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En Ukraine, pourquoi les attaques contre l'environnement sont des armes de guerre

En Ukraine, pourquoi les attaques contre l'environnement sont des armes de guerre

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Des forêts brûlées, des rivières polluées, des barrages détruits... Quatre ans après l'invasion russe, les impacts sur la nature ont aussi des impacts sur les populations civiles. Les populations sont en première ligne, la nature aussi. Quatre ans de guerre en Ukraine, c'est aussi quatre ans d'attaques contre l'environnement, qui ont aussi un impact sur les civils déjà victimes des bombardements directs. Première cible : les forêts. Elles sont volontairement incendiées pour y déloger les soldats qui s’y cachent. Et ces incendies sont parfois incontrôlés, l’été, en période de sécheresse – on ne peut pas faire la guerre au feu quand on a déjà du mal à faire la guerre à l’armée russe. À lire aussiUkraine: «La nature est une victime silencieuse de cette guerre» « Ces batailles détruisent les arbres, décrit François Grünewald, chercheur au groupe de réflexion URD (Urgence, réhabilitation, développement) et président du Comité d’aide médicale Ukraine. Les armées creusent des trous, font des tranchées. Il y a vraiment des impacts forts sur le couvert forestier. » Autre impact notable dans les campagnes : quand les centrales électriques sont ciblées par les bombardements russes, on coupe aussi des arbres tout simplement pour se chauffer. Des tonnes de poissons morts Mais il n’y a pas que les forêts qui sont prises pour cibles ; les rivières également, qui sont aussi, « dans certaines zones, des lieux de combats, potentiellement minés, poursuit François Grünewald. Les rivières ukrainiennes étaient déjà très polluées avant la guerre, mais il y a eu après des lâchers de produits chimiques venant de Biélorussie, qui ont tué des tonnes de poissons, échoués sur les berges. Il y a aussi toute cette pratique de la destruction des barrages. Cela fait des masses d'eau qui, d'un seul coup, arrivent à toute vitesse et arrachent tout : habitations, unités de stockage de produits chimiques... et tout cela part dans l'eau et a donc des impacts très négatifs sur les rivières. » Il y a eu notamment la destruction du barrage de la Kakhovkha, sur l'immense fleuve Dniepr qui traverse l'Ukraine. Une immense catastrophe humaine et écologique en juin 2023. Les eaux du lac ont provoqué une immense vague qui a tout détruit. Depuis, il n’y a plus de lac, et donc il n’y a plus d’eau pour l’alimentation et pour l’agriculture. « Des zones entières du sud de l'Ukraine, très dépendantes de l'eau pour l'irrigation, se sont retrouvées sans eau. Je suis repassé dans des zones, il y a quelques semaines, où les gens me disaient : “Mais en fait, depuis qu'on n'a plus d'irrigation, nos récoltes de céréales, nos récoltes de tournesol, ont diminué de trois ou quatre” », raconte François Grünewald. À la place du lac, la nature a repris ses droits : une forêt s’est mise à pousser. « Il y a en effet un retour de la biodiversité, de la forêt, des oiseaux, des insectes. Ceci dit, la forêt dans le fond du lac ne remplacera jamais l'accès à l'eau nécessaire pour les populations », nuance François Grünewald. Antibiorésistance Quatre ans de guerre ont aussi renforcé l'antibiorésistance déjà observée au temps de l'URSS. « Dans toute la période soviétique, on utilisait énormément les antibiotiques, notamment à large spectre. L'Ukraine est arrivée à la guerre avec une prévalence de multirésistances très importante. Beaucoup de blessés sur le champ de bataille arrivent avec des plaies souillées, des risques d'infection très importants, et de nouveau on utilise des antibiotiques multirésistants, ce qui continue d'aggraver le problème. Ces bactéries multirésistantes vont vraiment poser un problème de santé publique sur l'ensemble de l'Europe », témoigne le président du Comité d’aide médicale Ukraine. À lire aussiGuerre en Ukraine: Kiev réclame 43 milliards de dollars de compensation climatique à Moscou La liste est longue de toutes les conséquences de la guerre sur l'environnement. On peut aussi évoquer les bombardements ukrainiens sur les infrastructures pétrolières russes, qui produisent de la pollution, des particules fines, et des émissions de CO2. Toutes ces attaques ont un coût environnemental, qui augmente chaque année. Les dommages climatiques de la guerre en Ukraine s’élèvent désormais à plus de 57 milliards d’euros, selon le calcul effectué à partir du prix de la tonne de CO2 par Ecoaction, une organisation ukrainienne qui défend l'environnement.
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