vie : celle d’un autre Flamand, le Gantois Gérard Mortier, grand rénovateur de l’opéra à la fin du siècle passé, et celle du Franco-Libanais Pierre Audi ensuite, metteur en scène et directeur d’opéra atypique mais figure tutélaire dont la longévité à l’Opéra d’Amsterdam aura assurément servi de modèle à De Caluwe arrivé à la Monnaie. Certes, son départ imminent de Bruxelles a été plusieurs fois annoncé, que ce soit pour le Festival de Salzbourg ou pour l’Opéra de Paris – deux postes que son premier mentor, Gérard Mortier, avaient lui aussi occupées – et ce n’était sans doute pas un hasard. Mais, finalement, ces velléités de changement se sont toujours arrêtées sur l’avant-dernière marche du podium et la Monnaie, choix du cœur au départ, est aussi devenu choix de la raison. Continuateur de la ligne Mortier comme Bernard Foccroulle l’avait été avant lui, De Caluwe a lui aussi réussi à concilier cette fidélité sans faille à une vraie part de créativité – colorier en dépassant les lignes comme il le dit joliment -, avec à la clé forcément des réussites et des échecs. Son départ était l’occasion d’en parler avec lui, et ainsi de revenir sur le parcours d’un homme qui a la modestie de ne pas se prendre pour un artiste, mais assume que son métier aura été un peu celui d’un cuisinier. Le 31 décembre 2025, avec la dernière représentation de Norma mise en scène par Christophe Coppens, un metteur en scène qu’il a découvert ou peut-être même inventé, l’ère de Peter De Caluwe s’achèvera définitivement à la Monnaie. On n’imagine pas vraiment que, à 62 ans, il se contente de faire son jardin. On ne le voit pas non plus se recycler en banquier d’affaire. Alors ? Il avoue travailler sur un projet de nouveau festival multidisciplinaire au financement encore incertain, mais on n’en sait pas plus pour le moment.

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    38 min
  • Frank Braley, pianiste
    Dec 4 2025
    De façon un peu familière, on aurait tendance à considérer que, dans la vie musicale belge, Frank Braley fait partie des meubles. Très exactement depuis le 31 mai 1991. Ce jour-là, âgé de 22 ans, ce jeune pianiste français inscrit à la dernière minute au Concours Reine Elisabeth, premier étonné de se retrouver en finale, éblouit la salle Henry le Bœuf, les téléspectateurs et surtout le jury en ne jouant ni Bartok, ni Brahms, ni Rachmaninov, ni Tchaïkovski, mais le Quatrième concerto de Beethoven. Audace suprême de la simplicité. Banco : il remporte le Premier Grand Prix et le Prix du Public. Né à Paris en 1968, Braley avait joué aussi du violon avant de tomber amoureux, pour reprendre ses propres mots, de ce magnifique gros jouet qu’est le piano. Ce qui ne l’empêche pas par ailleurs der confesser qu’il rêve de jouer l’harmonica, forcément plus transportable. Il est devenu pianiste professionnel sans pression familiale, sans renoncer aux plaisirs de la jeunesse et, presque 35 ans plus tard, il reste un pianiste respecté sure la scène internationale sans avoir rien perdu de sa simplicité, de sa sincérité et de son refus des convenances. Braley est le premier à dire que le Concours Reine Elisabeth a changé sa vie. Tant et si bien que, pas ingrat pour un sou, il y est d’ailleurs revenu plusieurs fois. Comme membre du jury – ce qui est un cursus normal pour un ancien vainqueur – mais aussi comme chef d’orchestre ayant dirigé les demi-finales, ce qui est plus inhabituel. C’est qu’entretemps, chambriste passionné et apprécié de ses collègues, il a poussé la musique de chambre jusqu’à diriger, pendant cinq ans, l’orchestre Royal de Chambre de Wallonie, et pas seulement au Concours. Une expérience qu’il définit aujourd’hui comme parenthèse incroyablement enrichissante tout en précisant qu’il ne pense pas être vraiment un chef. Avant d’ajouter, l’instant d’après, qu’il aimerait quand même diriger Le sacre du printemps. Dans ses rêves figure aussi celui de développer des capacités d’improvisateur pour jouer du jazz, et d’être capable de chanter tout en s’accompagnant au piano. Pour nous faire le Winterreise ? Nullement : pour chanter Bohemian Rhapsody. Car Braley, qui répète volontiers que Le romantisme, ce n’est vraiment pas mon esthétique et dont, effectivement, le répertoire semble s’arrêter à Beethoven et Schubert pour ne reprendre qu’à Debussy et Gershwin, se définit aussi comme grand fan de Queen et de Muse. Tout en précisant qu’il préfère la musique où l’on se passe de mots et que, donc, il n’aime pas l’opéra. Pas plus, d’ailleurs, que Tintin ou les huitres Le 12 décembre, Frank Braley donnera au Cercle Gaulois à Bruxelles un récital au bénéfice de l’Institut d’Etudes pour la Justice.

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    36 min
  • Sol Gabetta, violoncelliste
    Nov 26 2025
    C’est le genre de patronyme qui sonne comme un pseudonyme, mais qui n’en est pas un : depuis vingt ans et quelques, Sol Gabetta émerveille la planète classique et laisse son nom sur quelques enregistrements majeurs, mais aussi dans toutes les grandes salles de concert. Elle a vu le jour en Argentine en 1981 mais a rapidement émigré en Espagne, où elle a commencé à se former avec le violoncelliste letton Ivan Monighetti, un élève de Rostropovitch, qu’elle a ensuite suivi à Bâle quand il est parti y enseigner. Née d’une mère russe et d’un père aux origines italiennes et françaises, Sol Gabetta vit désormais en Suisse, tant et si bien qu’elle possède aujourd’hui trois passeports (argentin, français et suisse), ce qui n’est sans doute pas trop pour voyager autant qu’elle le fait. Tous les grands orchestres du monde la demande, mais elle a aussi fondé son propre ensemble, la Capella Gabetta, avec son frère, le violoniste Andrès Gabetta. Elle excelle avec le même naturel en soliste de grands concertos et en chambriste raffinée, en passionnée de baroque et en création contemporaine, en créatrice et directrice artistique d’un festival qui a déjà vingt ans d’âge ou en pédagogue réputée. On sait aussi qu’elle aime aussi les rencontres fertiles, et on se souvient notamment des disques qu’elle a signés avec des partenaires aussi différents qu’Hélène Grimaud, Bertrand Chamayou, Cecilia Bartoli ou Patricia Kopatchinskaya. En interview, Gabetta se révèle aussi généreuse que quand elle joue du violoncelle : elle parle avec plaisir, détaille ses ressentis, saute d’une idée à l’autre puis revient au point de départ. Le 6 décembre, pour la Saint-Nicolas, Sol Gabetta sera à Bozar pour célébrer la mémoire de Lise Cristiani, la violoncelliste du XIXe siècle au centre de son dernier disque, paru chez Sony Classical comme la plupart des précédents. Ce sera également le premier des quatre concerts qu’elle donnera dans la salle bruxelloise, où elle reviendra encore en 2026, successivement avec Kristina Bezuidenhout, Semyon Bychkov et Santtu-Matias Rouvali. Mais on pourra également l’entendre à Anvers et Gand puisqu’elle y jouera le concerto d’Elgar, son concerto fétiche, sous la direction de Mikko Franck.

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    36 min
  • Sigiswald Kuiken
    Nov 20 2025
    Attention, figure mythique ! Même si les Français n’ont jamais réussi à prononcer son nom et l’appellent toujours Couichquenne, Sigiswald Kuijken trône dans l’Olympe des musiciens du mouvement baroqueux. Violoniste traditionnel jouant à ses débuts avec autant d’aisance que d’enthousiasme la musique baroque comme la musique contemporaine, on l’a vu en soliste mais aussi avec les ensembles Alarius ou Musique Nouvelles avant que, en 1972, il ne fonde avec Gustav Leonhardt La Petite Bande, un ensemble qui existe toujours aujourd’hui (fût-ce de façon plus discrète), et dont les enregistrements ont marqué la discographie. Professeur de violon baroque au conservatoire royal de La Haye de 1971 à 1996, puis au conservatoire de Bruxelles de 1993 à 2009, docteur honoris causa de la KUL, Sigiswald Kuijken est un homme de convictions, mais aves suffisamment d’ouverture d’esprit pour se remettre en question – ses positions sur l’effectif des chanteurs dans la musique chorale de Bach ou l’usage de la viola da spalla pour les suites pour violoncelle du même en témoignent. C’est aussi un homme de famille, de tribu pourrait-on même dire. Deux de ses frères – Wieland, l’aîne, le violiste, et Bart, le cadet, le flûtiste – ont construit comme lui l’histoire de l’interprétation de la musique baroque et classique sur instruments anciens, son épouse et muse Marleen Thiers a toujours été à ses côtés dans La Petite Bande et ses filles, Sara et Marie, ont pris le relais. On le retrouve dans l’adorable maison du Béguinage de Courtrai où ils vivent désormais, Marleen Thiers et lui, pour parler de cette incroyable carrière. Kuijken une très rafraîchissante liberté de ton et de pensée et même si sa chère Petite Bander a, à son grand dam, perdu la totalité de son financement public et donc aussi une bonne partie de ses activités, il reste fondamentalement un indépendant dans l’âme quand il explique : " Je suis comme le plombier du baroque : s’il y a un robinet à réparer, je le répare et je suis payé pour cela? Mais je ne veux pas être payé s’il n’y a pas de robinet à réparer. " Le 6 décembre, pour la Saint-Nicolas, Sigiswald Kuijken et La Petite Bande seront à Louvain, qui est devenu leur port d’attache. Leurs enregistrements restent disponibles notamment sur le label Accent.

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    37 min