Couverture de Un Miro dans la Ville

Un Miro dans la Ville

Un Miro dans la Ville

De : Nicolas Lacourte-Barbadaux
Écouter gratuitement

Offres de saison | 0,99 € par mois pendant les 3 premiers mois

5,99 €/mois par la suite. Des conditions s’appliquent. Annulation mensuelle possible.

Un Miro dans la Ville, c'est le podcast qui vous ouvre les yeux sur le handicap visuel.

Je m'appelle Nicolas, je suis aveugle, et depuis juillet 2024 je raconte ici comment on vit, comment on travaille et comment on se débrouille quand on n'y voit pas. Un épisode tous les quinze jours, le jeudi. Plus de soixante sont déjà en ligne.

Il y a les épisodes où je suis seul au micro : les nouvelles technologies que j'utilise vraiment, les lecteurs d'écran, les applications qui tiennent leurs promesses et celles qui déçoivent, mon quotidien, mon métier de formateur, et quelques coups de gueule assumés.

Il y a les épisodes à plusieurs, avec des professionnels du handicap visuel : des rééducateurs, et des personnes qui œuvrent pour une meilleure inclusion des déficients visuels. Celles et ceux qui savent de quoi ils parlent, et qui prennent le temps d'expliquer.

Et il y a les rencontres : des personnes déficientes visuelles qui racontent leur parcours. Pas des héros, pas des exemples à suivre. Des gens qui mènent une vie ordinaire, et qui montrent qu'on n'a pas besoin de faire des choses extraordinaires dès lors qu'on porte un handicap.

Que vous soyez concerné, proche, professionnel ou simplement curieux, vous trouverez de quoi écouter.

Tous les épisodes, les articles et les ressources sont sur unmirodanslaville.fr, où l'on peut aussi fouiller par thème.

Vos questions et vos retours : nicolas@unmirodanslaville.fr

Bonne écoute, et n'hésitez pas à partager autour de vous !

Nicolas Lacourte-Barbadaux
Sciences sociales
Épisodes
  • Bonus – Handicap Zéro Santé : l'appli qui me lit enfin la date de péremption de mes médicaments
    Oct 20 2026

    Dans cet épisode bonus d'Un Miro dans la Ville, je vous présente Handicap Zéro Santé, l'application gratuite de l'association Handicap Zéro, sur iPhone et sur Android. Mais avant ça, un grand merci à Sylvie pour son don : il m'a fait très plaisir, et c'est le premier épisode que j'enregistre depuis. Au passage, un petit teasing : VoiceTag va bientôt prendre une nouvelle envergure, vous aurez des nouvelles en novembre ou en décembre.

    Handicap Zéro, c'est une association qui rend l'information accessible aux déficients visuels : les notices de médicaments en braille, en gros caractères ou en audio, des guides adaptés, un travail avec les opérateurs pour rendre les box TV accessibles (certaines restent bien pourries), et grâce à eux, j'ai même assisté à un match du XV de France au Stade de France en audiodescription. Leur appli ressemble à celle que l'AVH avait faite avec Sanofi, et qui n'est plus utilisable sur iPhone. Bonne nouvelle : la relève est là.

    Je fais la démonstration en direct. Ma boîte de Doliprane dans une main, l'iPhone dans l'autre, je présente la boîte devant l'objectif, un bip, et VoiceOver me lit tout : Doliprane 1000 mg, comprimé, expire en janvier 2027, et le numéro de lot, bien utile en cas de rappel. Deux boutons suivent : consulter la notice, ou scanner un autre médicament. Attention, le bip ne se fait pas entendre si votre iPhone est en mode silencieux.

    Je prends aussi le temps d'expliquer comment viser avec la caméra, parce que quand on est aveugle de naissance, on n'a jamais vu ce qu'elle voit. Il faut un peu de recul, entre 10 et 15 centimètres, puis faire tourner la boîte dans sa main pour trouver le côté où se trouve le QR code. Une boîte a six faces, il est forcément sur l'une d'elles.

    Je passe ensuite à la notice, qui s'ouvre sur le site handicapzero.org, et je suis un peu critique : il manque des liens dans le sommaire et des titres pour naviguer, donc on met plus de temps au lecteur d'écran pour arriver à la partie qui dit comment le prendre. Même chose dans le menu de l'appli, dont les éléments ne sont pas annoncés comme des boutons. Rien de bloquant, l'appli est toute jeune. Et si la notice n'est pas dans leur base, l'appli affiche quand même le nom, le code CIP, la date de péremption, les numéros de lot et de série, et vous propose de prévenir le laboratoire.

    Pourquoi c'est important : le braille sur les boîtes ne donne que le nom et le dosage. Pas de lot, pas de date de péremption, alors que celle-ci est imprimée en tout petit, souvent pâle, et finit par s'effacer. Et franchement, déplier une notice écrite en minuscule, c'est pénible pour tout le monde.

    Un épisode pour ceux qui trient leur armoire à pharmacie sans y voir, pour les proches de personnes âgées qui plissent les yeux devant une notice, et pour tous ceux qui se demandent si leur vieille boîte est encore bonne. Installez l'appli, partagez l'épisode, et laissez cinq étoiles au podcast s'il vous a plu.

    Handicap Zéro Santé sur l'App Store : https://apps.apple.com/fr/app/hdcz-sante/id6466822353
    Sur Google Play : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.hdcz.app
    Elle apparaît sous le nom « HdCZ Santé ».

    Pour me soutenir, comme Sylvie : la page « Me soutenir » de mon site, avec un bouton PayPal, ou écrivez-moi si vous préférez Wero.

    📩 Vos questions et retours : nicolas@unmirodanslaville.fr ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr

    Afficher plus Afficher moins
    13 min
  • Impression 3D sans y voir : on a acheté nos imprimantes en même temps, on compare tout
    Oct 15 2026

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je tiens la promesse du précédent : on parle impression 3D, et je ne suis pas seul au micro. Kevin, président de la société iEyes et créateur des applications Just See et Just Tag, a acheté son imprimante presque en même temps que moi. Ce n'est pas la première fois qu'on a la même idée sans se concerter : son Just Tag s'est d'abord appelé VoiceTag, comme mon application. Alors on compare nos imprimantes, nos ratés et nos astuces.

    Kevin pose les bases : le filament fondu couche par couche, la résine durcie aux UV, la poudre frittée au laser dans l'industrie. Les imprimantes à 2 000 euros d'il y a dix ans démarrent aujourd'hui vers 190 euros. On a tous les deux choisi une enceinte fermée : une Bambu Lab P2S et son AMS à quatre bobines pour lui, une Qidi Tech Plus 4 à enceinte chauffée pour moi, 27 kilos payés 650 euros au lieu de 800. Puis les filaments : PLA, PETG, ASA, et le TPU, souple, avec sa texture de bonbon au cola ou de scoubidou.

    Du modèle à l'objet : on le dessine en code avec OpenSCAD, on le fait générer par Claude ou on le télécharge sur MakerWorld, puis le trancheur produit le G-code, un langage né dans les années 60. Viennent le remplissage, la vitesse, et les fameux spaghettis qu'on découvre en ouvrant la porte quand l'impression a décroché. Nos records : 13 heures pour ma battle map de jeu de rôle, 26 heures pour le globe terrestre de Kevin, imprimé en trois parties, avec des tags NFC pour reconnaître les continents.

    Le déballage, c'est là que la cécité se fait sentir. Le livreur FedEx a monté mes 27 kilos au troisième sans ascenseur, et pour une fois, je n'ai pas insisté. Kevin s'est fait aider par son ami Clément, moi par Claude, manuel en main : les sangles à couper, les vis qui bloquent le plateau, et un filtre à charbon encore dans son sachet, qui aurait fondu dès la première impression.

    Et puis le vrai défi : parler à une imprimante dont l'écran tactile ne nous sert à rien. La mienne tourne sous Klipper et Moonraker, l'interface web du fabricant est inutilisable avec VoiceOver : je la pilote donc depuis mon terminal, et je confie ses journaux à Claude quand une impression plante. Kevin, avec une machine plus fermée, « côté Apple » comme il dit, la commande avec Filprint, le logiciel qu'il développe : état de l'imprimante, tranchage, orientation automatique, aide à l'impression du braille, et même une petite télécommande qui parle. Son ambition : l'ouvrir à toutes les marques, pour que « mes mauvaises expériences deviennent vos bonnes expériences ».

    Reste ce qu'on en fait : mon lettrage en relief en deux couleurs, avec le braille en ligne de mire, une tour Eiffel miniature pour enfin se représenter sa forme, le plan de New York qui annonçait à la sœur de Kevin un voyage pour ses 30 ans, des fidget toys, et mon projet de balance de cuisine parlante. On termine sur les fab labs, où les curieux ne manquent pas.

    Comme promis à l'antenne, des sites pour trouver des modèles tout prêts : MakerWorld, Printables, Thingiverse, Cults, Thangs et MyMiniFactory.

    Un épisode pour ceux qui hésitent à se lancer sans y voir, et pour les curieux qui se demandent comment un aveugle sait que son impression a raté. C'est le plus long du podcast : si vous allez jusqu'au bout, écrivez « cheval » en commentaire. Pour retrouver Kevin : ieyes.fr.

    📩 Vos questions et retours : nicolas@unmirodanslaville.fr ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr

    Afficher plus Afficher moins
    1 h et 25 min
  • France Identité : l'État a décidé que je ne savais pas taper mon propre code
    Oct 1 2026

    Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je devais vous parler de mon imprimante 3D. Ce sera pour le prochain : un ami, déficient visuel lui aussi, vient d'en acheter une, et je l'invite pour qu'on compare nos galères. À la place, je pousse un vrai coup de gueule contre France Identité, l'application de l'État qui sert à prouver son identité en ligne. Je vous préviens, je suis en colère, et ça s'entend.

    Tout part d'une démarche pour ma micro-entreprise. Pour modifier une entreprise sur le site de l'INPI, il faut prouver son identité : soit avec un certificat payant à l'année, hors de question pour une démarche gratuite, soit avec FranceConnect+, qui propose deux solutions. La première, L'Identité Numérique La Poste, je l'avais déjà essayée : je n'avais rien compris au parcours, et quand je ne comprends rien, c'est qu'il y a un vrai problème. Reste la seconde, France Identité, qui demande la nouvelle carte d'identité au format carte bancaire.

    Je vous raconte donc le renouvellement de ma carte. La pré-demande en ligne sur le site de l'ANTS refuse de valider mon formulaire tant que je n'ai pas autorisé Safari à accéder à ma position « tout le temps », allez savoir pourquoi. Ensuite, tout se passe bien à la mairie d'Orléans : une balise sonore à l'entrée, la prise d'empreintes, et une carte prête en six jours au lieu des deux à trois semaines annoncées. Seule bizarrerie : l'identité numérique certifiée n'est valable que cinq ans, quand la carte en vaut dix. Dans cinq ans, retour en mairie pour faire scanner un QR code.

    Et puis vient le code personnel à six chiffres. Le clavier mélange les chiffres, et sur chaque touche, VoiceOver annonce que la lecture vocale est désactivée pour des raisons de sécurité. Philippe l'avait dénoncé dans un édito d'Oxytude en novembre 2025, et rien n'a bougé : https://www.oxytude.org/edito-exigeons-que-lanssi-demande-la-mise-sous-tutelle-des-contribuables-aveugles-car-probablement-trop-debiles-a-ses-yeux/ Pire : la touche placée à l'emplacement du zéro sur un clavier classique ne se valide pas avec VoiceOver. Si un chiffre de votre code tombe dessus, vous êtes bon pour revenir en arrière et espérer un meilleur tirage.

    Je vous explique mon contournement : un deuxième téléphone, Be My AI pour décrire le clavier en photo, je compte les touches et je tape. Le clavier change à chaque saisie, et chaque connexion est une épreuve : QR code à l'écran de l'ordinateur, code à retaper, carte à scanner en NFC, le tout avec un délai si court que FranceConnect+ se met en erreur quand les chiffres sont éparpillés. Quant à la sécurité : j'ai le rideau d'écran, j'ai des écouteurs, et me faire aider, c'est donner mon code à une deuxième personne, donc doubler la surface d'attaque. Des banques comme La Banque Postale ou Hello bank! savent faire des claviers sécurisés et vocalisés. Pourquoi pas l'État ?

    Le fond du problème, c'est qu'aucune des deux solutions de FranceConnect+ n'est accessible, et qu'on m'empêche de gérer mon entreprise et mon identité sans aide extérieure. Je propose une vraie piste de sécurité : un secret long et aléatoire, généré et rempli par un gestionnaire de mots de passe, comme l'app Mots de passe d'Apple ou Proton Pass, que je teste en ce moment (un épisode leur sera consacré). Je parle aussi du Défenseur des droits, seul recours que j'ai trouvé en tant que simple citoyen, et d'une question qui méritera son propre épisode : pourquoi ce sont toujours des voyants qui nous expliquent comment vivre notre vie ?

    Un épisode pour ceux qui se sont déjà cassé les dents sur France Identité, pour les associations qui ont l'oreille des ministères, et pour tous ceux qui décident de notre sécurité sans nous demander notre avis. Partagez-le largement : c'est comme ça que les choses bougent.

    📩 Vos questions et retours : nicolas@unmirodanslaville.fr ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr

    Afficher plus Afficher moins
    24 min
adbl_web_anon_alc_button_suppression_t1
Aucun commentaire pour le moment