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3 mots

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Trois mots ne suffisent pas à guérir une nation


On nous annonce un dialogue pour la paix, la cohésion et la refondation. Trois mots nobles. Presque sacrés.

Mais un mot n'a de valeur que s'il colle au réel. Sinon, ce n'est plus un mot. C'est un pansement posé sur une jambe qu'on continue d'amputer.


Paix, cohésion et refondation ?


De quelle paix parle-t-on, quand le pays saigne depuis trente ans et que les autorités négocient avec les agresseurs sans jamais dire clairement : nous reprenons chaque centimètre de notre territoire ?

De quelle cohésion parle-t-on, quand l'État suspend l'année universitaire des jeunes qui vivent dans les territoires qu'il a perdues, comme s'ils n'étaient plus tout à fait les siens ? De quelle cohésion, quand on organise des élections en effaçant des provinces entières de la carte électorale ?

De quelle refondation parle-t-on, quand la classe politique patauge dans la médiocratie pendant que le peuple s'enfonce dans la précarité ? Une refondation portée par ceux-là mêmes qui ont participé à l'abrutissement, à l'ensauvagement, à la clochardisation des populations n'est pas une refondation. C'est une reconduction.


Pour des collectifs citoyens


Ki-Zerbo le disait : le refus est une forme de dignité. Refuser les mots creux n'est pas du cynisme. C'est un acte de lucidité. Car un peuple traumatisé, humilié, déplacé pendant trente ans, ne se relève pas autour d'une table de dialogue. Il se relève par une thérapie collective. C'est la proposition de Jean-Pierre Mbelu, et il a raison.

Avant l'institution, il faut le tissu. Avant le pacte signé en haut, il faut le lien recousu en bas. Ce lien ne se décrète pas. Il se construit dans des collectifs citoyens, ancrés dans les quartiers, les villages, les diasporas, et capables de porter les doléances populaires par-delà les couleurs ethniques et partisanes qui nous divisent depuis trop longtemps.

Une nation devant faire face à une guerre d’usure et de prédation a besoin d'un sursaut citoyen, organisé, coordonné, tenace. Il y a besoin d’un grand mouvement et non d’une grande cérémonie.

Vous n'avez pas besoin d'attendre une ordonnance présidentielle pour vous tenir debout. La dignité collective se construit maintenant, dans le collectif citoyen que vous choisissez de rejoindre ou de créer.


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