Jean-Bruno Falguière est psychanalyste, écrivain et conférencier. Proche d’Annick de Souzenelle et de Frédérique Lemarchand, il se définit lui-même comme un « éveilleur atypique », qui ne voit pas d’autre chemin que celui de l’épanouissement spirituel.En évoquant son enfance particulière, marquée d’un côté par la contemplation et l’absence de parole jusqu’à l’âge de cinq ans, perturbée de l’autre par des visions cauchemardesques, Jean-Bruno Falguière témoigne d’un parcours de vie sinueux. Promis à une belle carrière artistique, il a préféré garder sa liberté et commencer sa vie par en vivre plusieurs.Pour guérir les plaies de son passé et de son éducation dans un climat familial « hautement pathogène », Jean-Bruno Falguière a suivi une thérapie pendant une quinzaine d’années, auprès de quelques psychanalystes. C’est ainsi qu’il a découvert Jung, l’une des grandes passions de sa vie.Peu à peu, il a guéri ses blessures, notamment grâce aux passerelles tendues par Jung entre toutes nos dimensions intérieures : spirituelles, psychologiques et émotionnelles. Son chemin une fois redressé, Jean-Bruno Falguière est devenu psychanalyste lui-même.Jean-Bruno Falguière parle ici des rencontres marquantes dans sa vie. Annick de Souzenelle, bien-sûr, qui était une de ses plus proches voisines en Anjou. Et Sidi Hamza, un maître spirituel soufi, auprès de qui il a vécu, au Maroc, des expériences mystiques « indicibles ».Avec force, flamme et couleur, Jean-Bruno Falguière permet de mieux comprendre nos propres mécanismes, de nous libérer de l’ego, ce « personnage colossament misérable en chacun », de surmonter vertiges et angoisses quand il y en a. Pour atteindre, au cœur d’un voyage guidé, au cœur des profondeurs de notre véritable identité humaine, la sérénité d’une paisible, douce et lumineuse contemplation.Pour lire Scribe de Dieu, l'un des livres de Jean-Bruno Falguière, cliquer ici.Pour découvrir l'atelier L'Autre est une école, créé et animé par Jean-Bruno Falguière : cliquer ici.-------------- DE L'AUTRE CÔTÉ DU FLEUVELe livre n’est pas épais. Même pas 180 pages en version poche. Pourtant, cette semaine, je ne peux me détacher de l’attirance hypnotique qu’il exerce sur moi. Je l’avais pourtant déjà lu. Il m’avait impressionné, presque autant qu’un autre des romans du même écrivain, Le Loup des Steppes, une de mes lectures les plus marquantes.Lentement, je lis et relis Siddharta d’Herman Hesse. L’histoire de la quête spirituelle d’un homme appelé, dès son jeune âge, à vivre de hautes expériences mystiques. Et pourtant, il y aura des lignes courbes. Sa vie ne sera pas une trajectoire rectiligne et verticale. Ce qui, en fait, ressemble à tant de nos vies. Où les tours et les détours, les désirs et les rêves, les espoirs et les peurs s’entrelaçent nécessairement.L’image qui m’a le plus marqué ces derniers jours, c’est celle du fleuve que Siddharta traverse deux fois dans le récit. Est-ce parce que j’ai le bonheur de vivre tout près d’une rivière qui, en bas de chez moi, a la largeur d’un grand lac ? N’allez pas lui dire, d’ailleurs, qu’elle est une rivière ou même un fleuve, car elle est très fière de se croire océan.Ses flots salés ne se mêlent-ils pas à la la mer ? En Vallée de la Rance, les marées et les courants sont forts, là où les eaux se croisent. Celle qui vient des terres. Et celle qui, venue de la mer, pénètre l’estuaire à sa rencontre, pour l’emporter au large. Vers l’Angleterre, ou l’Amérique, ou jusqu’aux Indes ?Dans le roman, le fleuve n’a pas de nom. Siddharta le traverse deux fois. La première, parce qu’il veut quitter le monde mystique pour aller faire l’expérience de l’amour, des femmes et de la société. La deuxième, de longues années plus tard, parce que le temps est venu pour lui d’aller vers le monde de l’Éveil.Sur ce fleuve, il y a un passeur. C’est le même qui, à chaque fois, fait passer Siddharta de l’autre côté. Les années séparent les deux rencontres. Et pourtant, l’un comme l’autre savait qu’elle se renouvelerait.L’autre jour, au moment où ma lecture s'engageait pour le deuxième passage du fleuve, je me suis assoupi. L’après-midi touchait à sa fin. Il faisait très chaud et trop lourd. J’ai senti que la meilleure des choses que j’avais à faire, c’était de céder à l’engourdissement qui me gagnait.Je m’étendais dans le jardin, je me soumettais à l’appel de mon corps. De lui, je sais que le sommeil vient parfois m’apporter des réponses, jusqu’à des questions que je ne me pose apparemment pas.Cette fois, en quittant les rives de ma conscience éveillée, j’avais la certitude qu’un ange, le chant d’un oiseau, ou le souffle du vent, viendraient me glisser une parole.Je ne me trompais pas.Un e-mail m’a...
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