Couverture de la Voix des Mots : écriture, créativité et émotions !

la Voix des Mots : écriture, créativité et émotions !

la Voix des Mots : écriture, créativité et émotions !

De : Mahuna Vigam
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La Voix des Mots est un podcast et une newsletter dans lesquels je vous partage mes réflexions, mon quotidien, et mes romans. Je suis Mahuna Vigam (alias Mahuna Poésie), poétesse, romancière, podcasteuse et animatrice d’ateliers d’écriture créatifs et émotionnels. Ici on parlera donc écriture, lecture, bien-être et édition car je vous partagerai aussi ma vie d’autrice. Bienvenue !

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  • 113 - Et si j’avais déjà perdu avant même que l’aventure ne commence ?
    Jun 28 2026
    Hello. J’espère que vous allez bien malgré les températures incendiaires qu’on connaît en ce moment. Hydratez-vous, prenez soin de vos proches.Cet épisode suit un fil conducteur, donc je ne vous conseille pas de sauter d’une partie à une autre, même si je sais que le temps manque. Il n’est pas très long, mais je pense qu’il vaut la peine d’être écouté ou lu en entier.Ce que j’ai compris de ma fatigue (à partir de 01:13)Je me suis rendu compte que j’étais déjà épuisée, d’une certaine manière, alors que mon livre n’est pas encore sorti. Ce n’est pas une fatigue ordinaire, pas le genre « j’ai trop bossé ce trimestre ». C’est plus profond, plus installé. J’ai essayé de comprendre si ce que je vivais avait un nom.Le premier : la racial battle fatigue, théorisée par William A. Smith. Un épuisement psychologique et physiologique qui vient du fait d’exister dans un monde qui agresse en continu, de manière subtile, institutionnelle, au quotidien. Pas une violence spectaculaire, mais l’accumulation. La vigilance permanente. Le fait de devoir sans cesse évaluer ce qui vient de se passer, se demander si c’est raciste, si ça vaut la peine d’en parler, si on va être cru. Ce switch constant entre soi et le regard que le monde pose sur soi.Le deuxième : le burn-out militant, documenté par Gorski et Chen. L’idée que dans le militantisme, on mesure l’engagement à l’aune du travail émotionnel fourni. Et que si on s’effondre, si on dit qu’on est à bout, on est regardé·e bizarrement, parce que le militantisme est censé être désintéressé. On n’a pas trop le droit d’être épuisée quand le sujet est important. Et c’est exactement le piège.Moi, je publie un roman sur des thématiques qui me tiennent à cœur. Je parle de représentation sur Instagram. Et en même temps, j’ai un emploi salarié où je range une partie de moi dans un tiroir en arrivant le matin, parce que les deux mondes ne peuvent pas coexister. Ce phénomène a aussi un nom : le code switching, documenté chez les personnes racisées, les personnes LGBTQIA+, les personnes en situation de handicap. Le fait de devoir adapter, moduler, modifier son langage, son comportement, parfois jusqu’à sa personnalité, selon l’espace où on se trouve pour ne pas subir de conséquences.Dans mon cas concret : dans ma vie d’autrice, j’écris en écriture inclusive aussi souvent que je le peux. Ce n’est pas une posture, c’est une conviction. La neutralité au masculin n’a jamais existé. Point. Mais dans un mail professionnel, dans un contexte institutionnel, c’est impossible. Pas parce que mon employeur s’y opposerait forcément, mais parce que j’écris à des clients à qui je vends une solution, qui n’ont rien demandé, et faire ce choix serait prendre position. Donc je fais autrement. Et mon militantisme reste dans le tiroir.C’est Arlie Hochschild qui avait théorisé cette fatigue cognitive et émotionnelle liée au fait de devoir adapter en permanence son expression à un contexte qui ne correspond pas. Et quand ce switch touche des pratiques militantes, il y a une dissonance supplémentaire entre ce qu’on défend publiquement et ce qu’on fait concrètement dans d’autres espaces de sa vie. Cette dissonance, il faut la gérer. Et elle épuise aussi.L’image qui m’est revenue, c’est Clark Kent au bureau et Superman dans ma vie d’autrice. Sauf que Clark reste une figure de pouvoir et de privilège, et ce que je vis, c’est du concret, c’est politique. C’est encore une forme de double conscience, parce que je me vois à travers le regard d’une société qui ne me reconnaît pas comme étant entière, et je dois habiter deux entités pour tenter de les réconcilier. C’est ce que W.E.B. Du Bois théorisait dans The Souls of Black Folk. Rien de nouveau. Il y a quelque chose de rassurant à savoir que ça a déjà été nommé, contextualisé. Et quelque chose de profondément frustrant à réaliser que ça n’a pas changé, puisque certaines de ces théories remontent à 1903.La littérature académique couvre le code switching au travail, la racial battle fatigue, le burn-out militant. Mais elle ne couvre pas le cas de l’autrice racisée, engagée sur la représentation dans l’édition, qui doit en même temps naviguer ce code switch dans son emploi du temps réel. C’est mon quotidien. Et il n’y a pas encore de carte pour ça. Peut-être qu’un jour quelqu’un prendra le temps de le théoriser. Je me le garde en tête.Désenchantée, mais pas défaitiste (à partir de 09:47)Oui, je suis désenchantée avant même que mon livre sorte. Pas parce que je ne crois plus en ce que j’écris. Mais parce que je comprends de mieux en mieux dans quoi je mets les pieds, et qu’il n’y a pas encore de carte pour naviguer avec ça.Mais le désenchantement a une puissance particulière : il force à prendre conscience de la réalité,...
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    23 min
  • 112 - Arrêter de militer contre les gens qu'on prétend défendre
    Jun 14 2026
    Se dire allié et continuer à invisibiliser les personnes qu’on prétend défendre, n’a rien avoir avec du militantisme. C’est de la posture. Et si tu ignores l’outil révolutionnaire qu’est le regard situé, tu n’es peut-être pas l’allié que tu prétends être 🫣.Installez-vous. Parce qu’aujourd’hui on va parler d’un concept qui a changé ma façon de lire, de créer, de consommer, de militer. Et on va partir d’un commentaire. Un commentaire banal, posté sous ma dernière vidéo. Un commentaire bien intentionné, probablement. Et pourtant un commentaire qui illustre exactement ce dont on va parler aujourd’hui.Quelqu’un a donc écrit sous ma publication sur Chères Ancêtres d’Isis Labeau-Caberia : “publié chez Grasset qui a été racheté par Bolloré.” Sous-entendu : problème. Sous-entendu : boycott.Sauf que.Isis a essuyé une vingtaine de refus (d’après ce que j’ai vu dans une de ses stories) avant que Grasset lui dise oui. Vingt refus. Pour un ouvrage qui parle “des résistances anticoloniales des femmes esclavisées, qui ressuscite une mémoire longtemps censurée”, qui nous donne des noms, des visages, des stratégies de survie et de lutte. Quand vous êtes une autrice noire et que le milieu de l’édition vous ferme ses portes les unes après les autres et qu’enfin quelqu’un vous dit oui, vous signez. Parce que c’est ça la réalité concrète des autrices racisées dans ce milieu.Ce livre est sorti avant que Bolloré prenne le contrôle éditorial de Grasset. Isis n’a pas signé avec Bolloré. Tout comme plusieurs autres auteurices racisé.es dans des maisons d’éditions “appartenant” à Bolloré. Iels n’ont pas tous.tes les moyens, la possibiité de basculer d’une maison d’édition à une autre, comme ça, en claquant des doigts. Car le milieu de l’édition, de base, les invisibilise déjà (et je vous renvoie à tout mon contenu ici et sur Instagram sur ces sujets).Et surtout. Boycotter Grasset aujourd’hui ne nuit pas à Bolloré. Bolloré s’en fiche. C’est Isis qui perd des ventes, de la visibilité, des opportunités de carrière. C’est elle qui paie la facture d’un militantisme qui n’a pas pris le temps de se demander sur qui allait tomber ce geste. Isis elle-même l’a dit dans un carrousel : boycotter, oui, mais intelligemment, stratégiquement. Parce que Bolloré n’a pas investi dans l’édition pour faire de l’argent. Il l’a fait pour le contrôle des idées.Qui a besoin de Bolloré quand on a des alliés comme ça.Ce commentaire m’a mise en colère. Parce qu’il illustre quelque chose que je vois partout et qui me fatigue profondément. Le militantisme de façade. Celui qui se donne bonne conscience sans jamais interroger l’impact réel de ses gestes. Et invariablement, ce sont les personnes marginalisées qui absorbent les dégâts. Pas Bolloré. Pas le système. Isis.bell hooks appelait ça la politique sans pratique. Le geste visible qui soulage celui qui le fait, sans transformer la réalité de ceux au nom desquels il prétend agir. Et pour comprendre pourquoi ce commentaire est le symptôme d’un problème plus profond, il faut qu’on parle d’un outil. Le regard situé.D’où vient la notion de regard situé ? En 1988, Donna Haraway, biologiste et philosophe des sciences féministe, publie un article qui va tout changer : Situated Knowledges: The Science Question in Feminism and the Privilege of Partial Perspective, dans la revue Feminist Studies. Elle s’attaque à deux illusions symétriques. D’un côté le regard de nulle part, celui qui prétend à l’objectivité totale, ce qu’elle appelle le god trick, le truc de Dieu, faire croire qu’on voit tout depuis nulle part. De l’autre le relativisme total qui dit que toutes les perspectives se valent. Elle refuse les deux. Pour elle la seule connaissance honnête est partielle, localisée, incarnée.Mais le terrain avait été préparé. Sandra Harding et Nancy Hartsock avaient déjà développé dans les années 70-80 le feminist standpoint theory : les femmes, précisément parce qu’elles occupent une position dominée, ont accès à des connaissances que les dominants ne voient pas.En 1990, Patricia Hill Collins approfondit la dimension raciale. Elle montre que le regard situé ne peut pas ignorer l’imbrication des oppressions. Race, genre, classe se croisent et produisent des positions de savoir distinctes. Une femme noire ne voit pas le monde comme une femme blanche, ni comme un homme noir. Elle appelle ça la matrix of domination.En 1989, Kimberlé Crenshaw formalise l’intersectionnalité. Ce n’est pas juste un concept, c’est un outil juridique et analytique pour nommer ce que les grilles d’analyse unidimensionnelles ratent.Et bell hooks théorise le regard depuis la marge comme un regard critique et résistant. Celui qui voit ce que le centre ne voit pas parce qu’il n’a aucune raison de le ...
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    20 min
  • 111 - Entrez dans une nouvelle ère...
    Jun 2 2026
    Hello ! J’espère que vous allez bien malgré la canicule. Enfin, aujourd’hui c’est un peu plus supportable. On est le 1er juin, mon mois préféré de l’année. Déjà parce que c’est le mois de mon anniversaire, et parce que c’est le mois qui introduit l’été. Les deux réunis font que c’est aussi le moment où je prends le temps de regarder ce qui a été fait, ce qu’il reste à faire, comment me projeter pour la suite.S’il y a des Gémeaux parmi vous : manifestez-vous. On est apparemment le signe le plus adoré et le plus détesté en même temps, et à lire le contenu qui passe en ce moment j’arrive pas à décider si je suis une personne adorable ou totalement détestable 😂. Bref.Beaucoup de sujets dans cet épisode, je vais les passer rapidement : les changements liés au CDI qui démarre cette semaine (dès le début), un update santé (06:30), les corrections édito de Comète (09:00), la couverture, la liste pour enfants (14:00), le guide diversité (19:10), et mes lectures du mois.C’est parti pour le CDIJe suis à une semaine de la reprise du salariat et j’ai l’impression de me préparer à un grand voyage. Depuis trois semaines j’essaye de tout faire en avance : produire du contenu, me mettre à jour sur mes lectures en cours, planifier ma vie d’autrice pour les sept prochains mois, remettre des routines en place, voir des amis et de la famille avant que le rythme change.Le premier mois va être intense, c’est toujours comme ça quand on change d’emploi. Et surtout, même s’il y a des similitudes avec ce que je faisais avant, travailler dans la cybersécurité c’est une vraie reconversion, il y a énormément à apprendre. C’est ce que j’ai choisi, c’est ce que je voulais. Mais ça va être costaud au début.Ah, et pendant que j’y suis : vous êtes les premiers à le savoir, je prépare un concours parce qu’on est 40 000 sur Instagram. C’est grâce à vous, clairement. Et pour moi, 40 000 personnes ça veut dire 40 000 personnes potentiellement conscientes de ce qui se passe autour de la représentation des personnes racisées et minorisées dans l’édition, qui luttent à leur échelle, qui diffusent ces messages autour d’elles. En tout cas j’espère que c’est ce que vous faites si vous êtes là. Parce qu’on ne peut pas juste lire des livres avec des personnages racisés tout en ayant les yeux fermés sur tout ce qui se passe à côté. Pour moi c’est de l’incohérence. Mais passons.Santé : ce que je teste en ce momentLes insomnies sont toujours là. J’ai fait des analyses, je suis en bas de l’échelle côté magnésium et fer, donc je me supplémente depuis peu. Ce n’est pas dangereux mais ça coûte rien d’essayer, et je vous en redirai un mot si ça change quelque chose : moins de maux de tête, moins de fatigue constante, plus de facilité à rester endormie.J’ai aussi testé un bain flottaison chez Meizo à Paris. Je vous en parlerai en détail dans une prochaine newsletter mais c’était vraiment pas mal. Je me suis fait masser aussi, et j’ai un autre massage prévu cette semaine parce que j’ai encore des douleurs musculaires. L’objectif c’est de commencer ce CDI au mieux de ma forme, ou autant que faire se peut.On est loin d’un équilibre stable en termes de santé physique, mentale et émotionnelle. Mais je mettais ça de côté depuis des années, donc forcément le retour de bâton est rude. Ça va prendre du temps. Je m’accroche.Comète : 30 heures de corrections en un week-endJ’ai reçu les corrections édito de ma maison d’édition vendredi soir dernier, et j’ai passé tout le week-end dessus. À part mon passage au festival Brillance de l’association Tant que je serai noire le samedi, c’était corrections non-stop. J’ai compté : 30 heures. À un moment j’ai levé la tête en pensant qu’il était 21h, il était 1h du matin. C’est sûr que ça n’aide pas contre les insomnies. Mais j’avais besoin d’avancer vite pour ne pas me retrouver en retard avec tout ce qui arrive en même temps, et pour que mon éditrice et toute l’équipe restent dans les temps.J’ai appris des choses sur ma manière d’écrire au passage. Je ferai un épisode dédié une fois les corrections vraiment terminées, mais voilà ce que j’ai noté à chaud.Je ne suis apparemment pas quelqu’un de drôle 🤣. En tout cas je ne sais pas écrire des scènes désopilantes. Je m’en doutais un peu, et c’est plus une question d’humour qui ne passe pas à l’écrit si on n’a pas le référentiel. Ce n’est clairement pas le coeur du roman, Dieu merci. Mais c’était intéressant à constater.L’autre chose : j’ai tendance à écrire des contradictions. À dire quelque chose et son contraire juste après, comme s’il y avait deux voix dans ma tête qui ont chacune besoin de s’exprimer. Ce n’est pas normal d’écrire comme ça, il y a quelque chose à travailler là-dedans. ...
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    29 min
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good one.Had a very different experience on listening to the audiobook.overall i enjoyed the audiobook

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