Épisodes

  • Au nom du père
    Jan 24 2024

    Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

    Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien.

    Le récit de Denis Simon, 88 ans, est le premier à être diffusé. Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié.

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    Citation

    "Denis a rassemblé tous ses souvenirs
    Mais aussi ceux des oncles, tantes et voisins
    Son savoir n’est pas livresque
    Son savoir est mémoriel
    Durant plusieurs années, il est allé écouter
    Interroger ceux et celles qui avaient connu la guerre à Plouguerneau
    La libération aussi
    Recueillir leurs histoires pour construire le sens d’une trajectoire
    Denis a collecté patiemment des fragments d’une guerre pour reconstruire sa vie

    Le sens d’une vie

    Après plus de deux heures d’échanges
    On mesure l’importance de son témoignage
    Dans la vie de Denis et celui de sa famille,
    la guerre lui a pris un père
    Elle a enfermé sa mère dans une tristesse des profondeurs

    Face à l’effroi d’une vie qui bascule sans crier gare
    Denis a mené sa guerre
    Il a sublimé la mort par la vie
    Le vide par le plein

    Simon nous permet de relativiser
    Sa famille c’est un peu la notre
    Son récit c’est un peu celui de Plouguerneau

    Il porte en lui cette vie
    Il porte en lui les mémoires collectées
    Il porte en lui les défunts
    Il porte en lui la nécessité de ne pas oublier

    Denis est vivant
    Il chante les morts"

    Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

    Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

    • Équipe municipale, coordinatrice du projet

    Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

    • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

    Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

    pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou

    et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

    __

    • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

    Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

    Graphisme : Stéphanie Plateau

    Musique : Alexandre Varlet

    Coordination, communication : Géraldine Genin

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    1 h et 15 min
  • Ça sentait fort
    Feb 8 2024

    "C'est les allemands qui m'ont dit que c'était la guerre"

    Alice Ogor est née à Lesmel. L'année de ses 9 ans, la guerre s’introduit dans sa vie. Elle raconte son histoire, pour ce deuxième épisode de Nos chemins de Liberté.

    Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

    Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien.

    Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié.

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    Citation

    "En face du château de Lesmel
    Dans une chaumière qui n’existe plus

    Alice et sa famille ont vécu là
    À quelques mètres des Allemands

    Dans les mots d’Alice on discerne la puissance d’une vie qui a été pensée
    Alice ne subit pas tout le temps
    Elle agit avec détermination et discrétion

    Alice rigole souvent quand elle décrit le difficile
    Ça créé une forme de dyschromie qui invite à l’écouter
    À tendre l’oreille pour la comprendre
    Dans la douceur de sa voix et de ses rires, on finit alors par entendre
    Par l’entendre
    Il a fallu laisser de l’espace et du silence pour faire sortir ses mots

    Ici la guerre n’est pas centrale dans la vie
    Dans sa vie
    Mais, le jumelage le sera davantage
    C’est l’ouverture

    Le respect des différences et des différents
    Mais pas une différence qui détruit
    Une différence qui est respectueuse de chacun
    Quand la différence est destructrice, elle a une odeur
    Qui reste dans les souvenirs
    Qui est celle du sensible"

    Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

    Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

    • Équipe municipale, coordinatrice du projet

    Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

    • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

    Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

    pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou

    et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

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    • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

    Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

    Graphisme : Stéphanie Plateau

    Musique : Alexandre Varlet

    Coordination, communication : Géraldine Genin

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    25 min
  • La guerre est déclarée
    Feb 15 2024
    "Ils ont monté le mât et puis ils ont commencé à remonter le drapeau nazi. Le drapeau rouge avec la croix gammée". En 1939, Louis Guével avait 17ans. Trop jeune pour être mobilisé, il est resté travailler dans la ferme familiale, au Grouanec. Ses souvenirs sont rassemblés dans ce troisième épisode de Nos chemins de Liberté. Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande. Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié. Citation « C’était au cours de l’été Par une journée ensoleillée et chaude Plouguerneau avait des airs d’Aix-en-Provence On s’attendait à entendre les cigales On se demandait où était le ferme des Guével Frédéric des archives savait Il nous a proposé de nous montrer le chemin On a suivi sa voiture en allant au bout de la frontière C’était à côté du Grouaneg A un ou deux kilomètres de là La ferme était imposante ! Sur le palier de sa maison, Louis attendait La casquette en place Il nous a fait rentrer dans sa cuisine Là trônait une grande table En bois Massive On sentait qu’elle avait dû accueillir des sacrés repas de famille On avait aussi l’impression qu’on était dans la salle du conseil municipal Faut dire que Louis il connaissait bien le conseil Il y avait siégé de nombreuses années Alors il s’est installé au centre Et nous on s’est tous et toutes mis en face de lui Comme des enfants Comme ses enfants Comme ses administrés On a installé les micros Branché les câbles Et appuyé sur les boutons d’enregistrement Yannig et Christine ont commencé à poser les questions Fallait parler fort car Louis avait un peu du mal à entendre S’il avait perdu un peu des oreilles, niveau mémoire c’était tout autre chose Il avait les jours, les dates, les heures, les minutes et les faits On en revenait pas ! En quelques minutes on était avec lui Dans sa vie de jeune qui observait la guerre On la voyait se dérouler sous nos yeux Dans nos oreilles on entendait les bruits de la guerre En fermant les yeux on avait même les images Bref, on était au cinéma de Louis Avec lui on a su comment la guerre avait été déclarée ici Après deux heures d’écoute on était rassasié Louis avait le sourire des jours heureux Il était content de nous avoir livré tout ça Pour fêter ce moment singulier, son fils nous a offert à boire C’est un rite Après, Louis nous a ramené à la porte En douceur Malgré la chaleur Christine a voulu faire une photo Elle aime bien les souvenirs et les rencontres Christine Alors… En partant je me suis dit que j’allais faire son portrait dans sa cuisine Au milieu de la table Entre les deux fenêtres Comme une photo de Président… Mais Louis s’en est allé avant Sans doute qu’il n’aimait pas trop poser devant un objectif… Avec ses 3 enfants on a quand même décidé de la faire cette photo Sa photo On a demandé à la police municipale de vider Plouguerneau On voulait pas d’habitants, voitures, vélos… Comme si c’était la guerre qui avait tout emporté Et dans la rue principale ils ont pris la pause Sur la photo on sent le silence d’un bourg qui n’est plus maitre de son destin On sent aussi l’absence d’un père qui manque à ses enfants Louis nous a fait un beau cadeau Un témoignage qui restera Pour ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants Pour Plouguerneau aussi Louis il a toujours eu le sens de l’intérêt général Alors merci Monsieur Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente » Équipe municipale, coordinatrice du projet Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom __ Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec Graphisme : Stéphanie Plateau Musique...
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    25 min
  • Derrière les barbelés du Spins
    Feb 22 2024
    "On a été encerclé par les allemands. On a vu démolir toutes les dunes du Spins et ils ont commencé à faire les blockhaus". À la grève blanche où sont postés les allemands, la famille de Francine et Marie Le Goasduff a été la seule à être autorisée à rester. Leur vie s'est organisée, derrière les barbelés. Elles racontent leurs souvenirs pour ce quatrième épisode de Nos chemins de Liberté. Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande. Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié. Citation « Christine en parlait avec des lumières dans ses yeux Yannig aussi Les sœurs, les 3, devaient être interviewées ! Le genre d’évidence qu’on n'a pas envie de questionner Surtout quand on n’a pas toutes les cartes en main Ici, tout le monde les connaissait Et même la France d’ailleurs Faut dire qu’elles étaient passées aux infos Régionales et nationales ! Au 20h même Celui de TF1 Il me fallait alors simuler Omettre une certaine forme d’ignorance Faire comme si je connaissais les sœurs Le Goasduff Comme si j’avais déjà croisé les chemins de Francine, Marie et Jeanne… Souvent, dans un processus d’intégration, faut mentir pour accéder aux histoires Pour comprendre l’Histoire d’un territoire Quand des femmes sont des Institutions c’est qu’elles incarnent des valeurs d’importance Des valeurs d’appartenance Des cultures qui se préservent Qui passent de générations en générations Alors les sœurs Le Goasduff sont les amies de tout le monde Chacun partage une anecdote comme on partage un gâteau de famille Chacun dispose d’un bout de l’histoire Alors un jour d’été, en fin de journée, quand on est arrivé chez Francine et Marie avec nos micros et enregistreurs j’avais l’impression de rentrer à l’Elysée Le matin j’avais même repassé ma chemise Et heureusement car Francine et Marie étaient sur leur trente-et-un Toutes belles En couleurs On devait être autour du 14 juillet Un vrai feu d’artifice Elles avaient aussi dû aller chez le coiffeur Bref, elles nous attendaient ! Tout de suite elles se sont étonnées de ne pas voir de caméras Juste des micros a demandé Francine ? Oui oui ai-je murmuré de peur de me prendre une remarque Sans les caméras on avait l’air pas à la hauteur de ce rendez-vous De leur rendez-vous ! Christine, en douceur, leur a expliqué l’absence d’images L’importance de préserver leur voix L’arrivée des « podcasts » aussi dans cette modernité mouvante La puissance du décalage dans un monde qui va si vite La douceur de perdre son temps en prenant celui du temps d'écouter Pour apprendre autrement Pour les découvrir différemment Si Francine parlait beaucoup, Marie observait Son regard était là Comme la présence d'une Maîtresse d’école qui sait se faire respecter En silence Christine a su rassurer Créer une confiance partagée Et l’entretien a pu commencer On était content de les écouter On sentait leur envie de transmettre De ne pas oublier De ne pas les oublier Dans leurs récits croisés on était touché On était au bon endroit Là où les questionnements se font Là où les évidences s’écroulent Là où les certitudes s’effritent Là où les apprentissages se font Après deux heures d’échanges On avait pu se rencontrer On avait pu faire connaissance De sujets à sujets De personne à personne Francine et Marie ne sont pas des objets d’Histoire Elles ne sont pas à mettre au musée Elles sont des femmes sujettes de leur histoire Elles sont un peu comme nos grands-mères Elles sont une partie de l’histoire vivante de Plouguerneau Pour toujours C’est pas si mal les podcasts On va pouvoir les entendre De loin et de près Comme les sœurs sont inséparables Pour la photo c’est Jeanne qui est venue avec Francine Marie avait trop mal aux jambes On était triste qu’elle ne soit pas là À côté de la ferme de la famille Là où elles avaient vécu derrière les barbelés Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente » Équipe municipale, coordinatrice du projet Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la ...
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    20 min
  • Le bol de soupe
    Feb 29 2024

    "Je n’étais pas en colère contre eux. Je ne suis pas en colère contre ça".

    Pour ce cinquième épisode de ‘Nos chemins de Liberté’, Léon Le Guen a rassemblé ses souvenirs. Parmi eux, le bol de soupe, un souvenir qui nous dit ce qu’était la guerre dans la vie simple d’un enfant de 8 ans.

    Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

    Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien.

    Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié.

    Citation

    « Léon c’est un peu comme Jeanne, Joséphine ou encore Marie-Thérèse
    La guerre c’est comme s’il ne l’avait pas vu
    Alors quand il arrive devant les micros, il ne comprend pas trop les raisons de sa présence
    On sent qu’il est prêt à repartir
    De peur de déranger peut-être

    Il n’aime pas trop ça causer seul Léon
    Chez lui les mots c’est à l’économie
    C’est comme aller à confesse
    Faut dire qu’il aurait apprécié retrouver les anciens du quartier
    Ceux et celles d’avant
    Quand la vie était une affaire de collectif
    Et sans doute que, dans leurs échanges, les souvenirs auraient été plus faciles à revenir
    Une vie collective c’est aussi des souvenirs de groupe

    Alors Léon se lance

    Souvent il donne l’impression de s’arrêter
    Sans jamais vouloir continuer
    On laisse les silences s’étirer
    Et si rien ne vient on le questionne
    À nouveau
    Et il repart
    Et on se dit tant mieux
    On ne sait jamais

    Dans les mots de Léon on distingue le sens
    Il dit et redit que la guerre peut ne pas avoir marqué une vie
    Il dit que cette vie de guerre on n’avait pas le temps de s’en préoccuper
    On avait d’autres chats à fouetter
    Le travail, la ferme, la famille, le quartier, le sou pour vivre

    Au bout d’une heure
    alors qu’on avait la sensation que tout avait été dit
    on lui demande s’il voulait rajouter un dernier souvenir
    On fait ça par politesse sans doute
    Pour se dire au revoir et à bientôt pour la photo

    Et là, Léon, comme si de rien n’était,
    il nous raconte le souvenir du bol de soupe
    Celui qu’on donnait aux enfants de l’école à l’heure du déjeuner

    Un bol d’eau chaude en fait
    Un bol pour faire genre
    Et, en face de lui, les Allemands eux, ont des omelettes bien généreuses
    On est un peu estomaqué par ses mots en apparence anodins
    Par leur portée
    Leur symbolique aussi

    Mais Léon n’a pas de colère
    Il fait le constat
    Sans être naïf
    Il est lucide sur ce qu’est la guerre aussi
    Comme bien d’autre qu’on a rencontré
    Qu’on a raconté"

    Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

    Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

    • Équipe municipale, coordinatrice du projet

    Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

    • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

    Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

    pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou

    et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

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    • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

    Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

    Graphisme : Stéphanie Plateau

    Musique : Alexandre Varlet

    Coordination, communication : Géraldine Genin

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    23 min
  • Face à l'Aber Wrac'h
    Mar 6 2024
    « Et on a été sauvé ! Ça a été formidable. Mais on a eu la trouille quand même » Quand la guerre s’est terminée, Albertine Talec avait 10 ans. À Perroz où elle a grandi, avec la mer et face à l’Aber Wrac’h, elle raconte ses souvenirs pour ce sixième témoignage de ‘Nos chemins de Liberté’. De l’expérience de la guerre à celle du jumelage avec la ville d’Edingen-Neckarhausen, bien des années plus tard. Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande. Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien. Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié. Citation « Albertine habite dans la côte de Perros À côté de la maison de mes parents C’est une figure locale Avant son entretien, je ne l’avais jamais croisé Etrange… Le jour de l’enregistrement, on y est allé à 4 Géraldine, Christine, Cannelle et moi Derrière la grille Quand on est entré dans le jardin On avait le sentiment d’être ailleurs Et l’arrivée d’Albertine a renforcé les couleurs du jardin Albertine c’est un peu la Brigitte Bardot du coin Chez elle tout est fleuri Son jardin, sa maison et son verbe Dès le départ on s’est dit qu’on allait pas s’ennuyer Avant même que les micros ne soient branchés Albertine se racontait On a vite compris que ça ne servirait à rien de lui dire d’attendre Fallait qu’on se dépêche pour ne pas en perdre une miette Albertine adore parler Elle a le sens des mots Des formules aussi Son débit et sa voix sont ceux d’une jeune femme Elle veut être entendue et attendue Albertine aime la vie La joie, les fêtes et les rencontres Les voyages aussi On sent une énergie vitale Le goût de la vie De celle de la jeune fille qu’elle était durant l’occupation De sa culture du plaisir Malgré les évènements Alors la guerre elle l’a vu Pas a Perros Mais de l’autre côté Sur l’Aber Wrac’h Comme on assiste à des scènes de spectacle Sous ses yeux d’enfants elle a vu et entendu la guerre Le spectacle s’ouvre et se referme Comme le rideau d’un théâtre Albertine elle en a des souvenirs Elle les délivre à une vitesse incroyable Sans crier gare Passe d’une période à l’autre Faut s’accrocher Parfois les dates se mélangent Les histoires aussi À la fin, on est un peu épuisé Mais Christine est aux anges Albertine lui rappelle des souvenirs de famille Elle est aussi admirative de son caractère Celui des femmes de la côte On dit que le vent y est pour quelque chose... Mais la vie sans hommes car les goémoniers sont aux îles y est aussi pour quelque chose Tel un puzzle Il nous faudra du temps Pour ordonner ses souvenirs Pour faire de son récit une vie bien iodée Un récit plein de sel…" Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente » Équipe municipale, coordinatrice du projet Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom __ Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec Graphisme : Stéphanie Plateau Musique : Alexandre Varlet Coordination, communication : Géraldine Genin
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    19 min
  • J'ai vu un homme pleurer
    Mar 13 2024

    « On s’est dit, et bien, tous les allemands ne sont pas méchants. On s’est dit ça »

    Pour ce septième témoignage de ‘Nos chemins de Liberté’, Pierre Le Ven partage avec détails les souvenirs de son enfance passée à Keridaouen. À travers eux, on discerne son attention au monde, à ce qui s'est passé pendant la guerre et à ceux qui s'en sont allés.

    Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

    Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien.

    Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié.

    Citation

    « Pierre il a un sacré portefeuille
    Bien épais
    Ce ne sont pas des liasses
    Ou alors des billets d’où
    D’ici et d’ailleurs aussi

    Car dedans il transporte des photos
    Par dizaines
    De tous les Le Ven
    De toutes les générations et périodes du clan
    De Kerazan, de Carentec, des îles, de Lilia mais pas du Bourg
    Faut que ce soit tout proche de la mer et des marées

    Alors, quand il commence à parler le Pierrot,
    faut s’accrocher
    Pas se perdre
    Y’a tellement de branches dans la famille
    qu’on a le tournis des dates et des lieux

    Faut surtout pas le couper
    Il risquerait de se bloquer
    Mais une fois qu’il a déposé leur noms et histoires,
    faut toujours respecter les ancêtres et les origines,
    alors Pierrot, avec son regard plein de malice,
    commence son histoire

    Celle des goémoniers de Kerazan et de l’ile d’Erc'h
    Et là il nous embarque

    Pierrot c’est un peu comme le Petit Nicolas
    Les histoires racontées sont imagées
    Ce sont celles des enfants de Lilia
    qui, lorsque la guerre est finie,
    continuent de se faire la guerre

    Les anecdotes sont si inspirantes
    que la guerre est au bout de nos yeux
    On la voit, on la sent et on la respecte

    Dans son regard d’enfant
    nos vies d’adultes s’éclairent autrement

    Les enfants aussi savent raconter les guerres
    Les enfants aussi savent parler aux adultes
    Pierrot enseigne sans nous faire saigner

    Pierrot a vu un homme pleurer
    Pierrot sait nous faire pleurer
    De rires et d’émotions

    Pierrot aurait rêvé de voguer sur les mers
    De naviguer sur les océans
    La vie en a décidé autrement
    Il a dû opter pour chauffeur de car
    Une autre manière de voyager

    On aurait aimé,
    comme bien d’autres,
    être transporté dans son car Riou
    Pour écouter des histoires
    Pour rigoler avec ses anecdotes
    Pour vivre ensemble
    Le temps d’un voyage"

    Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

    Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

    • Équipe municipale, coordinatrice du projet

    Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

    • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

    Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

    pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou

    et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

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    • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

    Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

    Graphisme : Stéphanie Plateau

    Musique : Alexandre Varlet

    Coordination, communication : Géraldine Genin

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    40 min
  • J'ai toujours ça dans la tête
    Mar 21 2024

    Marie-Thérèse Cariou a grandi avec une peur tenace des Allemands, héritée de ses parents. Bien après la guerre, ses enfants feront l’expérience du jumelage de la commune avec Edingen-Neckarhausen. Pour ce huitième épisode de ‘Nos chemins de liberté’, elle raconte, avec sa fille Odile, le cheminement de sa famille.

    Nos chemins de Liberté est un documentaire porté par la Mairie de Plouguerneau (Finistère) et sa médiathèque, pour révéler les récits de vie de ses plus anciens habitants : celles et ceux qui ont vécu la seconde guerre mondiale, la libération puis la construction d'un jumelage avec une ville allemande.

    Chaque témoignage, collecté par un collectif d'habitants, fait ensuite l’objet d’un podcast, ainsi que d’un portrait photographique, réalisé dans un lieu emblématique de la commune, évoqué en entretien.

    Tous les samedis, de février à juin 2024, un nouveau récit est dévoilé dans un épisode dédié.

    Citation

    « Quand on rentre dans sa salle à manger
    Là où Marie-Thérèse nous a installé
    C’est son regard qui retient l’attention
    Il est lumineux
    D’un bleu buriné par le temps
    Délavé par les pluies d’ici

    Marie-Thérèse est maintenant dans une grande maison
    Entre le Bourg et Saint-Michel
    Avant, avec ses parents, elle habitait une ferme
    À côté de Lesmel

    Là-bas, au quartier
    elle en a vu des choses
    Faut dire qu’elle dominait l’Aber Wrach
    Alors au loin elle a vu Brest
    La nuit surtout
    Le feu, les éclairs
    Et pour un enfant, ces souvenirs sont indélébiles

    Quand elle parle de ses souvenirs de guerre
    On sent les émotions
    Comme si la guerre avait eu lieu hier

    Le jour de la photo
    Avec sa file Odile
    Elles ont voulu revenir à la ferme d'antan
    Quand elles prennent la pause
    Les corps marquent un temps d’arrêt
    Et les regards en disent long

    Quand elle regarde vers l’horizon
    On ressent l’angoisse de Marie-Thérèse
    Et Odile est aussi embarquée dans les tourments de sa maman
    Le ciel est comme une menace

    Elles voient et revoient Brest en feu
    Au loin

    On a le sentiment d’y être à nouveau
    Elles regardent en l'air
    Et si les avions revenaient…
    Et Marie-Thérèse a à nouveau peur

    Elle a toujours ça dans la tête
    Ça ne part pas
    Malgré les années"

    Thomas Troadec, sociologue et réalisateur, agence Catalpa

    Nos chemins de Liberté : un projet porté par la Mairie de Plouguerneau avec sa médiathèque « Les trésors de Tolente »

    • Équipe municipale, coordinatrice du projet

    Yannig Robin, maire de Plouguerneau, Frédéric Moritz, chargé des archives de la mairie et Christine Legal, chef de service Lecture publique, responsable de la médiathèque et du projet Nos chemins de Liberté

    • Équipe bénévole en charge des entretiens avec les habitants

    Christine Legal, Yannig Robin, Christophe Jacq, Léane Kervella, Cannelle Duniau et Emile Verdier

    pour les entretiens en langue bretonne : Yannig Robin et Soazig Daniellou

    et pour assister dans les photographies : Nastasja Terrom

    __

    • Conception et réalisation : agence Catalpa - création documentaire et communication

    Réalisation, entretiens, podcasts, photographies : Thomas Troadec

    Graphisme : Stéphanie Plateau

    Musique : Alexandre Varlet

    Coordination, communication : Géraldine Genin

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    28 min