Couverture de Jack l’Éventreur : comment Londres a vu naître le premier tueur médiatique en 1888

Jack l’Éventreur : comment Londres a vu naître le premier tueur médiatique en 1888

Jack l’Éventreur : comment Londres a vu naître le premier tueur médiatique en 1888

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À l’automne 1888, dans les ruelles sordides de Whitechapel, à l’est de Londres, cinq femmes sont assassinées en quelques semaines. Mary Ann Nichols, Annie Chapman, Elizabeth Stride, Catherine Eddowes et Mary Jane Kelly partagent un destin tragique : toutes issues des classes populaires, sans domicile fixe, souvent alcooliques, prostituées de survie. L’homme qui les tue devient une légende. Le monde entier retient son surnom : Jack l’Éventreur.

L’affaire se déroule au cœur de l’Empire britannique, dans une capitale moderne, connectée par le télégraphe, en pleine révolution industrielle. Pourtant, à deux kilomètres de la Banque d’Angleterre, Whitechapel est un îlot d’extrême misère. Surpeuplé, insalubre, peuplé d’ouvriers précaires et d’immigrés juifs d’Europe de l’Est, ce quartier est un angle mort social. L’endroit idéal pour qu’un meurtrier puisse frapper sans être vu.

La police londonienne, divisée entre Scotland Yard et la City of London Police, est rapidement dépassée. Faute de techniques modernes – pas d’empreintes, pas de fichiers, pas de profilage –, elle enquête avec des méthodes du XIXᵉ siècle sur un crime du XXᵉ. L’inspecteur Frederick Abberline dirige les recherches, mais face à l’absence de témoins fiables, de preuves matérielles, et à des témoignages contradictoires, il n’identifie jamais formellement le coupable.

Mais c’est surtout l’irruption de la presse populaire qui change la donne. Avec l’aide du télégraphe et des tirages massifs, les journaux transforment l’affaire en phénomène international. C’est une lettre anonyme, probablement un canular, signée "Jack the Ripper", qui donne au tueur son nom. Dès lors, le public s’empare de cette figure mystérieuse. Le tueur devient un mythe, un monstre anonyme qui fascine autant qu’il terrifie.

Des suspects sont identifiés : Aaron Kosminski, barbier polonais interné en asile ; Montague Druitt, avocat retrouvé noyé peu après le dernier meurtre ; Francis Tumblety, charlatan américain ayant fui Londres. Aucun ne sera formellement accusé. Le mystère reste entier. Des décennies plus tard, des amateurs, historiens et scientifiques tenteront encore de résoudre l’énigme. L’ADN, analysé à partir d’un châle controversé, désigne Kosminski, mais les résultats sont contestés.

Au-delà du crime, l’affaire révèle les tensions sociales de la capitale victorienne. Elle fait basculer la société dans une ère nouvelle : celle du crime médiatique, de la peur collective, de la célébrité du mal. Elle oblige aussi la police à évoluer : développement des empreintes digitales, de la photographie criminelle, et plus tard, du profilage.

Jack l’Éventreur n’est pas seulement un tueur. Il est un miroir tendu à une époque en mutation, et le produit d’un système médiatique en quête de sensations. Sa légende perdure parce qu’il n’a jamais été identifié, parce que l’horreur est devenue spectacle. Et parce qu’au fond, il incarne la naissance d’un monde où le crime, l’information et la fascination collective ne font plus qu’un.



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