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Itinéraires Singuliers

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De : Studio CCIFJ
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Itinéraires Singuliers est le podcast qui met en lumière les parcours inspirants et les success stories de Français, francophones et francophiles installés au Japon. Entrepreneurs, créateurs et experts partagent leurs réussites, leurs défis et les clés de leur aventure entre deux cultures. 👉 Des histoires vraies, des conseils concrets et une plongée unique dans la vie professionnelle franco-japonaise. Écoutez celles et ceux qui ont transformé leur parcours en réussite. Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.CCI France Japon Direction Economie Management et direction Réussite personnelle
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    Épisodes
    • De la salle des marchés aux maisons de saké : le sens retrouvé de Sébastien Lemoine
      Feb 4 2026

      Quitter une carrière bien établie dans la finance internationale pour se tourner vers le saké japonais peut sembler un changement radical. Pour Sébastien Lemoine, c’est surtout l’aboutissement d’une quête : retrouver du sens.


      Après des années en salle des marchés, dans un univers exigeant où dominent parfois l’avarice et la performance, il réalise que son énergie s’érode. Le choc de la crise financière mondiale, puis celui du Tohoku en 2011, accélèrent sa réflexion.


      Le Japon, il le connaît depuis longtemps. Il y vient pour la première fois en 1986, attiré par la langue et la culture, puis y retourne régulièrement jusqu’à s’y installer pour de longues périodes. Il observe un pays qui change, vieillit, mais auquel il se sent de plus en plus lié. En marchant, en pédalant, en traversant villes et campagnes, il développe un sentiment d’évidence, celui d’être à sa place.


      C’est à partir de 2008 qu’il découvre véritablement le saké japonais, non pas générique, mais issu de maisons artisanales inscrites dans le temps long. Il y retrouve une philosophie proche de l’artisanat japonais : une quête de perfection jamais atteinte, nourrie par l’expérience, le climat, le riz et les micro-organismes. Il évoque notamment la maison Kenbishi, à Kobe, qui assemble chaque année des sakés issus d’un stock ancien afin de préserver une continuité gustative.


      Dans un contexte où la consommation de saké a fortement chuté et où de nombreuses maisons manquent de repreneurs, Sébastien choisit une autre voie : celle de la transmission. Il fonde Passerelle, une société dédiée à la mise en lien entre producteurs japonais et publics étrangers. Il enseigne notamment au Cordon Bleu et à Temple University, et partage sa connaissance à travers la pédagogie et la dégustation.


      Son regard extérieur lui permet aussi de proposer une autre approche. Là où le discours est souvent très technique, il met l’accent sur l’expérience de dégustation et les accords mets-saké, en s’appuyant sur la culture française des accords mets-vins, y compris avec la cuisine occidentale ou les fromages.


      L’histoire de Sébastien Lemoine est celle d’une transition progressive, construite sur le temps long. Une trajectoire où se rejoignent culture, technique et transmission, et qui continue, après plus de vingt-deux ans au Japon, à créer un pont entre le saké japonais et de nouveaux publics.


      Site Internet « Passerelle » : https://passerelle-s.com/
      Sébastien est aussi host du podcast « Sake on Air »


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      55 min
    • De Paris à Fukui : l’odyssée de Virginie, créatrice qui fait rimer art et mode au Japon
      Jan 7 2026

      Une artiste française choisit la province plutôt que les capitales et bâtit, avec ténacité, une marque vendue en direct aux Japonais les plus exigeants. Cet épisode d’Itinéraires Singuliers met en lumière Virginie Lefèvre, fondatrice de Viruxiny, et ce que son parcours révèle de la création au Japon.

      Née pour dessiner et peindre, formée aux beaux-arts puis à la mode, Virginie arrive au Japon il y a 25 ans pour enseigner à Esmod. Une année devait suffire. Finalement, un choc esthétique et humain l’ancre dans l’archipel. Mariage, naissance, et un détour inattendu par Fukui, préfecture discrète mais haut lieu industriel de la maille. Là où d’autres auraient vu une limite, elle saisit une opportunité. Elle ouvre sa boutique, rencontre des ateliers collaborant avec les plus grandes maisons, apprend la langue, la vente et la couture. Tout à partir de zéro.

      Sa vision est simple et engagée : porter de l’art. Chaque pièce Viruxiny raconte une histoire positive, entre amour, protection de la nature et dialogue des cultures, avec parfois un clin d’œil français. Contre la fast fashion, elle propose honnêteté créative, contact direct et temps long. Peu de web, beaucoup de terrain : pop-up stores, retours clients et ajustements immédiats. Une offre à deux niveaux : des pièces accessibles pour créer le lien et des modèles plus artistiques pour les passionnés.

      Au Japon, la politesse n’efface ni le business ni les barrières. Être femme et étrangère implique de prouver sans cesse. Virginie se met au front : elle vend elle-même, dirige la création, contrôle les coûts, parle japonais. On lui dit qu’il faudrait un staff local, elle convainc par ses résultats. Anecdote fondatrice : une mini-collection jugée trop risquée pour une créatrice non originaire de Fukui. Elle la reprend et la vend en pop-up.

      Pourquoi rester à Fukui plutôt que viser Tokyo. Parce que cette ville oblige à tout apprendre : production, distribution, relation avec les grands magasins. Elle y construit un réseau solide et une méthode. Conclusion utile à tout créateur : au Japon, les codes se respectent, mais l’audace bienveillante ouvre des portes. Relancer, se montrer fiable et tenir ses promesses.

      L’épisode démystifie aussi l’administratif : commencer en entreprise individuelle, tester sur des marchés, gérer seul tant que c’est possible puis s’entourer quand l’activité grandit. Le japonais aide, mais la rigueur compte davantage. Le client japonais exige qualité et finitions parfaites : stimulant pour qui veut progresser.

      Point culminant : Nishiginza. Dans un environnement saturé, une marque confidentielle signe le meilleur chiffre vêtements. Validation d’un modèle fondé sur l’authenticité, la vente directe et la constance. La suite se prépare : passage en Kabushiki Kaisha, développement national par les pop-up, montée en gamme plus couture puis ouverture internationale. Avec un credo inchangé : avancer sans renier sa voix.

      https://www.instagram.com/viruxiny/

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      52 min
    • De traducteur à commentateur sportif : comment Florent Dabadie a construit sa place au Japon
      Dec 3 2025

      Arrivé au Japon en 1994, Florent Dabadie ne se destinait pas au sport. Littéraire, formé aux langues orientales, il découvre un pays dont le cadre social correspond à sa sensibilité : une attention à l’autre très codifiée, une politesse pensée comme fondement du vivre ensemble. Là où beaucoup perçoivent une contrainte, il voit une structure qui rassure et stimule.

      Le tournant arrive presque par hasard. Alors jeune coordinateur éditorial chez Hachette à Tokyo, il répond à une annonce : la Japan Football Association cherche un interprète pour un sélectionneur français. Profil rare, opportunité unique. Il se retrouve propulsé au cœur du football professionnel : conférences de presse pleines à craquer, discipline du vestiaire, voyages aux quatre coins du monde. Une école accélérée de langage, mais surtout d’observation des cultures.

      Cette immersion lui fait saisir un paradoxe : à l’international, les joueurs japonais affrontent un choc culturel autant que sportif. Le football local reste protégé, presque trop. Il faut donc préparer ces athlètes à ce qui les attend au-delà du cocon national : intensité, affrontement, imprévu.

      Passé au journalisme sportif, d’abord dans le foot puis dans le tennis, Florent constate que le sport est devenu au Japon un vecteur d’ouverture. La sélection nationale concentre l’attention du public, bien plus que le championnat. Les organisations soignent l’accueil, les athlètes étrangers se sentent en confiance, les journalistes dialoguent plus facilement qu’ailleurs. Le haut niveau devient alors une vitrine du pays envers le monde.

      Reste que la vie quotidienne, elle, ne se résume pas à l’hospitalité offerte aux visiteurs. Intégrer les codes demande du temps : hiérarchie, rituels, prudence dans les relations. Il faut trouver une marge de manœuvre sans rompre l’équilibre. Florent parle d’adaptation, pas de renoncement : apprendre les règles pour savoir quand et comment s’en écarter.

      Sur les terrains comme dans les tribunes, une autre singularité persiste : l’ambiance est passionnée mais maîtrisée. Supporters engagés, mais serviables. Peu de débordements. Le spectacle se vit en famille. Un contraste notable avec l’image du football en Europe.

      Après 25 ans de métier, sa conclusion est pragmatique : la curiosité est une méthode. Elle permet d’écouter, de décoder, de faire le lien entre deux cultures qui se comprennent parfois mal, notamment dans l’humour ou l’expression directe. Elle aide aussi à rester soi-même sans s’isoler.

      Florent Dabadie n’a pas choisi le Japon pour l’exotisme, mais parce qu’il s’y sent en accord avec lui-même. En parlant de sport, il relie chaque jour deux mondes qui cherchent à mieux se comprendre.


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      53 min
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