MEMBRE

Jean-Noel et Aline

  • 37
  • critiques
  • 38
  • votes utiles
  • 40
  • notes
  • Vernon Subutex 2

  • De : Virginie Despentes
  • Lu par : Jacques Frantz
  • Durée : 10 h et 58 min
  • Version intégrale
  • Global
    4.5 out of 5 stars 148
  • Performance
    4.5 out of 5 stars 135
  • Histoire
    4 out of 5 stars 133

La verve abrupte de Virginie Despentes pour des croquis dévastateurs d'un monde qu'on côtoie sans vraiment le voir.

  • 4 out of 5 stars
  • Moins percutant que le premier

  • Auteur(s) : DUMONT le 07/04/2016

Des portraits fouillés, un beau récit de vengeance

Global
5 out of 5 stars
Performance
5 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 08/03/2019

Je continue la trilogie Vernon Subutex avec le tome 2, dans la lignée du premier opus : même titre, nous retrouvons les personnages là où nous les avions laissés…
Je n’ai pas grand-chose à ajouter par rapport aux grandes lignes développées dans mon billet publié pour le tome 1…

La langue de Virginie Despentes ne me surprend plus : je m’y replonge sans surprise et m’attache davantage à des accents poétiques qui m’enchantent immédiatement autour par exemple de Baudelaire et Verlaine pour les ciels parisiens, une poésie urbaine qui me touche et m’émeut. Je sais à présent à quoi m’attendre et je me laisse aller, porter par le style de l’auteure.
La légende urbaine autour de Vernon, devenu SDF, prend forme tandis qu’en parallèle, l’auteure nous livre un récit de vengeance dont le dénouement m’a rappelé des péripéties de Millenium de Stieg Larsson : plus qu’une copie, j’y ai lu un hommage peut-être.
À ce niveau de l’histoire, l’intrigue devient un peu plus complexe et se démarque du roman de mœurs proprement dit. Virginie Despentes ratisse moins large et la narration s’inscrit dans le quotidien des SDF, dans le monde des rave partys ou free partys et autour des protagonistes qui vont se regrouper autour de Vernon.
J’ai apprécié le travail sur les personnages dont les personnalités sont davantage creusées et mises en avant. Vernon gagne en aura mais prend du recul par rapport à l’intrigue : il sert de révélateur, de catalyseur.

Il arrive souvent que, dans une trilogie, les volumes soient d’inégale qualité. Ici, je salue la constance, l’approfondissement, la solidité de l’ensemble.
Naturellement, le tome 3 est dans ma PAL, mais avec moins d’urgence ; je le garde pour le mois prochain… J’ai persisté dans la version audio, admirablement lue par Jacques Frantz et la reprendrai avec plaisir.

  • Vernon Subutex 1

  • De : Virginie Despentes
  • Lu par : Jacques Frantz
  • Durée : 11 h et 9 min
  • Version intégrale
  • Global
    4.5 out of 5 stars 333
  • Performance
    4.5 out of 5 stars 298
  • Histoire
    4 out of 5 stars 303

QUI EST VERNON SUBUTEX ? Une légende urbaine. Un ange déchu. Un disparu qui ne cesse de ressurgir. Le détenteur d'un secret. Le dernier témoin d'un monde révolu. L'ultime visage de notre comédie inhumaine. Notre fantôme à tous.

  • 4 out of 5 stars
  • Lecture tonitruante!!!

  • Auteur(s) : pluvinage olivier le 07/08/2016

Un vrai roman de mœurs

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5 out of 5 stars
Performance
5 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 27/02/2019

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en me plongeant dans Vernon Subutex de Virginie Despentes.
L’étrange sonorité du titre me l’avait fait repérer ; j’entendais parler de légende urbaine et de trilogie… L’auteure, pourtant membre de l’Académie Goncourt et reconnue comme une figure littéraire essentielle de notre époque, m’était inconnue.
Il était donc grand temps pour moi de découvrir ce roman et cette « comédie humaine » reflétant les travers de notre époque.

L’intrigue en elle-même est assez simple : Vernon Subutex, disquaire au chômage en fin de droits, se fait expulser de son appartement. Il sollicite tour à tour pour l’héberger ses ex, ses anciens amis ou encore des clients fidèles de son ancien magasin de disques. Quand, à la mort d’une rock star, il se retrouve dépositaire de mystérieuses cassettes-vidéo, il disparaît dans Paris tandis que beaucoup de monde le cherche… Ce roman est le récit détaillé de son errance urbaine et de ses rencontres.
La narration surprend immédiatement. Le style à la fois oral, direct, sans tabou et qui peut parfois se muer en véritable logorrhée d’insultes, de grossièretés ou d’obscénités risque de dérouter au début mais il est originalement contrebalancé par des passages où, au contraire, le langage devient plus soutenu et recherché. L’ensemble forme un tout plutôt bien orchestré qui ne peut pas laisser indifférent.
En fait, c’est surtout une galerie de portraits incisifs, taillés sur le vif, travaillés en finesse et en profondeur. Ainsi que le disait Balzac, c’est « ce qui se passe partout » et la comparaison avec ce grand écrivain du XIXème prend ainsi tout son sens : Virginie Despentes n’invente rien ; ces personnages nous ressemblent ou nous rappellent des gens que nous connaissons même s’ils évoluent dans un milieu de bobos très parisien. Je salue un sens inné de l’observation et un formidable talent de restitution littéraire ; que l’on soit ému ou choqué par certains passages, tout sonne juste et vrai.

J’ai reçu Vernon Subutex comme un roman de mœurs. Virginie Despentes décrit par le menu les pratiques sociales, les usages particuliers et les comportements d’un groupe de personnages plus ou moins liés par la musique, le showbiz, les relations humaines… Elle décortique les codes, les règles et les dérives des réseaux sociaux… Elle nous place face à nos contradictions et nos préjugés…Elle évoque aussi des sujets d’actualité, économiques et politiques ou sociétaux comme la prise en charge des sans-abris, le port du voile ou la violence domestique… Qui dit « mœurs », dit sexualité et il en est aussi beaucoup question… Par contre, il n’y a jamais de morale ou de jugement : c’est brut, posé, objectif ; le lecteur en fait ce qu’il veut. La représentation d’ensemble donne un bel effet de réalité ; cela sent le vécu.
On peut se demander si l’univers de Vernon Subutex est vraiment représentatif d’un groupe ou d’une époque… Peut-être pas totalement si l’on considère le milieu particulier où il évolue. Je ne m’avancerai pas trop sur ce thème ; j’attends d’avoir terminé la trilogie.

Un rapide coup d’œil sur la biographie et le parcours de Virgine Despentes à la fin de ma lecture éclaire la mise en mot de l’univers où évolue Vernon. L’auteure a connu les milieux punk, l’alcoolisme, la prostitution occasionnelle, l’internement psychiatrique… Elle a su s’en servir pour nous donner à lire quelque chose d’assez exceptionnel.
J’ai choisi une version audio, admirablement lue par Jacques Frantz. Je pensais faire une pause après ce premier opus, mais vu l’endroit et les circonstances où j’ai laissé Vernon à la fin, je pars immédiatement à sa suite dans le deuxième volet.

  • Nous, les dindes...

  • De : Tatiana Werner, Xavier Mauduit
  • Lu par : Tatiana Werner, François Tavares, Bénédicte Charton
  • Durée : 1 h et 34 min
  • Version intégrale
  • Global
    4 out of 5 stars 449
  • Performance
    4.5 out of 5 stars 426
  • Histoire
    4 out of 5 stars 428

Ça y est, nous y voilà. Après toute une vie d’impatience et d’ingurgitation. D’espérance obstinée. Bon sang, je suis si excitée que j’en ai la chair de poule... enfin Noël, le vrai Noël ! Évidemment, vous ne pouvez pas vous en rendre compte vous, vous avez certainement pris l’habitude : le tohu-bohu des marchés couverts, le fumet des marrons chauds si délicat, les bavardages mielleux et le froissement jubilatoire du papier kraft.

  • 4 out of 5 stars
  • Surprise par cette jolie nouvelle<br />

  • Auteur(s) : FANTOMETTE le 28/12/2018

Métaphore volaillère peu convaincante !

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3 out of 5 stars
Performance
4 out of 5 stars
Histoire
2 out of 5 stars

Rédigé le : 18/01/2019

Je lis un peu tardivement ce conte de Noël, un peu oublié dans mon espace dédié à mes livres-audio : Nous, les Dindes… de Tatiana Werner et Xavier Mauduit.
Je connais un peu le journaliste et animateur radio Xavier Mauduit pour l’avoir entendu sur France Inter mais n’avais jamais entendu parler de l’actrice, scénariste et metteuse en scène Tatiana Werner…

Ce court récit à la première personne nous plonge dans les pensées intimes d’une dinde de Noël, une belle volaille sélectionnée, scrupuleusement choisie et sous-pesée, de celles « qu’on subodore, celles qu’on mire avec convoitise et lèchements de babines ».
J’ai apprécié toute la partie consacrée au marché de Noël, au choix de la dinde, aux retrouvailles entre son acheteuse et son premier amour et puis, j’ai un peu lâché l’affaire, m’attendant sans doute à quelque chose de moins convenu pour le repas du réveillon. J’aurais voulu creuser un peu l’accident survenu près de l’élevage et surtout voir un peu mieux transparaître les travers familiaux.
Certaines réflexions sont assez savoureuses, certaines piques sont plutôt bien trouvées, mais l’ensemble ne m’a pas convaincue, trop superficiel. J’attendais plus de satire sociale et politique dans cette métaphore volaillère…

Je n’ai pas trop de regrets cependant ; c’était un livre gratuit !

1 sur 1 personne(s) ont trouvé cet avis utile.

  • L'art de perdre

  • De : Alice Zeniter
  • Lu par : Zineb Triki
  • Durée : 15 h et 30 min
  • Version intégrale
  • Global
    4.5 out of 5 stars 96
  • Performance
    4.5 out of 5 stars 90
  • Histoire
    4.5 out of 5 stars 92

L'Algérie dont est originaire sa famille n'a longtemps été pour Naïma qu'une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ? Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu'elle ait pu lui demander pourquoi l'Histoire avait fait de lui un "harki".

  • 5 out of 5 stars
  • Un voyage culturel

  • Auteur(s) : Wing-Lee le 09/03/2018

Un beau sujet traité de manière trop expansive...

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4 out of 5 stars
Performance
4 out of 5 stars
Histoire
4 out of 5 stars

Rédigé le : 16/01/2019

Ce roman d’Alice Zeniter, L’Art de perdre, m’attirait pour plusieurs raisons… J’aime beaucoup les romans historiques qui abordent l’Histoire à partir de points de vue individuels et intimistes et j’ai un certain intérêt pour tout ce qui touche aux problématiques et aux littératures postcoloniales.

Dans L’Art de perdre, Alice Zeniter met en scène Naïma, née en France d’un père algérien et d’une mère française. La jeune femme vit, malgré elle, une crise identitaire puisque personne ne lui a raconté la Kabylie dont son père et son grand-père sont originaires ; en effet, c’est la société française en général puis son milieu professionnel qui la poussent à faire des recherches sur la douloureuse histoire des Harkis et à se rendre, finalement, dans le pays méconnu de ses origines.
Le parcours de Naïma sert de prétexte au récit d’une magnifique fresque familiale intergénérationnelle au cours de laquelle l’auteure donne une place et une légitimité à la parole des oubliés de l’Histoire. Elle présente son livre comme une trajectoire douloureuse de migration.

C’est en format audio que j’ai choisi d’aborder ce roman, lu par Zineb Triki. Au début de mon audio-lecture, j’étais un peu agacée par le ton de la lectrice, que je qualifiais de « boudeur » et j’avais fini par écouter d’une oreille plutôt distraite et puis j’ai accroché peu à peu au récit de la première partie au point de recommencer cette audio-lecture depuis le début en étant beaucoup plus attentive.
L’histoire du grand-père et du père de l’héroïne dans les montagnes de Kabylie puis, en France, dans les camps de transit pour harkis, les hameaux de forestage et les cités urbaines ghettos est racontée et vécue de l’intérieur ; les personnages sont travaillés et attachants, leurs parcours sont édifiants et rendent compte de la manière dont la France a traité les supplétifs engagés dans la guerre d’Algérie, leur refusant le statut de militaire, les abandonnant à leur sort, n’en rapatriant qu’une partie dans des conditions honteuses. Tous les personnages gardent une certaine dignité malgré les épreuves endurées ; il émane des grands parents une forme de grandeur dans le souvenir de la Kabylie originelle, dans leur posture d’exilés incompris, en quête de reconnaissance. Cette impression décroit avec la génération suivante, le père de Naïma semblant avoir accepté le rôle du perdant…
La deuxième partie raconte comment Naïma part à la rencontre de ses racines algériennes et c’est vrai que cela pêche par excès de pathos. Pourtant, la transition artistique pose une touche originale sur ce deuxième parcours et promettait une posture à la fois distanciée et esthétique : malheureusement, Naïma n’arrive pas à profiter pleinement de la chance qui lui est donnée…

En fait, la lectrice avait bien saisi l’ambiance générale de ce roman et sa tonalité, que je jugeais trop geignarde, est sans doute assez juste. Selon moi, c’est un peu dommage car cela accentue et dénature le propos tout en rendant peut-être justice au postulat de l’auteure... dont la présence s’affirme parfois dans le récit par des réflexions à la première personne indiquant souvent qu’elle ne maîtrise pas forcément les choix de ses personnages.

Un beau sujet mais traité dans une expression parfois trop expansive et sur-jouée.

  • Le mystère Fulcanelli

  • Ari Mackenzie 3
  • De : Henri Loevenbruck
  • Lu par : François Montagut
  • Durée : 12 h et 53 min
  • Version intégrale
  • Global
    4 out of 5 stars 59
  • Performance
    4.5 out of 5 stars 56
  • Histoire
    4 out of 5 stars 56

Un meurtre dans une vieille église de Séville. Un assassinat dans une bibliothèque parisienne. Un ancien manuscrit dérobé. Et voilà que surgit de nouveau le nom du plus mystérieux alchimiste du XXe siècle : Fulcanelli ! Depuis près de cent ans, chercheurs et historiens tentent de découvrir qui se cachait derrière cet énigmatique pseudonyme. En acceptant de mener l'enquête, Ari Mackenzie, ancien commandant des services secrets, fait une plongée vertigineuse dans les milieux ésotéristes du siècle dernier.

  • 5 out of 5 stars
  • Genial!

  • Auteur(s) : RICQUEBOURG le 22/01/2018

Une trilogie inégale...

Global
4 out of 5 stars
Performance
4 out of 5 stars
Histoire
3 out of 5 stars

Rédigé le : 07/12/2018

Suite et fin de la trilogie Mackenzie de Henri Loevenbruck avec le dernier opus : Le Mystère Fulcanelli… Très enthousiaste avec le premier volume, un peu moins avec le second, je termine le troisième avec quelques réserves malgré un bon moment de lecture…

Un meurtre à Séville, un assassinat à Paris, un ancien carnet dérobé, des relents alchimistes et un vrai mystère à la clef, celui de l’existence controversée de Fulcanelli… Encore une fois, tous les ingrédients du thriller sont là. Nous retrouvons également des personnages très travaillés et plus ou moins attachants que nous avons appris à connaître au cours des deux précédents épisodes.
Quatre ans ont passé, Ari a vieilli, plutôt mal et il est toujours aussi imbuvable… Lola traîne toujours son mal-être… Iris et Christophe répondent toujours présents quand Ari a besoin d’eux… Un autre policier rejoint le groupe des personnages principaux dans une enquête à deux voix, complémentaires avec des moments de belle amitié virile.
Je ne reviendrai pas sur l’alternance des points de vue, le chapitrage court, le rythme, la narration parfaitement construite dans sa fluidité et surtout le travail de documentation en amont de l’écriture… Encore une fois, tout est sous contrôle.

Je trouve cependant la mise en route un peu laborieuse malgré la plongée meurtrière des premières pages et je déplore quelques longueurs dans les ramifications littéraires du récit. En effet, je peine un peu dans les analyses autour des œuvres de Fulcanelli, de son illustrateur et de son préfacier même si je reconnais avec bonheur un univers référentiel un peu oublié, autour d’Anatole France et de Pierre Loti notamment, et revisité autour du grand Victor Hugo. C’est assez original de proposer le modus operandi de l’enquête policière pour découvrir qui se cache réellement sous le pseudonyme du mystérieux alchimiste, mais je pense que l’ensemble du texte aurait gagné en aération si l’auteur nous avait épargné les détails des investigations… Pour ma part, je me suis félicitée d’avoir, encore une fois, choisi la version audio du livre lue par François Montagut… Excellent choix qui permet de faire passer les longs passages et les énumérations, assez indigestes, expliquant en long et en large les possibles identités des « fulcanellisables » ; je suis pourtant une grande adepte de la recherche en littérature mais dans un roman, il faut savoir doser et là, c’est vraiment trop. Quand je lis un thriller, je n’ai pas envie de faire de la théorie littéraire !

Je vais choisir de rester sur un bon souvenir, celui de la place de la littérature et du monde des librairies, mis à l’honneur dans ce livre autour de problématiques malheureusement très actuelles. À ce sujet, j’ai bien aimé le dénouement…
L’œuvre de Henri Loevenbruck compte d’autres séries : Gallica et La Moïra… Je les lirai peut-être mais je suis un peu déçue par l’inégalité de qualité entre les différents volets de cette trilogie. Dans l’immédiat, je pense continuer la découverte de cet auteur par ses autres romans.

  • Les cathédrales du vide

  • Ari Mackenzie 2
  • De : Henri Loevenbruck
  • Lu par : François Montagut
  • Durée : 13 h et 44 min
  • Version intégrale
  • Global
    4.5 out of 5 stars 53
  • Performance
    4.5 out of 5 stars 48
  • Histoire
    4.5 out of 5 stars 48

Une mystérieuse organisation internationale protectrice de l'environnement s'empare de plusieurs régions du globe, à la recherche d'un secret millénaire, qui pourrait menacer l'ordre géopolitique de la planète. Ari Mackenzie, ancien des renseignements généraux, alerté par une série d'inexplicables disparitions, décide de mener l'enquête. Existerait-il un lien entre les étranges recherches de cette organisation et les occultes découvertes de Nicolas Flamel, célèbre alchimiste du Moyen Âge ?

  • 4 out of 5 stars
  • Un bon moment de lecture-détente !

  • Auteur(s) : Jean-Noel et Aline le 03/12/2018

Un bon moment de lecture-détente !

Global
4 out of 5 stars
Performance
4 out of 5 stars
Histoire
3 out of 5 stars

Rédigé le : 03/12/2018

Je continue allègrement ma lecture de la trilogie Mackenzie de Henri Loevenbruck avec le deuxième opus, Les Cathédrales du vide…

Ce roman est la suite directe du Rasoir d’Ockham. L’hiver a fait place à un été caniculaire, Ari Mackenzie a encore rendu Lola malheureuse et il cuve ses verres de single malt pour oublier sa solitude et la réorganisation des services de renseignements…
Je retrouve les personnages principaux, collègues et frères d’armes d’un Ari de plus en plus imbuvable et désabusé.
Tout est encore une fois réuni pour faire un superbe thriller : mystérieuses organisations internationales, rivalité des services policiers et de sureté à tous les niveaux, nationaux, européens et mondiaux, recherche d’un secret millénaire, implications géopolitiques, occultisme, action et mystère, dépaysement…
Je retrouve avec un immense plaisir l’écriture précise, l’art du détail, le plan construit et infaillible. Je me laisse emporter par le chapitrage court, les points de vue enchâssés, les passerelles entre les époques, les liens compliqués, l’enchainement des péripéties. Je devine et salue l’important travail de documentation et de recherche…
Mais (eh oui, il y a un « mais », un bémol qui mitige mon enthousiasme premier…). Ce deuxième volet fait beaucoup moins la part belle aux femmes : Lola est présente dans le récit mais absente dans l’action, Iris joue un rôle important, mais secondaire (j’en dirais plus si je n’avais pas peur de divulgacher des éléments importants de l’intrigue) ; quant à la fille du géologue disparu, je trouve que son personnage n’avait pas forcément besoin d’afficher une poitrine à faire damner Mackenzie.
D’une manière générale, cette suite est très virile, dans une ambiance de film d’aventures avec un effet très « Indiana Jones » : l’épisode du pont suspendu est hilarant… et un peu consternant aussi.

Je suis donc un peu déçue de ne pas avoir retrouvé le côté foisonnant du Rasoir d’Ockham que je trouve supérieur en qualité…Malgré tout, j’ai passé un excellent moment de lecture-détente ; j’avais choisi une version audio lue par François Montagut et ce fut un réel plaisir, une vraie addiction que je poursuis sans tarder avec le troisième et dernier épisode, Le Mystère Fulcanelli.

  • Le rasoir d'Ockham

  • Ari Mackenzie 1
  • De : Henri Loevenbruck
  • Lu par : François Montagut
  • Durée : 15 h et 54 min
  • Version intégrale
  • Global
    4 out of 5 stars 88
  • Performance
    4 out of 5 stars 81
  • Histoire
    4 out of 5 stars 82

Des meurtres en série. Une secte sanguinaire surgie du passé. Six pages mystérieusement disparues d'un célèbre manuscrit du XIIIe siècle. Ari Mackenzie, analyste atypique et controversé des Renseignements généraux, est confronté à la plus extraordinaire et la plus violente affaire de sa carrière. Dans l'ombre, un groupe occulte est prêt à tout pour redécouvrir le secret des pages manquantes du célèbre carnet de Villard de Honnecourt.

  • 1 out of 5 stars
  • Poncifs

  • Auteur(s) : sebastien prudhon le 24/02/2018

Un engrenage parfait...

Global
4 out of 5 stars
Performance
4 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 26/11/2018

Je poursuis ma découverte de l’univers de Henri Loevenbruck par la trilogie Mackenzie… Dans le premier volet, Le Rasoir d’Ockham, l’auteur mêle avec brio interprétation de faits historiques, thriller, occultisme et sentiments…

Rien de vraiment nouveau dans le genre : une vieille énigme ayant un fond de vérité (le maître d’œuvre Villard de Honnecourt a réellement existé), un analyste atypique et controversé des Renseignements Généraux confronté à une étrange affaire de meurtres rituels en séries, des personnes qui lui sont chères mêlées à l’enquête, des alliances improbables, des courses poursuites… etc. Mais, avec Henri Loevenbruck un tel ensemble fonctionne au-delà de l’imaginable pour qui accepte le pacte de lecture…
Au sujet du titre, il faut toujours garder en mémoire que le principe élaboré par le philosophe franciscain Guillaume d’Ockham au XIVème siècle est une ode à la simplicité : « il est inutile d’accomplir par un plus grand nombre de moyens ce qu’un nombre moindre de moyens suffit à produire. […] Quand des choses doivent rendre vraie une proposition, si deux choses suffisent à produire cet effet, il est superflu d’en mettre trois ». Mais attention ! simplicité et économie ne signifient pas simplification à outrance… Nous sommes, en effet, en présence d’un beau pavé riches en péripéties et hypothèses… ; que chaque lecteur(trice) se débrouille donc comme il(elle) le peut avec ce raisonnement et le médite à la fin du livre.

L’écriture est savamment maitrisée dans un chapitrage court qui permet l’alternance des situations et des points de vue ; c’est rythmé, sans le moindre temps mort, très visuel aussi, cinématographique. En même temps, les personnages sont travaillés, complexes, attachants… J’ai passé un excellent moment en leur compagnie, m’intéressant à certains plus qu’à d’autres ; ainsi, Ari, avec son faux air de Georges Clooney, m’agace un peu... tandis que je m’identifie un peu à Lola…
Ma récente rencontre avec l’auteur m’a permis de mieux comprendre son rapport à l’écriture : encore une fois, je salue l’important travail de documentation et de recherche, la complexité du plan du récit et surtout, je mesure mieux l’importance du personnage de la libraire aux côtés d’Ari : « un fantasme d’écrivain » ?...
Henri Loevenbruck, nous emmène, nous entraine, ne nous laisse pas souffler et ne perd jamais de vue que ses lecteurs pourraient se fatiguer à suivre Ari Mackenzie ; mais il a l’art et la manière de veiller à ne jamais les laisser se perdre… Ainsi, par exemple, pour ce qui me concerne à titre personnel, je me souviens d’un moment précis ou j’ai pensé tout haut : « non, mais là Henri, c’est pas possible… Ari a été sévèrement blessé il y a à peine quelques pages et vous le faites donner l’assaut, se hisser sur une mezzanine avec une clavicule que je croyais fracturée (je me souviens très bien que l’os avait craqué… et je sais de quoi je parle parce que, moi-même quand je me suis explosée l’épaule, je ne pouvais plus lever le bras…), c’est pas crédible… » ; et bien, juste à cet instant où je bloquais un peu sur la plausibilité du récit, l’auteur fait référence à la douleur insupportable ressentie par son héros… Trop fort !

De ce roman foisonnant, je retiendrai, sans ordre ou hiérarchie particulière… :
- Les bases historiques,
- L’occultisme et les arcanes du pouvoir : franc-maçonnerie et compagnonnage… entre autres,
- Les références littéraires, cinématographiques,
- L’action, les bastons, les assauts…,
- Le sens des détails,
- L’hiver et la neige…
- Un engrenage parfait…
- …

À la fin, Henri Loevenbruck nous dit « à suivre »… Pour ma part, c’est déjà fait : j’ai entamé Les Cathédrales du vide, toujours en livre audio lu par François Montagut, un vrai bonheur…

  • L'apothicaire

  • De : Henri Loevenbruck
  • Lu par : Jean-Christophe Lebert
  • Durée : 22 h et 22 min
  • Version intégrale
  • Global
    4.5 out of 5 stars 541
  • Performance
    4.5 out of 5 stars 509
  • Histoire
    4.5 out of 5 stars 513

Un matin de janvier 1313, Andréas Saint-Loup, dit l'Apothicaire, découvre dans sa boutique une pièce qu'il avait oubliée... Il comprend alors que jadis vivait ici une personne qui a soudainement disparu de toutes les mémoires. L'Apothicaire, poursuivi par d'obscurs ennemis, accusé d'hérésie par le roi Philippe le Bel et l'Inquisiteur de France, décide de partir à la recherche de son propre passé, de Paris à Compostelle, jusqu'au mont Sinaï.

  • 5 out of 5 stars
  • Un roman captivant

  • Auteur(s) : FORESTI le 06/03/2017

Je vais développer une nouvelle addiction !

Global
5 out of 5 stars
Performance
4 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 20/11/2018

L’Apothicaire de Henri Loevenbruck est à la fois un roman historique, ésotérique, un thriller, un récit initiatique et de voyage, un questionnement sur la foi, la vie, la mort et la mémoire…

Ce roman m’a véritablement transportée dans le temps, au XIVème siècle, et dans l’espace, de Paris à Saint Jacques de Compostelle en passant par Béziers ou Bayonne et jusqu’au Mont Sinaï.
L’entrée dans l’action est immédiate : un matin de janvier 1313, Andréas Saint-Loup, dit l’Apothicaire, découvre dans sa boutique une pièce qu’il avait oubliée… Plus tard, il réalise qu’un personnage a disparu d’un tableau… Quand il se retrouve recherché par le grand inquisiteur et poursuivi par d’étranges cavaliers noirs, les lecteurs n’ont d’autres choix que de le suivre dans son périple.
Les personnages sont admirablement travaillés, sur tous les plans, physiques et psychologiques. J’ai été particulièrement séduite par les protagonistes féminines, intelligentes, volontaires, empathiques, solidaires… Henri Loevenbruck rend un bel hommage aux « fillettes », les prostituées au grand cœur, à la fois tolérées par les institutions royales et religieuses et mises au ban de la société dans des quartiers spécifiques des villes.
En outre, son personnage principal met en lumière les errements et l’hypocrisie de l’Église et de ses représentants, les mises à l’écart des juifs et les rivalités entre Philippe le Bel et Philippe de Valois.

Je salue le formidable travail de recherche et de documentation en amont de l’écriture, le souci du détail, les points de départs historiques. Henri Loevenbruck a su mettre à profit les mystères du passé pour s’y engouffrer et proposer des alternatives fantasmées ; ainsi, les personnages référentiels sont-ils replacés en situation et évoluent-ils tout à fait naturellement dans l’univers fictionnel.
C’est très réaliste, visuel, toujours très rythmé, sans le moindre temps mort, dans une construction impeccable et solide.
J’ai adoré ce roman, foisonnant et addictif, son écriture fluide, recherchée, soutenue, le chassé-croisé des parcours des personnages. Les fréquentes adresses de l’auteur à ses lecteurs facilitent une immersion totale dans l’histoire. De plus, la riche intertextualité et le rapport constant avec la lecture et la littérature rehaussent cette fiction historique.
Pourtant, Henri Loevenbruck utilise des procédés typiques des récit de quêtes fantastiques, avec des personnages que tout oppose, partis de différents endroits, victimes chacun et chacune de leurs propres vicissitudes, jetés sur les routes dans une fuite éperdue, à la merci des bonnes ou mauvaises rencontres… Mais il possède un vrai talent de conteur qui nous fait accepter le pacte de lecture dès les premiers chapitres et regretter que la fin du livre approche quand le dénouement se révèle à nous. Même si la chute est annoncée et prévisible, y parvenir est un régal, un pur bonheur de lecture.

Vous l’aurez compris…, je suis en train de développer une nouvelle addiction littéraire.

Un seul bémol dans cette version audio lue par Jean-Christophe Lebert : il a tendance à sur-jouer les dialogues, surtout pour les personnages féminins mais aussi pour certains religieux. C’est dommage !

2 sur 2 personne(s) ont trouvé cet avis utile.

  • Cadres noirs

  • De : Pierre Lemaitre
  • Lu par : Olivier Martinaud
  • Durée : 12 h et 13 min
  • Version intégrale
  • Global
    4.5 out of 5 stars 24
  • Performance
    4.5 out of 5 stars 21
  • Histoire
    4.5 out of 5 stars 21

Alain Delambre est un cadre de cinquante-sept ans anéanti par quatre années de chômage sans espoir. Ancien DRH, il accepte des petits jobs démoralisants. À son sentiment de faillite personnelle s'ajoute bientôt l'humiliation de se faire botter le cul pour cinq cents euros par mois... Aussi quand un employeur, divine surprise, accepte enfin d'étudier sa candidature, Alain Delambre est prêt à tout, à emprunter de l'argent, à se disqualifier aux yeux de sa femme, de ses filles et même à participer à l'ultime épreuve de recrutement : un jeu de rôle sous la forme d'une prise d'otages.

  • 5 out of 5 stars
  • À lire absolument!

  • Auteur(s) : Cath42 le 21/08/2018

Une réussite !

Global
5 out of 5 stars
Performance
5 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 30/10/2018

Dans ma lecture des livres de Pierre Lemaître, il me manquait Cadres noirs… C’est chose faite.

J’ai encore une fois pris une claque littéraire…
Un ancien DRH de 57 ans, au chômage depuis quatre ans, désespéré de ne pas retrouver de travail dans son domaine de compétences, obligé d’enchaîner des petits boulots de manutentionnaires pour joindre les deux bouts, reçoit enfin une réponse encourageante d’un cabinet de recrutement… Même si l’ultime épreuve de sélection dépasse l’entendement, il va se révéler prêt à tout pour obtenir le poste. Il s’agit pour lui de retrouver sa dignité, sa place de chef de famille, son rôle de cadre supérieur sûr de lui…
Pierre Lemaître nous plonge dans le monde sans scrupule des grandes entreprises internationales et revisite en mode thriller les techniques et postures de management moderne. C’est réellement flippant et bluffant à la fois : il ne s’agit pas ici de motiver une équipe pour instaurer de bonnes relations de travail mais au contraire de manipuler, de souffler le chaud et le froid, de sélectionner au moyen de jeux de rôles pervers, de pressurer, de prendre et puis de jeter, d’utiliser à des fins pernicieuses… Pierre Lemaître développe ces règles et ces codes, puis les retourne et les détourne dans un crescendo angoissant.
C’est addictif, sans temps mort et, quand les évènements s’enchainent dans une spirale infernale extraponentielle, dans la mesure où j’ai accepté de suivre l’auteur, je vis les péripéties, même les plus incroyables, aux côtés des personnages ; personnellement, je me suis surtout identifiée à l’épouse et aux filles du personnage principal même si j’ai souffert avec lui, au sens figuré et au sens propre.
Pierre Lemaître a un merveilleux talent pour travailler ses personnages dont les ressentis sonnent toujours juste. Durant toute la première partie, il est aisé de s’identifier à cette famille, à ses difficultés, à ses renoncements ; les femmes renvoient comme par un effet miroir la déchéance de leur père et époux ; puis, quand ce dernier redevient enfin un candidat potentiel, ses choix et son engagement corps et âme pour réussir l’épreuve passent encore par le prisme des regards féminins… Je n’en dirais pas plus pour ne pas divulguer le déroulement de l’intrigue, mais cette place des femmes est omniprésente jusqu’au dénouement. Du moins, c’est une des clés de lectures que j’ai choisie de suivre.

Cadres noirs réunit plusieurs thématiques et ambiances : thriller psychologique, actions, aventures, violence, courses-poursuites, malversations financières, amitié virile… C’est foisonnant et épuisant, physiquement et moralement ; À la fin de ma lecture, je me sentais comme l’épouse et la fille avocate du héros (celles et ceux qui ont lu ce livre comprendront, les autres savent ce qu’il leur reste à faire s’il veulent comprendre…).
Dans cette version audio, lu par Olivier Martinaud, ce dernier met réellement le texte en valeur… Une réussite !

2 sur 2 personne(s) ont trouvé cet avis utile.

  • La Vénus d'Ille

  • De : Prosper Mérimée
  • Lu par : Alain Couchot
  • Durée : 1 h et 13 min
  • Version intégrale
  • Global
    4 out of 5 stars 17
  • Performance
    3.5 out of 5 stars 14
  • Histoire
    4 out of 5 stars 14

Le narrateur rend visite à un antiquaire passionné d'archéologie, M. de Peyrehorade, qui vient de découvrir une magnifique statue antique, une Vénus. Mais certains semblent craindre un maléfice ; l'ouvrier qui a participé à l'excavation de la statue a eu la jambe cassée. Le fils de M. de Peyrehorade, Alphonse, va se marier ; et le narrateur est convié à cette noce. Alphonse semble plus heureux de la dot de sa fiancée que de sa beauté... La noce aura lieu vendredi, jour de Vénus.

  • 3 out of 5 stars
  • Un grand maître de la nouvelle !

  • Auteur(s) : Jean-Noel et Aline le 25/10/2018

Un grand maître de la nouvelle !

Global
3 out of 5 stars
Performance
2 out of 5 stars
Histoire
4 out of 5 stars

Rédigé le : 25/10/2018

Prosper Mérimée est un grand maître de la nouvelle, un peu oublié de nos jours cependant. C’est avec plaisir que je relis La Vénus d’Ille, publié en 1837, et qui illustre l’intérêt de l’auteur pour la littérature fantastique.

La narration est à la première personne ; dans une longue lettre, le narrateur raconte sa visite à un antiquaire passionné d'archéologie, M. de Peyrehorade, qui vient de découvrir une magnifique statue antique, une Vénus d’origine romaine ; un maléfice semble planer sur ce bel objet depuis qu’un ouvrier qui a participé à l'excavation de la statue a eu la jambe cassée et que d’étranges phénomènes se produisent autour d’elle. Le narrateur est convié aux noces du fils de ses hôtes qui doivent avoir lieu pendant son séjour.
L’écriture est chargée de mystère ; le suspense et la tension dramatique montent habilement en puissance entre l’effet d’annonce autour des réactions diverses devant la beauté ambiguë de la statue, les tentatives de traduction des inscriptions et les rappels de légendes antiques.

Il y a dans cette nouvelle, une véritable petite étude de mœurs assez savoureuse. Mérimée mêle à son récit des réflexions intéressantes sue le mariage et sur la situation de la belle fiancée, une jeune fille intelligente et raffinée, épousée pour sa dot par un jeune homme incapable de reconnaître ses grandes qualités ; l’auteur développe un vrai talent pour les descriptions colorées et pittoresques, pour les digressions détaillées, une certaine distance objective, un détachement critique voire un humour certain.
J’ai particulièrement apprécié la description de la noce, le parcours en calèche sous les acclamations. Le contraste est frappant et toujours présent dans le récit entre la véritable érudition du narrateur, un archéologue parisien, et l’amateurisme m’as-tu-vu de l’antiquaire roussillonnais. Tous les personnages sont, par ailleurs, finement travaillés malgré la brièveté du texte ; hormis ceux dont j’ai déjà parlé, je peux ajouter que le fils de famille est particulièrement sot, imbu de sa personne et imprudent, que sa mère est une bonne bourgeoise de province à l’esprit étroit et méfiant.
Quant au narrateur, j’ajouterai simplement qu’il est un double intra-diégétique de Prosper Mérimée qui lui prête sa concision, son sens aigu de l’observation, son détachement, son style factuel, son esprit cartésien et logique et, enfin, ses propres doutes ; à ce titre, je me demande s’il faut voir dans le dénouement une quelconque morale…

En ce qui concerne le côté purement fantastique, il est important de remarquer que le dédoublement de l’objet étrange est particulièrement subjectif : en effet, le narrateur n’est pas vraiment témoin des évènements surnaturels et il ne les subit pas personnellement ; il est troublé et intrigué. Il nous livre donc ses réflexions notamment sur la symbolique de l’échange des anneaux, sur le choix du fiancé porté sur un bijou trop voyant, sur les doigts de la statue.
Il y a quelque chose de dérangeant dans le simulacre de culte païen envers la Vénus, la manière dont, malgré les à priori de la mère du marié, elle est en quelque sorte associée aux festivités du mariage et surtout, dans les allusions grivoises de l’antiquaire qui la compare à la mariée. Il y a souvent un effet miroir entre la jeune femme et la statue, une constante comparaison et opposition en filigrane.

Ç'aurait dû être un réel plaisir de relire cette nouvelle.
Malheureusement, j’ai choisi cette version audio, lu par Alain Couchot, dont la diction grandiloquente et sur-jouée dessert le texte original ; de plus, des intermèdes musicaux de style baroque qui n’ont absolument rien à voir avec l’ambiance de la nouvelle en parasitent l’écoute.
J’ai donc repris le texte pour me réapproprier cette nouvelle et rendre justice à l’auteur.