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Un espoir obstiné. Jusqu'où faut-il espérer ?

Transfert 83
De : slate.fr
Lu par : slate.fr
Durée : 44 min
4.5 out of 5 stars (9 notations)

Prix : 0,00 €

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Description

Vous avez toujours rêvé de connaître les péripéties secrètes du couple de vos bruyants voisins, ce qui a transformé la personnalité de votre cousin, la raison pour laquelle votre collègue n'arrive plus à faire confiance à personne. Toutes les deux semaines, Transfert vous raconte une histoire vraie, excitante, prenante, émouvante, et en creux le monde moderne et ceux qui l'habitent. Un podcast de Slate.fr présenté par Charlotte Pudlowski.

Épisode 83 :

Depuis le collège, depuis l'époque où j'ai découvert l'Antigone d'Anouilh, le mot "espoir" me fait invariablement penser à l'expression "sale espoir". C'était une sacrée découverte, que l'espoir pouvait être épuisant, ignoble, inutile. C'est au tout début de la pièce, tragédie dans laquelle Antigone va mourir pour ses principes, et les spectateurs le savent d'emblée, puisqu'ils savent qu'ils vont voir une tragédie, et que dans une tragédie on meurt. Et le chœur déclame: "C'est propre, la tragédie. C'est reposant, c'est sûr... Dans le drame, avec ces traîtres, avec ces méchants acharnés, cette innocence persécutée, ces vengeurs, ces terre-neuve, ces lueurs d'espoir, cela devient épouvantable de mourir, comme un accident. On aurait peut-être pu se sauver, le bon jeune homme aurait peut-être pu arriver à temps avec les gendarmes. Dans la tragédie on est tranquille. D'abord, on est entre soi. On est tous innocents en somme! Ce n'est pas parce qu'il y en a un qui tue et l'autre qui est tué. C'est une question de distribution. Et puis, surtout c'est reposant, la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir ; qu'on est pris, qu'on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos, et qu'on n'a plus qu'à crier, à gueuler à pleine voix ce qu'on avait à dire, qu'on n'avait jamais dit et qu'on ne savait peut-être même pas encore. Et pour rien; pour se le dire à soi, pour l'apprendre, soi. Dans le drame, on se débat parce qu'on espère en sortir. C'est ignoble, c'est utilitaire. Là, c'est gratuit. C'est pour les rois. Et il n'y a plus rien à tenter, enfin!"

Ce texte disait que c'est épuisant d'espérer, de s'accrocher, de s'obstiner. Épuisant et parfois stérile. Alors jusqu'où faut-il espérer? C'est une histoire d'espoir et d'obstination qu'Alban raconte au micro d'Ayoub Bel-Hyad.

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Cet épisode a été mixé par Jean-Baptiste Aubonnet. La musique est de David Aknin. Maureen Wilson était à l'édition et à la coordination. Transfert est présenté par Charlotte Pudlowski et produit par Louie Média pour Slate.fr.

©2019 slate.fr (P)2019 slate.fr

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Notations

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