Pourquoi une hôtesse de l'air blessée attaque-t-elle sa compagnie ?
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Quand une hôtesse de l’air attaque sa propre compagnie après un accident en vol, ce n’est pas seulement une affaire individuelle : c’est aussi un cas d’école pour comprendre comment se répartissent les responsabilités dans le transport aérien… et quels enjeux économiques se cachent derrière.
L’histoire débute lors d’un vol long-courrier opéré par British Airways en 2019. Alors que l’avion traverse une zone de fortes turbulences à l’approche de Mumbai, une hôtesse se trouve dans l’office, l’espace où sont stockés les chariots de service. L’appareil est violemment secoué. Elle est projetée en l’air, retombe lourdement, se fracture le genou, se luxe l’épaule, et reçoit sur elle un équipement mal arrimé. Les conséquences physiques sont lourdes, mais les répercussions professionnelles le sont tout autant : douleurs chroniques, limitations de mouvement, difficultés à reprendre un travail en cabine.
Pourquoi, dans ce contexte, s’attaquer juridiquement à la compagnie ? Parce que, dans l’aviation commerciale, l’employeur a une obligation de sécurité renforcée envers son personnel. La plaignante estime que l’accident n’est pas une simple fatalité liée à la météo, mais la conséquence d’un manquement opérationnel : selon elle, l’équipage de pilotage se serait trop approché d’une cellule orageuse, un type de nuage connu pour générer des turbulences extrêmes. Les procédures internationales recommandent en effet de maintenir une large distance de sécurité autour de ces formations.
Derrière cette plainte, il y a aussi un cadre juridique très précis : la Convention de Montréal, qui régit la responsabilité des compagnies aériennes en cas de blessure subie à bord. Ce texte facilite l’indemnisation des victimes, mais laisse aux transporteurs la possibilité de se défendre s’ils prouvent qu’ils ont respecté toutes les règles applicables.
C’est exactement l’argument de British Airways : selon la compagnie, aucun nuage dangereux n’apparaissait sur les radars, le commandant avait informé l’équipage de possibles turbulences, et le signal lumineux demandant d’attacher les ceintures était activé bien avant l’incident. Autrement dit, pour la défense, le risque était connu, communiqué et géré conformément aux standards.
L’enjeu économique dépasse largement les 83 000 euros réclamés. Une condamnation peut créer un précédent, inciter d’autres salariés blessés à saisir la justice et pousser les compagnies à renforcer leurs procédures, leurs formations et leurs assurances. Cela signifie des coûts supplémentaires, mais aussi une pression accrue sur la gestion des risques.
Ce type d’affaire illustre un équilibre délicat : accepter qu’une part du danger est inhérente au transport aérien, tout en déterminant jusqu’où va la responsabilité de l’entreprise lorsqu’un événement tourne mal. Et c’est précisément cet arbitrage que la justice est appelée à trancher.
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