Perceuse, meuleuse, scie circulaire, tondeuse, souffleur : le bricolage et le jardinage font partie des bruits qui abîment l'audition sans prévenir. On ne sent rien sur le moment, et c'est justement le problème. Dans cet épisode, on voit pourquoi la durée d'exposition compte autant que le volume, et comment choisir entre casque et bouchons selon l'outil, le chantier et le port de lunettes. Au programme Les outils du quotidien qui dépassent le seuil de dangerPourquoi les dégâts s'additionnent d'un week-end à l'autreCasque ou bouchons : lequel pour quel outilLes erreurs fréquentes, comme bricoler avec un casque audio classiqueProtéger aussi l'entourage, enfants compris Les solutions évoquées Pour les travaux à la maison : casque anti-bruit pour le bricolageTondeuse, taille-haie, souffleur : casque anti-bruit pour le jardinageGros chantiers et outils puissants : casques anti-bruit de chantierToujours dans la poche : bouchons d'oreille en mousse Pour aller plus loin Bricolage et bruit : le guide complet, outil par outilSonomètre en ligne : mesurer le bruit de votre atelierL'échelle des décibels : situer chaque outil Un sifflement ou une sensation d'oreille bouchée après les travaux est un signal à prendre au sérieux : la prochaine fois, protégez-vous dès les premières minutes. Transcription David : Alors pour cette nouvelle analyse, on va s'attaquer à un truc... Un truc qu'on a tous vécu. On a tous en tête cette image d'épinal du samedi matin, tu sais. La porte du garage qui s'ouvre, la lumière qui éclaire l'établi un peu poussiéreux, la perceuse qu'on sort de sa boîte. Et puis, il y a cet auteur de gazon coupé aussi, l'été. Sophie : Ah bah oui, le grand classique du week-end quoi. David : Voilà. Et du coup, la journée se termine, on range les outils, on s'assoit enfin sur le canapé dans le silence du salon, et là, bam, il y a ce petit sifflement dans les oreilles. Sophie : Ouais, le fameux petit pip de fond. David : C'est ça. Et généralement, on l'ignore royalement. On se dit juste qu'on a bien travaillé, qu'on est fatigué et que ça passera avec une bonne nuit de sommeil. Sauf que ce sifflement, c'est pas juste un bruit de fantôme. Et c'est notre mission aujourd'hui de décortiquer tout ça avec nos sources. Parce que c'est littéralement le son d'une petite partie d'une tradition qui vient mourir. Sophie : Bon, dit comme ça, c'est un peu brutal, mais la réalité anatomique, elle est vraiment là. Ce sifflement post-bricolage, c'est ce qu'on appelle un nacoufen temporaire. En fait, c'est le signe direct d'un micro-traumatisme physique à l'intérieur même de l'oreille interne. David : Genre un dégâts matériel dans l'oreille. Sophie : Exactement. Dans la coquelée, on a des milliers de cellules ciliées. C'est des minuscules capteurs qui ressemblent un peu à des brins d'herbes. Et quand le son est trop fort, ces brins sont couchés. Ils sont écrasés par l'onde de choc. David : Ah d'accord, donc l'onde de la perceuse vient les aplatir. Sophie : C'est tout à fait ça. Et ce qui est hyper trompeur, c'est qu'après une nuit de sommeil, une grande partie de ces petits brins se redressent. Donc le sifflement disparaît. On a l'impression que tout va bien. David : Sauf que c'est pas le cas. Sophie : Bah non. Parce qu'à chaque fois qu'on fait ça, il y a quelques-uns de ces brins d'herbes qui finissent par casser net. Et le drame avec notre biologie, c'est que cette mécanique des traumatismes cumulatifs, elle est totalement invisible au quotidien. David : On ne se réveille pas sourd d'un coup un beau matin. Sophie : Non, on perd juste de minuscules fréquences week-end après week-end, année après année, sans jamais s'en rendre compte. David : Mais ce qui est dingue dans les documents qu'on avait plus chez aujourd'hui, c'est ce paradoxe. Quand on pense au danger du bruit, on visualise tout de suite le chantier de construction. Énorme, tu vois, le marteau piqueur, le casque de chantier jaune. Sophie : Oui, le professionnel dans la rue. Voilà. David : On a vraiment l'impression que c'est là dehors quel vrai danger. Pourtant, les chiffres montrent que le garage du bruit que l'heure du dimanche, c'est un piège absolu. Parfois même pire que le chantier professionnel. Comment c'est possible qu'un petit établi de maison soit plus destructeur qu'un chantier de BTP? Sophie : En fait, c'est vraiment une question de cadre et de physique spatiale. Sur un chantier, l'ouvrier, il est dans un environnement hyper réglementé. Dès que le bruit ambiant dépasse 80 décibels, la protection individuelle, c'est plus une option, c'est obligatoire. David : Oui, il y a le chef de chantier, la médecine du travail. Sophie : C'est ça, il y a des rappels à l'ordre. Alors qu'à la maison, personne ne vient te taper sur l'épaule pour te dire de mettre tes bouchons. Et puis, physiquement parlant, le garage, c'est le pire endroit du monde pour faire du...
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