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Le choix musical de RFI

Le choix musical de RFI

De : RFI
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À propos de ce contenu audio

Du lundi au vendredi, chaque matin, un journaliste vous parle des artistes qui font l’actualité des musiques de l’espace francophone, de l’Afrique et de ses diasporas. Vous pourrez y entendre plus largement des musiques du monde et du Sud, des musiques actuelles et urbaines qui sont au cœur de l’identité de RFI.

Diffusion 8h50, heure de Paris, 7h50 TU.

France Médias Monde
Musique
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  • «Jèem» de Lëk Sèn: un 7e album pour une jeunesse africaine en quête d’apaisement
    Apr 10 2026
    Le reggae-man sénégalais Lëk Sèn sort son septième album, Jèem, « Essayer » en wolof. Un projet sincère, construit comme un voyage à travers les émotions, les contradictions et les réalités d’une génération qui rêve d’une Afrique puissante ornée de ses valeurs spirituelles. Originaire de Ngor au Sénégal, Lëk Sèn trace une route singulière où le reggae roots rencontre les rythmes d’Afrique et les pulsations urbaines. Derrière chaque mot et chaque note, il tisse une écriture brute et sincère, empreinte de mémoire et d’avenir. Entre profondeur, appel à la conscience et mélodies envoûtantes, il se révèle à chaque nouvelle sortie comme une voix rare : celle d’une génération qui cherche, questionne et espère. Lëk Sèn avance sans artifice, guidé par la force du cœur et la justesse de son verbe. Son nouvel album Jèem (« Essayer » traduit du wolof) est un nouveau passeport musical, un projet sincère, construit comme un voyage à travers les émotions, les contradictions et les réalités d’une génération qui rêve d’une Afrique puissante ornée de ses valeurs spirituelles. Chaque titre est pensé comme un récit, où se mêlent énergie, douceur et rage maîtrisée. Lëk Sèn y explore ses propres espoirs et sa vision du monde, avec une écriture sans filtre. Ce qui distingue ce projet : une volonté de parler vrai, tout en soignant les sonorités. Le mélange entre les codes du reggae et les textures africaines offre une palette large et cohérente, fidèle à son identité musicale. Le reggae, « musique qui revendique » Lëk Sèn est de cette génération d'artistes du continent africain qui aiment profondément le style reggae roots. C'est du reggae à l'ancienne, comme Burning Spear, un reggae où l'on parle du couple, on parle du quotidien et de l'histoire en version brut de décoffrage. D'ailleurs, sur l'album, il a un titre sur les tirailleurs sénégalais où la France se fait démonter. À lire aussi«Jèem» du Sénégalais Lëk Sèn: du reggae pour l’esprit Il y a aussi un aspect spirituel, une spiritualité confrontée au quotidien par les petites choses, de la simplicité et de l'humilité. Il adore les réseaux sociaux. Il parle des jeunes qui, désespérés, veulent tenter leur chance à l'étranger. Cela dit, il aurait pu chanter ce thème il y a 20 ou 30 ans. Et il veut dire que le reggae peut faire du bien au monde. Il peut l'apaiser. « Quand on parle de reggae, on parle de musique qui revendique. S'il revendique pas, il est là pour nous apaiser, pour redonner le moral. Il est là pour nous poser. C'est une musique qui va avec le temps et toutes les générations s'y trouvent. Aujourd'hui, le monde est en quête d'apaisement. Il est en quête de souplesse, en quête de choses naturelles. Le reggae est la définition de tout ça. Pour rien au monde je lâcherai le reggae. C'est un médicament pour moi », soutient Lëk Sèn. Donner la parole aux jeunes Pour ce nouvel album, Lëk Sèn s'est entouré de jeunes artistes. Xavier Lacire, un jeune guitariste ivoirien, Jhonel le griot moderne – c'est comme ça qu'il s'appelle – du Niger, ainsi que Elom 20ce qui est un slameur togolais, et puis encore Ilam, un chanteur peul sénégalais qui vit au Canada. On peut se dire qu'avec un tel casting, les scènes montrent qu'il soutient à fond l'unité africaine, sans oublier les diasporas. À écouter aussiLëk Sèn présente «Jèem», l'album du retour aux sources sorti le 5 décembre L'Afrique, possède la population la plus jeune au monde. Lëk Sèn a l'air préoccupé par l'avenir de ces jeunes, entre les petits qui cherchent une vie meilleure à l'étranger et certains geeks mal intentionnés qui sont hypnotisés par internet, il y a matière. Sur le titre « Net Bi », Lëk Sèn vise les réseaux sociaux. Outre le fait d'avoir des yeux de lapin qui aurait chopé la myxomatose, ça fait des dégâts dans la tête. La violence qui s'exprime est vraiment effrayante. « Je parle aux gens qui font l'apologie du meurtre, ceux qui travaillent pour la violence, ceux qui envoient des messages négatifs, explique Lëk Sèn. Et je préviens les jeunes aussi. Je vois à quel point le net est en train de bouffer la tête de nos enfants. Ils ne lisent même plus, ils ne savent pas écrire, ils ont des problèmes d'orthographe, ils ont des problèmes de personnalité parce qu'ils fuient. Tu deviens moins sociable, tu sais pas comment on parle aux gens donc c'est dangereux. C'est pour ça que je fais ce morceau en tant que reggaeman, parce que c'est mon rôle de prévenir, de dire "Il y a des choses bien". Parce qu'aujourd'hui la technologie évolue. On utilise l'IA au niveau médecine. Mais malheureusement, le monde a décidé de glorifier le plus mauvais en utilisant ces technologies qui sont censées nous aider à évoluer. » Lëk Sèn Jèem (Jahsen Creation) 2025 Facebook / Instagram / TikTok / YouTube
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    6 min
  • Les Strasbourgeois de Lyre le temps en goguette à la Nouvelle Orléans
    Apr 9 2026

    Quand l'électro-swing à la française rencontre le jazz new-orleans, cela donne New Orleans Club, le nouvel album du combo français Lyre le temps qui sort vendredi 10 avril 2026.

    Lyre le temps est un groupe bien connu des aficionados de fusion électro-swing et pour leur sixième album, les Strasbourgeois emmenés par Ludovic Schmidt ont réalisé leur rêve qui aussi celui de nombreux musiciens de jazz, partir un mois en immersion à la Nouvelle-Orléans, berceau du jazz.

    « Pour moi, c'est l'émeraude des États-Unis, c'est-à-dire que c'est la pointe du diamant de ce qu'il y a aux États-Unis. C'est ce qui m'intéresse le plus dans la culture américaine. Il y a la mythologie de la Nouvelle-Orléans et j'avais besoin de savoir si c'était aussi bien que ce que j'avais dans ma tête. J'ai été plus que comblé ! », témoigne l'artiste.

    Un voyage vécu comme une épopée faite de rencontres, à commencer par celle avec le génial Glen David Andrews, l'un des trombonistes emblématiques de la Nouvelle-Orléans. On le voit notamment dans la série télévisée Treme, consacrée aux musiciens de la ville.

    Glen David Andrews, c'est la grande rencontre de Ludovic Schmidt : « C'est quelqu'un de tellement passionné, qui va dans tous les sens. Et moi, j'avais peur de ça, qu'il me dise "Oui, oui, je viens en studio" et qu'au final, il ne vienne pas. Il a pris cela très au sérieux. On a sorti un titre ensemble qui s'appelle "When I get low, I get high", et il a fait la promotion de ce titre comme si c'était sa propre chanson. Et il a été un mentor extraordinaire. J'ai eu énormément de chance qu'il me prenne sous son aile, et encore aujourd'hui, il parle de moi à la Nouvelle-Orléans. J'existe un peu à travers ce que lui propose. Et pour moi, c'est une fierté gigantesque. »

    Les musiciens de Lyre le temps ont confronté ceux de la Nouvelle-Orléans avec leur style si particulier qui combine swing, électro et hip hop. De quoi déconcerter les brass bands de la cité que les Américains surnomment Big Easy ? Pas vraiment.

    The original Pinette brass band, seule fanfare entièrement féminine de la ville a joué le jeu avec une certaine délectation, notamment sur le morceau « Second Line » où leurs sonorités prennent une rythmique hip hop.

    Et dans l'ensemble, tous les invités sur l'album - et ils sont nombreux - ont profité de la liberté que Ludovic Schmidt préconise en permanence dans l'art de la musique.

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  • Nubiyan Twist fait briller le néo-jazz avec «Chasing Shadows»
    Apr 8 2026

    Peu importe la météo chez vous... Nubiyan Twist apporte le soleil avec Chasing Shadows, le cinquième album du collectif londonien. Neuf musiciens, un groove éclatant et une énergie explosive : ils sont l’une des gouttes de toute cette nouvelle vague néo-jazz qui déferle sur l'Angleterre, et particulièrement à Londres, depuis le début des années 2010. Dans la lignée d'Ezra Collective ou Kokoroko, ils fusionnent jazz, afrobeat, funk, soul, hip-hop et textures électroniques.

    A l'heure des écrans et du repli sur soi, Nubiyan Twist célèbre la chaleur humaine, la spontanéité et la danse. Leur musique vit, respire et transpire. Sur ce nouvel opus aux sonorités plus soul, on découvre notamment une nouvelle voix principale. Celle d'Eniola, jeune chanteuse tout juste diplômée du Trinity College of Music de Londres. Un souffle neuf qui succède à Nubiya Brandon, l’inspiratrice du nom du groupe.

    Sur Chasing Shadows, le collectif s'entoure d’invités très variés, parmi lesquels Bootie Brown, figure emblématique du hip-hop alternatif américain, connu pour ses collaborations avec The Pharcyde et Gorillaz. Nubiyan Twist commence à s'habituer aux invités de marque, eux qui ont déjà accueilli en featuring le père de l'ethio-jazz Mulatu Astatké, la légende ghanéenne du highlife Pat Thomas, et les musiciens nigérians Tony Allen et Sean Kuti. Cette fois encore, ils gardent ce lien entre Afrique et jazz contemporain, en invitant la chanteuse malienne Fatoumata Diawara.

    Un voyage sonore à prolonger en live

    Chasing Shadows est un album joyeux, humain, qui repousse encore les frontières du jazz, traverse les continents et célèbre la danse et la joie comme force collective. A savoir que le collectif Nubiyan Twist est réputé pour son énergie explosive en live, avec une puissance de son big-band qui promet des concerts mémorables.

    Vous pourrez les retrouver sur scène le 22 avril à Newcastle, le 23 à Leeds, le 24 à Manchester, puis en tournée à travers le Royaume-Uni et l’Europe. Une date à Paris est prévue le 22 novembre prochain.

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    6 min
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