Le Réseau Casus Belli inaugure son premier épisode de fond avec une discussion consacrée à la genèse et aux ambiguïtés du « consensus nucléaire français ».
Enregistré à l’occasion de la conférence inaugurale du Réseau Casus Belli, organisée le 4 décembre 2025 à l’École militaire, cet épisode revient sur les débats politiques, doctrinaux et stratégiques qui ont accompagné la construction de la dissuasion nucléaire française durant la Guerre froide.
Aux côtés de Noam C. Drif, vice-président du Réseau Casus Belli, l’historien Yannick Pincé, maître de conférences à l’Université Sorbonne Nouvelle et chercheur associé au CIENS (ENS-PSL), analyse la lente formation d’un consensus nucléaire, de lla geste gaullienne jusqu’au « gaullo-mitterrandisme » des années 1980–1990.
Loin d’une adhésion immédiate, ce consensus, qui mérite d’être nuancé, apparaît comme le produit d’un long processus de conversion politique, marqué par des clivages partisans persistants, des débats sur la relation à l’OTAN, la souveraineté nationale et la place singulière de la France au sein du bloc occidental.
En éclairant les origines de ce consensus, cet épisode permet également de mieux comprendre les dilemmes stratégiques contemporains, à l’heure où les questions de souveraineté, de dissuasion et de sécurité européenne retrouvent une centralité accrue dans les rapports de force internationaux.