MEMBRE

Jean-Noel et Aline

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  • critiques
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  • notes

Un contre la montre captivant.

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3 out of 5 stars
Interprétation
3 out of 5 stars
Histoire
3 out of 5 stars

Rédigé le : 19/01/2020

Je compte Stephane Chamak parmi les membres de mon petit réseau littéraire et j’avais très envie de découvrir ses écrits… Je commence par cette nouvelle, Jeu de piste, en livre audio.

Un vieux militaire, ancien colonel des services spéciaux, vit plutôt mal d’être à la retraite. Par un étrange concours de circonstances, il se trouve contraint d’élucider un mystère en temps limité : les acquéreurs de sa maison ne vont pas tarder à prendre possession des lieux quand il découvre un étrange message, mystérieux et menaçant…
Immédiatement, le personnage principal envahit et pollue mon espace ; c’est une grande gueule qui a tous les défauts de son ancienne profession… Il est violent, raciste, misogyne, misanthrope, grossier, outrancier… et j’en passe.
L’intérêt de cette nouvelle réside essentiellement dans le contre la montre mis en place dans le récit qui correspond à peu de chose près au temps que dure son audio lecture ; c’est donc doublement captivant. Le stratagème fonctionne parfaitement, d’autant plus que le dénouement surprend, car s’il était annoncé, je ne l’avais pas imaginé tout à fait ainsi et cela fait un peu froid dans le dos quand même.
J’ai apprécié l’écheveau narratif, la montée en puissance, l’imbrication des différents paramètres et cela m’a donné envie de lire d’autres écrits de Stéphane Chamak…

Là où j’ai eu davantage de mal et c’est un peu de ma faute car je pensais avoir affaire à un livre audio alors qu’il était bien indiqué que c’est une « performance », c’est sur la mise en scène proprement dite de cette nouvelle. J’apprécie personnellement qu’un livre audio soit lu et pas sur-joué… Donc, ici, je me suis un peu sentie agressée par tant de bruits et de fureur même si je salue le talent des interprètes : Marc Alfos, David Krüger, Max Joseph et Marc Bretonnière. Une telle performance m’empêche de m’approprier pleinement un texte…

Une nouvelle à écouter, donc, comme un feuilleton radiophonique, ou un film en audio description, en aucun cas une lecture audio…

https://www.facebook.com/piratedespal/

Une déception...

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2 out of 5 stars
Interprétation
3 out of 5 stars
Histoire
2 out of 5 stars

Rédigé le : 14/01/2020

Je viens de terminer La Serpe de Philippe Jaenada, un livre dont, naturellement, j’avais beaucoup entendu parler avec enthousiasme dans les divers groupes de lecteurs que je fréquente où encore sur les réseaux sociaux où je sévis…
Philippe Jaenada s’est penché sur une sordide affaire de meurtre datant des années 1940, élucidée et jugée en son temps et sur l’histoire familiale du protagoniste principal, accusé et finalement acquitté, mais que l’aura sulfureuse de ces évènements poursuivra toute sa vie et même au-delà. Il s’agit donc d’une histoire vraie, celle d’Henri Girard, alias le célèbre écrivain Georges Arnaud, et de ses proches.

Au début, j’ai adhéré au pacte de lecture, appréciant la manière dont l’auteur se mettait en scène dans son récit et son travail minutieux d’enquêteur. J’ai relevé l’humour, les clins d’yeux et l’univers référentiel (ah ! Le Club des cinq…) et puis, progressivement, j’ai lâché l’affaire, me suis ennuyée, perdant le fil, noyée sous un flot continu de détails, ne parvenant à m’attacher à aucun personnage.
De plus, le narrateur lui-même me devenait insupportable, trop présent, ramenant tout à sa personne, souvent prétentieux, excessif là où j’aurais préféré un peu plus de distance ou de second degré.
J’avais choisi la version audio du livre, lue par Hervé Carrasco… Habituellement, avec les livres audio, si je suis dérangée ou si je m’endors en écoutant, je retourne en arrière pour revenir sur les passages que j’ai manqués ; il peut aussi m’arriver de réécouter des épisodes importants ou particulièrement complexes… Ici, ce fut tout le contraire : ce livre était comme un fond sonore et peu m’importe ce que j’ai pu manquer. J’avais l’impression, et cela vient sans doute du format du livre, d’écouter ou de visionner l’une de ses émissions de radio ou de télévision qui reviennent sur des faits criminels élucidés ou non, genre d’émissions qui m’horripilent au plus au point à cause d’un contexte que je juge voyeur ou trop à sensations…

Je salue cependant le travail de recherche et d’enquête et la peinture d’une époque sur fond d’occupation allemande et suis touchée par la démarche de l’auteur qui a un mot gentil, dans ses remerciements, pour les lectrices et les lecteurs qui sont allés jusqu’au bout de ce pensum…
Mais, force est de constater de d’avouer que je suis à contre-courant des nombreuses critiques élogieuses que j’ai pu lire ici et là. Mon intérêt pour les fresques familiales s’est heurté ici à une manière de traiter le sujet dénuée d’humanité, soporifique et ennuyeuse.

https://www.facebook.com/piratedespal/

Mgistral i

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5 out of 5 stars
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5 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 14/12/2019

J’ai découvert Virginie Despentes avec la trilogie Vernon Subutex dont je suis déjà à la deuxième lecture tellement j’ai apprécié cet univers, peinture des mœurs de notre époque, véritable « Comédie humaine » moderne.
Avec Apocalypse Bébé, je retrouve avec infiniment de plaisir une marque, une écriture qui allie qualité et réalisme, poésie et truculence, un style qui m’embarque immédiatement.

Une intrigue très simple, point de départ et fil rouge : une adolescente a fugué et un binôme d’enquêtrices privées part sur sa piste. Ce livre est un road-movie entre Paris et Barcelone, mené tambour battant par un duo improbable, deux femmes que tout oppose, aux trousses d’une enfant perdue. Valentine est une adolescente mal dans sa vie et dans sa peau qui accumule les prises de risques ; Lucie est une jeune détective privée, hétéro, qui fait son travail consciencieusement et mène sa vie du mieux qu’elle peut… Déjà, dans Vernon Subutex, le personnage de « la hyène » m’avait fascinée : quel bonheur de la revoir ici avec ses excès, sa libido, ses postures lesbiennes et féministes… !
Le développement de l’intrigue est prétexte à d’innombrables digressions et polyphonie de points de vue. Seule Lucie s’exprime à la première personne et fédère l’ensemble sous son JE, prenant les lecteurs sous son aile, non pas protectrice car elle est souvent aussi perplexe que nous mais, du moins, présence rassurante et fil conducteur. C’est à ce personnage que l’on s’identifie, à ses ressentis que l’on se raccroche. Les changements de focalisations donnent une vision panoramique de l’histoire de Valentine et nous entrainent inexorablement vers un final percutant.
Virgine Despentes dépeint toute une société, la nôtre, et pousse ses illustrations jusque dans des retranchements que nous ne voyons pas venir ; c’est à la fois réaliste, vraisemblable et drôlement flippant. Encore une fois, c’est magistral.

J’avais choisi la version audio, lue par Nadège Piton, une véritable performeuse dans les registres du cabaret burlesque et de la satire politique. Elle prête sa voix à des émissions d'Arte et des documentaires. Sa lecture ici est parfaite, jamais dans le sur-jeu, en accord avec l’ambiance du livre : une vraie réussite.

Ma LAL (liste à lire) vient de s’étoffer de toute l’œuvre de Virginie Despentes.

Un véritable chef d'œuvre !

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5 out of 5 stars
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4 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 04/12/2019

Une fois n’est pas coutume, je suis allée vers ce livre de Margaret Atwood, La servante écarlate, après avoir visionné toutes les saisons de la série adaptée de ce roman, diffusée sous le titre original « The Handmaid's Tale », avec Elisabeth Moss dans le rôle principal.
Ayant un peu échangé avec des personnes qui avaient lu le livre avant la diffusion de la série, je savais que les scénaristes avaient beaucoup extrapolé par rapport au dénouement écrit par l’auteure et j’avais besoin de me recentrer sur la chose écrite avant d’aborder le second volet, Les Testaments…

Ma posture de lectrice s’est trouvée un peu faussée car je connaissais toute l’histoire et même davantage. De plus, j’avais encore en tête les physionomies des différents personnages, le couple Waterford notamment, et mes souvenirs ne collaient pas toujours avec le récit ; la couleur bleue des robes des épouses, la discrétion des Marthas…, certains détails ou, au contraire, un manque de précision me déroutaient quelque peu…
Mais j’ai immédiatement été frappée par la force et la qualité de l’écriture (et, forcément, de la traduction…). Il faut un réel talent pour mettre des mots sur la grande force de caractère de l’héroïne, June, alias Defred, pour donner à lire comment elle parvient à survivre dans la société patriarcale de Gilead, sans accès à aucune source pour s’exprimer, ni écrite, ni orale ; son apparent détachement lors des rédemptions et autres châtiments ou même pendant les cérémonies, les petites choses auxquelles elle se raccroche pour rester vivante, des odeurs, des couleurs, des fleurs…, ou encore l’expression désincarnée de ses souvenirs sont autant de tours de force et de trouvailles narratives…
L’écriture à la première personne déroute à la fois par son impossibilité car, dans cette dystopie, les femmes, à fortiori les servantes dont le rôle se limite à la reproduction, n’ont plus le droit de s’exprimer, encore moins d’écrire et de conserver des écrits, et par l’espoir insensé qu’elle véhicule.

Je regrette vraiment de n’avoir pas entendu parler plus tôt de ce véritable chef-d’œuvre, paru en 1985, 1987 je crois pour la traduction française. J’ai choisi une version audio, lue par Louise Bourgoin, Marie-Eve Dufresne et Vincent de Boüard ; la performance de la lectrice principale est magistrale, à la fois émouvante face aux atrocités relatées, tragique dans une démarche où, quoi qu’il arrive, la narratrice ne peut qu’aller de l’avant, parfois drôle, envers et contre tout, profondément humaine toujours.
"Y a-t-il des questions ?" C’est sur ces mots provocateurs que s’achevait le livre lors de sa sortie originale, il y a plus de 30 ans. Cette édition d'Audible Studios propose des réponses, issues sans doute des extrapolations de la série, autour d’une nouvelle interview du professeur Piexoto, écrite par Margaret Atwood et interprétée par plusieurs comédiens.

Un véritable chef d’œuvre, dans la lignée d’Orwell ou Huxley…
Une auteure dont je lirai volontiers les autres titres traduits en français.

13 personnes ont trouvé cela utile

Capillotraté mais addictif !

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4 out of 5 stars
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4 out of 5 stars
Histoire
4 out of 5 stars

Rédigé le : 02/10/2019

Sous les Vents de Neptune est le cinquième volet de la série consacrée par Fred Vargas au commissaire Adamsberg…
L’avantage de les lire dans l’ordre réside surtout dans la vision chronologique de l’évolution de cette brigade parisienne et de son chef ; c’est un plaisir de s’y retrouver sans trop de peine dans les allusions à des enquêtes précédentes ou à des évènements passés qui illustrent et expliquent les fêlures des personnages.

Un tueur en série…
Une traque qui remonte loin, trente ans en arrière… Adamsberg est rattrapé par son passé et se retrouve en bien mauvaise posture.
La poésie savoureuse du parler québécois… Le regard que portent les policiers canadiens sur les policiers français apporte une nouvelle perspective particulièrement intéressante.
Des personnages secondaires improbables… Mes préférées : Josette et Clémentine, vieilles dames pleines de ressources…

Et puis, l’écriture de Fred Vargas dont je ne me lasse pas… de vrais dialogues percutants qui passent du cynisme à l’autodérision pour arriver parfois à de beaux moments très émouvants…
C’est parfois très complexe, à d’autres moments, tout semble cousu de fil blanc, mais oui, ces passages où, si je le pouvais ou si j’étais à la place de Camille, je donnerais des claques à Adamsberg…
La fin m’a un peu agacée… ben voyons ! Mais, avec Fred Vargas, je ne regrette jamais le voyage.
J’avais, encore une fois, choisi la version audio, magistralement lue par François Berland qui s’approprie avec brio cet accent québécois auquel je ne résiste pas… Il en fait sans doute un peu trop, mais c’est si bon !

J’ai parfois besoin d’une lecture captivante, capillotractée mais addictive, parce que j’en aurai accepté d’avance le pacte de lecture… J’assume pleinement.
Et j’allais oublier : je pense que je vais jouer au mah-jong en portant une meilleure attention aux dessins sur les dominos…

La suite d'une belle saga familiale...

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4 out of 5 stars
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4 out of 5 stars
Histoire
4 out of 5 stars

Rédigé le : 01/10/2019

Ayant particulièrement apprécié Les Déracinés, lu l’année dernière dans le cadre de la sélection des 68 premières Fois, je guettais naturellement la parution de ce deuxième volet, consacrée à la génération suivante d’une famille juive exilée en République Dominicaine.
Avec L’Américaine, Catherine Bardon continue la fresque historique et familiale en centrant le récit sur le personnage de Ruth, jeune femme moderne qui cherche sa voie au rythme des années 1960.

Je vais sans doute me répéter un peu, retrouvant ici avec bonheur ce rapport particulier entre vie privée et contexte historique quand les évènements rejaillissent sur la sphère privée et que le ressenti des personnages nous offre une focalisation originale.
Ce livre est la suite immédiate du premier opus, dans la même tonalité, entre romance et Histoire ; c’est captivant et didactique à la fois. La narration se partage entre un point de vue omniscient et des passages à la première personne et les péripéties s’enchainent sans temps morts ni longueurs. Si Les Déracinés s’échelonnait sur trois générations, L’Américaine se concentre sur les années 1960 aux États-Unis, en République Dominicaine et en Israël ; encore une fois, je salue le travail de documentation et de recherche en amont de l’écriture. Personnellement, j’ai beaucoup appris sur l’Histoire dominicaine et le rôle des États-Unis lors des périodes d’instabilité politique dans cette ile.
J’ai retrouvé avec plaisir des personnages très travaillés, réalistes, attachants qui font de ce roman une valeur sure. J’ai été sensible à la recherche de racines, d’une terre où se sentir chez soi cristallisée autour du personnage de Ruth dans une époque où les femmes avaient encore beaucoup à faire pour trouver leur place dans la société : elle se trouve confrontée à des choix de vie dont la difficulté est accentuée par le lourd héritage issu du génocide, une culture issue de l’exil, son histoire familiale et ses désirs légitimes d’émancipation. Autour d’elles, l’ensemble des autres personnages véhiculent également des problématiques très contemporaines, parfaitement contextualisées.

Certes, mon enthousiasme est un peu plus maitrisé que lors de ma lecture des Déracinés, question d’ambiance, de disponibilité d’esprit, de contraste avec mes autres lectures du moment mais je recommande cette saga familiale dans son ensemble. Cette fois, j’avais choisi une version en livre audio, lu par Ludmilla Ruoso, qui prête admirablement sa voix à ce récit.

1 personne a trouvé cela utile

Un régal !

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5 out of 5 stars
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5 out of 5 stars
Histoire
4 out of 5 stars

Rédigé le : 31/07/2019

C’est toujours un plaisir de se plonger dans un roman de Fred Vargas… Avec Pars vite et reviens tard, je poursuis ma découverte des enquêtes du commissaire Adamsberg et de son équipe de flics cabossés.

Voilà un titre qui ressemblerait presque à du San Antonio… Détrompez-vous ! C’est la transcription d’une locution latine qu’il faut re-contextualiser à l’époque des grandes épidémies de peste… Et là n’est pas le seul anachronisme apparent de ce livre puisque l’un des personnages principaux exerce le métier oublié de crieur public… Ajoutez à cela une dose de fantastique avec les visites du fantôme d’un ancêtre qui aime bien à répéter qu’« il n'y a pas que du beau dans la tête de l'homme » et vous serez, comme moi, totalement séduit(e)s.
Prendre la série dans l’ordre me permet de voir évoluer les personnages, de suivre les amours d’Adamsberg et de Camille, de m’imprégner de la manière dont chacun(e) fonctionne, bref d’avoir l’impression de faire un peu partie de l’équipe ; ainsi, nous assistons ici à l’arrivée du chat dans la brigade, petite boule de poil abandonnée et recueillie par Camille puis confiée à Danglard.
J’adore comment Fred Vargas construit ses enquêtes, entre l’intérêt particulier d’Adamsberg pour des choses qui n’interpellent que lui, ici des chiffres quatre peints sur des portes d’immeuble, les recherches très littéraires où l’érudition de Danglard est mise en valeur, les parcours insolites des différents protagonistes… Cette ambiance particulière me convient tellement que plus j’avance vers la fin, plus j’ai hâte et peur à la fois car je sens bien que la triste réalité des turpitudes humaines va reprendre le dessus au moment du dénouement…
Encore une fois, j’avais choisi une version audio, magistralement lue par Thierry Janssen, avec juste ce qu’il faut de jeu d’acteur, sans trop : un régal !

Terminer un Fred Vargas et, déjà, penser peut-être au suivant… Pas tout de suite, mais bientôt.

Une écriture vivante, visuelle et addictive

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4 out of 5 stars
Interprétation
3 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 05/07/2019

C’est après le visionnage intensif des huit saisons de la série télévisée adaptée puis inspirée des romans de George R.R. Martin que je j’ai décidé de me plonger dans l’intégralité des volumes du Trône de Fer.

Ma première surprise a été de découvrir combien les réalisateurs de la série ont fidèlement suivi le schéma narratif du livre au point de reprendre fidèlement les enchainements de péripéties et même le contenu de certains dialogues… À ce niveau-là, il s’agit vraiment d’une véritable collaboration entre l’auteur et les scénaristes, pour qui le plus gros du travail était déjà écrit. En fait, ce tome correspond point par point aux cinq premiers épisodes de la saison une.
Ainsi, ma lecture est un peu faussée et parasitée par mes souvenirs, à la fois très précis et très récents, et je n’arrivais pas à m’imaginer les personnages autrement qu’à travers les physionomies des acteurs. C’est la première fois que je suis à ce point « connectée » entre un livre et son adaptation.
Comme les deux supports sont une véritable réussite, je reste séduite par cette magnifique fantasy.

George R. R. Martin a créé un univers complexe où chaque « couronne » a ses propres us et coutumes, chaque région sa géographie ; le chapitrage polyphonique mêle avec brio les arcs narratifs ; les hommes et les femmes se partagent la vedette… Une réussite !

J’ai choisi la version audio, lue par Bernard Métraux que j’avais déjà beaucoup apprécié dans Feu et Sang ; ici, je lui reproche seulement de contrefaire sa voix pour incarner les différents personnages car certaines voix de fausset ne sont vraiment pas réussies. Encore une fois, je vais répéter que, selon moi une lecture audio ne doit pas être jouée et encore moins sur-jouée : mettre le ton suffit pour que l’audio lecteur ait toute liberté pour s’imaginer et s’approprier le texte.

Une belle réussite pour ce tome un avec une écriture vivante, visuelle et addictive ; le dénouement laisse le récit en suspens... J’enchaîne vite avec la suite.

J'ai adoré !

Global
5 out of 5 stars
Interprétation
4 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 18/06/2019

Je n’ai découvert George R. R. Martin que très récemment après le visionnage intensif de la série complète de Game of Thrones adaptée et inspirée de son œuvre, Le Trône de fer.
Désireuse de me plonger dans ses livres, c’est tout naturellement que j’ai décidé de commencer par le tout début, soit trois siècles avant l’unification des sept couronnes.

Feu et sang… Tout est dit dans le titre : les Targaryens possèdent des dragons cracheurs de feu et font couler le sang de tous ceux qui refusent de ployer le genou devant leur suprématie.
L’ensemble est très narratif dans un récit à la première personne ; c’est un grand mestre de la Citadelle qui raconte l’enchainement des faits et des évènements, prenant parfois le lecteur à partie, avouant de temps en temps sa méconnaissance de certains détails, revenant sur d’autres, bouleversant la chronologie si besoin. George R. R. Martin a littéralement imaginé, construit et écrit l’Histoire de Westeros.
J’avais choisi une version audio de ce livre, très bien lue par Bernard Métraux, et mon voyage quasi quotidien à Westeros va me manquer. En effet, malgré la longueur de ce roman, ce n’est jamais ennuyeux ; le récit alterne avec brio les scènes de la vie publique et de la vie privée, les descriptions de batailles et les relations diplomatiques, la politique et l’économie, les moments culturels, les us et coutumes, l’architecture… Tout est détaillé, très visuel, vivant.
Avec cette histoire fictionnelle, l’auteur démontre combien l’Histoire se répète, comment les erreurs du passé ne servent pas toujours de leçons pour l’avenir. Ce tome 1 couvre cent ans et devrait donc être suivi de deux autres volets ; c’est un travail titanesque !

J’ai adoré !

Du grand Lœvenbruck !

Global
5 out of 5 stars
Interprétation
4 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 24/05/2019


Mon sixième Lœvenbruck, Le Syndrome Copernic…

Encore une fois, c’est un excellent thriller superbement écrit, captivant et énormément documenté.
Le héros principal, victime malgré lui d’en ensemble de symptômes psychiatriques, nous entraine dans les affres de la schizophrénie sur fond d’attentats terroristes et de manipulations mentales. L’écriture est à la première personne, entrecoupée d’extrait des carnets de notes du même narrateur.
L’ensemble est rythmé, efficace, sans fausse note.
Les situations reprenant les clichés du genre comme le binôme improbable entre la femme flic en burn-out et le suspect poursuivi, les relations patient/thérapeute, le groupe de hackers hétéroclites lanceurs d’alertes, les manœuvres socio-politiques, la chasse à l’homme… sont revisitées et ménagent pas mal de surprises.
De plus, j’ai trouvé que ce livre allait un peu au-delà de la simple lecture détente en distillant quelques interrogations sur la communication, le rapport avec la maladie mentale et les dérives tout à fait possibles de certaines recherches neurocognitives. Dans ce dernier domaine, il est évident que l’auteur a fait un énorme travail de recherche pour écrire son livre et c’est une posture que je salue.
Enfin, sur un plan tout à fait personnel, j’ai eu plaisir de partager avec les héros principaux mon grand amour de la lecture, de retrouver dans les ressentis littéraires de Vigo et d’Agnès mes propres impressions ou attitudes.

J’avais, encore une fois, choisi une version en livre audio, très bien lue par Christian Fromont. Je formulerai juste une petite réserve sur le changement de voix pour différencier les personnages, pas nécessaire selon moi car une lecture audio ne doit pas être jouée. De plus, les voix féminines dites en mode nasal ou voix de tête m’ont plus agacée que convaincue.

Un excellent moment de lecture ! Du grand Lœvenbruck.