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Aujourd'hui l'économie

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De : RFI
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Aujourd'hui l'économie, présenté par Stéphane Geneste, vous propose un rendez-vous quotidien pour décrypter un fait marquant de l'actualité économique, du lundi au vendredi à 06h16 TU, toutes cibles.

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Economie
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    Épisodes
    • La France est-elle encore une grande puissance agricole?
      Feb 23 2026
      À l’ouverture du Salon international de l’agriculture à Paris, un mot revient sans cesse dans les allées : l’inquiétude. Maladies animales, concurrence étrangère, pression sur les prix... Les agriculteurs s’interrogent sur l’avenir de leur profession. Et derrière ces préoccupations, une question centrale : la France est-elle encore une grande puissance agricole ? Dans les allées du Salon international de l’agriculture, l’ambiance est particulière. Un mot revient parmi les participants : l’inquiétude. Inquiétude face aux maladies animales, à la concurrence étrangère, à la pression sur les prix... Et derrière tout cela, une question simple que se posent agriculteurs et exploitants : est-ce que la France est encore une grande puissance agricole ? Lorsque l’on interroge les professionnels présents, la réponse est presque unanime : « oui, mais… ». Si l’on s’en tient au « oui », ils n’ont pas tout à fait tort. En termes de chiffres, la France reste le premier pays producteur agricole de l’Union européenne. L’an passé, la production s’élevait à un peu plus de 88 milliards d’euros, devant l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. La grande force de la France réside dans sa diversité agricole. Une richesse parfaitement mise en valeur dans les pavillons du salon : céréales, élevage, vins, fromages, fruits, légumes, pêche… Toutes ces filières constituent de véritables piliers de l’écosystème agricole français et participent à son rayonnement. Mais derrière ce leadership apparent, les fragilités s’accumulent. Un commerce extérieur en recul et des exportations en chute libre C’est là qu’intervient le « mais » du fameux « oui mais ». Car la production agricole française augmente moins vite que celle de ses voisins européens. Autrement dit, la France ralentit pendant que ses concurrents accélèrent. Mais le véritable sujet, celui qui revient dans toutes les discussions avec les exploitants, c’est le commerce extérieur. La France exporte moins. Beaucoup moins. Le pays est passé de deuxième exportateur agricole européen en 2000 à sixième aujourd’hui. Si les exportations reculent, c'est d'abord parce que les piliers traditionnels de l’excédent commercial vacillent. Le vin et les spiritueux subissent de plein fouet les tensions commerciales avec la Chine et les États-Unis. Les céréales souffrent de la concurrence accrue de la mer Noire et de l’Argentine. Les produits laitiers et la viande sont fragilisés par la hausse des coûts et les maladies animales. Résultat, la France importe de plus en plus ce qu’elle consomme, y compris pour des productions historiquement emblématiques du territoire. Coûts de production, compétitivé et modèle agricole à réinventer Mais le cœur du problème est plus profond. Tous les agriculteurs rencontrés le confient, leur production n’est plus compétitive. La France décroche parce que ses produits sont plus chers que ceux de ses concurrents, notamment espagnols et italiens. En moyenne, 65% du chiffre d’affaires part dans les charges : énergie, engrais, carburants, alimentation animale, normes et fiscalité. En Espagne et en Italie, ce chiffre tombe respectivement à 44% et 45%. La conséquence est immédiate. La valeur ajoutée agricole française par hectare est deux à trois fois plus faible que celle de ses voisins européens. Un écart qui pèse lourdement sur la rentabilité des exploitations et leur capacité à investir. Pendant que la France peine à réinventer son modèle, ses concurrents avancent à marche forcée. L’Espagne combine compétitivité-coût et spécialisation dans les fruits, l’huile d’olive et la viande porcine. La Pologne mise sur des produits exportés massivement. L’Italie, elle, fait le pari de la qualité, des labels et de l’image de marque. Pour autant, il ne s’agit pas encore d’un déclin irréversible. La France conserve de nombreux atouts : diversité des productions, savoir-faire, image gastronomique, potentiel de montée en gamme... Mais les leviers de transformation sont désormais urgents. Et c’est tout l’enjeu de ce Salon de l’agriculture : inventer, voire réinventer, l’agriculture française de demain pour permettre à la France de rester une grande puissance agricole dans un monde de plus en plus concurrentiel.
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      4 min
    • Pourquoi les entreprises font la chasse au télétravail
      Feb 20 2026

      Massivement adopté pendant et après la crise du Covid-19, le télétravail semblait s’être durablement installé dans l’organisation du travail. Mais depuis deux ans, les entreprises resserrent la vis, durcissent les règles et rappellent leurs salariés au bureau. Contexte économique, enjeux managériaux, immobilier : les raisons de ce grand rééquilibrage.

      Il faut remonter au printemps 2020 pour comprendre l’essor fulgurant du télétravail. La crise du Covid-19, les confinements successifs et la fermeture massive des bureaux contraignent les entreprises à improviser. En urgence, elles équipent leurs salariés, généralisent les outils numériques et basculent dans le tout à distance.

      Très vite, un constat s’impose. La productivité ne s’effondre pas. Au contraire, de nombreux salariés gagnent en confort de vie, en temps de transport et en flexibilité. Entre 2021 et 2023, le télétravail s’installe durablement dans le paysage professionnel, sous une forme hybride devenue la norme : deux jours à domicile, trois jours au bureau. Côté entreprises, les bénéfices semblent également évidents. Le télétravail devient un puissant levier d’attractivité et un argument clé pour recruter, notamment dans les secteurs de la tech, de la finance ou du conseil. Il permet aussi de réduire les coûts immobiliers et les dépenses énergétiques. À ce moment-là, tout plaide en faveur du télétravail, perçu comme une avancée sociale majeure.

      Le grand retour du bureau depuis 2024

      Mais cet équilibre ne dure pas. Dès 2024, les lignes commencent à bouger. Aux États-Unis, le retour massif au présentiel s’impose rapidement. Amazon, Google, JPMorgan, Meta, Boeing ou encore UPS rappellent leurs salariés au bureau, parfois jusqu’à cinq jours par semaine. En France, la dynamique est plus progressive, mais elle est bel et bien enclenchée. De nombreuses entreprises durcissent leurs règles et réduisent le nombre de jours dits « télétravaillables ».

      Ce revirement s’explique en grande partie par la dégradation du contexte économique. La croissance ralentit, le chômage remonte légèrement et le marché du travail devient moins tendu. Le rapport de force se rééquilibre alors en faveur des employeurs. Quand recruter devient plus facile, les entreprises peuvent imposer davantage leurs conditions. À cela s’ajoute la question immobilière. Avant la crise sanitaire, de nombreux groupes avaient investi massivement dans des sièges sociaux flambant neufs, des tours de bureaux ou des campus ultramodernes. Laisser ces espaces largement vides représente un non-sens économique, tant en termes d’investissement que d’image.

      Un outil de management et de gestion des effectifs

      Au-delà des considérations économiques, le retour au bureau répond aussi à des enjeux managériaux. Le télétravail à grande échelle bouscule les méthodes traditionnelles de management, fragilise parfois la culture d’entreprise et complexifie la coordination des équipes, en raison de la distance et des échanges dématérialisés. Certains analystes estiment même que le retour contraint au présentiel peut devenir un outil indirect de gestion des effectifs. En durcissant les règles, certaines entreprises savent que des salariés feront le choix de partir d’eux-mêmes. Une manière de réduire la masse salariale sans plan social, ni coût financier ou politique immédiat.

      Pour autant, le télétravail fait désormais partie intégrante des attentes des salariés. Il s’est imposé comme un élément central du « contrat psychologique » entre l’entreprise et ses collaborateurs. C’est pourquoi la majorité des organisations ne le suppriment pas totalement, mais cherchent à le recalibrer. L’enjeu est désormais de trouver un nouvel équilibre, permettant de concilier performance économique, efficacité collective et qualité de vie au travail.

      Reportage FranceFrance: le télétravail va-t-il reculer?

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    • Droits de douane: pourquoi Donald Trump envisage de réduire les taxes sur l’acier et l’aluminium
      Feb 19 2026
      Selon le Financial Times, Donald Trump envisagerait de réduire une partie des droits de douane imposés sur l’acier et l’aluminium. Une inflexion surprenante pour un président qui a fait du protectionnisme un marqueur central de sa politique économique. Mais derrière ce possible revirement se cachent des enjeux majeurs : inflation persistante, pression sur le pouvoir d’achat, difficultés croissantes des entreprises américaines et, surtout, échéances électorales cruciales. Depuis l’été dernier, Donald Trump a fortement durci sa politique commerciale. Le président américain a relevé jusqu’à 50% les droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium, avant d’étendre ces surtaxes à des centaines de produits dérivés, comme les pièces automobiles, l’électroménager ou encore certains équipements industriels. L’objectif affiché reste le même : protéger l’industrie américaine et lutter contre la surcapacité chinoise, accusée d’inonder les marchés mondiaux avec des produits à bas prix. Une stratégie assumée, mais dont les effets économiques se révèlent rapidement problématiques. Car l’acier et l’aluminium sont omniprésents dans le quotidien des ménages. Des canettes aux boîtes de conserve, des voitures aux réfrigérateurs, une large partie de l’économie est concernée. Résultat, ces droits de douane ont directement alimenté l’inflation aux États-Unis, renchérissant de nombreux biens de consommation courante. Selon le Bureau du budget du Congrès américain, près de 95% du coût des droits de douane est finalement supporté par les consommateurs et les entreprises du pays. Autrement dit, ce sont les ménages américains qui paient l’essentiel de la facture. Une pression politique croissante à l’approche des élections Cette flambée des prix tombe particulièrement mal sur le plan politique. L’inflation reste la première préoccupation des électeurs américains, dans un contexte où le pouvoir d’achat est devenu un enjeu central du débat public. Or, dans quelques mois se tiendront les élections de mi-mandat, un scrutin crucial pour l’équilibre du Congrès. Le mécontentement croissant des consommateurs face à la cherté de la vie constitue un risque électoral majeur pour Donald Trump et son camp. L’impopularité de certaines mesures économiques pourrait se traduire dans les urnes. Dans ce contexte, l’éventualité d’un assouplissement ciblé des droits de douane apparaît comme une tentative de désamorcer la contestation sociale et de rassurer un électorat inquiet. Un ajustement tactique plus qu’un changement de cap idéologique. Les entreprises américaines en première ligne Mais la pression ne vient pas seulement des ménages. Les entreprises américaines, grandes consommatrices d’acier et d’aluminium, subissent elles aussi de plein fouet les effets de cette politique tarifaire. Les groupes industriels voient leur facture exploser. Le constructeur automobile Ford a par exemple annoncé une charge douanière de 2 milliards de dollars pour l’an passé, soit le double de 2024. Produire aux États-Unis coûte désormais bien plus cher, contraignant les industriels à absorber eux-mêmes les surcoûts liés aux matières premières. À cela s’ajoute la complexité administrative du dispositif. Les droits de douane ne s’appliquent pas uniquement aux métaux bruts, mais aussi à des milliers de produits dérivés, calculés en fonction de leur teneur précise en acier ou en aluminium et de l’origine du métal. Un véritable casse-tête bureaucratique, qui oblige les entreprises à recruter du personnel dédié à la conformité douanière, alourdissant encore leurs coûts. C'est pourquoi le lobbying industriel s’intensifie. De nombreuses entreprises réclament un allègement des surtaxes, soulignant leurs effets contre-productifs sur la compétitivité et l’emploi. Une pression économique qui rejoint désormais les préoccupations politiques. En envisageant un allègement ciblé des droits de douane sur l’acier et l’aluminium, Donald Trump cherche à préserver son image de défenseur de l’industrie nationale tout en allégeant la facture pour les ménages et les entreprises. Sans renier sa doctrine protectionniste, il tente de corriger ses excès les plus coûteux. Plus qu’un virage stratégique, cette inflexion potentielle ressemble à un ajustement pragmatique, dicté par la réalité économique et la contrainte politique, à l’approche d’échéances électorales décisives. À lire aussiDonald Trump signe le décret portant à 50% les surtaxes douanières sur l'aluminium et l'acier
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