Épisodes

  • #18 – Que peut-on faire de ce qu’on a fait de Nous ? – Blandine Rinkel, autrice et musicienne (3/3)
    May 21 2026

    -Enregistré en mai 2026-

    L’Artiste dans le monde (3/3)

    J'ai vraiment l'impression d'avoir hérité de la capacité à rompre.

    La grande découverte quand j'étais enfant et que j'ai commencé à avoir cette passion pour les livres, c'est de découvrir qu’il y a tellement de manières possibles d'être humain. Il y a tellement de manières possibles de voir le monde, il y a tellement d'histoires, il y a tellement de pays, il y a tellement de langues. C'est un vertige ! S'il y a un truc qui ne marche pas, qu'on est dans un rapport de force, en train de se faire asphyxier. Le monde est vaste, il faut quitter cette situation, il faut partir !

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    La Faille, 2025

    Vers la violence, 2022

    Le nom secret des choses, 2019

    L’abandon des prétentions, 2017

    Le sens de l’eau, 2026

    A-t-on encore le droit de changer d’avis ? 2023

    Les abus gris, 2022

    Tout tremble, 2021


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    1 h et 5 min
  • #17 – Les conflits les plus intimes qu’on éprouve, on a tout intérêt à les mettre en commun – Blandine Rinkel, autrice et musicienne (2/3)
    May 21 2026

    -Enregistré en mai 2026-

    Les coulisses de fabrication de la création (2/3)

    Je retravaille ce qui me travaille…

    Je me souviens à quel point ce rythme d'écriture, cette manière de voir le monde qu’a Nabokov dans Ada me met en mouvement, m'innerve d'électricité, d'énergie, suscite du désir. Il prend plusieurs formes et il est moteur. Quand je retrouve ce désir-là, soit par une rencontre, soit par la lecture d'un texte, une rencontre dans un texte, que soudain ce désir-là est réactivé, que presque tout mon corps est remis en branle. C'est une envie de rire, de vivre des trucs, de se mettre en mouvement. Quand ce truc-là est réactivé, ça réactive tout. Je repars ensuite dans mon carnet et c'est une torsion, une manière de voir le monde qui soudain déclenche du langage, induit la possibilité de former des phrases et que ça, pour moi, doit être premier.


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    1 h et 7 min
  • #16 – Je parle depuis un arrachement – Blandine Rinkel, autrice et musicienne (1/3)
    May 21 2026

    -Enregistré en mai 2026-

    L’Artiste à l’épreuve de la réalité (1/3)

    Je parle depuis un arrachement. J'ai l'impression que je me suis arrachée à mon premier lieu, qui était le lieu de l'enfance. Et que depuis, je suis sans cesse en rupture, mais que dans les ruptures, je trouve vraiment de la vitalité. Et après oui, je suis autrice, c'est ma raison sociale.

    Quand quelque chose est important pour soi, quand un texte compte, il faut en parler, il faut initier quelque chose, il faut faire vivre ce qui a compté pour soi.

    Je cultive ma boussole par la lecture parce que je pense quand même que lire c'est être, c'est cultiver une attention aiguë à des choses infimes qui nous traversent. C'est essayer de travailler le muscle de l'acuité vis-à-vis du monde, mais aussi vis-à-vis de soi. De se dire ça ne veut pas… Quand il y a une sorte de gêne, ça ne veut pas rien dire. Il faut questionner tous ces moments, des moments un peu gris comme ça, où on ne sait pas bien ce qu'on éprouve, mais on sent juste confusément que quelque chose ne va pas. Cette confusion, c'est bien d'essayer de l'éclaircir et peut-être parfois de la lier à des actes, à des décisions.


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    1 h
  • #15 – Comprendre et ne pas juger ! Je cherche l’humanité nue, à l’état brut – Arthur Frayer-Laleix – Reporter, Écrivain, Scénariste (3/3)
    Apr 29 2026

    -Enregistré en mars 2026-

    L’Artiste dans le monde

    Ce qui me touche dans le sujet de la prison, c'est ce rapport à la justice, à l'injustice et à l'humanité.

    La prison est un révélateur d'humanité.

    L’humain est tout de suite confronté à lui-même, à sa condition humaine.

    Les hommes se révèlent très rapidement.

    On se met à nu vite. Une humanité très très brute, très nue.

    C'est une suspension du jugement, chercher l'humanité, même chez des gens très différents, essayer de comprendre les motivations profondes des gens et les exposer comme ça.

    Ce que j'essaie de faire dans La Cellule, le roman que je viens de publier, c'est d'être minimaliste sur les motivations des gens. Je pense que les actes disent beaucoup des gens. Plutôt que de chercher toujours plus de réalisme que de naturalisme. Le naturalisme qui cherche à expliquer par le contexte les attitudes des gens, je trouve que c'est un peu dommage parfois en fiction, j'aime ce réalisme un peu brut qui nous saute à la gueule et qui montre l'humain.

    Il y a des œuvres fantastiques là-dessus : 12 hommes en colère, Le voleur de bicyclette, Les 400 coups ; des œuvres qui marquent parce que ça parle de l'homme sans jugement.

    Et l'humanité, on peut avoir de belles idées, des principes, c'est très important d'en avoir, mais il n'y a que confronté au réel…

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    La Cellule – Rivages/Noir – 2026

    Et les blancs sont partis – Fayard – 2021

    Dans la peau d’un migrant – Fayard – 2015

    J’ai vu des hommes tomber – Don Quichotte - 2012

    Dans la peau d’un maton – Fayard & J’ai Lu – 2011

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    55 min
  • #14 – Il faut avoir vécu avant d'écrire ! C’est pas un hasard si j'écris mon 1er roman à 40 ans passés – Arthur Frayer-Laleix – Reporter, Éc
    Apr 29 2026

    -Enregistré en mars 2026-

    Les coulisses de fabrication de la création

    Si la littérature américaine est quand même assez exceptionnelle, c'est qu’il y a une vraie tradition de ces auteurs qui ont bourlingué, qui ont fait mille petits boulots, qui ont été serveurs, qui ont bossé sur les chantiers, qui ont fait de l'intérim. Ils ont une expérience de la vie. Et quand cette expérience de la vie des petites gens de la galère se double de gens qui prennent des codes, qui apprennent les codes de l'écriture, ça fait des romans fantastiques et c’est quand même différent d'un auteur français qui serait agrégé de littérature et qui écrirait, parce qu'il connaît Proust sur le bout des doigts. Allez bosser en intérim avant d'écrire des romans, c'est quand même bien plus intéressant. Il y a plus de choses à raconter que de sortir de la fac. Les deux sont complémentaires, mais il faut vivre !

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    1 h et 6 min
  • #13 – Quelqu'un qui gagne sa vie grâce à l'écriture, c'est un bel accident ! – Arthur Frayer-Laleix – Reporter, Écrivain, Scénariste (1/3)
    Apr 29 2026

    -Enregistré en mars 2026-

    L’Artiste à l’épreuve de la réalité

    Comment allier l'économique et la passion ?

    Il faut trouver un point d'équilibre.

    Il ne faut plus que la question de l'argent, la façon dont on gagne sa vie pour pouvoir écrire ou peindre soit tabou !

    Un livre c’est surtout beaucoup de travail…

    Ce qui est important, c'est d'essayer d'écrire tous les jours.

    Je sais pourquoi je me lève chaque matin, c'est ce que j'essaie de transmettre à mes enfants. Il faut un moteur et se rappeler que c'est un marathon.

    Souvent, je me pose cette question : Pourquoi ai-je besoin d'argent ? Avec l'argent, j'achète du temps pour écrire, parce que mon écriture ne va pas me ramener de l'argent tout de suite.

    Pourquoi j'ai voulu devenir journaliste ? Je n'avais pas tellement envie de finir dans un bureau et j'avais plutôt envie de voyager, de rencontrer des gens. Même si dans les faits, le journalisme c'est aujourd'hui une bonne partie de bureau...

    Quand je sors de l’école de journalisme, je me façonne un profil de diplômé précaire pour passer le concours de surveillant pénitentiaire et enquêter sur la prison. Je suis jeune journaliste, il y a ce côté tête brûlée, idéaliste, qui est très important quand on débute, de ne pas voir les limites. Je n'avais pas envie d'attendre longtemps avant de me mettre à faire du terrain…

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    48 min
  • #12 – Nous sommes des êtres interdépendants, appartenir à une tribu c’est fondamental – Mai Hua, documentariste (3/3)
    Apr 21 2026

    -Enregistré en avril 2026-


    L’Artiste dans le monde

    Tout le monde a du mal à s'aimer. On a besoin des autres pour avoir un reflet un petit peu plus juste de qui on est. On grandit dans une société qui ne nous pousse pas du tout à nous aimer. Dans certaines sociétés, leur pacte social c'est de faire grandir les individus, c'est pas du tout notre pacte social.

    Être parent, ça n’est pas juste un truc biologique. C'est beaucoup de travail et c'est une manière de vivre. C'est un art de vivre !

    Les récits et les fictions, ça crée qui on est, ça crée notre expérience. Nos systèmes de valeurs et nos croyances créent qui nous sommes. Et donc moi j'ai très envie avec Mayday de montrer qu'on est autre chose et que lorsqu'on se soutient, lorsqu'on a un cercle où on est honnête, où on se dit la vérité, c'est vraiment transformatif. Et si on peut emmener ces explorations et ces trouvailles en dehors du cercle, dans un espace qui est collectif, dans son couple, dans ses amitiés, c'est incroyable !

    Si tu veux lutter contre les violences intrafamiliales, tu mets des cercles de parole à l'école et tu réduis le silence en fait.

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    1 h et 31 min
  • #11 – C’est mes films qui me réalisent, qui me font grandir, qui m’apprennent à être – Mai Hua, documentariste (2/3)
    Apr 21 2026

    -Enregistré en mars 2026-

    Les coulisses de fabrication de la création

    Il n’y a que la vraie vie qui m’intéresse ! L’art, c’est un catalyseur de cette vie.

    Je vais filmer les femmes de ma lignée et je vais comprendre ce qui se joue, c’est totalement barré mais c’est l’idée que j’avais. Le processus créatif et filmique va provoquer des situations dans la vraie vie que je suis en train de filmer. Les films que je fais ne peuvent pas s’écrire pour un dossier CNC. Mes films, je ne peux pas les scénariser.

    Je réalise que mes créations c’est mes parents, pas mes bébés !

    La route de l’inconnu dans laquelle je suis la plus forte, c’est là où je suis la plus désemparée, la plus nue, la moins en contrôle, la plus vulnérable, et donc la plus à même de trouver et de partager des choses, c’est une route qui est très difficile à trouver parce que tout dans mon corps, dans mon être, dans mon cerveau veut de la sécurité, des chemins déjà tracés, des réponses.

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    37 min