Le samedi 14 février, deux porte-hélicoptères de la Marine nationale ont réalisé un débarquement amphibie de grande ampleur dans la baie de Quiberon. Après une dizaine de jours de mer, 500 militaires ont foulé le sable des plages bretonnes. L’exercice militaire « Orion 26 » a basculé dans sa phase terrestre. Premier retour d'expérience dans le port de Saint-Nazaire.
De notre envoyé spécial à Saint-Nazaire,
Coup de tonnerre sur les docks de Saint-Nazaire. Après avoir débarqué sur les plages voisines, les troupes de marine se sont emparées du port et de son aéroport. Une solide tête de pont qui permet au porte-hélicoptères amphibie Tonnerre d'y relâcher à bord.
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Premier retour d'expérience à chaud avec le commandant Olivier : « On est parti de Toulon il y a environ une dizaine de jours, mais on est parti en force éclatée et on a réussi à regrouper cette force en un temps très rapide et la rendre, ce qu'on appelle "full opérationnel capable" en un temps assez record. Et ce qui est remarquable sur cet exercice, c'est qu'on a réussi à débarquer sans driller la manœuvre. D'emblée, on a réussi à débarquer et à relancer la manœuvre au sol sans avoir à répéter cette manœuvre ».
Réussir ce jour le plus long Pour réussir ce jour le plus long, il a fallu ruser et faire avec les éléments, sourit François-Régis Jaminet, patron de la brigade d'infanterie de marine, dont les marsouins ont débarqué sur les plages bretonnes : « Nous sommes passés entre les tempêtes Nils et Pedro, qui, on le sait, ont touché nos concitoyens, mais qui ont aussi impacté la manœuvre et nous ont contraints à replanifier un certain nombre d'options que nous avions étudiées à froid. Le plan a été changé à plusieurs reprises pour tenir compte à la fois des conditions d'exercice pour intervenir sur l'ennemi au bon moment, tout en tenant compte des conditions météo, de l'état de la mer, de l'accès aux plages, des marées ».
En 10 heures, 500 hommes et 200 véhicules de combat sont ainsi passés de la mer à la terre. Une opération amphibie, c'est une prise de risque majeure, dit le commandant Olivier. Tout repose sur de solides renseignements et les drones ont fait la différence. « Ce qu'on a constaté, c'est qu'on a un croisement des renseignements qui soit de niveau tactique par nos drones. Les drones que nous-mêmes mettons en œuvre au niveau tactique, qui viennent confirmer un renseignement spatial qui est coordonné par le niveau stratégique, qui nous permettent de confirmer et de croiser les informations et donc de favoriser un Go en termes de drones. On voit une expansion assez importante du volume de drones mis en œuvre à la fois par les forces terrestres, mais aussi en mer, avec des drones qui agissent sous la mer et qui nous permettent d'avoir une image la plus complète de l'espace de bataille et qui facilite la prise de décision de la part du commandant ».
Les armées européennes savent débarquer « Le défi de ce type d'exercice, c'est de faire converger l'ensemble des effets que les armées françaises peuvent produire les effets aériens, les effets maritimes, les effets cyber, les effets dans le domaine de l'influence, analyse le général Jaminet. L'amphibie est une opération complexe nativement interarmées, et donc l'exercice Orion nous permet à la fois de le pratiquer et d'en tirer du retour d'expérience, mais également de montrer que nous sommes capables de le faire. La France a un avantage comparatif en Europe en matière d'amphibie. Néanmoins, elle n'est pas seule ».
Sept nations et plusieurs navires italiens ont participé à la manœuvre. Véritable signalement, les armées européennes ont prouvé qu'elles savaient débarquer.
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