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Guerre

Un combat dont vous êtes enfin le héros

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Guerre

De : Laurent Obertone
Lu par : Augustin Polak
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« Du combat, seuls les lâches s’écartent » Homère

Otage du cirque démocratique, Monsieur Moyen vote, râle, consomme, renonce. Il se résigne à son destin confisqué, à sa nation défigurée. Plutôt fuir qu’affronter ses responsabilités. Plutôt ramper que se battre. Le mal gagne donc par forfait.

Esprits forts, esprits libres, relevez la tête : le réel est de retour. Il y a une issue.

Ce livre nomme l’ennemi, sonne la charge, vous prend par la main et vous mène sur le champ de bataille. La suite dépend de vous. Vous seul.

Ce livre est un manuel de survie, exaltant, radical. L’âme barbare au secours du civilisé. L’appel de la forêt, le sentier de la guerre, la fierté retrouvée.

Une stratégie détaillée pour vaincre nos failles, mobiliser nos forces, réarmer les survivants, sidérer ce pays criblé de lâches et de désespérés. Voici où frapper, comment gagner. Voici le seul combat qu’on ne peut pas perdre. Qu’on ne peut plus éviter.

Il est temps de déterrer la hache.

©2024 Magnus (P)2025 Sixtrid SAS
Sciences sociales Sociologie Théorie sociale
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Guerre alerte efficacement sur l’effondrement normatif et sécuritaire, mais la confusion entre critique d’idées et attaques personnelles affaiblit sa portée. Percutant, mais partiellement décrédibilisé par ses excès.

 Guerre : lucide mais violent 

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Sur la forme :
J’ai trouvé le livre particulièrement pompeux et prétentieux. Pendant plusieurs heures, j’ai eu l’impression d’entendre la même construction de phrases, les mêmes tirades martiales, les mêmes effets rhétoriques censés donner de la profondeur à des idées qui, finalement, n’aboutissent pas à grand-chose.

Le texte est également truffé de références et de petits « easter eggs » destinés à un public déjà familier d’un certain imaginaire politique et médiatique de droite, notamment celui que l’on retrouve sur CNews ou dans certains cercles conservateurs. Le problème n’est évidemment pas qu’un auteur ait une sensibilité politique. Ce qui me gêne davantage, c’est cette étrange contradiction : le livre prétend dénoncer un système culturel, médiatique et intellectuel tout en utilisant constamment ses acteurs, ses codes et ses événements comme points de référence.

À force, cela produit presque l’effet inverse de celui recherché. Si le modèle que l’on combat reste indispensable pour construire son propre discours, n’est-ce pas justement le signe que l’on peine à proposer un imaginaire alternatif?

Sur le fond :
J’y ai surtout retrouvé des concepts largement empruntés aux livres de développement personnel : volonté, discipline, dépassement de soi, refus de la victimisation, responsabilité individuelle, capacité à affronter l’adversité… Pourquoi pas. Mais ces idées existent déjà dans des centaines d’ouvrages, souvent exposées de manière plus claire, plus concrète et surtout plus applicable.

Un Franck Nicolas, par exemple, peut développer ce type de discours pendant des heures sans avoir besoin de transformer chaque principe de développement personnel en démonstration politique ou civilisationnelle. Ici, l’habillage idéologique finit selon moi par prendre davantage de place que le contenu lui-même.

C’est d’autant plus décevant que j’avais trouvé Guérilla réellement intéressant. Il y avait quelque chose de beaucoup plus puissant dans la fiction : le côté dystopique, parfois presque fantastique, mais suffisamment ancré dans le réel pour créer un véritable malaise. Certaines intuitions pouvaient même paraître rétrospectivement assez pertinentes ou prédictives. Le roman laissait au lecteur une place pour réfléchir.

Avec Guerre, j’ai au contraire l’impression que l’auteur veut constamment me dire quoi penser, tout en présentant cette pensée comme une forme de libération intellectuelle.

Au final, le mot qui me vient est celui d’onanisme intellectuel : énormément de posture, de grandes phrases, de certitudes et de satisfaction à déconstruire le monde, mais très peu de propositions concrètes derrière. On termine l’écoute avec l’impression d’avoir assisté à une longue démonstration de force rhétorique… sans vraiment savoir ce qu’elle était censée construire.

Et c’est peut-être mon principal reproche : dénoncer n’est pas proposer, provoquer n’est pas penser, et répéter que l’on est en guerre ne constitue pas encore une stratégie.

La guerre des mots, le désert des idées…

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