Épisodes

  • Les Choses humaines - de Karine Tuil
    Jan 15 2026

    ⚠️ Avertissement sur le contenu : Pour rester fidèle au roman de Karine Tuil, cet épisode expose des mécanismes de défense et des arguments juridiques crus concernant les violences sexuelles. Le traitement clinique et sans concession de ces sujets peut être difficile à entendre. Nous préférons vous en avertir avant de lancer l'épisode.

    "On était souvent déçu par la vie, par soi, par les autres... C’était le cours invariable des choses humaines."

    C'est par la fin du roman que Loubna Serraj choisit d'ouvrir ce nouvel épisode d'En Roue Livres. Aujourd'hui, nous nous attaquons à un livre qui laisse perplexe, voire profondément mal à l'aise : "Les Choses humaines" de Karine Tuil (Gallimard).

    Une famille, deux réalités

    Karine Tuil pose son cadre comme une photographe ajusterait sa mise au point. D'un côté, le clan Farel : puissance, intellect, réussite. Jean, le journaliste indéboulonnable qui veut "tout contrôler", et Claire, l'essayiste féministe. De l'autre, la chute. Leur fils prodige, Alexandre, est accusé de viol par Mila. Une accusation qui transforme la vie parfaite en un champ de ruines judiciaire.

    Un récit clinique, sans empathie

    Dans cet épisode, Loubna Serraj analyse le style chirurgical de l'autrice. Karine Tuil refuse de rendre ses personnages sympathiques. Jean est arrogant, Alexandre froid, et même la victime peut sembler ambivalente. Ce choix narratif fort nous force à regarder la réalité en face : la culture du viol, le consentement, et cette fameuse "zone grise" invoquée par la défense. Peut-on détruire la vie d'un jeune homme brillant pour "20 minutes d'action", comme l'ose dire le père ?

    De l'affaire Stanford à l'écran

    Inspiré du scandale réel de l'université de Stanford en 2015, le roman interroge notre propre justice. Loubna revient également sur l'adaptation cinématographique d'Yvan Attal (2021). Le film réussit-il là où le livre nous bouscule ? Si le long-métrage "humanise" peut-être trop les personnages là où le livre restait froid, il offre une plaidoirie finale qui ne laisse personne indifférent.

    Un épisode passionnant pour comprendre comment la machine médiatico-judiciaire peut broyer les certitudes.

    Afficher plus Afficher moins
    16 min
  • Trans Radio (Live @ Festival Amwaj) : Avec Mehdi Ahoudig, Amine Naouni, Amina et Soufiane Hennani
    Jan 15 2026

    C'était un après-midi de décembre vibrant dans les jardins de l'Institut Français de Casablanca. Le micro était ouvert, le public présent, et l'équipe s'est réunie autour d'un préfixe lourd de sens : TRANS. Transmission, transgression, transition, identité...

    Revivez l'émission "Trans Radio" enregistrée en public lors de la 2e édition du Festival Amwaj. Un festival dédié à la création sonore et porté par l'Institut Français du Maroc, le studio Les Bonnes Ondes et avec la complicité de Longueur d'Ondes.

    Une émission, mille transformations

    Sous la houlette d'Ibtihal (médecin le jour, stand-uppeuse la nuit), entourée de sa bande (Yasmine, Safa, Karim et Selma), cette émission explore ce qui se passe, ce qui se tait et ce qui se transforme entre les générations.

    Au programme de cette heure de radio libre :

    1. L'intime et l'archive avec Mehdi Ahoudig Le grand documentariste sonore (Prix Europa) nous plonge dans une enquête personnelle bouleversante. Mehdi Ahoudig partage une correspondance intime datant de 1959 entre ses parents, interrogeant les silences de l'histoire familiale et la figure du père immigré. Le sujet : Comment la radio permet-elle de "découper le réel" pour raconter ce qui a été tu ?

    2. Trans-omission : La chronique de Yasmine Qu'est-ce que nos mères nous ont transmis... et qu'ont-elles omis de nous dire ? Yasmine signe une chronique percutante sur les stratégies de survie féminines et la nécessité de briser le silence pour armer les futures générations.

    3. La métamorphose et l'Aïta avec Amine Nawny : Membre de la célèbre troupe Kabareh Cheikhats, Amine Nawny nous parle de l'art de la transformation. Il ne s'agit pas de travestissement, mais d'incarnation. Il raconte comment le patrimoine de l'Aïta véhicule l'histoire sociale du Maroc et comment monter sur scène permet de toucher à une vérité universelle.

    4. Musicalité et mémoire avec Amina La chanteuse et compositrice Amina nous offre un moment de grâce avec son titre "À mon père". Une discussion émouvante sur la musique comme vecteur d'amour et de mémoire.

    5. Masculinités et féminisme avec Soufiane Hennani Le créateur du podcast Machi Rojola vient déconstruire les mythes de la virilité. Soufiane explique le féminisme aux hommes et parle de cette "transmission du silence" qu'il faut absolument briser pour permettre l'expression des émotions.

    6. Amour et Chaos : La lettre de Selma à Casablanca Selma clôture ce voyage avec une déclaration d'amour schizophrénique à Casablanca, cette ville "du vacarme incessant", ville monstre et ville mère qui nourrit ses artistes.

    Afficher plus Afficher moins
    1 h et 25 min
  • Le mariage coutumier fabrique des enfants sans papiers - Kenza Sefrioui
    Dec 31 2025

    Comment une société peut-elle invisibiliser la moitié de sa population, que ce soit dans les musées ou dans les champs ?

    Dans cet épisode, Chama Tahiri reçoit l'éditrice et journaliste Kenza Sefrioui (En Toutes Lettres). Au-delà de la critique littéraire, Kenza porte un regard acéré sur les "angles morts" de notre société.

    Elles abordent ensemble :

    • La violence économique faite aux femmes (l'enquête Travailleuses invisibles).
    • Le drame juridique du mariage coutumier qui crée des enfants apatrides dans leur propre pays.
    • Le "Boys Club" culturel : pourquoi les femmes artistes sont-elles encore minoritaires dans les collections et les catalogues ?
    • L'émergence d'une nouvelle génération de journalistes avec le programme Open Chabab.

    Un entretien nécessaire pour comprendre que l'égalité se joue autant dans les mots que dans les lois.

    À propos de l'invitée : Kenza Sefrioui est journaliste culturelle et éditrice. Elle dirige la maison d'édition En Toutes Lettres, spécialisée dans les essais journalistiques (collection Enquêtes). Elle est aussi l'autrice d'un ouvrage de référence sur la revue Souffles.

    Crédits

    • Idée originale et animation : Chama Tahiri
    • Invitée : Kenza Sefrioui
    • Production exécutive : Les Bonnes Ondes
    • Partenaire : Avec le soutien de l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement).
    Afficher plus Afficher moins
    36 min
  • Le Banquier anarchiste – de Fernando Pessoa
    Dec 29 2025

    Un banquier peut-il être un anarchiste ? Mieux : le banquier n'est-il pas le seul véritable anarchiste ?

    Pour ce troisième épisode de la saison 2, Loubna Serraj s'attaque à un monument de l'ironie et du paradoxe : "Le Banquier anarchiste" de Fernando Pessoa (publié initialement en 1922).

    Au programme de cet épisode :

    • Un brûlot jubilatoire : Découvrez cette "longue nouvelle" où Pessoa met en scène un dialogue cinglant entre un banquier richissime et un narrateur incrédule. Avec une mauvaise foi réjouissante, le banquier démontre par A + B que pour se libérer des "fictions sociales" et de l'argent... il faut en gagner le plus possible !
    • La logique de l'absurde : Loubna décortique les sophismes et la rhétorique implacable du personnage. Une critique acerbe de la bourgeoisie, des hypocrisies collectives et de l'hyper-narcissisme, qui résonne étrangement avec notre époque, plus de 100 ans après sa publication.
    • L'homme derrière les masques : Une plongée dans l'univers de Fernando Pessoa, ce génie "intranquille" aux multiples hétéronymes, mort méconnu et devenu une légende posthume.

    Un épisode qui vous fera tourner la tête et, peut-être, revoir votre conception de la liberté (et de la banque !).

    🎧 Écoutez l'épisode

    • Production : Studio Les Bonnes Ondes
    • Ecriture : Loubna Serraj

    Disponibilité : Sur notre site lesbonnesondes.ma et sur toutes les plateformes de streaming (Spotify, Apple Podcasts, etc.).

    Afficher plus Afficher moins
    9 min
  • L'inégalité de classe est plus violente que le genre - Rim Affaya
    Dec 29 2025

    "L'amour n'est distribué aujourd'hui qu'au prix d'efforts, et ces efforts-là ne sont justement pas égalitairement distribués."

    C'est sur ce constat lucide que s'ouvre le tout premier épisode de Questions d'Égalité, notre nouveau format de podcast soutenu par l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement). Pour cette première, Chama Tahiri reçoit l'anthropologue Rim Affaya.

    Au-delà du binaire

    Loin des comparaisons simplistes qui opposeraient un Occident "libre" à un monde arabe "traditionnel", cet échange plonge dans la complexité des structures sociales. Rim Affaya, chercheuse post-doctorale (Aix-Marseille Université / Centre Norbert Elias) et autrice de la thèse primée "Caftans, camionnettes et banquettes", nous invite à déplacer le regard.

    Au fil de la discussion, une question centrale émerge : et si, au Maroc comme ailleurs, la violence de classe était parfois plus déterminante que la violence de genre ?

    L'économie invisible du "Care"

    L'entretien explore en profondeur la notion de "travail de l'amour". Soigner les aînés, éduquer les enfants, maintenir le lien social : ces tâches, essentielles à la survie de notre société, reposent encore massivement sur les épaules des femmes. Rim Affaya décortique cette économie invisible, souvent sous-traitée à d'autres femmes plus précaires, créant une chaîne d'inégalités en cascade.

    Dans cet épisode, nous explorons :

    • Les circulations transnationales : Comment les objets et les rituels (mariages, fêtes) circulent entre la diaspora et le Maroc pour recréer du lien.
    • La charge mentale et émotionnelle : La réalité matérielle de l'amour et de l'investissement familial.
    • L'intersectionnalité : Comment articuler lutte des classes et lutte des genres dans le contexte marocain contemporain.

    À propos de l'invitée

    Rim Affaya est docteure en anthropologie. Elle a reçu le Prix de la meilleure thèse francophone sur le Maghreb pour ses travaux innovants sur la mise en commerce de la culture marocaine en diaspora et l'économie du mariage.

    Crédits

    • Idée originale et animation : Chama Tahiri
    • Invitée : Rim Affaya
    • Production exécutive : Les Bonnes Ondes
    • Partenaire : Avec le soutien de l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement).
    Afficher plus Afficher moins
    48 min
  • 10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange – de Elif Shafak
    Dec 11 2025

    Que se passe-t-il une fois que le cœur cesse de battre ? Selon certaines études, l'activité cérébrale peut se prolonger encore quelques instants. Pour Tequila Leila, prostituée assassinée dans une rue d'Istanbul, ce répit durera précisément 10 minutes et 38 secondes.

    Dans ce deuxième épisode de la saison 2, Loubna Serraj vous emmène dans les méandres de la mémoire et des ruelles stambouliotes avec le roman bouleversant d'Elif Shafak (Éditions Flammarion, 2020, traduit par Dominique Goy-Blanquet).

    Au programme de cet épisode :

    Une Istanbul loin des cartes postales : Oubliez la ville touristique. Ici, c'est l'Istanbul des laissés-pour-compte, des contradictions, et de la lutte pour la survie que l'autrice dépeint avec force.

    La "Famille d'eau" contre la "Famille de sang" : Alors que l'esprit de Leila rembobine le film de sa vie, de son enfance à Van jusqu'aux bordels d'Istanbul, elle nous présente sa véritable famille. Non pas celle imposée par la naissance, mais celle choisie : ses cinq amis marginaux, "Les Cinq", qui refuseront de la laisser finir dans le sinistre "Cimetière des Abandonnés".

    Un roman politique et sensuel : À travers le destin de Leila, Elif Shafak redonne une voix et une dignité aux invisibles, aux indésirables et à ceux qui refusent les assignations identitaires.

    Un épisode qui célèbre l'amitié indéfectible et la liberté, même par-delà la mort.

    🎧 Écoutez l'épisode

    • Production : Studio Les Bonnes Ondes
    • Ecriture : Loubna Serraj

    Disponibilité : Sur notre site lesbonnesondes.ma et sur toutes les plateformes de streaming (Spotify, Apple Podcasts, etc.).

    Afficher plus Afficher moins
    15 min
  • Le caprice de vivre, de Jadd Hilal
    Nov 27 2025

    C'est le grand retour d'En Roue Livres pour une deuxième saison ! Pour cet épisode inaugural produit en collaboration avec le Studio Les Bonnes Ondes, Loubna Serraj s'empare d'un roman qui interroge l'identité, l'exil, et le dilemme de l'écrivain : "Le Caprice de vivre" de l'écrivain franco-libano-palestinien Jadd Hilal (Éditions Elyzad, 2023).

    De quoi parle ce livre ?

    Nous sommes plongés dans la vie de trois amis trentenaires en colocation à Paris :

    • Houmam : le narrateur, écrivain palestinien exilé, dont le succès littéraire est "pour le moins discret". Il est tiraillé entre son désir d'universalisme littéraire et la crainte des stéréotypes qui pèsent sur l'identité arabe.
    • Warda : grande reporter franco-libanaise, la "Rose des sables", la troisième colocataire et objet de l'amour silencieux de Houmam. Son retour d'Irak est le catalyseur d'une crise, lorsqu'elle annonce vouloir enquêter sur l'implication de son grand-père dans le massacre du Farhoud en 1941 à Bagdad.
    • Souleymane : l'ami libanais, ostéopathe et adepte du moindre effort, passionné par la cause animale (y compris le sort des chameaux au Qatar !).

    L'enquête radicale de Warda et l'indignation de Souleymane bousculent Houmam, qui se retrouve face à un choix : faut-il révéler des atrocités et risquer la stigmatisation, ou se taire pour éviter de conforter les clichés occidentaux de "l'arabus sauvagus" ?

    Un roman en quasi huis clos, où la tension des quêtes existentielles, des amours compliqués, et des portes qui claquent, s'anime sous la plume acide et percutante de Jadd Hilal. Loubna Serraj vous embarque dans les réflexions de Houmam sur l'appartenance, l'Histoire, et la possibilité d'une littérature sans frontières.

    Retrouvez En Roue Livres

    • Loubna Serraj vous partage ses coups de cœur littéraires, sans cloisonnement ni étiquettes.
    • Ce podcast est une production du Studio Les Bonnes Ondes.
    • Écoutez-nous sur notre site lesbonnesondes.ma et sur toutes les plateformes de streaming : Spotify, Apple Podcasts, et plus encore.
    Afficher plus Afficher moins
    13 min
  • Le renouveau des églises au Maroc
    Oct 2 2025

    Christianisme et Migration : Comment les flux subsahariens transforment le paysage religieux marocain.

    Ce podcast est le troisième et dernier épisode de la série produite par Les Bonnes Ondes en collaboration avec la maison d'édition En Toutes Lettres, avec le soutien de l'Institut Français du Maroc.

    L'épisode : Le renouveau des églises au Maroc

    Le Maroc, terre d'Islam, voit un phénomène inattendu prendre de l'ampleur : la renaissance et la multiplication des églises de maison. Loin d'être un hasard, ce dynamisme est directement lié aux nouvelles vagues migratoires venues d'Afrique subsaharienne.

    Cet entretien avec Sophie Bava, socio-anthropologue à l'IRD/ LPED/AMU, décortique cette connexion. Elle explore la place essentielle de la foi sur la route migratoire et développe le concept de "théologie de la migration".

    Vous découvrirez des témoignages saisissants, comme celui de Christian Ntap, qui a fondé l'église Pierre Angulaire à Salé. Le podcast revient également sur le contexte légal et politique (Loi 02-03, campagnes de régularisation) qui a involontairement façonné ce renouveau religieux.

    Malgré la garantie de la liberté de culte par la Constitution de 2011, la pratique reste encadrée. Cet épisode montre que si la visibilité du christianisme migrant est croissante, elle est souvent confrontée à des résistances politiques et citoyennes. Une exploration passionnante d'un Maroc en pleine mutation religieuse et sociale.

    Un numéro essentiel pour comprendre les conséquences inattendues des politiques migratoires.

    Préparation, production et montage : Yasmine Mahjoubi 🥰

    Réalisation : Mehdi El Kindi 🤨

    Mixage : Hamza Nouhi 😁

    Afficher plus Afficher moins
    15 min