Couverture de 100 % création

100 % création

100 % création

De : RFI
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À propos de ce contenu audio

Mode, accessoires, décoration, stylisme, design. Dans la chronique 100 % création de Maria Afonso, RFI vous fait découvrir l’univers de créateurs. Venez écouter leur histoire, leur parcours, leurs influences, leur idée de la mode chaque dimanche à 04h53, 6h55 et 12h54 TU vers toutes cibles.

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Art
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    Épisodes
    • Sophie Théodose, l'enlumineuse contemporaine aux matériaux ancestraux
      Feb 21 2026
      À la croisée de la tradition et de l’innovation, Sophie Théodose, enlumineuse contemporaine, revisite des techniques médiévales pour créer des œuvres modernes, durables et porteuses de sens. Sophie Théodose sort l’enluminure des livres. Tableaux, sculptures, panneaux décoratifs, vases et luminaires, chaque objet se prête à cet art, donnant vie à une enluminure nomade et en volumes. Nous l’avons rencontrée dans son atelier avant la présentation de ses œuvres au Petit Palais lors d’une exposition internationale d'envergure, The Art of Making, du 24 février au 1er mars, à Paris. Je ne sais pas à quoi peut correspondre une vie si on ne crée pas. Sophie Théodose, artiste et enlumineuse contemporaine « La création passe par tellement de vecteurs. Vous n'êtes pas obligé de dessiner pour créer un chef-d'œuvre, vous pouvez juste redonner une nouvelle ambiance à votre vitrine ou à ces choses-là. C'est rare que j'aie la tête vide au point de ne rien pouvoir faire de toute une journée. » Née en Normandie, dans une famille d’agriculteurs, Sophie Théodose a grandi entourée par la nature, avec des valeurs de simplicité et le respect du travail bien fait. « Quand on travaille la terre et qu'on vit avec des animaux, on apprend à aller à l'essentiel et à ne pas gâcher. Et finalement, cela a toujours bercé mon travail. Donc, quand je suis venue à l'enluminure après d'autres études, j'ai découvert que l'on pouvait déjà travailler sur du parchemin, qui était une peau, donc une revalorisation d'un déchet, puisque sinon, cette peau animale aurait été jetée. Au Moyen Âge, il fallait absolument travailler avec ce qu'on avait sous la main. Qu'est-ce qu'on avait sous la main ? Des animaux, une basse-cour, des champs, et on allait à deux ou trois kilomètres à la ronde pour récupérer de la terre pour certains pigments, des végétaux pour d'autres pigments. Comme on ne connaissait pas le papier au Moyen Âge, en tout cas en Europe occidentale, c'est-à-dire en gros par chez nous, et qu'on avait beaucoup de mortalité animale, on récupérait la peau. L'animal n'était pas mangé s'il était mort de sa belle mort, ou mort d'une maladie quelconque, mais au moins, on récupérait tout ce qui pouvait l’être, y compris la peau, pour écrire et dessiner dessus. C'est mon métier. » Après son baccalauréat, Sophie Théodose intègre une école de mode et exerce plus de 15 ans dans le monde de la haute couture. Mais passionnée par l’histoire de l’art roman, elle découvre l’enluminure. En 2005, elle se lance, dans l’apprentissage de cette technique médiévale. « Je ne dis pas que j'avais fait le tour de la mode parce qu'on n'a jamais fini, mais c'était un moment pour moi où il fallait que je change. J'ai rencontré un autre professeur qui s'appelle Benoît Cazelles, spécialisé en enluminure. J'ai commencé à apprendre l'enluminure de manière assez intense. J'ai passé mon temps à regarder encore et encore, à analyser ce que j'avais, à observer et à copier l'enluminure que je venais d'étudier. Ce mécanisme du regard et de la pensée constitue une sorte de recette qui fait que, par la suite, vos mains savent où aller. Votre main, elle va tenir le crayon, mais elle va aussi dessiner en fonction de ce que vous avez dans la tête. Tout cela constitue une démarche très importante quand on pratique, je pense, n'importe quel métier manuel. Mais l'enluminure, c'était ça. » « Avant la Renaissance, il y avait le Moyen Âge, et les seules personnes qui peignaient, dessinaient et qui relataient une histoire, c'étaient les enlumineurs et éventuellement les calligraphes, qui peignaient sur une peau animale avec des pigments. En général, ils racontaient, expliquaient un texte, l'enluminaient, le mettaient en lumière. J'ai appris cette technique, mais je n'ai conservé que la technique, en enlevant délibérément le côté historique et médiéval pour donner un aspect beaucoup plus contemporain. Que vous soyez passionné d'histoire ou totalement néophyte, ou même que vous veniez d'un autre pays et que vous n'y connaissiez rien, ce n'est pas grave. Si vous ressentez une émotion en voyant ce que je fais et que cela vous plaît, alors j'ai gagné ! » L’expérimentation du volume : du plat au tridimensionnel Sophie Théodose maîtrise donc les connaissances ancestrales mais petit à petit, lassée de travailler sur du plat, elle y ajoute son imagination. 20 ans après, Sophie Théodose expérimente, encore, et repousse les limites de son art. « J'ai été tellement imprégnée par les encres, les plumes, la façon dont on prend le parchemin, comment on pose l'or. Je ne me posais plus vraiment de questions techniques. Je n'avais plus qu'à penser à ce que j'avais envie de transmettre ou, en tout cas, de raconter. Il y a un moment où j'ai été très frustrée, parce que le parchemin est un matériau qui, si on le considère ...
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      13 min
    • Hamza Titraoui, le dialogue entre l’âme et la main, dans la mode
      Feb 14 2026
      Hamza Titraoui réinvente la mode en y mêlant art, culture japonaise et engagement écologique. Autodidacte passionné, il transforme les chutes de tissus en pièces uniques, sobres et raffinées. À travers sa maison Titraoui, il défend une mode éthique, inclusive, et très personnelle où chaque vêtement est inimitable. Avec sa maison, Hamza Titraoui ambitionne de faire évoluer la mode vers plus d’éthique, tout en conservant une esthétique raffinée et intemporelle. La création, c’est une démarche quotidienne. C’est ma façon d’être. Hamza Titraoui, fondateur de la Maison Titraoui « Je pense qu’il faut être touché par la grâce de la couture, car c’est une discipline extrêmement exigeante et complexe. Ce n’est pas seulement une question de moyens, c’est aussi une démarche qui implique de mettre son âme dans chaque vêtement. On travaille avec ses sens et chaque journée d’observation ou d’expérimentation nous enrichit. » Né à Gennevilliers, en région parisienne, Hamza Titraoui baigne dès son plus jeune âge dans l’univers des tissus avec un grand-père tapissier et une mère couturière. À cinq ans, il rêve déjà de transformer un simple morceau de tissu. « C’était une façon de vivre. Déjà à l’époque, j’étais fasciné par ma mère : avec un morceau de tissu ou un coupon, elle pouvait créer une robe magnifique. Elle passait plus de temps à la finition qu’à l’imaginer. C’était tous les détails qui m’attiraient. J’ai toujours voulu transmettre ces valeurs, celles que j’ai apprises au fil des rencontres et des expériences. J’ai travaillé dans la couture en tant que préparateur de commandes et d’autres métiers mais toujours avec du tissu en main. » Cet amoureux des étoffes fonde sa marque en 2022 : Maison Titraoui. Il récupère les chutes de tissus, des coupons ou stocks dormants, pour en faire des pièces uniques. Engagé, il refuse la mode jetable. « La récupération est au cœur de mon travail. Je récupère des chutes de tissus, parfois très petites, que je transforme en pièces de luxe. Je peux travailler avec 50 cm ou avec plusieurs mètres, selon la pièce envisagée. Par exemple, des coupons venus du Japon ou inspirés de Gustav Klimt. J’ai toujours voulu créer un défilé en hommage à des œuvres d’art, comme celles de Picasso ou Klimt. La matière, sa texture, ses motifs, m’inspirent beaucoup. Je garde souvent les chutes pour des détails ou des rappels dans d’autres créations, en mélangeant différentes textures, tout en travaillant avec amour, pour que chaque pièce soit cohérente. » Chaque création d’Hamza Titraoui est pensée : précision des lignes et simplicité des formes. Sur-mesure ou vêtement unique, c’est une étape dans l’apprentissage selon Hamza Titraoui. « C’est une alchimie entre rigueur et imagination. Je cherche toujours à aller plus loin, à perfectionner chaque détail. Je me projette dans la conception, en imaginant la proportion idéale, l’équilibre entre l’encolure, l’emmanchure, la silhouette. Je me fie à mon toucher, à mes repères, pour ajuster chaque étape. Les erreurs font partie du processus : elles m’incitent à revenir demain matin, même à 5 ou 6 heures, car la réflexion ne s’arrête jamais. Ces erreurs m’aident à progresser et à devenir plus précis. » La minutie, la recherche de l’excellence, l’attention aux détails, c’est ce qui définit Hamza Titraoui. Il n’aime pas les compromis. Pour lui, chaque couture, chaque pli est porté par une intention. Mais il y a des pièces qu’il préfère concevoir. « J’aime beaucoup réaliser des vestes, car elles peuvent s’adapter à toutes les occasions. On peut les porter chic ou décontracté, pour sortir ou pour une journée sous la pluie. La veste, c’est une pièce forte, sobre, souvent inspirée du style japonais : col châle, ajusté, discret, laissant la place à ce qui se porte en dessous, comme un top ou une chemise. On peut la marier avec un tailleur ou une jupe crayon, pour créer un style parisien moderne. » Une mode éthique, mais jamais austère, qui réduit l’impact environnemental sans sacrifier l’esthétique. Hamza Titraoui sublime les matières oubliées et aime travailler aussi en équipe. « J'ai toujours voulu fonder une maison, avoir des personnes qui travaillent avec du cœur. Pour moi, c'est très important des personnes qui travaillent avec le cœur, qui aiment faire ce qu'ils font. Je voulais une mode responsable, sans pour autant sacrifier l’esthétique. J’aime sublimer des matières oubliées et travailler en équipe avec des artisans passionnés. Par exemple, j’ai collaboré avec une créatrice de boutons en porcelaine ou en verre, ou encore avec des artisans qui façonnent des accessoires en pierres précieuses, comme le jade. L’idée est de valoriser ces détails, qui apportent une touche unique à chaque pièce. ...
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      9 min
    • Cécile Degos, la scénographe qui façonne l'espace pour révéler l’art
      Feb 7 2026
      Cécile Degos est scénographe, c'est-à-dire une professionnelle spécialisée dans la conception et la mise en scène d'espaces pour des événements ou des expositions. Ce métier, encore assez méconnu, joue pourtant un rôle essentiel. Cécile Degos a notamment imaginé la scénographie de l'exposition George Condo au Musée d'art moderne de Paris, qui se tient jusqu'au 15 février. Elle conçoit des espaces qui invitent à la découverte en guidant le regard sans contraintes. « Toute la journée, je regarde des images, que ce soit dans les livres, la rue. Je prends des photos assez souvent et même dans un magazine, je peux prendre un détail et me dire : ''Tiens, cela servira pour un morceau de mur''. C'est comme ça. Je prends en photo des détails et mon cerveau devient une banque d'images à proprement parler. C'est complètement inconscient », explique Cécile Degos. La scénographe insiste : « Il faut avoir fait une école d'art ou une école d'architecture, c'est donc de la géométrie dans l'espace, les couleurs, la lumière. Il y a aussi du graphisme qui interfère pour pouvoir donner les informations. C'est de l'esthétique. Il faut être très motivé, avoir un œil et être intéressé par l'esthétique. » Née à Paris, Cécile Degos aurait pu suivre une voie en économie. Mais sa passion pour le dessin, la sculpture et la photographie l'a conduite à passer le concours des Arts décoratifs en même temps que son baccalauréat. En 1997, elle intègre l'école et la spécialisation en scénographie pour théâtre et opéra : « La scénographie était la seule matière qui me permettait de garder l'ensemble des cours, c'est-à-dire peinture, sculpture, dessin, photo, sérigraphie, tout ce qui est offert aux arts déco. Mais je ne connaissais absolument pas la scénographie avant, et donc, ça a été un pur hasard. Je suis rentrée en section scénographie et j'ai commencé par le décor de théâtre et d'opéra, puisque les cours de scénographie d'exposition n'existaient pas à ce moment-là. Il y avait scénographie pour le cinéma ou scénographie pour le théâtre et l'opéra. » Après avoir acquis une expertise unique dans la conception d'espaces, Cécile Degos, comme tous les scénographes, doit répondre à des appels d'offres pour être retenue sur un projet. « On nous donne une liste d'œuvres, un espace et un budget. En tant que scénographe, on doit proposer une esquisse, ça veut dire proposer un parcours, des volumes pour ensuite créer une exposition. On passe tout de suite au dessin. Il y a dix ans, je faisais vraiment des maquettes physiques parce que j'adorais ce côté manuel. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus rapide parce que les clients veulent des rendus très rapidement, donc on passe par la 3D. J'adore les maquettes, mais je suis obligée maintenant de passer par la 3D. Tout de suite, il faut visualiser une exposition dans un espace qu'on vous donne. Souvent, quand je regarde la liste d'œuvres et l'espace, il y a des idées comme ça qui viennent et il faut les dessiner et trouver les meilleures solutions pour le parcours », détaille-t-elle. Cécile Degos cherche la surprise et l'émotion. Elle souhaite que chaque visiteur redécouvre une œuvre sous un nouveau jour. Pour cela, elle joue avec l'espace, la lumière, la couleur et la mise en scène, créant ainsi une scénographie discrète qui accompagne sans imposer : « Mon métier, c'est de provoquer des émotions aux visiteurs, mais c'est un métier qui ne se voit pas. On est vraiment en invisible. Par contre, si une scénographie n'est pas bien dessinée, que c'est anguleux et que vous ne vous sentez pas bien, ça peut détruire un propos scientifique. Il y a donc une certaine importance à ce que la scénographie soit réussie, pour qu'un grand nombre de visiteurs apprécient le discours qu'on a envie de donner. Les petits espaces, par exemple, les stands de foires, c'est ce qu'il y a de plus difficile. C'est très compliqué quand il y a 30m2 et avec un certain nombre d'artistes qui font partie d'une même galerie, mais qui ne sont pas forcément là pour aller ensemble. Dans un musée, je peux dire aux commissaires ou aux directeurs "Attention, là, il y a beaucoup trop d'œuvres, les gens ne vont rien voir. Moi, j'en enlèverai trois ou quatre", et ils choisissent. Ça, c'est quand il y a un dialogue très fluide. Sinon, quand il y a trop d'espace, on peut trouver des astuces pour le combler. Mais tous les espaces sont différents. Cela peut être une exposition à étage. Il faut aussi inciter le visiteur à monter les étages. Le visiteur devient un acteur de notre projet. Il faut qu'il y participe. » Depuis plus de vingt ans, Cécile Degos joue avec la scénographie. Elle organise, équilibre, harmonise l'espace pour donner vie à ses idées. Elle maîtrise donc le dessin, la modélisation 3D, la réalisation de maquettes, la gestion de la lumière, la sécurité, l'ergonomie ...
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