MEMBRE

Aubry Françon

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Une Héroic Fantasy mature, intelligente et subtile

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5 out of 5 stars
Interprétation
5 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 25/10/2020

Entre le merveilleux amphigourique du Seigneur des anneaux et le blockbuster, roman "à grand spectacle" Game of Thrones, Jean-Philippe Jaworski trace une troisième voie, celle d’une héroic fantasy certes riche en action, en moments de bravoure mais posée, réfléchie et à la crédibilité soignée alors même que nous sommes dans un récit relevant de l'imaginaire fantastique. En effet, d’abord, par le choix de son (anti)héros (dont le roman est, en fait, le journal et qui donc est raconté à la première personne), Benvenuto Gesufal, personnage détestable, soudard de basse extraction, qui jure comme un charretier, ment comme il respire mais aussi et surtout qui subit les événements, n’étant que rarement maître de son destin, « Gagner la guerre » se démarque des oeuvres traditionnelles du genre. On est bien loin d'un Frodon Sacquet ou d'un Jon Snow... De même, la toile de fond des aventures de Gesufal est fort habilement choisie avec un univers où se côtoient, entre autres, un empire de type proche-orientale (à l'image d'un califat) et une cité-Etat comme celles de l'Italie médiévale et de la Renaissance. Les complots, intrigues politiques, trahisons, alliances de circonstances,… qui en découlent sont proprement passionnantes et ont une influence directe sur les pérégrinations du protagoniste principal du roman, lequel n’est que souvent la marionnette de l’une ou l’autre partie même si c’est à son corps défendant. Enfin, qui dit Héroic Fantasy dit naturellement magie et créatures extraordinaires. Or, à cet égard, la grande force de Jean-Philippe Jaworski est de savoir rendre ces éléments discrets, subtils sans artifices grandioses et démonstrations pyrotechniques mais avec néanmoins une influence certaine et décisive sur le cours de l’histoire. Tout juste, pourrait-on reprocher à l’auteur quelques longueurs dans les dialogues mais, bon sang, quel ouvrage magistral que celui-ci dans un genre où l’originalité se fait rare et où il est facile de tomber (sombrer) dans les poncifs ! Indiscutablement un must-have pour les amateurs du genre, de surcroît impeccablement servi par la voix de Jean-Christophe Lebert qui gratifie l’auditeur d’une performance de haute volée. Ne passez pas à côté !

Une uchronie à hauteur d'enfant

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4 out of 5 stars
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5 out of 5 stars
Histoire
4 out of 5 stars

Rédigé le : 05/08/2020

1940. Etats-Unis. Coup de tonnerre. Les élections présidentielles voient le candidat républicain, l'aviateur Charles Lindbergh, premier homme à avoir traversé l’Atlantique en avion, s’imposer face au sortant Franklin Delano Roosevelt. Antisémite, partisan acharné de la neutralité des Etats-Unis quant au second conflit mondial qui débute, Lindbergh va jusqu'à signer un traité d’amitié avec le 3ème Reich qui se voit ainsi offrir un boulevard dans sa conquête du monde. Lentement et sournoisement, il commence à instaurer un Etat policier, menant une politique de plus en plus ouvertement ségrégationniste à l’encontre des juifs, ardemment encouragé en cela par ses alliés nazis. C’est sur ce postulat de départ, effrayant mais pourtant crédible lorsque l’on se penche un tant soit peu sur la vie du célèbre pilote du Spirit of Saint Louis que Philip Roth plante le décor de son Complot contre l’Amérique. L’originalité de son uchronie repose tout autant sur le thème choisi qui n’est pas non plus complètement inédit (voir notamment Le maître du haut-château de Philip K. Dick) que sur le choix, pour le moins singulier, d’un récit autobiographique fictif. C’est ainsi que l’histoire nous est contée au travers des yeux du petit Philip Roth qui vit, avec sa famille dans la localité de Newark dans le New Jersey, siège d’une importante communauté juive. Les bouleversements induits par l’arrivée d’un dirigeant fachiste à la Maison Blanche sont ainsi vécus et relatés à hauteur d’enfant : un garçon de dix ans qui se fait le témoin d’une actualité brûlante et anxiogène, partage ses doutes, ses peurs, ses joies, ses envies de fugues mais observe aussi avec impuissance les fractures de sa famille dont une partie cède aux sirènes de la collaboration. Malgré quelques longueurs et certains passages un peu confus, Le complot contre l’Amérique est un roman qui suscitera sûrement un attachement sincère chez le lecteur pour le héros principal tout en conservant une densité politique et philosophique remarquable. Le "tout" est parfaitement documenté mais en demeurant néanmoins accessible aux non-spécialistes de l’Histoire des Etats-Unis d’Amérique. La prestation de qualité du narrateur, Eric Caravaca, apporte un plus non négligeable dans la découverte de cette oeuvre marquante.

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Une série B stéréotypée et bavarde

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2 out of 5 stars
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4 out of 5 stars
Histoire
2 out of 5 stars

Rédigé le : 22/06/2020

Le point de départ de "Jésus Vidéo" est pourtant intéressant : lors de fouilles archéologiques en terre sainte, une sépulture vieille de 2 000 ans est découverte. Celle-ci abrite la dépouille d'un possible voyageur temporel comme en témoigne le mode d'emploi, retrouvé dans ses effets mortuaires, d'une caméra ultra-moderne non encore sur le marché. Et si ce touriste de la 4ème dimension avait assisté aux moments marquants de la vie du Christ et les avait immortalisé sur une bande vidéo ? Malheureusement, si l'idée de base est bonne, le résultat est plus digne d'un téléfilm de deuxième partie de soirée que d'un long métrage prétendant aux oscars : dialogues interminables, personnages caricaturaux à souhait (avec dans le désordre, un tout-puissant et maléfique magnat yankee, le gentil étudiant, bourreau des coeurs et geek à ses heures perdues, lui-aussi américain car il faut bien équilibrer la méchanceté de son compatriote, la jolie israélienne un peu rebelle mais pas trop quand même, le vieil archéologue anglais....), trame de fond finalement plutôt pauvre malgré quelques efforts de documentation, situations rocambolesques voire ridicules (au hasard, un bédouin qui découvre deux êtres humains perdus dans le désert mourant de soif, négocie avec eux le prix des piles de son walkman et reprend sa route comme si de rien n'était...) etc.  Malgré l'excellente diction et le ton juste d'Emmanuel Dekoninck, le narrateur, les presque 22 heures d'écoute ont été pour moi et, sans ironie quant au sujet du livre, souvent un calvaire. Si vous aimez les thrillers autour de la religion, je vous recommande cent fois plus l'écoute du Secret du Treizième Apôtre de Michel Benoit, bien supérieur à tous les niveaux à cette oeuvre à la notoriété sans doute un peu surfaite, en tous cas, à mon sens.

Hitler, ce monstre humain

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5 out of 5 stars
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5 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 19/04/2020

Avec La part de l’autre, Eric-Emmanuel Schmitt s’attaque à un sujet « casse-gueule » comme il le reconnait lui-même d'ailleurs dans l’excellent journal d’écriture qui figure, en bonus, à la fin de l’audiolivre et qu’il serait franchement dommage de ne pas écouter. En effet, son postulat de départ est de considérer qu’il est trop facile et sans doute trop dédouanant de ne considérer Hitler que sous le prisme de la monstruosité, du génie du mal alors même que cet être, si barbare fut-il, si abject fut-il, n’en était pas moins un de nos semblables, un congénère. Ce faisant, l’auteur de La part de l’autre nous renvoie à notre miroir, en nous balançant dans la face que nous aussi, finalement, sommes tous des Hitler en puissance. Ainsi, nous ne devons qu’en être plus vigilants quant à l’éventuelle émergence d’un personnage semblable au Führer, d’une affligeante banalité si l’on considère le début de sa vie mais qui, dans des circonstances particulières, peut accéder, somme toute assez facilement, aux fonctions suprêmes. Schmitt place le point de bascule de la vie d’Hitler lors de son échec à l’entrée à l’académie des beaux-arts de Vienne. C’est aussi le point de départ de son roman, le moment où il va conduire deux histoires en parallèle, celle, authentique, de l’Hitler recalé, et celle, imaginée et fantasmée, d'Adolf H. reçu au sein de la prestigieuse école et qui, de par ce fait, va prendre un chemin de vie totalement différent de son abominable Doppelgänger (double maléfique). La vie d’artiste, de père et de mari comblé d’Adolf H., devenu profondément pacifiste et apolitique après avoir vécu les horreurs de la Grande Guerre alterne ainsi avec l’ascension du véritable Hitler, émergeant d’une fange de médiocrité pour s’élever vers le statut de dieu vivant d’un peuple accablé par les exigences exorbitantes du traité de Versailles. D’un chapitre à l’autre, l’auteur nous offre ainsi, d’un côté, une biographie romancée du sanguinaire dictateur, parfaitement documentée sans jamais être lénifiante, et de l’autre, une uchronie brillante, réaliste ou, tout du moins, crédible, nous offrant de découvrir le monde dans lequel évolue Adolf H., un monde sans seconde guerre mondiale, un monde où Adolf H. devient l’un des pionniers du surréalisme, où il vit, aime, souffre, subit les événements et les trahisons. C’est peu de dire que cette lecture, cette écoute m’a marqué, à plus forte raison au regard de l’exécution d’une oeuvre qui aurait pu sombrer dans le moralisme ou dans une approche trop intellectuelle et philosophique. Mais, grâce au talent d’Eric-Emmanuel Schmitt, il n’en est rien, le livre étant incroyablement accessible, accrochant le lecteur et le précipitant dans un maëlstrom, celui de l’Histoire, celui de notre histoire. Pour finir, la narration à haute voix, face à un tel roman, relevait forcément du défi et ce défi, Daniel Nicodème l'a relevé avec brio, sublimant le texte, lui donnant vie pour le bonheur de nos oreilles, avec souffle, emphase et à-propos.

(Longue) conclusion d’une tétralogie marquante

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4 out of 5 stars
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5 out of 5 stars
Histoire
3 out of 5 stars

Rédigé le : 13/03/2020

Avec Le réveil d’Endymion, Dan Simmons clôt donc (temporairement ?) une colossale saga en 4 volumes, proposant à ses lecteurs un univers d’une grande richesse, aux multiples ramifications narratives, parfois trop complexe dans sa forme et sans doute aussi, par moment, excessivement bavard. Tandis que le 1er ("Hypérion") et le 3ème tome ("Endymion") imposaient un souffle épique dans un récit rythmé aux multiples rebondissements, les 2nd ("La chute d’Hypérion") et dernier opus ("Le réveil d’Endymion"), sans s’enfermer dans une logique totalement intimiste, sont plus lents dans leurs déroulements, plus respirants et conceptuels également. Le réveil d’Endymion s’inscrit donc dans cette alternance avec, certes des temps forts, en actions et en émotions, mais aussi de (trop) longues et multiples incises souvent très développées et dont la logique, touchant à la philosophie et au métaphysique, est parfois franchement difficile à suivre. Ce constat est particulièrement vrai s’agissant des chapitres prenant pour cadre la planète T'ien Shan au décor d’inspiration tibétaine et chinoise, certes propice à la méditation mais qui sert aussi de prétexte à d'interminables paragraphes alambiqués, ayant parfois perdu le lecteur/auditeur que j'étais. Néanmoins, ne boudons pas notre plaisir car l’oeuvre, considérée dans son entièreté, se pose en référence majeure de la littérature de science-fiction, que ce soit par la qualité de l’écriture, par la profondeur de son univers, par sa portée culturelle et réflective. Le chemin de lecture (d’écoute) est peut-être, par instant, fastidieux, mais le jeu en vaut largement la chandelle. Un dernier mot concernant la performance du narrateur, Matthieu Dahan, impeccable comme d’habitude et qui campe, avec brio, chaque protagoniste, le rendant immédiatement reconnaissable à l’oreille.

La suite époustouflante d'une saga mythique

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5 out of 5 stars
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5 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 24/11/2019

Endymion prend place près de 3 siècles après "La chute d’Hypérion" et si le roman est parsemé de références, de clins d'oeil relatifs aux deux opus précédents, c’est bien une toute nouvelle aventure qui attend le lecteur/auditeur avec notamment de nouveaux protagonistes (à une ou deux subtiles et majeures exceptions près, mais je n’en dirai pas plus !). Sur fond de théocratie galactique catholique (dénommée la Pax laquelle a supplanté le Retz), on suit ainsi les péripéties croisées d’un "chasseur", en la personne du zélé et dévot père-capitaine De Soya secondé par un équipage de soldats vaticanais et de sa "proie", un improbable trio composé d'une jeune fille au destin potentiellement messianique placée sous la protection d’un androïde A. Bettik et, bien malgré lui, d’un garde chasse rescapé de la peine capitale, Raul Endymion. Ce dernier, maniant, pour notre plus grand plaisir, humour, ironie et maladresse est particulièrement attachant. Structurellement moins complexe qu’Hypérion, proposant un fort dépaysement avec une alternance régulière de points de vue et surtout de fréquents changements de décors (et donc de planètes), Endymion n’en délaisse néanmoins pas pour autant le fond philosophique, politique et humaniste qui caractérise si bien les deux premiers tomes de la saga. En dépit de quelques longueurs mais qui sont aussi la marque de l’érudition et de la méticulosité de l’écrivain, Endymion est une oeuvre, qui prouve si besoin était, l’extraordinaire maturité du genre Science Fiction et son universelle portée réflective. J’entame l’écoute de la suite (L’éveil d'Endymion) avec confiance mais aussi avec une interrogation en tête : « Comment ce diable génial de Dan Simmons va-t-il encore nous surprendre ? ». Le narrateur du livre-audio, Matthieu Dahan, dans la veine de ses précédentes prestations pour « Hypérion » et « La chute d’Hypérion » livre, une fois encore, une copie impeccable, avec un ton toujours juste et qui colle parfaitement à l’action et aux personnages.

Un grand classique du roman animalier

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4 out of 5 stars
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4 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 19/08/2019

Buck est le chien choyé et aimé d'une famille bourgeoise américaine du début du XXeme siècle et sa vie se serait résumée à un train-train paisible s'il n'avait été kidnappé.  Vendu comme chien de traîneau, envoyé dans les contrées inhospitalières du grand nord, Buck va expérimenter une existence qui confine, au quotidien, à la survie, entre rixes opposant les bêtes de trait entre elles, rudes conditions climatiques sans oublier l'avidité des hommes pris par la fièvre de l'or. Néanmoins, fort d'un caractère de leader, Buck saura se forger de solides amitiés avec ses congénères mais aussi avec ses différents mushers et accomplir bien des exploits. Mais, pourra-t-il résister à ce mystérieux appel qui l'incite à retourner à une vie sauvage qu'il n'a pourtant jamais connu ?  Rétrospectivement, il serait facile de reprocher à Jack London une certaine naïveté quant aux pensées et sentiments qu'il prête à ses héros à quatre pattes. Force est pourtant de constater que, plus d'un siècle après sa publication, l'Appel de la forêt conserve une étonnante aura, renvoyant l'homme à sa propre condition d'animal (certes un peu plus évolué, encore que...) et à ses responsabilités dans son rapport à la nature ainsi qu'à la faune et la flore qui la composent. L'épilogue d'une vingtaine de minutes permet de mesurer à quel point les ouvrages de London ont, à l'époque, de leur sortie, susciter la controverse (avec même de virulentes critiques émanant du Président des États-Unis, Théodore Roosevelt, rien de moins !), l'auteur étant accusé de n'être qu'un "maquilleur de la nature". A l'heure du réchauffement climatique, l'oeuvre de Jack London n'a jamais paru autant d'actualité. Une bien belle revanche. À noter la bonne prestation du narrateur qui donne du relief à ce roman qui a donc plutôt bien vieilli. 

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Une suite passionnante mais par trop complexe

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4 out of 5 stars
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5 out of 5 stars
Histoire
4 out of 5 stars

Rédigé le : 06/08/2019

La chute d’Hypérion s’inscrit dans la continuité directe du précédent tome, tout en disposant d’une construction narrative fort différente. En effet, à la succession, bien ordonnée, de récits des différents pèlerins de l’église grichtèque se substitue une trame plus erratique et confuse, entremêlement de péripéties en des lieux divers et avec des protagonistes variés. Si la Chute d’Hypérion tend à consolider la crédibilité du foisonnant univers bâti par l’auteur, ce deuxième roman, peut-être par excès d’ambition, s’embourbe parfois aussi dans un maelström philosophique et dialectique. L’écueil des longueurs avait été plutôt brillamment évité dans Hypérion, ce qui est moins le cas, de mon point de vue, dans sa suite. Il n’en demeure pas moins que, malgré ces défauts, l’œuvre s’affirme comme un solide pilier de la littérature de Science-Fiction, offrant aux lecteurs un space-opera d’une grande maturité, profond et exaltant. La performance du narrateur, tout comme pour le premier opus, force le respect avec une justesse de timbre et de ton qui colle parfaitement à l’histoire.   

Le space-Opéra total

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5 out of 5 stars
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5 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 18/05/2019

Sans préambule, sans avertissement, sans filet et ce, dès les premières minutes, Dan Simmons propulse son lecteur dans un univers de science-fiction d'une richesse et d'une profondeur inouïes. Certes, le décollage, brutal, peut désarçonner car les contours narratifs, les décors, les enjeux se dévoilent au compte-gouttes et au fur et à mesure de l'écoute, frustrant parfois l'auditeur qui se retrouve face à des noms et un vocable dont il ne perçoit pas encore l'importance et la pleine signification. Mais, bon sang quel pied d'accompagner les 7 pèlerins, héros de l'histoire, en route pour la mystérieuse et mystique planète Hyperion, sanctuaire du Gritche, divinité sanguinaire, pourtant objet d'un culte dévot ! Tout au long de ce voyage initiatique, chacun des protagonistes va dévoiler à tour de rôle, sa propre histoire et le lien qui le rattache au Gritche. On bascule ainsi d'un destin à l'autre, d'une psychologie à l'autre dans des récits haletants magistralement servis par le talent de l'auteur. Roman culte, chef d'oeuvre, référence, tous ces qualificatifs s'appliquent sans hésitation à Hyperion. N'oublions pas la narration brillante et percutante de Matthieu Dahan qui donne encore plus de relief à ce texte d'une grande puissance littéraire. Ne passez pas à côté !

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Rama, le visiteur venu d'ailleurs

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4 out of 5 stars
Interprétation
3 out of 5 stars
Histoire
5 out of 5 stars

Rédigé le : 07/04/2019

Pris, dans un premier temps, pour un "simple" astéroïde en transit dans le système solaire et baptisé du nom d'une divinité hindoue, Rama s'avère être, en réalité, un cylindre de nature artificielle aux dimensions pharaoniques et abritant, en son sein, tout un monde en apparence éteint. Une expédition spatiale, dirigée par le commandant Norton avec l'appui de l'experimenté équipage du vaisseau Endeavour, doit permettre de percer les mystères de Rama. Mais le temps presse, car Rama se rapproche chaque jour un peu plus du soleil tandis que certains humains sont enclins à considérer l'intrus comme une menace qu'il convient d'annihiler. Malgré un style parfois trop clinique, Rendez-vous avec Rama est un grand roman de science-fiction. Loin d'un space-Opéra exubérant, ce récit nous donne à découvrir, de manière presque crédible, les fondements d'une découverte majeure : la vie existe et, en l'occurrence s'agissant de Rama, a existé ailleurs que sur terre. L'auditeur-lecteur accompagne ainsi les hommes et femmes du Endeavour dans leur exploration de Rama, riche en surprises archéologiques, en moments de tensions face à une technologie incommensurablement plus avancée que la leur mais aussi en remises en questions des piliers de la civilisation humaine. Si l'action est bien présente avec quelques passages épiques, le coeur de l'histoire repose sur les débats et interrogations de l'espèce humaine face à une énigme insaisissable tant les référentiels pour l'appréhender semblent hors d'atteinte. Concernant la narration de ce livre audio, il y a lieu de relever des changements d'intonations peu opportuns notamment quant aux protagonistes féminins du roman qui se voient affublés de voix grotesques et surjouées. Dommage, car pour le reste le voyage jusqu'aux entrailles de Rama vaut franchement le détour.

5 personnes ont trouvé cela utile